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#1 - Relations internationales - Europe de la défense - OTAN :

par AL de Bx 29 Octobre 2012, 21:20 International

 

 

    • Le Traité France - Algérie : l'amitié vient en mangeant

    • Reprise des discussions sur le dossier du Sahara

      occidental le Maroc se déjuge et reçoit Christopher

      Ross

    • L ’une désarme, l’autre réarme

    • Hilary Clinton à Alger : le point de vue américain sur le

      Mali

THEME 2 - 1 : Le Traité France - Algérie : l'amitié

vient en mangeant

Source, journal ou site Internet : Le Matin DZ

Date : 28 octobre 2012
Auteur : RN

Le "traité d'amitié" conclu entre la France et l'Algérie fait place au "Partenariat stratégique"; un concept lancé par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, initié par le président Nicolas Sarkozy et répercuté par François Hollande lors de sa récente tournée africaine, affirmant que "le temps de la Françafrique est révolu". Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, a promis de répondre "incessamment" à son homologue français.

Mourad Medelci n'a pas encore répondu aux dernières déclarations du ministre français des Affaires étrangères sur le "Traité d'amitié" entre les deux pays, enjoingnant l’Algérie à un "partenariat stratégique". Mourad Medelci a en effet promis que sa réponse se ferait "incessamment" dans sa déclaration faite mardi dernier à Alger à l'occasion de la visite de son homologue égyptien M. Mohamed Kamel Amr. Le "Traité d'amitié" scellé sous le Président Jacques Chirac en visite à Alger en 2003 et auquel les jeunes algérois réclamaient un visa en présence d'Abdelaziz Bouteflika, à Bab El Oued, l'ex-quartier "pied-noir" enseveli par les crues, a été conclu en 2005 au moment même où les relations entre la France et l'Algérie étaient fichées dans le passé, surchargées par le contentieux historique entre l'ancienne puissance coloniale qui ne veut pas entendre Alger exiger d'elle "la repentance" tout en s'évertuant, à glorifier "le colonialisme positif" par la loi du 24 février 2005 qui ne faisait que légaliser cette vision conquérante déjà inscrite dans les programmes scolaires français. Le "Traité d'amitié" a été ainsi conclu, paradoxalement, dans cette "guerre des mémoires" amplifiée, faut-il le rappeler, à cette période du deuxième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, par le spectre de "Hizb França" brandi par le FLN tirant à boulets rouges sur la communauté harkie, tout en faisant les yeux doux aux pieds noirs établis en France depuis 1962 auxquels des voyages touristiques sur la terre natale étaient organisés. Ce "traité d'amitié" fait de la France chirakienne une morale républicaine et de l'Algérie bouteflkienne une terre promise. Cette période est aussi celle des révélations sur la torture de l'armée française en Algérie qui a rempli les manchettes de journaux de témoignages des bourreaux et des victimes. Les aveux d'Aussaresses dont le livre a été importé en Algérie, le livre choc de la moudjahida Louisa Ighilahriz qui raconte pour la première fois les tortures qu'elle a subies, les témoignages recueillis par la journaliste du Monde, Florence Beaugé auprès d'Aussaresses et Bigeard..., feront, contre tout attente, la force ce "Traité d'amitié". Abdelaziz Bouteflika semblait se satisfaire de ce Traité qui, relevant plus du "subjectif" et du "passionnel" mais aussi, à certains égards, de mise à distance, permettait de maintenir les relations entre les deux pays sur le mode des "règlements de compte" d'autant que Abdelaziz Bouteflika