Le président américain George W. Bush et les membres les plus influents de son administration sont à nouveau égratignés par Scott McClellan, qui fut porte-parole de la Maison-Blanche entre 2003 et 2006.
Dans un livre intitulé Ce qui s'est passé: au coeur de la Maison-Blanche de Bush et la culture de la tromperie à Washington, McClellan revient notamment sur la guerre en Irak et la réponse de la Maison-Blanche à l'ouragan Katrina.
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Au sujet de la guerre en Irak, qu'il qualifie de « bourde stratégique sérieuse », il écrit que le président et ses conseillers « ont confondu la campagne de propagande avec le haut niveau de candeur et d'honnêteté fondamentalement nécessaire pour bâtir et soutenir le soutien du public en temps de guerre. »
« Au cours de l'été 2002, écrit-il, les principaux conseillers de Bush ont établi une stratégie pour orchestrer méticuleusement la campagne à venir pour vendre la guerre. [...] Il s'agissait de manipuler les sources de l'opinion publique à l'avantage du président. » Le président, précise-t-il, « a géré la crise d'une manière qui garantissait pratiquement que l'usage de la force deviendrait la seule option envisageable ».
McClellan, qui a quotidiennement défendu les politiques de l'administration Bush lors des trois premières années de la guerre en Irak, conclut aujourd'hui: « Ce que je sais, c'est qu'une guerre ne devrait être lancée que lorsqu'elle est nécessaire, et que la guerre en Irak n'était pas nécessaire ».
L'ancien porte-parole du président américain soutient qu'une culture de « campagne permanente » régnait à la Maison-Blanche, puisque George W. Bush s'était promis de réussir là où son père avait échoué en décrochant un second mandat.
« Cela signifiait qu'il fallait travailler en mode campagne: ne jamais expliquer, ne jamais s'excuser, ne jamais battre en retraite. Malheureusement, cette stratégie avait des répercussions moins justifiables: ne jamais réfléchir, ne jamais reconsidérer, ne jamais faire de compromis. Surtout pas lorsque cela touchait l'Irak ».
Revenant sur la catastrophe engendrée par Katrina, McClellan se montre aussi très sévère envers l'administration Bush. Washington, soutient-il, a « passé l'essentiel de la première semaine dans un état de déni », et sa réponse a constitué « un échec de l'imagination et de l'initiative ». « Ce fut une bourde coûteuse », conclut-il là aussi.
L'ex-porte-parole de la Maison-Blanche ne se gêne pas pour critiquer le rôle de Karl Rove dans cette affaire. C'est lui, dit-il, qui a orchestré le vol du président Bush au-dessus de la Nouvelle-Orléans à bord de l'avion présidentiel. Scott McClellan dit qu'il s'est prononcé contre l'idée dès le départ, mais que l'opinion de Rove a prévalu. L'affaire a finalement été critiquée puisqu'elle donnait l'impression qu'il était déconnecté de la réalité.
« Bush est assez intelligent pour être président », écrit McClellan, mais « un chef de l'exécutif plus confiant saurait reconnaître ses échecs, faire confiance à la capacité des gens de pardonner à ceux qui cherchent la rédemption pour leurs erreurs et démontrer une volonté de changer ».
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Scott McClellan mentionne au passage que la secrétaire d'État et ex-conseillère à la sécurité nationale du président Condoleezza Rice se montre parfois trop accommodante et qu'elle protège habilement sa réputation. « Peu importe ce qui allait mal, elle était capable d'une manière ou d'une autre de s'en sortir sans se salir les mains », écrit-il.
Dans de précédents extraits publiés l'automne dernier, McClellan affirmait que le président Bush et quatre membres de son entourage - le conseiller Karl Rove, le vice-président Dick Cheney, le directeur de cabinet de ce dernier, Lewis « Scooter » Libby, et le directeur de cabinet du président, Andrew Card - ont contribué à propager de fausses informations dans l'affaire Valerie Plame, cette ancienne agente de la CIA dont l'identité a été révélée au public au mépris de la loi américaine.
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