Sommet de Séoul Le sommet du G20 n’a pas réellement abouti, sur fond de tensions causées par les conflits d’intérêts entre les principaux protagonistes de la « guerre des changes ». Les pays les plus puissants de la planète ont réaffirmé hier, en Corée du Sud, leur détermination à renforcer la coopération à l'échelle internationale. Mais ils ont mis en garde, à l'issue du sommet de Séoul, contre des politiques économiques « non coordonnées », aux conséquences nécessairement désastreuses « pour tous ».

« Une croissance inégale et des déséquilibres croissants accroissent la tentation d'abandonner des solutions communes en
faveur d'actions non coordonnées », affirme le G20. Ce genre d'actions « non coordonnées ne peuvent que faire empirer la situation pour tous », ont jugé les
pays du G20, toutefois beaucoup plus timides lorsqu'il s'est agi de prendre des mesures concrètes. Les dirigeants des pays du G20 sont certes convenus
de s'abstenir de toute « dévaluation compétitive » et de « favoriser des taux de change davantage déterminés par le
marché ». Mais cet engagement est une copie conforme de celui déjà pris par leurs ministres des Finances fin octobre lors d'une autre réunion en Corée du
Sud. « C'est un G20 pour rien. Simplement, tant qu'on discute, on ne se fait pas la guerre », a résumé pour l'AFP l'économiste Elie Cohen. Les pays du G20
ont encore fort à apprendre en matière de coopération, a jugé de ce point de vue le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, présent à Séoul. L'évolution du G20 est comparable à celle de l'Union européenne
(UE), au sein de laquelle les pays ont appris à coopérer même s'ils n'en n'avaient « pas tellement envie », a-t-il expliqué devant la presse. « Maintenant
que nous sommes dans l'après-crise, même si des problèmes demeurent, les pays ont moins envie de coopérer. Ils sont d'abord préoccupés par leur propre politique », a-t-il ajouté.
Le président américain Barack Obama a toutefois souligné hier devant la presse qu'il y avait un large consensus dans le monde
sur la voie à suivre pour une reprise économique globale.
Attaqué de toutes parts après des mesures de relance controversées, le président américain s'est défendu de tout égoïsme, réaffirmant tout au long de ce sommet qu'une relance américaine solide était bonne pour la croissance mondiale. L'injection de quelque 600 milliards de liquidités par la banque centrale américaine (Fed), qui a aussi pour effet d'affaiblir le dollar, a pourtant été vivement critiquée par plusieurs de ses partenaires, Chine et Allemagne en tête, les deux plus gros exportateurs de la planète.
Le président chinois Hu Jintao, plus déterminé que jamais à ne pas mettre en péril la formidable croissance de son pays, a
pour sa part présenté à ses homologues son propre plan d'action, en quatre points, dont l'objectif est d'assurer une croissance mondiale « forte, durable et
équilibrée », sans aucun engagement concret sur une réduction des formidables excédents chinois. Il s'était engagé jeudi devant M. Obama à
continuer sur la voie d'une réévaluation du yuan, réclamée avec insistance par Washington. Mais, a-t-il averti, cela ne pourra
se faire que dans un « environnement extérieur favorable » et de manière progressive.
En matière de régulation financière, un engagement fort pris l'an dernier à l'occasion de leurs précédents sommets, les pays
du G20 ont assuré qu'ils mettraient « totalement » en oeuvre les nouvelles normes bancaires, dites de Bâle III, destinées à renforcer un secteur à l'origine
de la pire crise qu'ait connue le monde depuis la grande dépression des années 30. Le président français Nicolas Sarkozy, arrivé hier matin dans la
capitale sud-coréenne, a pris les rênes du G20 à l'issue de ce sommet, le cinquième depuis novembre 2008. Il a promis de
conduire cette présidence avec « réalisme et responsabilité », soulignant que les chantiers que la France entendait mener à cette occasion étaient «
colossaux ».
Un G20 pour rien
Source journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 13 novembre 2010
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