glorifiait la concorde civile et la "repentance" des groupes armés du terrorisme islamiste. Cette même "repentance" exigée de la France sur son passé colonial qui devient le bouc-émissaire du pouvoir algérien face aux révoltes citoyennes, d'Octobre 88 jusqu'à celles de 2001, encore davantage par le fait qu'elle est déclenchée en Kabylie, n'est, pour Abdelaziz Bouteflika, qu'une opération d'allégeance à l'islamisme politique, orchestrée et planifiée dans un nationalisme ethno- religieux, en prévision de sa campagne électorale pour un troisième mandat. Soumis ainsi aux fluctuations et aux fantômes de l'histoire coloniale, ce "Traité d'amitié" entre l'Algérie et la France ne sera pas celui signé en 1963 par le général De Gaulle et consacré par François Mitterrand entre la France et l'Allemagne, un accord qui n'a pas tardé à se transformer, entre les deux pays occidentaux, en "partenariat stratégique" dans le cadre de l'union européenne et de la zone euro accroissant davantage l'exclusion des pays émergents, comme l'Algérie, comme revenus à l'ère coloniale: chute des monnaies nationales, phénomène des harragas, sous-traitance économique. Abdelaziz Bouteflika en s'en tenant à ce "traité d'amitié" voulait- il la postérité de De Gaulle? C'est avec l'arrivée au pouvoir du Président Nicolas Sarkozy que le concept de "partenariat stratégique" fait son apparition. A l’"amitié" qui ne donne pas à manger et est source de "passions" sans lendemain, le président Sarkozy préfère les affaires, le rentable. Et, du coup, l'ancienne puissance coloniale se débarrasse de ce vieux cliché "Traité d'amitié" qui rappelle les autres "traités d'amitié" entre les grandes puissances de l'Axe, ceux de l'ex-Union soviétique de l'ère communiste avant son effritement, pour mettre en avant le business qui ne pardonne pas, qui ne s'embarrasse pas de susceptibilités. Et la France a tout à y gagner. Des marchés sont à prendre en Algérie qui s'enfonce chaque jour davantage dans la tutelle économique. Quatrième partenaire mondial (importateur) de la France, l'Algérie sera-t-elle un acteur de ce "partenariat stratégique"? Tandis que la France semble couper l'herbe sous les pieds à l'Algérie en matière de contentieux historique, par la récente reconnaissance officielle de la répression sanglante du 17 octobre 1961, entamée auparavant par le procès de Maurice Papon, l'Algérie campe dans le slogan passéiste, infructueux, circonstanciel et contradictoire. Dans son discours de Dakar, lors de sa récente tournée africaine, le président François Hollande a affirmé que "le temps de la Françafrique est révolu" au moment même où la France soutient l'intervention armée africaine au Nord- Mali, mettant ainsi l'Algérie dans un embarras diplomatique. Et, c'est à la veille de la visite du président français en Algérie, que son ministre des Affaires étrangères a avancé ce concept de "partenariat stratégique" au lieu et place du sulfureux "traité d'amitié". "Le partenariat stratégique est souhaité par Paris dans les domaines économique, éducatif, énergétique, pourquoi pas en matière militaire." Et d’ajouter : "Nos amis algériens ne souhaitent pas qu’on entre dans ce type d’instrument juridique. Ils veulent un partenariat stratégique avec nous" Et le voyage de François Hollande ne sera pas une remontée au passé des enfumades de Bugeaud pour la mémoire de laquelle l'Algérie n'a rien fait de concret mais une prospection de ce "partenariat stratégique" sous l'enclume d'une démarche tout-à-fait opposée à celle de son homologue algérien en matière de lutte antiterroriste...


