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L'or noir par essence, le dossier.

par Alain Genestine 6 Juin 2008, 23:56 Travail et Economie

Dernière nouvelle:

L'Arabie saoudite, premier producteur de pétrole de l'OPEP, augmentera sa production de 200 000 barils par jour en juillet pour faire baisser les cours du brut. Ils ont connu une flambée spectaculaire ces derniers temps, et ont terminé la dernière semaine à près de 135 $US à New York et à Londres.

C'est le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a fait état de ces bonnes intentions à l'issue de son entretien avec le roi Abdallah d'Arabie saoudite.

Jugeant les prix du pétrole « anormalement élevés », le souverain saoudien a laissé entendre que son pays était prêt à augmenter sa production.

« Il [le roi Abdallah] est prêt à faire tout ce qui est en son pouvoir pour ramener le prix du pétrole à des niveaux convenables », a indiqué Ban Ki-moon.

Il a précisé avoir évoqué très largement avec le roi la question du lien entre la flambée des cours du pétrole et la crise alimentaire mondiale, ainsi que les changements climatiques.

L'Arabie saoudite accueillera le 22 juin à Djeddah une réunion des principaux pays producteurs et consommateurs de pétrole. L'objectif est de discuter de l'envolée du cours du baril, qui a enregistré le 6 juin un record absolu à 139,12 $ à New York.

La possibilité d'une hausse de la production saoudienne avait déjà fait retomber vendredi le prix du baril.

L'Arabie saoudite produit actuellement 9,45 millions de barils par jour, soit 300 000 de plus qu'en mai dernier.

 


L'escalade des prix du pétrole ne semble pas vouloir s'arrêter. Jusqu'où ira cette implacable ascension des prix qui donne le vertige aux entreprises, aux consommateurs et aux automobilistes?

Selon plusieurs analystes, il semble bien qu'il faudra s'habituer à vivre avec des prix élevés, très élevés même.

Lorsqu'on voit le prix du brut franchir les 139 $US le baril sur les marchés financiers à New York, il est difficile d'imaginer qu'à la fin des années 90, ce même baril de pétrole se négociait autour de 12 $US le baril.

Que s'est-il passé pour que les prix s'emballent à ce point?

Nous évoluons depuis quelques années dans un marché de plus en plus serré où il y a très peu de capacité excédentaire permettant de hausser la production de brut et de produits raffinés comme l'essence.

Cliquez l'image pour voir dépêche AFP cours du 6/6/2008 (record)

Dans un marché aussi tendu, tout événement qui fait craindre des ruptures d'approvisionnement - comme l'instabilité géopolitique, les menaces d'attentats terroristes ou la fermeture de raffineries en raison d'ouragans - a un impact immédiat sur les prix.

Les opérateurs sur les marchés sont très nerveux et ils réagissent à la moindre nouvelle, positive ou négative.

Les spéculateurs sont également à l'oeuvre, ce qui contribue à accentuer la volatilité des prix sur les marchés financiers.

Cela dit, l'escalade des cours du brut représente un véritable Eldorado pour l'Alberta, qui, grâce à ses sables bitumineux, possède les 2es réserves « prouvées » de pétrole au monde après l'Arabie Saoudite.

Mais au-delà de la flambée actuelle des prix, doit-on s'inquiéter d'un déclin, voire d'une pénurie de pétrole?

Que l'on soit optimiste ou pessimiste et que l'on entrevoie le déclin de la production mondiale dès 2007 ou seulement en 2040, un fait demeure : la ressource se raréfie.

Pour les environnementalistes, cette flambée des prix a le mérite de forcer les consommateurs dans les pays industrialisés à prendre conscience de leur utilisation effrénée de pétrole, une ressource non renouvelable.

Elle oblige également les gouvernements à réfléchir au développement d'énergies renouvelables et à préparer l'ère de l'après-pétrole.

Les causes

La principale cause de cette cascade de prix records est structurelle. La demande mondiale de produits pétroliers est en forte hausse et l'offre réussit difficilement à suivre la cadence.

La croissance économique chinoise accroît la demande mondiale de pétrole.

Augmentation de la demande

La nouvelle donne qui a contribué à faire exploser la demande mondiale de pétrole depuis 2002 est la forte croissance dans les pays émergeants comme la Chine. L'empire du milieu a vu sa croissance exploser ces dernières années: le PIB a progressé de plus 9 % en 2004 et 2005!

Imaginez, au Canada, l'économie roule à pleine capacité lorsque le PIB progresse de 3,5 %.

À elle seule, la Chine représentait 30 % de la hausse de la consommation mondiale de pétrole en 2004. Les Chinois consomment maintenant plus de pétrole que les Japonais.

L'Inde, elle aussi, en pleine croissance a vu sa consommation augmenter. L'économiste en chef adjoint de la Financière Banque nationale, Stéfane Marion, souligne que le transfert de la production manufacturière vers l'Asie a contribué à accentuer ce phénomène.

« On a déplacé notre production dans des pays qui sont 2 à 3 fois plus énergivores que l'Amérique du Nord. On a donc amplifié la demande de pétrole en provenance de l'Asie. Une demande qui est aussi due à l'amélioration du niveau de vie de ces gens-là. » explique l'économiste.

