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L'Euro, son avenir par A. Madelin; JJ.ROSA; JM. APHATIE; V.BENARD et +

par AL de Bx 11 Mai 2010, 15:03 Travail et Economie

 

L'opinion d'Alain MADELIN, cliquez l'image

 

http://a10.idata.over-blog.com/630x470-000000/2/04/62/62/Trombinoscope-B/Ectac.Alain-Madelin.03.jpg

 

 

La zone euro est condamnée à disparaître !

 

 

 

 


Un impôt fédéral continental serait la pire cause d’effondrement des économies européennes, après la faute majeure de 1999, celle de la création de l’euro, que nous n’avons pas fini de payer comme le montrent les évènements en cours. Est-il nécessaire d’exprimer l’évidence, dans des économies - particulièrement celle de la France - qui souffrent d’un fardeau fiscal excessif décourageant massivement l’offre comme la demande de travail (voir mon article « Comment gagner plus » disponible sur mon site web) ? Oui sans doute puisque la classe parlante ne connaît qu’une seule « solution » à tous les problèmes de société : plus d’impôts et plus d’interventions administratives.

 

 

Comment sortir de la crise de l'euro ?,
par Christian Saint-Etienne

cliquez l'image

http://www.saint-germain-de-la-grange.net/image/euro.jpg

l'Euro reste très flou!

 

Ainsi, le quotidien parisien Le Monde vient-t-il d’éprouver le besoin, pour la première fois depuis mon article sur les effets ravageurs du SMIC, destructeur de l’emploi des jeunes non qualifiés, paru en … 1994, de demander l’avis de l’hérétique que je suis sur la crise de l’euro (Le Monde du 5 mai 2010). C’est en soi une indication intéressante par ce qu’elle révèle sur la fragilisation du dogme monétaire qui était censé, souvenez-vous, nous apporter la croissance garantie ainsi qu’un « bouclier » incontournable contre les divers chocs financiers et économiques qui affecteraient les autres et malheureux pays hors zone, mais nous épargneraient, nous, et nous seuls.

Dans les limites étroites de cet exercice j’ai indiqué que je ne voyais pas comment la Grèce pourrait éviter une sortie de l’euro, ce qui serait certainement la seule solution efficace pour elle de retrouver la croissance, plutôt que de s’enfermer dans une politique de déflation pour de longues années, porteuse de dépression économique et de graves risques sociaux et politiques. Après tout l’Argentine a connu des problèmes analogues qu’elle a surmontés en peu d’années, après avoir décroché sa monnaie de la parité avec le dollar (malgré les efforts mal inspirés du FMI pour la « sauver » par des prêts, assortis de l’imposition d’une politique restrictive, erreur que l’institution réitère aujourd’hui avec la Grèce) et après avoir fait défaut sur le remboursement de sa dette. La Grèce doit donc choisir entre la dépression prolongée assortie de troubles politiques, et la sortie de l’euro avec répudiation de sa dette, partielle ou totale. Prolonger le déni de réalité n’améliorera pas la condition du patient mais l'aggravera encore.

 

 

 


Dans la suite de l’interview il m’est alors demandé si la zone euro elle-même est condamnée à disparaître. C’est bien ce que je crois. Il est clair en effet que la crise actuelle montre la validité de la théorie des zones monétaires optimales et le rôle fondamental d’un taux de change adéquat pour la poursuite de la croissance. Les évolutions observées depuis 1999 ont montré, à l’inverse, l’inanité de la théorie étonnante selon laquelle la création d’une monnaie commune suffirait à obliger des économies dissemblables à converger vers un même rythme d’inflation et des taux de croissance comparables, bref vers les conditions d’une zone monétaire optimale. C’est ce que ces théoriciens défenseurs à tout prix de l’euro ont baptisé la « théorie des zones monétaires endogènes ». En somme la monnaie aurait la capacité extraordinaire de modeler l’économie réelle à volonté. Pourquoi pas alors une monnaie mondiale qui suffirait à homogénéiser toutes les économies de la planète, depuis les plus arriérées jusqu’aux plus évoluées ? Le problème du développement serait ainsi résolu par la monnaie. L’hypothèse débouche sur l’absurde.

