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Et si Alternative Libérale était l'initiateur de la chaire « Entreprise et pauvreté »???

par Alain Genestine 9 Avril 2008, 10:26 Libéralisme

Après une rencontre à Paris avec le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus et le président de la république, Nicolas Sarkozy, le directeur général d’HEC Paris a annoncé la création d’une chaire « Entreprise et pauvreté » au sein de la grande école de commerce.

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Sabine HEROLD, pour avancer

Force aussi de constater que la Présidente d'Alternative Libérale Sabine Hérold, ancienne élève d'HEC est en rapport avec Muhammad Yunus depuis quelques années. Quant bien même le libéralisme politique s'émancipe, s'internationalise, l'espoir en ce monde reste, Sabine Hérold n'est sans doute pas étrangère à cette décision, voir ici son blog sur sa dernière rencontre accompagnée de Ludovic Lassauce du Comor, chargé pour AL des relations extérieures.
Sabine Herold
Biographie
A l’issue d’un entretien entre le président de la République Nicolas Sarkozy, le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus(1) et le directeur général d’HEC Paris, Bernard Ramanantsoa, l’école de commerce a annoncé la création d’une chaire « Entreprise et pauvreté » (« Social Business » en anglais). Cette chaire d’enseignement consistera en un programme de formation complémentaire de deux mois, proposé en fin de parcours à tout étudiant d’HEC, ainsi qu’à d’autres étudiants d’école de commerce, ingénieurs ou d’universités. Objectif : les former à des approches innovantes d’entreprises, petites et grandes, qui contribuent à réduire la pauvreté d’une part dans les pays pauvres et émergents et d’autre part dans les pays développés et en particulier en France.



Un séminaire de concertation

Muhammad Yunus, pionnier du micro-crédit et fondateur de la Grameen Bank au Bangladesh, sera l’un des co-présidents de cette chaire, avec Martin Hirsch, Haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et ancien président d’Emmaüs France. Par ailleurs, dans le cadre de cette chaire, un « séminaire de concertation » sera organisé conjoitement par Martin Hirsch sur le campus d’HEC, à l’automne 2008. Cette conférence aura pour objectif de réunir des dirigeants d’entreprises françaises pour les aider à réfléchir à leur contribution possible en matière de lutte contre la pauvreté.



Muhammad Yunus
cliquez l'image pour lire biographie


(1) sa visite en 2006 en France

« La paix et la pauvreté ne peuvent co-exister : la pauvreté est une menace pour la paix » déclarait Muhammad Yunus, Prix Nobel de la paix 2006, reçu à l’Elysée par le président Jacques Chirac, en décembre dernier.
Surnommé le « banquier des pauvres  » ou encore le « prêteur d’espoir », titre qu’il préfère, il était de nouveau de passage en France mercredi 20 mars où il a rencontré le Ministre des affaires étrangères Philppe Douste-Blazy ainsi que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Cet économiste bangladais de 66 ans est le fondateur de la Grameen Bank (« banque de village » en bengali) au Bangladesh, première banque au monde pratiquant le microcrédit, destinée au pauvres  : « Nous avons créé la Grameen Bank, il y a trente ans, parce que les banques ordinaires sont injustes : elles rejettent plus de la moitié de la population du monde, voire les deux tiers  ».

97% des emprunteurs sont des femmes


Depuis sa création, la banque a accordé 6,5 millions de prêts à des personnes pauvres, en majorité des femmes. « Non seulement les banques ordinaires excluent les gens pauvres mais aussi les femmes : au Bangladesh, par exemple, moins de 1% des emprunts sont accordés aux femmes. C’est pourquoi, au départ, nous souhaitions que 50% des emprunts de la Banque Grameen leur soit réservé. Nous avons mis du temps à atteindre notre objectif, mais au final, le résultat a été payant : nous avons constaté que les familles bénéficiaient davantage d’une somme d’argent amenée par les femmes que par les hommes. Grâce aux emprunts, les femmes ont pu développer une activité indépendante et leurs revenus se sont directement traduits par une amélioration de la nutrition et de la scolarisation des enfants. Ces emprunts ont permis de modifier les conditions de vie de la famille. Nous avons alors changé de politique et décidé d’accorder nos emprunts essentiellement aux femmes : actuellement elles constituent 97% de nos emprunteurs  ».

Un fort impact sur l’éducation

Conséquence directe de cette politique sur l’éducation des enfants : « 100% des enfants des familles de la Banque Grameen sont à l’école et beaucoup d’entre eux travaillent très bien, voire sont les meilleurs élèves de leur classe. La banque offre également 30 000 bourses chaque année aux enfants : 50 % sont réservées aux filles et le reste réparti entre filles et garçons. Beaucoup de ces enfants poursuivent leurs études et sont en passe d’obtenir de bons métiers. L’éducation des enfants s’améliore donc lorsque la mère devient détenteur d’un salaire. »
A ce jour, la Grameen Bank a distribué environ 5,7 milliards de dollars de microcrédit et ses activités représentent plus de 1% du produit intérieur brut du Bangladesh. Grâce au Prix Nobel qu’il a reçu en octobre dernier, Muhammad Yunus, estime que le Nobel lui donne « énormément de visibilité » et lui permettra « de mieux faire connaître le microcrédit » dans le monde.
En novembre dernier, à Halifax, au Canada, il avait d’ailleurs appelé la Banque mondiale à « modifier son approche » dans la lutte contre la pauvreté et « à s’intéresser plus directement aux pauvres », en consacrant davantage de budget au microcrédit, afin de réduire la fracture Nord-Sud.

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