Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Libertariens contre Libéraux par Stéphane GEYRES

par AL de Bx 7 Février 2013, 21:08 Libéralisme


Comme (trop) régulièrement, le débat théorique et stratégique entre libéraux et libertariens vient de connaître quelques soubresauts ces derniers jours. Certains libéraux voient certains libertariens - dont je fais partie - comme des intolérants agressifs, pour rester poli, et s’étonnent que ces derniers leur tombent dessus au lieu de faire la chasse au socialo, supposé le seul ennemi commun.

Je vais donc tenter une fois encore de clarifier la vision des choses vue du côté d’un libertarien, en espérant que cela aide l’autre côté à avancer.

Ceux que je qualifie ici avec bienveillance de libéraux sont tous ceux qui croient qu’il est possible de faire avancer le libéralisme en ce pays au sein du système politique partisan traditionnel. Je mets sous cette étiquette tous les libéraux logeant chez l’UMP, divers centristes type UDI et le PLD de même depuis qu’il a rejoint cette dernière.

Le libéralisme est très mal connu par nos concitoyens. Même une bonne part des libéraux ne le connaît que mal ou seulement en partie, n’en voyant souvent que la dimension économique mais pas la dimension juridique. Il faut reconnaître que l’image qu’en a la plupart des gens est ternie par des années de propagande social-démocrate.

Pourtant aucun système politique n’est plus humaniste que le libéralisme authentique. Aucun n’est plus juste socialement, aucun n’est plus favorable à une saine et durable prospérité soutenue. Paradoxe donc, puisque ces arguments sont typiquement certains des plus forts que les opposants au libéralisme avancent contre lui. Paradoxe qu’il faut justement arriver à casser dans l’esprit des gens pour espérer gagner l’opinion.

Les libertariens pensent que cet objectif est atteignable si l’on présente à l’opinion un discours direct, franc et honnête, centré sur ces arguments humanistes, sans fausse nuance. Car tout le monde ou presque est naturellement libéral. Ron Paul a montré qu’il est possible de toucher l’opinion si on tient un discours de ce type, un discours nouveau et qui change tellement de la soupe mensongère de l’ordinaire politicien.

Si Ron Paul avait raison, ou dans le même style un Nigel Farage, alors l’opportunité du libéralisme tient dans l’efficacité de cette clarté de langage qui peut toucher directement la masse des déçus et des abstentionnistes.

Mais cela suppose de prendre l’opinion à contre-pied, elle qui est convaincue que le libéralisme est le mal absolu. C’est-à-dire qu’il faut être insoupçonnable de double discours. Il faut pour cela être crédible et donc propre sur soi et cohérent. La moindre trace de soupçon de mensonge ou de veste retournée doit être chassée à tout prix. Le discours entier n’est crédible qu’à ce prix.

Si cette analyse est juste, alors nous ne toucherons l’opinion que si nous ne sommes pas attaquables, pour ne peut pas être confondus avec le système que nous critiquons.

Ron Paul se servait du système mais n’a jamais laissé aucun doute, ni par son discours ni par ses votes, sur sa pensée et son objectif politique ultime. Il était dans le système certes, mais contre lui, pour le dénoncer de l’intérieur. Même s’il n’est pas vraiment libéral, Nigel Farage utilise le même stratagème, il joue le ver dans le fruit et contribue à décrédibiliser et discréditer l’Europe de l’intérieur. Mais pour y arriver, il a annoncé la couleur d’emblée, l’UKIP a dès le début opté pour un programme anti-européen qui a convaincu un nombre croissant de britanniques.

Leur expérience le montre donc, la seule chance politique du discours libéral passe par un affichage décomplexé et sans fard de nos idées, exprimé par une ou des voix libres de toute ambiguïté.

Pour en revenir à nos libéraux UMPistes, il est dommage qu’ils ne voient pas pourquoi ils subissent les foudres des libertariens. La raison est pourtant simple : ils font obstacle au développement du message libéral en ce pays. Ils y font obstacle en brouillant l’image et le message par leur appartenance aux partis traditionnels. Et bien noter que je ne parle même pas de message libertarien…

Car un – ou une – libéral(e) sincère qui s’affiche auprès de l’UMP est en premier lieu vu comme un UMP. Surtout que comme il est probablement inconnu de l’électorat, que son affichage comme libéral est tout autant incompris, ce n’est que son appartenance au parti qui détermine l’appréciation par la grande majorité des électeurs.

De plus, aucun des grands partis n’a le moindre intérêt à changer le système en profondeur, car c’est du système qu’ils vivent et prospèrent. Tous les gentils libéraux pourront tenter d’infiltrer l’UMP ou le Centre, tant qu’ils seront minoritaires ils ne seront que manipulés et étouffés. Et pour être majoritaires, il faudrait que l’électorat mal informé les y mettent, ce qui ne tient pas debout.