Dans ces conditions une zone euro plus ou moins large pourrait néanmoins subsister entre pays qui remplissent ensemble les conditions d’une zone monétaire optimale : peut-être l’Allemagne et ses voisins immédiats, mais, je l’espère pour le niveau de vie des Français, pas la France …

Il existe cependant une possibilité de survie d’une monnaie partagée entre des Etats qui ne répondent pas aux critères des zones monétaires optimales. C’est le cas notamment des Etats-Unis dont les différents Etats pourraient trouver un avantage économique à se répartir entre plusieurs zones monétaires (voir par exemple l’article intéressant de Geoffrey M.B. Tootell, « Central Bank Flexibility and the Drawbacks to Currency Unification », New England Economic Review, May/June 1990, ou encore plus récemment David Beckworth, «One Nation Under the Fed? The Asymmetric Effects of U.S. Monetary Policy and Its Implications for the United States as an Optimal Currency Area", Working Paper, McCoy College of Business, Texas State University).

Les Etats-Unis cependant peuvent se permettre de conserver un dollar unique d’abord parce qu’ils ont créé cette monnaie unique à une autre époque, le XIXème siècle, dans laquelle des facteurs économiques de fond poussaient les unités politiques et économiques à rechercher la grande dimension (ce que j’analyse dans L’erreur européenne, comme dans Le second vingtième siècle). Mais de plus ils peuvent maintenir cette monnaie unique face à des chocs qui affectent différemment leurs différents Etats membres parce qu’ils disposent d’un dispositif amortisseur qui n’existe pas dans la zone euro : l’impôt principal y est au niveau fédéral, alors qu’il est essentiellement au niveau national en Europe. De ce fait l’Etat fédéral peut aider les Etats les plus touchés par une crise avec les recettes fiscales prélevées sur les Etats qui continuent à connaître la prospérité. Ce qui rend la crise tolérable pour les premiers. L’amortisseur fiscal rend tolérable le fonctionnement d’une zone monétaire non optimale, bien que cette solution soit économiquement inférieure à celle qui consisterait à regrouper entre eux les Etats qui répondent ensemble aux conditions d’une zone monétaire optimale.

Avoir dit cela ne signifie en rien que je préconise la création en Europe d’un impôt fédéral représentant 30 ou 40% du PIB européen, comme l’article du Monde semble l’indiquer. Ce serait à mon avis un désastre, d’abord parce que les Etats nationaux ne renonceraient certainement pas à leurs ressources actuelles, et par conséquent un impôt fédéral viendrait s’ajouter aux impôts nationaux déjà excessifs, décourageant plus encore l’activité économique.

Mais en tout état de cause cela semble exclu car nous ne sommes plus au XIXème ni au XXème siècle : l’heure n’est pas aux empires et aux impérialismes, bien au contraire. La dimension moyenne des nations tend à diminuer dans nos économies d’information, de globalisation des marchés et de fragmentation des organisations hiérarchiques (dont les Etats). L’essai de création d’un super Etat européen serait ainsi voué à l’échec, ce que les refus successifs des électorats nationaux aux tentatives fédéralistes de ces dernières années ont assez clairement confirmé, malgré les pressions constantes des establishments politico-économiques en faveur d’une telle politique centralisatrice. C’est pourquoi la viabilité de la zone monétaire non optimale que constitue la zone euro est des plus douteuses car la voie de l’amortisseur fiscal n’est pas praticable.