Aux États-Unis, 54 % du parc automobile est composé de Véhicules utilitaires sport. En 2004, les 2/3 des véhicules vendus étaient des VUS.

L'Asie n'est toutefois pas la seule responsable de cet accroissement de la demande de pétrole. Les États-Unis, plus grands consommateurs de brut au monde, affichent une hausse de leur consommation près de deux fois supérieure à la moyenne des dernières années.

M. Marion rappelle que la grande popularité des véhicules utilitaires sport (VUS) aux États-Unis a contribué à accroître la demande de pétrole chez nos voisins du Sud. Les VUS, qui consomment beaucoup d'essence, ont été développés lorsque le pétrole était bon marché dans les années 90.

« Il devra y avoir un changement dans les habitudes de consommation des Américains et des consommateurs partout dans le monde », croit cependant M. Marion.

Capacité de production de pétrole limitée

Pendant que la demande augmente, l'offre, elle, réussit difficilement à suivre la cadence.

Le seul pays capable de pomper davantage d'or noir actuellement est l'Arabie saoudite. Cela signifie que lorsque des installations pétrolières sont endommagées dans le monde, que ce soit en raison d'ouragans ou d'actes terroristes, il n'y a qu'un seul pays capable d'augmenter substantiellement sa production. Ce manque de capacité de production supplémentaire sur le marché contribue à mettre une pression sur les prix.

Dans l'espoir de jeter un peu de lest dans un marché extrêmement serré, l'OPEP a haussé sa production à plusieurs reprises depuis 2004.

Le cartel a augmenté sa production de 2,2 millions de barils par jour en 2004, du jamais vu depuis la fin des années 80. Mais cela n'a pas suffi à calmer les inquiétudes des opérateurs sur les marchés, et les prix ont continué de monter.

Manque de capacité de raffinage

Pourquoi l'OPEP ne réussit-elle pas à calmer les marchés malgré ses hausses de production? Le problème se situe en aval.

Les capacités de raffinage permettant de transformer le pétrole en essence, en gaz naturel, en mazout et en d'autres produits pétroliers sont insuffisantes.

Les capacités de raffinage dans le monde sont insuffisantes

L'économiste Stéfane Marion explique que « Les raffineries fonctionnent à près de 100 % de leur capacité, et lorsqu'une raffinerie fait défaut, on s'en ressent plus rapidement à la pompe. On a un goulot d'étranglement au niveau des capacités de raffinage, ce qui n'était pas le cas il y a quelques années ».

M. Marion rappelle qu'en Amérique du Nord aucune capacité de raffinage n'a été ajoutée depuis le milieu des années 80. Or, cette insuffisance de capacités de raffinage contribue à faire baisser les stocks d'essence.

L'Institut français du pétrole estime que les stocks moyens d'essence sont passés de 30 à 23 jours entre 1994 et 2004 en Amérique du Nord. Or, cette baisse des stocks accentue, à son tour, la pression sur les prix.

Catastrophes naturelles

Dans un contexte où les capacités de raffinage et de production sont aussi limitées, la moindre rupture d'approvisionnement devient un facteur extrêmement déstabilisant sur les marchés.

C'est ce qui s'est produit lors du passage des ouragans Katrina et Rita en 2005. L'ouragan Katrina, le plus dévastateur de l'histoire des États-Unis, a créé une onde de choc sur les marchés financiers où sont négociés l'essence et le pétrole.

95 % de la production de pétrole a été suspendue momentanément dans la région du golfe du Mexique et 88 % de la production de gaz naturel a été mise K.-O.

Or, la région du golfe du Mexique produit 30 % de tout le brut pompé aux États-Unis. Quant aux raffineries situées dans cette région, elles sont responsables de 26 % des capacités de raffinage de l'ensemble du pays.

La perte temporaire de ces capacités de production peut donc faire bondir les prix sur les marchés financiers.

Tensions géopolitiques

À ces catastrophes naturelles s'ajoutent les menaces d'attentats terroristes qui contribuent à faire monter les prix du pétrole, car elles représentent, elles aussi, un risque de rupture d'approvisionnement.

C'est ce qu'on appelle dans le jargon de la finance « la prime associée au terrorisme ». Cela signifie qu'une partie du prix élevé du pétrole s'explique par les menaces terrosistes « Cette prime de risque associée aux incertitudes géopolitiques est de 10 à 15 $US le baril », estime Stéfane Marion.

En 2006, le principal foyer de tensions était l'escalade entre les États-Unis et l'Iran - quatrième producteur mondial de pétrole - au sujet de son programme nucléaire auquel l'Iran auquel elle refuse de renoncer.

Les opérateurs sur les marchés redoutent une rupture d'approvisionnement en cas de sanctions internationales à l'endroit de l'Iran ou de blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran en guise de représailles. Ce détroit est un passage stratégique pour le trafic pétrolier en provenance du Golfe persique.

Les violences au Nigéria ont également contribué, en 2006, à faire monter les prix du brut. Les attaques des mouvements rebels contre les installations pétrolières au Nigéria ont amputé la production de 20 % dans ce pays.

Les spéculateurs accentuent la volatilité des prix du brut

La spéculation

Les spéculateurs sur les marchés financiers contribuent également à accentuer la volatilité des prix sur les bourses de marchandises, que ce soit à New York, où est négocié le brut (le « light sweet crude »), ou à Londres, où s'échange le Brent de la mer du Nord.

