Source: Site de la C.D.B
« Pour sa première réunion des Nations Unies, Cali a rempli son mandat et est entrée dans l’histoire comme le lieu de naissance du projet de Protocole de Nagoya sur l’accès et le partage
des avantages ». Colorés d’un brin d’emphase, les propos d’Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique n’en consacrent pas moins
une avancée largement considérée comme décisive. Les 500 représentants des gouvernements, des communautés autochtones et locales, de la société civile, des centres de recherche et du secteur
privé, venus à Cali, pour la neuvième réunion du Groupe de travail spécial se sont mis d’accord sur un projet de protocole mais aussi sur un plan de route jusqu’au Sommet de Nagoya. Conçu, sous
l’égide de la Convention sur la diversité biologique, ce protocole sera proposé pour adoption par les gouvernements du monde lors du Sommet sur la diversité biologique de Nagoya, au Japon, en
octobre prochain.
cliquez l'image, site de l'année de la biodiversité 2010
Partage juste et équitable des ressources, mais encore ?
Le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques est le troisième objectif de la Convention sur la diversité biologique (CDB), traité international
entré en vigueur en décembre 1993, et dont les deux premiers objectifs sont l’utilisation durable de la biodiversité et sa conservation. Pour mener à bien sa mission, la Convention procède par
évaluations scientifiques, élabore des outils, engage des processus, favorise le transfert de technologies et de bonnes pratiques. Ses décisions associent largement et de manière active toutes
les parties concernées, notamment les communautés autochtones et locales, les ONG, les femmes et les jeunes, le secteur privé. Les Parties à la Convention ont l’autorité pour déterminer les
modalités d’accès aux ressources génétiques dans les territoires soumis à leur juridiction et ont aussi l’obligation de prendre des mesures appropriées afin de partager les avantages découlant de
leur utilisation. Les ressources génétiques peuvent-être utilisées à différentes fins. Les utilisateurs des ressources génétiques peuvent être des centres de recherches, des universités, des
sociétés privées de la recherche pharmaceutique, de cosmétiques, de l’agriculture, l’horticulture et la biotechnologie. Les avantages tirés des ressources génétiques peuvent concerner les
résultats de la recherche, le transfert de technologies qui utilisent ces ressources, la participation aux activités de recherche biotechnologique, ou des avantages pécuniaires issus de la
commercialisation des produits basés sur les ressources génétiques.
Une opportunité
« Le protocole sur l’accès et le partage des avantages (APA) représente une opportunité pour que la communauté internationale préserve nos ressources génétiques et les connaissances
traditionnelles tirées de la biodiversité dans le cadre d’un développement durable qui peut avoir un impact positif sur le développement entrepreneurial de nos régions et répondre aux attentes de
développement économique et social de nos pays » a estimé Madame Yadir Salazar, Directrice du ministère des affaires étrangères du gouvernement de Colombie. Pour Tim Hodges du Canada et
Fernando Casas de Colombie, les coprésidents du processus de négociation, « il est crédible et, ce qui est peut-être le plus important, il est direct et intelligible par les acteurs qui
sont en-dehors du processus et qui doivent maintenant comprendre la chance que représente l’adoption du régime de l’APA. » Il donnera en effet des procédures claires et transparentes
aux utilisateurs et aux fournisseurs de ressources génétiques, qui mobilisent comme matière première ce qu’on trouve dans les microbes et les plantes pour une utilisation commerciale ou non.
L’APA régule donc l’accès aux ressources et la manière dont les bénéfices tirés de leur utilisation sont partagées entre les pays qui les exploitent et ceux qui les fournissent. « Cali
marque une étape importante dans l’application pleine et entière de la Convention sur la diversité biologique. Dix-huit ans après le Sommet de la terre, nous avons ouvert la voie pour un partage
juste et équitable des avantages tirés de la biodiversité de notre seule et unique planète » a déclaré Jochen Flasbarth, Président de l’Office allemand de l’environnement et actuel
Président de la Conférence des Parties à la CDB.
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