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La croissance française meilleure que prévue

par Alain Genestine 15 Mai 2008, 17:25 Travail et Economie

Le 15/05/2008 à 13h38 GMT  source RMC voir lien: bas de page , cliquez photo
par Véronique Tison
PARIS (Reuters) - L'économie française a enregistré au premier trimestre une croissance estimée à 0,6%, meilleure que prévu, et le chiffre de l'ensemble de 2007 a été révisé à 2,2% au lieu de 1,9%, annonce l'Insee.
Ces "deux très bonnes nouvelles", selon l'expression de la ministre de l'Economie Christine Lagarde, confortent la prévision gouvernementale d'une croissance comprise entre 1,7% et 2,0% sur l'ensemble de 2008, et le Premier ministre François Fillon a même dit espérer pouvoir dépasser cet objectif.
Le bon premier trimestre en France - les économistes tablaient en moyenne sur une croissance de +0,4% - fait écho aux chiffres également meilleurs que prévu publiés en même temps pour l'Allemagne et la zone euro, mais la tendance s'annonce beaucoup moins favorable au deuxième trimestre en raison du ralentissement économique provoqué par la crise américaine.
"Alors que la place attendait 0,4%, on a 0,64%, un gros 0,6%, un bon chiffre qui double par rapport au quatrième trimestre 2007 (révisé à 0,3% au lieu de 0,4%)", a fait remarquer Christine Lagarde au cours d'une conférence de presse.
"Même si on avait trois trimestres à zéro on aurait déjà au jour d'aujourd'hui engrangé un acquis de croissance de 1,4%. Dans ces conditions, il me semble que nos prévisions officielles entre 1,7 et 2% sont bien confortées", a-t-elle dit.
S'exprimant au Sénat, le Premier ministre François Fillon a jugé cet objectif "extrêmement réaliste". "Ce sont des chiffres que nous atteindrons sans difficulté et que nous espérons même dépasser", a-t-il ajouté.
LA COMMISSION RESTE DE MARBRE
Christine Lagarde, tout juste rentrée d'une réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles, a émis le voeu que la Commission européenne, qui s'apprête à adresser à la France une "recommandation politique" sur l'ampleur de ses déficits, prenne les derniers chiffres en considération.
"Je ne suis pas en train de contester toute mesure attribuée à la Commission, nous sommes toujours dans cette exigence de gestion rigoureuse de nos finances publiques, (mais) un certain nombre de calculs devront être réexaminés à l'aune de cette réalisation et de ce prévisionnel", a-t-elle expliqué.
Paris entend ramener son déficit public à 2,5% du produit intérieur brut cette année, après 2,7% en 2007, alors que la CE prévoit une détérioration à 2,9% en 2008 puis 3,0% en 2009, soit la limite fixée par le Pacte de stabilité et de croissance.
"Les prévisions sur lesquelles la Commission s'est basée (...) ne nous paraissent pas tout à fait justifiées", a redit la ministre à la presse.
Bruxelles a jugé prématuré de tirer des conséquences du seul premier trimestre. "La difficulté est dans le deuxième trimestre, qui nous attendons nettement moins bon", a déclaré Amelia Torres, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.
LE MOTEUR DE LA CONSOMMATION S'ENRAYE
Dans le détail, les chiffres provisoires de l'Insee montrent que la consommation des ménages, moteur de la croissance ces dernières années, a sérieusement flanché au premier trimestre mais que les entreprises, par leurs investissements et exportations, ont pris le relais.
Les dépenses de consommation des ménages ont sérieusement ralenti avec une hausse de +0,1% contre +0,6% (révisé de +0,4%) au quatrième trimestre, contribuant à hauteur de seulement 0,1 point à l'évolution du PIB.
Leurs dépenses d'investissement, essentiellement dans l'immobilier neuf, se sont quant à elle stabilisées (+0,0 après +0,8%), ce qui confirme le ralentissement du marché de l'immobilier résidentiel dans l'Hexagone.
Les dépenses d'investissement des entreprises non financières ont en revanche accéléré (+1,8% après +1,2% au quatrième trimestre), permettant à la formation brute de capital fixe de progresser dans l'ensemble de 1,1%, au même rythme qu'au quatrième trimestre.
Les exportations de leur côté ont bondi de 3,1% au premier trimestre (après -0,2% au quatrième trimestre) alors que les importations augmentaient de 1,9% (après -1,1%) : le solde du commerce extérieur contribue ainsi pour +0,3 point à l'évolution du PIB, comme en octobre-décembre.
"Le phénomène le plus notable tient au changement de moteur de l'activité", juge Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès. "Ces dernières années, l'économie française s'était reposée sur le couple consommation/investissement logement, alors que la contribution des entreprises (investissement/exportations) avait eu tendance à tirer la croissance vers le bas. La configuration est désormais inverse".
La contribution des variations de stocks à la croissance a été nulle en janvier-mars après une contribution négative de 0,6 point au quatrième trimestre.
DYNAMIQUE DEFAVORABLE
L'Allemagne a parallèlement annoncé une croissance de 1,5% au premier trimestre, bien supérieure aux +0,7% attendus, et la croissance dans l'ensemble de la zone euro est ressortie à +0,7% à comparer à un consensus de +0,5% prévu.
Mais les indicateurs dénotent un sérieux changement de tendance depuis le mois de mars et Christine Lagarde elle-même en a pris acte en évoquant, à titre de simple exemple, l'hypothèse d'un "disons mauvais +0,2%" au deuxième trimestre.
"En termes d'exportations, la dynamique est devenue défavorable avec la vigueur de l'euro et le ralentissement de la demande sur les autres marchés", prévient Olivier Gasnier, économiste chez Société générale. "Après le très bon chiffre du premier trimestre, nous aurons un net ralentissement au deuxième trimestre".

Révision à la hausse de la croissance française à 2,2% en 2007 - La France a enregistré une croissance de 0,6% au premier trimestre, meilleure que prévu, et le chiffre pour l'ensemble de 2007 a été révisé à 2,2% au lieu de 1,9%, a révélé jeudi la ministre de l'Economie Christine Lagarde. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge - REUTERS
► Révision à la hausse de la croissance française à 2,2% en 2007
La France a enregistré une croissance de 0,6% au premier trimestre, meilleure que prévu, et le chiffre pour l'ensemble de 2007 a été révisé à 2,2% au lieu de 1,9%, a révélé jeudi la ministre de l'Economie Christine Lagarde. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge

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