Les spéculateurs sont à l'affût des moindres soubresauts qui peuvent influencer la direction des prix, et ils essaient d'en tirer profit, qu'il s'agisse de tensions géopolitiques ou de catastrophes naturelles.

En avril 2005, l'analyste Tim Evans de la firme IFR energy services évoquait même l'existence d'une bulle spéculative sur les marchés pétroliers. M. Evans a comparé la frénésie des prix à celle qui prévalait lors de la bulle spéculative des années 90 dans le secteur des technologies. (2)

D'autres analystes croient plutôt que le rôle des spéculateurs dans la flambée des prix est très limité, mais qu'ils contribuent néanmoins à ajouter de la volatilité.

Nouveaux joueurs dans le marché

L'économiste Stéfane Marion fait remarquer qu'il n'y a pas que les fonds spéculatifs comme les "Hedge funds" qui accentuent la volatilité des prix, les nouveaux fonds d'investissement spécialisés dans le secteur de l'énergie offerts aux petits épargnants y contribuent également.

"Ce sont de petits investisseurs, monsieur et madame tout le monde, qui achètent les parts de ces fonds spécialisés dans le domaine de l'énergie. Or, ces fonds négocient directement des contrats à terme sur le pétrole et ils ont un rôle non négligeable à jouer dans la hausse des prix, souligne M. Marion.

Autrement dit, les petits investisseurs, qui veulent, eux aussi, tirer profit de la flambée des prix en achetant des parts de ces fonds, contribuent à la progression des cours du pétrole.

Les nombreuses Caisses de retraite dans le monde, qui gèrent des milliards de dollars de cotisations des travailleurs, achètent également des parts de ces fonds spécialisés dans l'énergie dans le but d'amélioer le rendement de leurs placements.

Selon M Marion, en 2 ans, de 2003 à 2005, la valeur des investissements dans ces fonds est passée de 15 milliards de dollars à 90 milliards.

(1) La scène pétrolière et gazière internationale: Analyse de l'actualité 2004 et perspectives, Institut français du pétrole, Olivier Appert, p.8

(2) Businessweek, 27 avril 2005.

Explosion des prix

Le prix du pétrole négocié à New York a triplé de 2002 à 2006.

Les cours du brut ont atteint des sommets historiques durant l'été 2005. Au printemps 2006, de nouveaus sommets historiques sont atteints. Le brut franchit la barre des 75 $ US le baril à New York en raison, notamment, de l'escalade de tensions entre les Etats-Unis et l'Iran qui refuse de renoncer à son programme nucléaire.

Cliquez l'image pour lire la vision du Cato-Institute (par Alan Reynolds)

 

PRIX DU BRUT: historique

1960 18,43 $US
Création de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

1973 16,59 $US
Après avoir été stable dans les années 60, le prix du brut se prépare à décoller.

1974 26, 39 $US
1er choc pétrolier: embargo des pays arabes producteurs de pétrole contre les États-Unis, qui appuient Israël dans la guerre du Kippour contre l'Égypte et la Syrie.

1979 32,98 $US
2e choc pétrolier: révolution islamique en Iran, important pays producteur et exportateur de pétrole.

1981 66,20 $US
Le prix du brut atteint un sommet jamais vu auparavant. L'Irak attaque l'Iran. Récession et taux d'intérêt records en Occident.

1986 moins de 15 $US le baril
Développement de la production des pays de l'OPEP et hors OPEP

1998 12,66 $US
Le brut atteint son plus bas prix depuis 1972.

2003 28,42 $US
La demande augmente en Asie.

2004 37,66 $US
Les États-Unis s'enlisent en Irak. La demande continue de croître.

2005 Autour de 70 $US
Nouveau sommet historique du prix du brut.

Chiffres compilés à l'aide de la revue L'actualité, octobre 2005, p.50
*Les données proviennent du Département américain de l'Énergie

Les prix à la pompe

En avril 2006, les prix à la pompe repassent au-dessus de 1 $ le litre à Montréal. Ils sont néanmoins restés inférieurs à 1,47 $, un seuil atteint le 2 septembre 2005 dans la métropole. Ce jour-là, les prix ont même bondi à 2,24 $ le litre dans certaines villes canadiennes comme Stratford!

Selon les prix à la pompe de janvier à août 2005 au Canada. Source : MJ Irvin & Ass.

Cliquez l'image pour comparatif avec la France, comment se décompose le prix de l'essence, important de connaitre notamment pour les libéraux que nous sommes, afin que nous puissions trouver la solution libérale la meilleure possible

La colère gronde

Comme chaque fois que les prix s'emballent, des voix s'élèvent pour réclamer une baisse des taxes sur l'essence.

En 2005, l'Association canadienne des automobilistes (CAA) et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) ont demandé, en vain, au gouvernement fédéral de baisser ses taxes sur l'essence.

La FCEI rappelle qu'en 1995 Ottawa a augmenté de 1,5 ¢ le litre sa taxe d'accise sur l'essence pour l'aider à résorber son déficit budgétaire. Or, le déficit est résorbé depuis 1998 et cette taxe est toujours en vigueur, déplore la Fédération qui demande son abolition.

