Un tribunal a condamné à trois ans et demi de prison un dissident bien connu à l'étranger pour « incitation à la subversion contre la puissance étatique ».
Ardent défenseur des droits de la personne, Hu Jia avait été arrêté fin décembre après avoir passé plus de 200 jours aux arrêts domiciliaires.
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Selon l'agence de presse officielle chinoise Xinhua, le tribunal aurait été indulgent envers Hu Jia parce qu'il aurait admis ses crimes (ouarf, imaginez!!).
Le tribunal a basé ses accusations sur des articles publiés sur un site Internet en langue chinoise à l'étranger (www.boxun.com) et sur des entrevues accordées à la presse étrangère dans lesquelles il critiquait le régime.
Selon la BBC, Hu Jia fournissait de façon fréquente de l'information sur les droits de la personne en Chine, tant à des journalistes qu'à des ONG internationales et aux ambassades.
Tant les États-Unis que l'Union européenne (UE) étaient intervenus, en vain, auprès de Pékin, en faveur du dissident, espérant que l'approche des Jeux olympiques l'amènerait à faire preuve de clémence. À l'annonce du verdict, l'UE a de nouveau réclamé sa libération, tandis que Washington s'est dit consterné, par la voix de son ambassade en Chine.
Il s'agit de la deuxième condamnation à la prison d'un opposant chinois en dix jours, après celle de Yang Chunlin, qui avait fait diffuser une lettre ouverte sous le slogan « Nous voulons les droits de l'Homme, pas des Jeux olympiques ».
Pour Amnistie internationale, il ne fait pas de doute qu'il s'agit « d'un avertissement pour les autres activistes ».
Les organisations de défense de droits de la personne sont en fait unanimes à dénoncer les tentatives du pouvoir de museler l'opposition à l'approche des Jeux olympiques de Pékin, notamment par sa répression musclée des manifestations au Tibet de la mi-mars.
Les mouvements de protestations tibétains survenus à Lhassa, puis dans des provinces limitrophes auraient fait 19 morts selon Pékin, mais le gouvernement en exil du Tibet parle plutôt de 140 morts du fait de la répression.
Pékin s'était pourtant engagé auprès du comité olympique à améliorer la situation des droits de la personne afin d'obtenir les JO.
Pékin a rouvert ce jeudi l'accès au Tibet aux touristes étrangers, après l'avoir interdit dans la foulée des manifestations.
Susceptibilités chinoises
Les pressions de la communauté internationale en faveur des Tibétains se sont jusqu'ici limitées à appeler Pékin à entamer le dialogue avec le dalaï-lama, leur chef spirituel. Rares sont les pays à avoir ouvertement envisagé un boycottage des Jeux olympiques, ne serait-il que partiel.
Le premier ministre polonais a déclaré, le 27 mars dernier, qu'il n'avait pas l'intention d'assister à la cérémonie d'ouverture, une option un temps évoqué en Norvège par le ministre des Affaires sportives, avant qu'il ne se fasse rabrouer par son premier ministre.
Plusieurs ONG des droits de la personne, au premier chef Reporters sans frontières, pressent les gouvernements d'emprunter une telle avenue.
Mais les protestations, même mineures, ont néanmoins suscité jusqu'ici de vives protestations de la part de Pékin. La Chine a récemment dénoncé à mots couverts l'intention du maire de Paris Bertrand Delanoë de déployer une banderole en faveur des droits de la personne lors du passage prochain de la flamme olympique.
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