A l'origine, un ήρως était un demi-dieu. Issus de l’amour d’un dieu et d’une mortelle ou simples dieux déchus.
Ils se distinguaient des simples mortels par l’accomplissement d’actions hors du commun mais aussi des Dieux, car simples mortels.
Qu'en est-il aujourd'hui des héros ? Quels sont-ils ?
Pourquoi, à travers les siècles, le simple terme de Héros fait-il toujours appel en nous à ce respect, cette...envie ?
Les héros d'hier étaient mythes et légendes, modèles de vertus nés d'histoires épiques. Aujourd'hui, le restent-ils, ou vivons-le-nous plutôt comme une alternative, un fantasme qu'une partie de nous souhaiterait du domaine du possible.
Et quel intérêt à être héros : le triomphe, la victoire, la gloire ?
Ou bien la notion de sacrifice, le don de soi ?
Ou peut-être tout simplement le besoin viscéral de se sentir appartenir à quelque chose de plus grand que soi, appartenir aux autres, aux destins des autres. Que notre vie soit scellée à celles de nos paires. Un besoin de reconnaissance inavoué, car il nous rappelle à quel point nous craignons la solitude.
Paradoxal, à réfléchir. Car le propre du héros est bien cette solitude. Ni un dieu, et pas tout à fait un homme.
Un "chaînon manquant".
L'incarnation de notre ascension espérée, de notre lutte de chaque instant pour être plus que ce que nous sommes en réalité : de simples humains.
A moins que ce ne soit l'espoir de se trouver une parenté céleste. De savoir que notre destin est tout tracé. Nouveau paradoxe : savoir que nous n'avons
pas le choix de ce que nous sommes afin de mieux reprendre le contrôle de nos vies.
Et si ce potentiel n'existait pas : si nous nous leurrions ?
Ou pire, si nous l'étions tous, héros. Que chaque acte héroïque n'est autre que d'aller au-delà de tous ces paradoxes.
Il ne serait donc pas question de pouvoir se dire "Je suis un héros", mais tout simplement que "Je suis".
Yoann au Pays des Songes,
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