Face à une autre flambée des prix, au printemps 2006, la Fédération des contribuables canadiens demande au nouveau premier ministre conservateur, Stephen Harper, d'abolir la TPS sur l'essence comme il l'avait promis en 2004 si les prix venaient à dépsser les 85 cents le litre à la pompe.

M. Harper a toutefois rejetté cette demande en rappelant que la position du Parti conservateur avait changé depuis et que son gouvernement a plutôt choisi de réduire la TPS d'un point de pourcentage sur tous les produits et services.

Pas de trêve en vue

La question que tout le monde se pose maintenant, c'est: jusqu'où ira cette escalade des prix? Difficile de répondre, mais une chose est sûre, l'ère du pétrole à bon marché est derrière nous.

Kevin Norris, de Barclays Capital, affirmait à l'agence France Presse, en 2005, que « dans un contexte de production menacée par des ouragans et par des tensions géopolitiques croissantes, les prix du pétrole sont voués à progresser ».

L'économiste en chef adjoint de la Financière Banque Nationale, Stéfane Marion, croit que les prix du brut se maintiendront autour des 60 $ US le baril en 2006.

Il estime que l'Arabie-Saoudite devrait augmenter ses capacités de production au cours des prochaines années. "Si c'est le cas, cela contribuera même à ramener les prix autour des 50 ou 55 $ US le baril", nous a déclaré M. Marion.

L'économiste en chef et stratège de CIBC Marchés mondiaux, Jeffrey Rubin, est beaucoup moins optimiste. Il prévoyait, en 2005, que « le prix du baril de pétrole touchera les 100 $US le baril d'ici 2010 et que le prix moyen restera à 77 $US le baril d'ici là ». (2)

Un autre choc pétrolier?

Sommes-nous au coeur d'un nouveau choc pétrolier? Non, répond Stéfane Marion.

Certes, le prix du brut a bondi de plus de 60 % entre septembre 2004 et septembre 2005, mais une fois ajusté à l'inflation, ce prix est encore inférieur aux niveaux atteints pendant la crise pétrolière des années 70, affirme l'économiste.

Selon M. Marion, pour franchir le seuil du choc pétrolier qui a suivi la révolution iranienne, il faudrait que le prix du brut négocié à New York se situe entre 90 $US et 100 $US le baril. À 75 $US le baril, nous n'avons donc pas encore atteint ce niveau.

Comme on le voit sur ce graphique, si l'on tient compte de l'inflation, le prix du brut (en dollars constants) n'a pas atteint le niveau des années 70.

L'économiste précise toutefois qu'il en est autrement du prix de l'essence qui, lui, a dépassé (en dollars constants) les niveaux atteints durant la crise pétrolière des années 70 et 80.

Qui en profite?

Cette escalade des prix du pétrole est une véritable manne pour les pays producteurs dont fait partie le Canada qui est un exportateur net de pétrole.

PAYS MEMBRES DE L'OPEP

· Algérie
· Arabie saoudite
· Émirats arabes unis
· Indonésie
· Irak
· Iran
· Koweït
· Libye
· Nigeria
· Qatar
· Venezuela

L'OPEP

De 1998 à 2004, les recettes pétrolières des pays de l'OPEP ont triplé, passant de 108 milliards à 290 milliards de dollars américains.

Les pétrodollars ont enrichi les monarchies pétrolières du Golfe.

L'Arabie Saoudite, qui prévoyait enregistrer un déficit budgtéaire en 2004, a finalement affiché un surplus de 26 millairds de dollars.

En 2005, ses surplus ont doublé pour atteindre 57 milliards de dollars.

Alberta: nouvel Eldorado

Le Canada profite également de l'escalade des prix du pétrole et l'Alberta au premier chef.

L'Alberta possède la deuxième réserve « prouvée » de pétrole au monde (près de 180 milliards de barils) après l'Arabie saoudite. L'Irak et l'Iran viennent au troisième et au quatrième rang.

Au chapitre de la production de pétrole, l'Alberta se classe toutefois au 9e rang à l'échelle mondiale. C'est qu'il est très coûteux d'extraire le pétrole des sables bitumineux. Les prix élevés du brut combinés à l'amélioration de la technologie ont toutefois rendu l'exploitation de cette ressource naturelle beaucoup plus rentable.

Saviez-vous que...


D'ici 2015, le Canada devrait faire passer sa production de pétrole de 2,5 millions de barils par jour à 4 millions de barils par jour.

Les compagnies pétrolières ont donc accru considérablement leurs investissements dans cette province. À elles seules, ExxonMobil, Imperial Oil et Suncor prévoient dépenser 45 milliards de dollars de 2005 à 2010, ce qui permettra de tripler la production de pétrole dans les sables bitumineux d'ici 10 ans.

L'Alberta est également le 3e producteur de gaz naturel au monde.

Les champs pétrolifères de la province suscitent un intérêt grandissant de la part de la Chine et des États-Unis, deux grands consommateurs d'hydrocarbures.

La Chine, qui a besoin de pétrole pour alimenter sa croissance, a déjà réalisé trois investissements en Alberta, dont l'acquisition, en 2005, de la compagnie albertaine PetroKazakhstan pour plus de 4 milliards de dollars américains. De plus, la société chinoise PetroChina est en discussion avec l'Albertaine Enbridge pour la construction d'un oléoduc permettant d'acheminer du pétrole vers la côte du Pacifique.