En matière de fiscalité, tout au contraire, ce dont les Etats européens ont réellement un besoin urgent, c’est d’un allègement majeur du fardeau, et en particulier de l’impôt sur le travail qui continue à augmenter pour financer la croissance insoutenable de l’organisation corporatiste de la « providence bismarckienne » - la collusion entre les entreprises, les syndicats, et les administrations d’Etat – qui , valable à la fin du XIXème siècle, n’est plus adaptée en rien aux conditions du début du XXIème.

C’est dire, pour conclure, que je ne vois strictement aucune possibilité de sauvegarder l’euro actuel par imitation des Etats-Unis du XIXème siècle et la création d’un impôt fédéral européen.


Jean-Jacques Rosa

 

 

 


Du côté de JM. Aphatie:

source blog

 

750 milliards d’euros potentiellement mobilisables pour faire face aux forces obscures des marchés financiers. Voilà ce que viennent de décider les dirigeants européens pour faire face à la crise qui menace de couler l’euro. Suffira? Suffira pas? A court terme, il est possible que les attaques se ralentissent, ou peut-être cessent. Mais le répit pourrait être bref tant la fragilité de certaines économies de l’euroland – Grèce, Espagne – est réelle, et surtout perçue comme telle par tous les acteurs de la scène publique, politiques comme financiers. Ensuite, l’effet domino jouant à plein, tous les pays peuvent se trouver pris dans la tourmente.

Ceci doit être considéré comme le point de départ d’une analyse qui englobe la situation française. La moindre imprudence budgétaire désormais, le moindre relâchement, pourrait avoir des conséquences rapides et destructrices sur les marchés financiers. Qu’un doute s’insinue sur la gestion des finances publiques françaises, et ce sont des prêteurs qui peuvent s’interroger, peut-être se défiler, et alors gare à l’engrenage des rumeurs qui enflent et des taux d’intérêts qui montent.

Pour le dire simplement, nous sommes entrés dans une période de rigueur économique que le gouvernement français refuse de nommer, mais dont chaque citoyen a déjà conscience. Par exemple, l’annonce du gel des dépenses de l’Etat en valeur, c’est-à-dire le renoncement à les corriger de l’inflation, signifie de fait le gel des salaires des fonctionnaires. Comment, en effet, corriger les salaires de l’inflation et prétendre par ailleurs que l’enveloppe des dépenses ne l’est pas? Absurde. Donc, les salaires de la fonction publique ne bougeront pas en 2011, 2012, 2013. Cette rigueur salariale, bien concrète, influencera la sphère privée. Ainsi, pour les trois années qui viennent, on peut écrire que sauf exception, la règle sera au blocage des salaires en France.

S’il s’agit de nommer les choses par leur nom, ce que la politique mettra du temps à faire, ceci entraînera une baisse du pouvoir d’achat, donc de la consommation des ménages. Le mécanisme pourrait même être amplifié par un surcroît d’épargne, comportement classique de personnes qui doutent du lendemain. L’ensemble pèsera sur la croissance, évidemment, et dessine la réalité des prochaines années. Nous entrons dans une période d’austérité. Nous n’en sommes qu’au début et sa logique s’imposera à tous, notamment à ceux qui, dans deux ans, se présenteront au suffrage des Français.

Rien à voir. Retour à de petites affaires médiocres mais drôles. Vendredi, le journal Le Monde consacrait deux pleines pages à un livre anonyme, « DSK, les secrets d’un présidentiable », édité chez Plon et publié sous le pseudonyme de Cassandre. Comment un quotidien dit « sérieux », voire même de « référence » du temps de sa splendeur, peut faire droit à des écrits anonymes? Quelles valeurs professer à la suite d’un tel choix éditorial quand on promeut ainsi ainsi la lâcheté et la dissimulation dans le débat public?

Une fois ces questions posées, ici même, vendredi, nul sans doute n’attendait de réponses. A tort. Car samedi, le journal Le Monde s’est fendu d’une réaction très certainement involontaire mais tout de même sacrément instructive.

