Une rencontre entre 16 pays totalisant plus de 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre n'a pu, encore une fois, déboucher sur des objectifs chiffrés qui préciseraient l'ampleur ou le calendrier des efforts nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique.
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En effet, les grandes économies, actuelles et émergentes (les pays du G8 et du G5, auxquels se sont jointes l'Australie, la Corée du Sud et l'Indonésie), ne sont parvenues, mercredi, au Japon, qu'à s'entendre sur une évidence: la lutte contre les changements climatiques passe obligatoirement par des objectifs de réduction des émissions polluantes à long terme.
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En fait, les pays émergents regroupés au sein du G5 (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Mexique) ont surtout renvoyé la balle aux grandes économies mondiales, estimant essentiel que le G8 puisse « montrer la voie » en réduisant « ses émissions d'au moins 25 à 40 % en 2020 et de 80 à 95 % en 2050, par rapport à leur niveau de 1990 ».
Mardi, les dirigeants du G8, réunis à Toyako, au Japon, pour leur sommet annuel, ont souhaité « envisager et adopter avec les parties, à la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (UNFCCC), un objectif de réduction d'au moins 50 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2050 ».
La déclaration n'établit toutefois pas d'année de référence. Le protocole de Kyoto, par exemple, exigeait que les pays signataires réduisent globalement leurs émissions de 5,2 % d'ici 2012, et ce, par rapport à la quantité de gaz rejetée dans l'atmosphère en 1990. Le premier ministre japonais Yasuo Fukuda a ultérieurement précisé que le « niveau actuel » des émissions de gaz à effet de serre constituerait l'année de référence.
Selon les chiffres fournis par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, les émissions de gaz à effet de serre du G8 sont demeurées sensiblement stables entre 1990 et 2004, grâce essentiellement à de fortes réductions enregistrées par le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Russie. Les émissions polluantes enregistrées aux États-Unis, plus gros pollueur du groupe, ont augmenté de plus de 15 %.
Les États-Unis, qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto, et le Canada, qui l'a signé, mais qui n'a jamais rien fait pour s'y conformer, réclament depuis longtemps déjà que la Chine et l'Inde soient partie prenante d'un nouvel accord pour lutter contre les changements climatiques.
Revenons sur le positif; En 2007 à Heiligendamm en Allemagne, les plus puissants du monde avaient affiché un objectif sans véritable contrainte, diminuer de 50% les émissions de gaz à effet de
serre d’ici à 2050.
Le texte publié hier au japon dans le cadre de la réunion du G8, prétend s’inscrire dans le cadre des discussions organisées par l’ONU pour élaborer le traité qui succédera au protocole de Kyoto,
qui expire en 2012. Les prochaines négociations qui débuteront au Ghana en août, doivent s’achever en décembre 2009 à Copenhague et le G8 entend y participer en tant que tel.
Réduction, donc de moitié de GES, mais à partir de quelle année de référence ? Pour le Japon, pays organisateur, , c’est le niveau actuel qui constitue le repère. Pour les organisations
écologistes, telles WWF ou FNE, c’est le niveau de 1990 des émissions de gaz à effet de serre qui doit être considéré.
Des moyens réclamés
Présent au G8, José Manuel Barroso a demandé au nom de l’Union européenne, avec l’appui du Japon que la date butoir de 2050 soit assortie d’un échéancier intermédiaire. Peine perdue,
George Bush qui a validé cet objectif, l’a toutefois conditionné à l’adhésion de la Chine et de l’Inde aux engagements du G8. De son côté, Nicolas Sarkozy a obtenu le principe de l’ouverture du
G8 aux pays émergents.
"C’est un signal fort adressé aux citoyens du monde entier", a estimé José Manuel Barroso. Mais son sentiment n’est pas partagé par les ONG. Pour WWF la déclaration d’hier
dénote une absence "pathétique ». "Le G8 est responsable de 62% du dioxyde de carbone ». Il est incapable « d’assumer ses responsabilités dans la
crise climatique, et d’endosser un rôle de leader en envoyant un signal fort au reste du monde » a poursuivi l’organisation, rejointe par France Nature Environnement. Cette dernière
estime que « Le G8 est la preuve qu’en matière de dérèglement climatique, nous ne sommes toujours pas passés d’une politique d’objectifs à une politique de moyens ! Arrêtons de
tergiverser sur la nécessaire division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 : passons aux actes, il y a urgence. »
Bonne conscience ou véritable intention, le G8 soutiendra le lancement de 20 projets de capture et stockage de carbone (CCS) d’ici 2010, les finançant à hauteur de 10 milliards de dollars
par an. Il a également approuvé la Banque Mondiale qui souhaite créer deux fonds pour lutter contre le réchauffement climatique, auxquels les pays du G8 apporteront 6 milliards de dollars.
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