Les États-Unis, dont les ressources pétrolières s'amenuisent, lorgnent également du côté de l'Alberta dans l'espoir de sécuriser leurs approvisionnements. Certains signes ne trompent pas. Le secrétaire américain au Trésor, John Snow, s'est rendu en Alberta en juillet 2005 pour y regarder de plus près le potentiel des sables bitumineux.

On comprend aisément l'intérêt des Américains pour le pétrole canadien. Contrairement aux pays du Moyen-Orient, l'Alberta offre un environnement géopolitique stable. Sans compter que l'acheminement de l'or noir serait plus rapide et moins coûteux grâce aux oléoducs, déjà en place, entre le Canada les États-Unis.

Les pétrolières encaissent

Cette flambée des prix du brut a permis aux pétrolières et aux exploitants de gaz naturel d'engranger des profits records en 2004 et en 2005.


Les marges de raffinage bondissent

Avant même le passage dévastateur des ouragans Katrina et Rita, l'augmentation de la demande, combinée à une saturation des capacités de raffinage, avait propulsé à la hausse les marges bénéficiaires des raffineurs.

Selon l'Institut français du pétrole, en 2004, les marges de raffinage étaient déjà à des niveaux records, c'est à dire de 2 à 3 fois supérieures à la moyenne observée de 1995 à 2003.

En 2005 et en 2006, les prix ont continué de flamber. L'agence de presse Bloomberg, estimait en septembre 2005, que les marges de profits des raffineurs étaient 5 fois supérieures à ce qu'elles étaient un an auparavant!

Et les gouvernements?
No comments !!
Des solutions

De plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer que les pétrolières, qui empochent des profits records grâce à la hausse des prix, investissent pour augmenter leurs capacités de raffinage.

Lors de la flambée des prix en 2006, Le Fonds montéaire international (FMI) et les ministres des Finances du G7 ont appelé " à des investissements dans l'exploration, la production, les capacités de raffinage et les infrastructures énergétiques" pour calmer les cours du pétrole.

Déjà en 2005, le ministre français des Finances, Thierry Breton, réclamait que les pétrolières injectent une partie de leurs profits dans l'augmentation de leurs capacités de raffinage afin d'apaiser les prix.

« Les pétrolières ont le devoir de tenir compte des conséquences de la volatilité des prix sur l'économie, pas seulement des intérêts de leurs actionnaires », a déclaré le ministre Breton en 2005. (1)

Tous ces appels sont toutefois demeurés pratiquement sans réponse. L'Institut français du pétrole (IFP) constate qu'en 2005, "les investissement dans les capacités de raffinage sont restés très modestes". (2)

Selon l'IFP, cette croissance des investissements, nettement inférieure à la progression de la demande, risque de continuer à augmenter la pression sur les prix.

Comment expliquer qu'avec des marges de profits aussi élevées, les pétrolières n'investissent pas davantage dans le raffinage? L'IFP croit que les raffineurs, qui ont été durement touchés par un effondrement des prix du brut à environ 10 $US le baril en 1999, hésitent encore à investir, car ils ne sont pas convaincus que les prix actuels resteront élevés. (3)

Rappelons que lorsque les pétrolières et les raffineurs se décideront à investir, il faudra compter 5 ans, à partir du début de la construction d'une raffinerie, avant qu'elle ne soit en service.

Les prix élevés feront-ils baisser la demande?

Cela dit, le marché pourrait finir par se réguler de lui-même. En théorie, une flambée des prix devrait entraîner tôt ou tard une baisse de la demande qui, à son tour, contribuera à faire reculer les prix.

Saviez-vous que...

En 2004, la demande mondiale de pétrole s'est accrue de 3,4 %, sa plus forte croissance depuis près de 30 ans

Le centre d'études britannique « Global energy studies » en arrive à cette conclusion:« Il semblerait qu'un changement ne puisse venir que d'une chute de la croissance de la demande, qui soulagerait quelque peu les contraintes qui pèsent sur les capacités de raffinage ».

Or, on constate que la hausse vertigineuse des prix de l'essence et des produits de chauffage n'a pas encore fait diminuer la demande de manière significative.

Réduire la consommation

Une des façons de faire baisser la demande c'est de consommer moins de pétrole.

Jean-François Giannesini, de l'Institut français du pétrole, croit que « nous sommes face à un problème extrêmement important. Il va falloir changer, en partie, nos habitudes de consommation : moins rouler dans les villes où on consomme énormément pour rien, prendre les transports en commun. Il va falloir vraiment changer beaucoup de choses ». (4)

L'économiste en chef adjoint de la Financière Banque Nationale, Stéfane Marion, abonde dans le même sens: « il devra y avoir un changement dans les habitudes de consommation, qu'on soit Américain ou Asiatique ».

M. Marion se dit notamment encouragé par le fait que la Chine, grande consommatrice de pétrole, a adopté en 2006 un plan quinquennal qui prévoit des mesures pour ralentir la demande de pétrole. Le but est de faire passer la croissance de la demande de 10 % par année à 3 % dans ce pays qui compe 1,3 milliard d'habitants.