THEME 2 - 2 : Reprise des discussions sur le dossier

du Sahara occidental le Maroc se déjuge et reçoit

Christopher Ross

Source, journal ou site Internet : El Watan

Date : 29 octobre 2012
Auteur : Zine Cherfaoui

D. R. Christopher Ross, envoyé spécial du SG de l’ONU pour...Sa visite «s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour relancer le processus visant à trouver une solution politique définitive et consensuelle au différend régional autour du Sahara». Rabat lui avait unilatéralement retiré sa confiance au mois de mai dernier. Indifférent aux pressions marocaines, Ban Ki-moon n’a toutefois rien voulu savoir et l’a maintenu à son poste. Il faut dire aussi que Washington qui, à ce jour, observe une certaine neutralité sur le dossier du Sahara occidental, l’a âprement défendu. Lui, c’est l’actuel émissaire spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross. Le Maroc – qui n’a visiblement pas l’habitude d’être remis aussi brutalement à sa place – l’avait désavoué quelques semaines après la publication d’un rapport de l’ONU qui l’avait longuement critiqué. Mais face au niet tranchant de la communauté internationale, Rabat se voit aujourd’hui contraint de se déjuger et d’accueillir l’ancien diplomate américain dans ses palais. Christopher Ross est, en effet, arrivé samedi au Maroc pour de nouvelles négociations. Ce fut palpable, ce n’est pas de gaieté de cœur que les autorités marocaines l’ont reçu, lui qui a réussi à leur provoquer une crise de nerfs et à mettre fin à l’impunité dont elles bénéficiaient jusque-là. Contrairement aux usages marocains qui veulent que les responsables importants doivent être reçus en grande pompe, les autorités marocaines ont d’ailleurs été peu disertes sur cette visite. Elles se sont contentées de l’annoncer via un bref communiqué diffusé par l’agence de presse officielle MAP, sans fournir d’explication sur leur revirement. Un revirement que de nombreux observateurs n’ont pas hésité à qualifier de «déculotté». La visite de M. Ross «s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour relancer le processus visant à trouver une solution politique définitive et consensuelle au différend régional autour du Sahara», a indiqué jeudi le MAE marocain. La tête visiblement ailleurs, la presse marocaine – qui a également soigneusement évité de reparler du revers diplomatique essuyé par le royaume en avril au Conseil de sécurité de l’ONU – s’est limitée à relayer mécaniquement la dépêche de la MAP. L’ONU avait annoncé, il y a une semaine, que l’émissaire onusien allait se rendre «en Afrique du Nord et en Europe du 27 octobre au 15 novembre».


La solitude du roi Mohammed VI

De quoi sera-t-il question lors des discussions qu’aura Christopher Ross avec les responsables des pays concernés de manière directe ou indirecte par le Sahara occidental ? Le porte-parole

du secrétaire général de l’ONU, Martin Nesirky, avait indiqué que «l’accent sera mis sur les échanges de vue avec les interlocuteurs-clés sur la manière d’accélérer les progrès vers l’objectif central énoncé dans les résolutions successives du Conseil de sécurité, en d’autres termes, une solution politique mutuellement acceptable, qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental». Y a-t-il vraiment une chance que les choses bougent maintenant que les principaux facteurs de blocage ont été identifiés ? Si les responsables du Front Polisario ont réitéré jeudi qu’ils ne feront aucune concession concernant le principe de l’autodétermination, le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, Youssef Amrani, a affirmé, de son côté, dans un entretien au quotidien Le Soir Echos, que le Maroc demeurait «engagé de bonne foi» à négocier «à partir de l’initiative d’autonomie (...)». Dans une tentative de sauver la face et, surtout, de montrer que le Maroc n’a pas été ébranlé par la série de camouflets diplomatiques essuyés par le roi Mohammed VI, M. Amrani a cru important de dire que «la communauté internationale la qualifie de sérieuse, crédible et réaliste». Dans les faits, il se trouve que plus personne ne soutient vraiment le «plan marocain d’autonomie». La remarque vaut peut-être aussi pour la France de François Hollande qui estime le moment venu de passer à autre chose eu égard à la situation de blocage qui caractérise le dossier du Sahara occidental. C’est précisément l’élément qui, actuellement, provoque des nuits blanches aux décideurs marocains. Tout cela ajouté à un profond sentiment de solitude.