Croire que les grands partis demeurent le seul moyen d’avoir accès à la machinerie de communication partisane constitue donc une erreur profonde. Soit les libéraux ne pourront pas s’exprimer largement, soit leurs rares messages seront de toute façon entachés de l’image UMP ou Centre.

Pour ces nombreux libéraux sincères mais pas toujours conscient de cette erreur stratégique, il n’y a à mon sens qu’une seule option : rejoindre les rangs des trop rares initiatives de promotion du libéralisme qui éclosent hors du champ des partis politiques traditionnels, pour y porter un discours sans compromis et sans ambiguïté. Ou continuer à subir nos quolibets et critiques.

Source: Stéphane GEYRES
son blog:
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires
M
<br /> Je pense que vous vous trompez totalement. Et en + de ça votre contre exemple n'en est pas un : Ron Paul est un Républicain, il n'a pas fondé son parti à part ni ne s'est présenté en candidat<br /> libre. Il a fait de l'entrisme, et le préconise à tous les libertariens dans une vidéo (à trouver sur youtube, excusez ma flemme).<br /> <br /> <br /> On peut faire de l'entrisme à l'UMP et à l'UDI, c'est même la seul chose à faire pour avoir un espoir, un maigre mais un espoir, de changer les choses. D'abord via l'expositin médiatique qu'offre<br /> l'étiquette, de là on peut essayer de convaincre le plus grand nombre via les médias, ensuite parce qu'on peut essayer d'influencer les politiques de son camp, et enfin on peut (on doit) voter de<br /> manière libertarienne.<br /> <br /> <br /> Je ne crois en aucun cas à l'ermegence d'un nouveau parti libéral ou libertarien qui miraculeusement grimperait dans les urnes voir gagnerait. En France pour créer un parti de zéro.. bonne chance<br /> ! Ni à un homme ou collectif hors des partis qui arriveraient via les médias (comment y être invité) ou sans (mission impossible) a convaincre les français.<br /> <br /> <br /> La seule et unique source d'espoir est bien l'entrisme. La création de courants libertariens/libéraux au sein même de l'UMP et de l'UDI. <br /> <br /> <br /> Vous me direz il y a un problème : en France les partis ne marchent pas comme le bipartisme US, les courants ne sont pas reconnus, on doit se plier à la ligne des dirigeants du parti. Oui, c'est<br /> vrai... mais ça change. L'UDI se créé sur la forme fédérale, avec des courants. L'UMP commence a reconnaitre des courants internes. Les primaires dans ces 2 partis sont à l'ordre du jour pour la<br /> première fois. C'est de cette façon que le liberalisme avancera, en développant des courants internes, en les faisant grossir, en pesant de l'intérieur via les primaires, en ayant accès aux<br /> médias grace à l'étiquette du parti etc. (Le PLD a eu raison de rejoindre l'UDI, et par exemple Beigbeder a amené la Flat Tax dans le débat interne à l'UMP... voilà de l'entrisme concret).<br /> <br /> <br /> Ca ne veut pas dire qu'il n'est pas bon d'avoir des hommes et des femmes hors parti qui seuls ou en collectif répandent la bonne parole. C'est toujours bien. Mais je ne crois pas du tout à cette<br /> tactique pour espèrer arriver à nos fins un jour, je crois à l'entrisme forcené (et comme vous dites, sans compromission, il faut s'en tenir à c'est idée même si évidemment ça implique de voté<br /> contre son gouvernement, quitte a se faire exclure, ce qui espèrons avec la reconnaissance des courants se fera de moins en moins par la force des choses).<br /> <br /> <br /> Mais pour que ça marche, il faut aussi que des libertariens/libéraux comme vous prenne acte de la mutation de ses 2 gros partis, afin de ne pas voir chez les libéraux qui font de l'entrisme des<br /> traitres. Vous dites que l'opinion voit d'abord l'étiquette UMP ou UDI avant de voir le libéral infiltré, avant surement.. dans la configration des partis "bonapartistes", mais si la mutation se<br /> poursuit ce ne sera plus le cas, les gens reconnaitront que vous êtes dans un courant avant l'étiquette globale. C'et évident et ça commence (on le voit dans les médias, quand il invite un tel il<br /> disent "vous êtes du courant "Droite Forte" à l'UMP, par exemple... ou vous êtes du PLD au sein de l'UDI).<br /> <br /> <br /> Donc j'ai espoir, et j'incite le + de libéraux possibles a faire de l'entrisme pour créer ou renforcer des courants au sein de l'UMP et l'UDI.<br /> <br /> <br /> Cordialement.<br />
Répondre

Haut de page