Un peu partout dans le monde, les appels se font de plus en plus pressants pour que les gouvernements encouragent les économies d'énergie et le développement d'énergies renouvelables.

Les environnementalistes font valoir que cette ascension des prix du brut a au moins le mérite de forcer la population à réduire sa consommation de pétrole, une ressource non renouvelable.

SONDAGE CROP

La hausse du prix de l'essence risque de modifier les habitudes de bien des automobilistes au cours des prochains mois. Et vous? Laquelle des affirmations suivantes décrit le mieux vos intentions?

Je réduirai mes déplacements en voiture 40 %
Je ne changerai rien à mes habitudes 29 %
Je changerai de voiture pour un modèle moins énergivore 16 %
Je renoncerai à m'acheter une voiture 3 %
Je vendrai ma voiture 1 %
Je n'ai pas de voiture 10 %
NSP/Refus 1 %

Sondage réalisé par CROP du 18 au 29 août 2005; 1 001 personnes de 18 ans et plus ont répondu. Sa marge d'erreur maximale: 3 % dans 19 cas sur 20.

Source L'Actualité, octobre 2005, p.50



(1) Associated Press, 19 septembre 2005.

(2) Panorama 2006: Raffinage et pétrochimie, Institut français du pétrole, p.1-2

(3) La scène pétrolière et gazière internationale : Analyse de l'actualité 2004 et perspectives, Institut français du pétrole, Olivier Appert, président, p.5

(4) Agence France-Presse, 10 août 2005


Impacts économiques

La spirale des cours du pétrole fait ressurgir les craintes d'une récession mondiale.

Jusqu'à maintenant, l'explosion des prix du pétrole n'a pas trop pesé sur l'économie mondiale, car les grands pays industrialisés sont beaucoup moins dépendants du pétrole qu'ils ne l'étaient lors des chocs pétroliers des années 70 et 80.

En 2003, la part du pétrole dans la consommation totale d'énergie des 30 pays riches de l'OCDE est tombée à 52,7 %, par rapport à 56,7 % en 1973, selon l'Agence internationale de l'énergie.

L'économiste en chef adjoint de la Financière Banque Nationale, Stéfane Marion, estime qu'un baril de pétrole à 80 $ US ne plongera pas l'économie mondiale en récession, mais il croit que cela ralentira certainement la croissance.

En 2004, l'ascension du brut (+32 %) a amputé la croissance économique mondiale d'un point de pourcentage, selon Moncef Kaadi, directeur de recherche chez Ixis CIB.

Le Fonds monétaire international (FMI) fait toutefois remarquer qu'à plus de 4 %, la croissance économique mondiale demeure soutenue depuis 4 ans malgré la hausse du prix du pétrole.

Europe

Dès 2005, les autorités monétaires européennes manifestaient néanmoins leur inquiétude.

Le président de la Banque centrale, Jean-Claude Trichet, a déclaré, au mois d'août 2005, que la croissance économique en Europe était menacée par la hausse du prix du pétrole et le faible niveau de confiance des consommateurs.

Selon Moncef Kaabi, si le brut se maintient à 74 $ US le baril- ce qui inclut des pics à 85 $ US - cela pourrait freiner la croissance en Europe, la faisant passer de 2 à 1 % en 2006. Une croissance aussi faible ne permettrait aucune création nette d'emplois, estime M. Kaabi. (1)

États-Unis et Canada

Jusqu'à maintenant, l'économie américaine - l'une des deux locomotives de la croissance mondiale avec la Chine - n'a pas trop souffert de la flambée des prix du pétrole. Mais la flambée des prix de l'essence, du mazout et du gaz naturel demeure un facteur de risque important pour l'économie américaine.

Si la croissance devait ralentir chez notre principal partenaire commercial, cela aurait, bien sûr, un impact chez nous. 85 % de nos exportations aboutissent aux États-Unis. Comme le dit l'adage : lorsque les Américains toussent, le Canada éternue.

Cela dit, la plupart des analystes croient qu'à 80 $ US le baril, la vigoureuse économie américaine pourra absorber le choc.

Facteur de risque: L'Iran

Pusieurs économistes, comme Stefane Marion, rappellent cependant qu'une aggravation des tensions entre l'Iran et les États-Unis sur la question du programme nucléaire iranien pourrait changer la donne.

"Si les Américains décidaient d'intervenir militairement en Iran, le prix du brut pourrait grimper jusqu'à 100 $ US en cas de rupture d'approvisionnement du pétrole iranien sur les marchés", nous a déclaré M. Marion.

À 100 $ US le baril, les risques de récession mondiale seraient alors réels selon M. Marion.

Il ne fait aucun doute que la situation demeure préoccupante, même si, pour l'instant, ces risques sont écartés.

(1) La Tribune, 24 avril 2006, p. TR-29

Pénurie de pétrole à l'horizon?

Si plusieurs experts s'entendent pour dire que le monde est entré dans l'ère du pétrole cher, leurs opinions divergent cependant sur la menace d'une pénurie de pétrole et, surtout, sur son échéance.

Pour répondre à la question d'une possible pénurie d'hydrocarbures, il faut d'abord déterminer quel est le niveau réel des réserves mondiales de pétrole.

Or, les experts ne s'entendent pas sur l'état des réserves mondiales.



