Un premier exemple est fourni par le socialiste français Dominique Strauss-Kahn, nouveau patron du FMI. Il attaque bille en tête la Banque Centrale Européenne (la BCE). Il l’accuse d’être « surpuissante » car, dit-il, elle n’a pas en face d’elle le contrepoids d’un ministre européen des Finances.
Or, la BCE a reçu des gouvernements européens une mission précise : maintenir l’inflation de l’euro à moins de 2 %. Ce qu’elle a fait correctement jusqu’en juillet 2007. Mais depuis cette date, la BCE subit de très fortes pressions de la part des gouvernements européens, du gouvernement français tout particulièrement. Si elle avait été « surpuissante », elle aurait résisté à ces pressions et aurait continué à accomplir correctement sa mission : maintenir l’inflation à moins de 2 %.
Malheureusement, elle n’a pas été assez forte pour résister à ces pressions, et elle n’a pas augmenté ses taux, comme elle savait qu’elle devait le faire. Elle a donc laissé l’inflation s’installer en Europe et, aujourd’hui, l’inflation y atteint 3,2 % par an. Ce qui réduit notre pouvoir d’achat d’autant… Traiter de « surpuissante » la BCE, c’est totalement méconnaître la réalité européenne actuelle.
Dominique Strauss-Kahn donne un deuxième exemple tout aussi curieux. En tant que patron du FMI, il propose comme remède à la crise mondiale actuelle une relance de la demande par une augmentation des déficits budgétaires dans de nombreux pays. La parfaite relance keynésienne.
Or, depuis 1969 et l’installation du chômage en France, chaque nouveau ministre des Finances a mis en place sa propre relance keynésienne. Une quinzaine de relances ont ainsi été effectuées. Aucune d’elles n’a réduit le chômage. Au contraire, elles l’ont finalement aggravé, car pour lutter contre l’inflation que de telles relances induisent, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes qui accentuent le chômage.
Nous avons donc un patron du FMI qui nous ramène 50 ans en arrière.
Un troisième exemple nous semble tout aussi étonnant. L’inflation va à son propre rythme dans chaque pays de la zone euro. Le contraire serait étonnant.
Notre ami Jean Pierre Chevallier, (<www.jpchevallier.com>) professeur d’économie à Nice-Antipolis, a trouvé un moyen astucieux permettant de chiffrer avec précision l’inflation dans les différents pays de la zone euro. Il illustre sa démonstration par de merveilleuses courbes. Ses chiffres ne semblent pas discutables.
Il situe la dévaluation du franc français par rapport au mark allemand à 6,6 %. Surtout, celle de la lire italienne par rapport au mark à 15,8 %. Il est évident que les entreprises françaises et surtout italiennes ne peuvent plus être compétitives. Et les investisseurs préfèrent maintenant acheter des bons du trésor allemands à la place de bons du trésor italiens. En attendant une sortie de la zone euro de l’Italie et une dévaluation de 15 % de la lire…
Une nouvelle parité doit d’urgence être définie entre les anciennes monnaies européennes et l’euro. Malheureusement, aucun responsable européen ne semble s’inquiéter de ce problème capital, auquel il faut apporter d’urgence une solution.
Ces trois exemples montrent que nous ne sommes pas encore sortis de la crise.
Par Trémeau Bernard
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