Pour la trouver, il faut aller à la page 14 d e l’édition du week-end et se pencher attentivement sur le billet de la médiatrice, Véronique Maurus. Elle évoque le traitement que le quotidien réserve au courrier de ses lecteurs, et notamment celui qui arrive à la rédaction par l’intermédiaire des courriels, adresse courrier-des-lecteurs@le monde.fr. « Le Courrier des lecteurs, écrit la médiatrice en utilisant la majuscule à Courrier, n’est pas anonyme. Le Monde ne publie ni les textes non signés, ni les pseudonymes. »

Avouez qu’il y a là de quoi se tordre les côtes. Voilà que Le Monde du samedi désavoue totalement Le Monde du vendredi. La médiatrice du journal repousse de toute son autorité les écrits anonymes tandis que les rédacteurs du service politique assurent la promotion de tels écrits sur deux pages. Se parlent-ils parfois autour de la machine à café ces journalistes qui travaillent pour le même journal? Cherchent-ils de temps en temps à harmoniser les principes et les valeurs, les barrières et les interdits, qui composent leur cadre professionnel?

Des esprits malins objecteront que le courrier des lecteurs est une chose, et que le monde de l’édition en est une autre. Ils ont bien sûr raison. Aux premiers, on impose des règles minimales de civilité. Nommez-vous, si vous voulez participer au débat public. Ceci est juste, et sain. Avec le second en revanche, on ploie sous la double loi du spectacle et du marché Le livre anonyme fait causer, frémir, il excite, il attire. Difficile de ne pas en être, impossible de ne pas partager le vertige qu’il provoque. On cède alors aux sentiments, en oubliant les principes. Et puis, il faut préserver les lendemains. L’éditeur du poulet anonyme pourra proposer plus tard un livre plus noble. Alors, il se souviendra du coup de main au moment d’attribuer les bonnes feuilles, ou l’interview inaugurale.

Il ne faut jeter la pierre à personne. Juste noter que parfois, le journalisme s’égare sur des chemins où il ne se grandit pas.

 

 

 

 

Autres visions:

 

Dossier: Grèce et crise Euro + Visions

 

Le piège mortel de la dette publique, de vincent B

 Brève - Encore quelqu'un qui ne croit pas au "plan de sauvetage de la Grèce", de Vincent B

 Brèves - spécial "plan de sauvetage", de Vincent B

 Plan de 750 Mds «pour sauver l'Euro» : nous boirons le calice jusqu'à la lie, de Franck B


L’Europe a rendez-vous avec Thatcher, mais elle ne le sait pas encore, du PLD

Auto destruction de l'Europe, par Guy Sorman


 


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commentaires
D
<br /> <br /> Daniel Thureau Oui...!...Appelons les choses par leur nom...Il est grand temps....!<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Daniel Thureau Ben oui, parce que les excès du pouvoir de l'argent, les cupides comme le disait fort justement Jacque<br /> marseille ne peut entraîner que l'austérité qui, bien sur sera plus durement ressentit par les gens modestes....Alors moi, les "pouvoirophages" du système financier et les "pouvoirophages"<br /> étatiques qui se renvoient la balle....Ras le bol....!!<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Leny Paris moi j'aime Monsieur Madelin<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Daniel Thureau Une fois n'est pas coûtume, on mélange tout...Il va de soi qu'un impôt fédéral dans le cadre d'une Europe qui<br /> ne l'est pas serait une aberration....Celà dit, il me semble que ceux qui veulent abattre l'Euro seraient plus honnêtes de dire qu'ils veulent aussi abattre l'Europe, à tout le moins, la marche<br /> vers une Europe véritablement fédérale.....<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Les mois passent....qu'en est t-il de l'euro?<br /> Une crise plus monétaire qu' "économique", l'Europe devrait conserver l'Euro et chaque nation reprendre sa monnaie, est-ce souhaitable, voire inéluctable?<br /> <br /> <br /> <br />
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