Actualisation, cliquez l'image ou figure Alain Laurent, vous pourrez lire le blog Nicomaque. Vous aurez en audio l'intervention d'A.Laurent.
Séminaire ayant comme objet: Etudier la naissance du mouvement de l'ordo-libéralisme allemand, au sein du libéralisme, au travers de l'étude des écrits et de la
personne de Wilhelm Röpke et son rapport avec les libéraux autrichiens (Hayek en particulier).
Voir bien entendu l'intervention de P. Commun, en plein dans l'actualité, l'Allemagne encore un grand pas d'avance sur son allié la France. L'Allemagne serait-elle plus libérale? A la vue des dernières élections, sans doute. Un petit retour historique:
W. Röpke (1899-1966), un des chefs de file de l'ordolibéralisme, était un partisan de la libre concurrence tout en plaidant pour un conservatisme moral. Récusant le laissez-faire utilitariste, il ne ménageait pas davantage ses critiques à l'encontre de Keynes et surtout de l'Etat providence. Il est le promoteur de l'idée d'"économie sociale de marché" reprise dans un contexte tout autre aujourd'hui. Un libéralisme à tendance ou composante conservatrice, celui des "fondateurs" (Locke, Montesquieu, Adam Smith...), celui de Tocqueville, dont les héritiers contemporains sont en particulier les représentants de l'ordo-libéralisme allemand et du néo-conservatisme américain, soit W. Röpke et I. Kristol.
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Au début des années 1950, la section française de la Société du Mont-Pèlerin, créée en 1947 par F. von Hayek et Wilhelm Röpke, est composée de dix-huit membres, à la jonction entre l’université et le patronat. Le CNPF finance généreusement ses activités. À l’origine de think tanks qui fonctionnent encore aujourd’hui dans de nombreux pays, elle réunit des individus aux convictions diverses, qui vont du libéralisme radical (F. von Hayek ou J. Rueff) à des positions très modérées (W. Röpke), et organise des connexions entre réseaux académiques, politiques et patronaux. Car, et ce fut certainement la conviction de F. von Hayek, « les idées, aussi radicales soient-elles, ne transportent pas avec elles leurs conditions d’efficacité », elles nécessitent pour être mises en œuvre un activisme discret et des alliances improbables.
Wilhelm Röpke (1899-1966), l'un des chefs de file de l'influente école allemande de
"La crainte de voir les institutions européenne se transformer en super-Etat est aussi ancienne que la Communauté elle-même. Personne, probablement, ne l'a mieux exprimée que Wilhelm Roepke : écrivant en 1958, il voyait dans les institutions communautaires l'instrument d'une planification économique et politique généralisée - d'un saint-simonisme européen - encore plus dangereuse qu'au niveau national. Pour Roepke, la division traditionnelle entre socialistes et libéraux n'était plus la distinction politique fondamentale de nos sociétés. La vraie opposition était celle des "centralistes" et des "décentralistes". Selon ses propres termes, "le problème du monde idéal est la décentralisation ou la centralisation ; s'il faut que le facteur fondamental soit l'individu (et le petit groupe) ou les grands ensembles collectifs - l'Etat, la nation voire un Etat unique englobant le monde entier - est devenue la vraie ligne de partage entre opinions opposées". Pour le "décentraliste" le renforcement politique et économique de l'Europe doit se faire en disant ce qui est vraiment l'essentiel : la variété, la liberté dans la solidarité, le respect de la personne humaine et de son individualité ; Le décentralisme est un élément essentiel de l'esprit européen. Accepter de diriger l'Europe à partir du centre, d'en faire l'objet d'une bureaucratie planificatrice, de la fondre en un bloc compact, équivaut à trahir l'Europe et son héritage spirituel. Un nationalisme et un dirigisme économique à l'échelle continentale ne représentent aucun progrès par rapport au nationalisme et au dirigisme des Etats-nations individuels (source Euro92)"
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