Les pessimistes

Certains spécialistes comme l'Américain Mattew R. Simmons mettent en doute les chiffres fournis par l'OPEP.

Saviez-vous que...


57 % des réserves de pétroles dites « prouvées » se trouvent au Moyen-Orient

Source : Oil & Gas Journal (janvier 2005)

M. Simmons, président-fondateur d'une banque d'investissement oeuvrant dans le secteur pétrolier, affirme que certains pays membres de l'OPEP ont surestimé leurs réserves « prouvées » dans les années 80. Les réserves « prouvées » correspondent au pétrole que l'on peut extraire de manière rentable avec la technologie existante.

Il faut savoir que dans l'espoir de faire remonter les prix qui s'étaient effondrés, l'OPEP a mis en place, en 1985, des quotas de production. Or, ces quotas étaient établis en fonction de deux critères: la population d'un pays membre et l'ampleur de ses réserves.

Les pays membres de l'OPEP avaient donc intérêt à déclarer des réserves supérieures à ce qu'elles étaient en réalité dans l'espoir d'obtenir des quotas de production plus élevés.

M Simmons estime que certains pays membres ont ainsi triplé les chiffres sur l'état de leurs réserves « prouvées » sans en fournir de preuves.

Le géologue français, Jean Laherrere, qui a travaillé pour la pétrolière française Total partage croit, lui aussi, que les réserves mondiales sont surévaluées: « Le problème c'est que personne ne sait exactement combien il reste de pétrole à pomper. On ne peut se fier à aucune statistique. »

Le géologue cite le cas de la pétrolière britannique Shell qui a été condamnée à payer une amende par les autorités boursières américaines après avoir surestimé d'au moins 25 % ses réserves « prouvées » d'hydrocarbures.

M. Laherrere estime que le déclin du pétrole commencera en 2015 et peut-être même avant : « Cela peut intervenir en 2007 si la Chine continue d'augmenter son importation de 30% par an. Si la demande baisse, soit à cause des prix élevés, soit en raison d'une crise économique, le déclin pourrait être repoussé jusque vers 2015. Mais il aura lieu. » (1)

RÉSERVES « PROUVÉES » DE PÉTROLE

Moyen-Orient : 729 milliards de barils
(262 milliards en Arabie saoudite, 126 milliards en Iran et 115milliards en Irak)

Amérique du Nord :
215 milliards de barils
(179 milliards au Canada et 22 milliards aux É.-U.)

Amérique du Sud et central : 101 milliards debarils dont 77 milliards au Venezuela

Afrique : 101 milliards de barils dont 39 milliards en Libye et 35 milliards au Nigeria

Europe de l'Est et pays de l'ancienne URSS :79 milliards de barils (dont 60 milliards en Russie)

Europe de l'Ouest : 16 milliards

Asie et Océanie : 36 milliards dont 18 milliards en Chine, 5 milliards en Indonésieet 5 milliards en Inde

Total : 1277 milliards de barils


Note : les chiffres ont été arrondis
Source : Oil & Gas Journal (janvier 2005)

Les optimistes

Dans le camp des optimistes, on fait valoir que la pénurie de pétrole souvent annoncée dans le passé ne s'est finalement jamais matérialisée.

À la fin des années 70, les pays n'appartenant pas à l'OPEP estimaient ne bénéficier que de 200 milliards de barils de réserves « prouvées ». Au cours des 30 années suivantes, ces pays en ont pompé le double, et estiment aujourd'hui disposer de 200 milliards de barils.

Autre exemple : en mer du Nord, dans les années 80, les gisements étaient considérés en fin de vie. Or, l'amélioration des techniques d'extraction et la mise en place de forages horizontaux ont notamment permis de prolonger leur durée de vie de près de 20 ans. (2)

Antoine Ayoub, spécialiste des questions pétrolières et professeur à l'Université Laval à Québec, fait valoir que de vastes territoires restent à explorer sur la planète, notamment en Chine et dans l'ancienne Union soviétique, sans compter les réserves des sables bitumineux de l'Alberta dont l'ampleur est encore inconnue. (3)

Des réserves jusqu'en 2040?

Claude Mandil, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), est catégorique. En octobre 2004, il déclarait au quotidien français La Tribune : « nous ne voyons pas de pénurie de l'offre [de pétrole] pour au moins les 30 prochaines années, même si des perturbations passagères peuvent provoquer des tensions sur l'offre et provoquer une flambée des prix. » (4)

Selon le quotidien La Tribune, si l'on fait la moyenne des évaluations des experts, les réserves mondiales s'établiraient à environ 1200 milliards de barils de pétrole.

Ces chiffres correspondent, grosso modo, à ceux du Oil & Gas Journal et à ceux de BP Statistical Review of World Energy, deux sources jugées crédibles et qui sont citées par le Département américain de l'énergie.

Si l'on se fie à cette évaluation moyenne de 1200 milliards de barils, les experts consultés par La Tribune évaluent que les premiers effets d'une pénurie se feraient sentir en 2040. (5)

(1) L'Express, 14 février 2005
(2) La Tribune, 14 décembre 2004, p. TR 37
(3) La Presse, 16 juillet 2005, section Affaires, p.1
(4) La Tribune, 27 octobre 2004, p TR 03
(5) La Tribune, 14 décembre 2004, p. TR-36

Voici les sources principales pour ce dossier, avec les remerciements d'une journaliste canadienne (d'ou certaine spécificité) Me Sonia Duguay de R.Can

Agence internationale de l'énergie
Site en anglais

Institut français du pétrole

Département américain de l'Énergie
Site officiel en anglais.

