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Quelle est la part de sincérité, quelle est la part de tactique dans la soudaine affection de Bertrand Delanoë pour le libéralisme ? Je suis bien incapable de le dire. Mais pour ces propos prudemment iconoclastes, si je puis oser cet oxymore, il attire l’attention sur l’origine du libéralisme et personnellement je m’en réjouis. cliquez l'image pour biographie (Assemblée Nationale) |
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Pour l’opinion, pour une large partie de la classe politique, dont la culture ne s’est jamais alimentée qu’à la seule source médiatique, le libéralisme se réduit à une acception purement économique du terme. Il se confond, à peu près, avec le libre marché, avec le capitalisme pour utiliser un terme qui n’est plus guère à la mode. Or le libéralisme est d’abord une doctrine politique, fondée sur une conception de l’homme, considéré comme libre et responsable et que les institutions politiques doivent protéger contre les abus du pouvoir. La démocratie libérale, en science politique, s’oppose à la démocratie populaire, en ce qu’elle protège l’individu et les minorités de l’emprise d’un pouvoir, qui, même à supposer qu’il soit majoritaire, doit respecter les principes fondamentaux que sont les droits de l’homme. Le libéralisme est inséparable de la séparation des pouvoirs et du respect de l’Etat de droit. Comme les droits de l’homme incluent le droit de propriété, le libéralisme respecte le libre marché, c’est-à-dire le droit des individus, seuls ou groupés en sociétés, de disposer de leurs biens. La figure emblématique du libéralisme est donc beaucoup plus le juge intègre que le banquier à cigare, contrairement aux caricatures coutumières. Mais si le libéralisme est d’abord politique, il est aussi économique, et il serait malhonnête, intellectuellement incohérent, de se réclamer de l’un tout en rejetant l’autre. Fondamentalement, libéralisme et socialisme s’opposent. On peut, pour simplifier, dire que le premier tire des conséquences économiques de conceptions d’abord morales et politiques et que le second partant de nécessités économiques et sociales est conduit à reléguer au second plan les droits des individus. Voilà pour les idées qu’il convient d’avoir à l’esprit. Elles sont à la fois fondatrices et révélatrices. On ne devrait pas innocemment se réclamer du libéralisme et du socialisme. Conceptuellement, mais aussi pratiquement, les deux idéologies reposent sur des conceptions différentes de l’homme, qui sous-tendent des conceptions différentes de la politique. Le libéralisme, c’est Tocqueville et Bastiat, et non Tocqueville sans Bastiat. Cela signifie-t-il qu’un libéral rejette toujours et systématiquement toute intervention de l’Etat qui contrecarre le libre fonctionnement du marché ? Bien sûr non. Cela signifie-t-il qu’un socialiste est toujours et systématiquement, un ennemi des libertés ? Il serait absurde de le prétendre. En réalité, il est arrivé que les socialistes soient sensiblement plus libéraux que la droite : en matière de mœurs, par exemple, dans certaines circonstances dans le domaine de la liberté de l’information, la gauche a été libérale alors que la droite ne l’était pas. Et la droite mettant en œuvre le droit opposable au logement a battu la gauche sur un terrain à proprement parler socialiste. Cependant, il faut dire à Monsieur Delanoë que son libéralisme est très relatif. Il appartient à un parti qui prône en matière économique et social une irresponsabilité qui est foncièrement anti-libérale. Sa gestion des affaires parisiennes n’est pas non plus un modèle de libéralisme : il a instauré une sorte de totalitarisme municipal, selon lequel les loisirs bénéficient d’une préférence de principe, au détriment de l’activité. Quant à la droite, elle est loin d’être constamment libérale, y compris sur le plan économique, où elle le dispute à la gauche en fait d’interventionnisme brouillon. Une partie de la droite française est autoritaire s’agissant des libertés publiques, et corporatiste en matière économique, c’est-à-dire absolument non libérale. |
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Réponse de François Goulard à Landry Thomazo (29/05), Mateo (02/06), David (02/06) et Antoine (03/06) : Je ne crois pas qu'un mouvement s'affichant libéral soit aujourd'hui la solution : quelle serait son audience ? Quels seraient ses moyens ? Mais les choses peuvent changer, et peut-être plus rapidement que l'on pense. Les socialistes, c'est un comble, par ce débat, très superficiel chez eux, autour du qualificatif libéral, peuvent contribuer à "dé-diaboliser" le mot, ce qui serait en soit un grand progrès. Expliquer, tenter de convaincre, dénoncer l'absurdité des politiques étatistes, exposer la possibilité d'autres méthodes, d'autres solutions : je suis partisan du "progressivisme". Et lorsque je considère la vie politique de notre pays, les déclarations publiques, les débats parlementaires, je me dis que notre premier ennemi, à nous qui avons des convictions libérales, c'est la bêtise, la démagogie et la lâcheté. |
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