Administration américaine de l'information sur l'énergie
Site en anglais

OPEP
Organisation des pays exportateurs de pétrole (en anglais).

Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)
Informations sur le pétrole

Encyclopédie en ligne Wikipédia
Article sur pétrole

Encyclopédie en ligne Wikipédia
Article sur les chocs pétroliers

WebEncyclo
Dossier sur la civilisation du pétrole

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commentaires
L
Article très long mais très interessant, qui nous permet de mieux comprendre la situation, j'ai également fais un article sur le pétrole mais beaucoup moins complet que celui-ci!En tout cas bonne continuation, je reveindrai! ;)
Répondre
J
Il faut coûte que coûte changer nos consommations: transports, habitatset investir à fond dans tout ce qui est économies, dans les villes entre autres,sur les logements sociaux ....!
Répondre
A
<br /> <br /> Les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Inde et la Corée du Sud ont réclamé samedi une hausse de la production de pétrole pour contrer l'envolée des prix qui menace l'économie mondiale.<br /> <br /> <br /> Réunis à Aomori, dans le nord du Japon, les ministres de l'Énergie des cinq pays, qui figurent parmi les plus gros consommateurs de pétrole de la planète, ont appelé les pays producteurs à<br /> accentuer leurs investissements.<br /> <br /> <br /> En revanche, ils n'ont pas appelé explicitement les membres de l'OPEP, le cartel des pays exportateurs, à augmenter leur production.<br /> <br /> <br /> Par ailleurs, ils sont restés muets sur les moyens à prendre pour contrer l'envolée des cours tout en restant divisés sur la question des subventions.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Saviez-vous que...<br /> <br /> <br /> Les États-Unis, le Japon, la Chine, l'Inde et la Corée du Sud représentent près de la moitié de la consommation mondiale d'or noir.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Les bonnes intentions<br /> <br /> <br /> Les pays se sont engagés à développer des technologies d'énergie propre. Les ministres se sont dits prêts à diversifier leurs sources d'énergie et à investir dans des carburants alternatifs et<br /> des solutions renouvelables.<br /> <br /> <br /> Ils veulent également amplifier la coopération dans le domaine des réserves pétrolières stratégiques en cas de pénurie d'approvisionnement.<br /> <br /> <br /> En outre, ils comptent améliorer la qualité des données sur la production et les inventaires disponibles au profit des marchés.<br /> <br /> <br /> Subventions<br /> <br /> <br /> Les participants ont cependant fait part de désaccords à propos des subventions pétrolières publiques des carburants qui limitent l'impact de la hausse du pétrole sur les prix à la pompe.<br /> <br /> <br /> L'appel à leur suspension lancé par les États-Unis s'est heurté aux réticences de la Chine et de l'Inde qui redoutent l'inflation avec leur fragile économie.<br /> <br /> <br /> Ces pays sont très dépendants des approvisionnements extérieurs. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les subventions pétrolières en Chine, en Inde et au Moyen-Orient ont atteint un total<br /> d'environ 55 milliards de dollars en 2007.<br /> <br /> <br /> Une menace pour l'économie<br /> <br /> <br /> Les ministres des cinq états ont estimé que la hausse des prix du pétrole constitue une menace pour l'économie mondiale. Pour cette raison, ils croient que la production de brut doit augmenter<br /> pour satisfaire à la demande croissante.<br /> <br /> <br /> Le cours du brut a été multiplié par cinq depuis 2003 et par sept depuis 2001. Il a franchi un nouveau sommet vendredi à New York, à 138,54 $US. Les analystes s'attendent à ce qu'il<br /> atteigne les 150 $US d'ici juillet.<br /> <br /> <br /> Cette situation touche les populations et certains secteurs d'activité comme les transports et l'agriculture, qui manifestent contre cette hausse.<br /> <br /> <br /> La production mondiale de pétrole stagne autour de 85 millions de barils par jour depuis 2005, alors que la croissance économique internationale a fait grimper la demande à des niveaux sans<br /> précédent. Cette demande a connu de spectaculaires bonds en Chine et en Inde.<br /> <br /> <br /> Selon des analystes, le déclin du dollar américain, les craintes liées à l'approvisionnement en pétrole à long terme et une forte spéculation contribuent aussi à la flambée des prix.<br /> <br /> <br /> Une réunion<br /> <br /> <br /> Les cinq pays consommateurs se sont rencontrés à la veille d'une réunion sur l'énergie du G8 auxquels sont associées la Chine, l'Inde et la Corée du Sud.<br /> <br /> <br /> L'objectif consiste à tenter d'enrayer l'ascension des prix du pétrole et de calmer les spéculateurs qui misent sur l'annonce d'un plafonnement de la production.<br /> <br /> <br /> Pour leur part, les pays de l'OPEP refusent d'augmenter leurs livraisons, car ils estiment que la demande n'est pas suffisante.<br /> <br /> <br /> <br />

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