THEME 2 - 3 : L’une désarme, l’autre réarme

Source, journal ou site Internet : RIA Novosti

Date : 29 octobre 2012
Auteur : Jean-Dominique Merchet

Depuis dix ans, la Russie et la France ont pris l’habitude de se retrouver chaque année au sein du conseil de coopération sur les questions de sécurité, le CCQS. Cette instance réunit les ministres des affaires étrangères et de la défense des deux pays. Mercredi 31 octobre, à Paris, Sergueï Lavrov, Anatoli Serdioukov, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian feront donc, ensemble, un vaste tour d’horizon des affaires stratégiques, pour la 11ème session de cette instance – dont il ne faut pas attendre, à la sortie, beaucoup plus qu’un communiqué diplomatique. Cette rencontre intervient alors que, sur le plan militaire, les deux pays prennent des chemins divergents : la France réduit la voilure alors que la Russie réarme. A peine élu, le président François Hollande a lancé la préparation d’un Livre blanc, qui débouchera sur une loi de programmation militaire au premier semestre 2013. Elle se traduira par une révision à la baisse des ambitions de la France en matière de défense. Comme l’expliquait récemment aux députés le chef d’état-major, l’amiral Guillaud, « l’effort de défense était de 2 % du PIB en 1997, avant de se stabiliser ces dix dernières années entre 1,6 % et 1,7 %. En 2012, il est de 1,55 %. À l’horizon de 2015, il dépassera à peine 1,3 %. » Le décrochage est net. Il se traduira par moins d’hommes, moins d’armes, moins de capacités. Durant le même temps, la Russie réarme, à l’image de toute la planète, à l’exception notable des Européens et des Américains – ces derniers, partant, il est vrai, de très haut ! En 2013, les dépenses de la Russie pour la défense augmenteront de 25 %, selon le ministère des Finances – soit 3,2% du PIB. En 2015, on devrait être à 3,7% - ce qui correspondrait alors, pour la Russie, à un effort presque trois fois plus important que celui de la France. « La Russie relance ses dépenses militaires parce que, selon sa vision stratégique, la force fait son retour dans les relations internationales » nous explique Thomas Gomart de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Ce choix stratégique pourrait profiter à la France au travers de son industrie d’armement. Alors que l’Etat va réduire ses commandes, les entreprises de ce secteur de très hautes technologies ont impérativement besoin de trouver des marchés à l’extérieur. La Russie, qui souhaite moderniser ses équipements plus vite que ne le lui permet son « complexe militaro-industriel », sera-t-elle un débouché ? Certains veulent y croire parlant d’ « effet Mistral », du nom des quatre porte-hélicoptères de DCNS que les Français vont construire avec la Russie. On a vu, ce mois-ci, Renault Trucks Defense présenter son nouveau blindé léger Sherpa au salon Interpolitex de Moscou. On sait que les militaires russes s’intéressent au VBCI, le véhicule blindé de combat d’infanterie de Nexter comme au système Félin du fantassin du futur. Notons, au passage, que les Italiens seront de sérieux concurrents pour les Français sur ce marché sur lequel ils ont quelques longueurs d’avance. En pleine modernisation, la défense russe reste pourtant loin du compte. « Les Russes ont conscience de leur déclassement et cela contribue à leur raidissement, assure Thomas Gomart. Lorsqu’ils ont vu les Français et les Britanniques s’engager en Libye, ils ont compris qu’ils étaient incapables de faire la même chose ». C’est-à-dire une manœuvre diplomatique et militaire aboutissant, en quelques mois et à un coût très faible (quelques centaines de millions d’euros et pas un mort côté Otan), à la chute d’un régime... Rien à voir, en effet, avec la guerre en Géorgie de 2008.

 

Tous ces sujets seront à l’arrière-plan du « dialogue stratégique » entre les quatre ministres français et russes. Les relations entre les deux pays sont à la fois de bonne qualité et de peu de conséquences. Ni pour l’un, ni pour l’autre, le partenaire est jugé comme étant de toute première importance. Comme les Etats-Unis, la Russie bascule vers le Pacifique : elle a pour voisins, ne l’oublions pas, des pays qui s’appellent le Japon, la Chine, la Corée ! L’Europe, qu’elle juge historiquement en déclin, ne compte vraiment qu’au travers de l’Allemagne. Lors de sa visite à Paris, début juin, Vladimir Poutine s’est fait un malin plaisir de le rappeler devant son homologue français. Evoquant la « coopération économique », c’est- à-dire les échanges, le président russe résumait la situation : « Avec la France, il s’agit de 28 milliards et avec l’Allemagne de 72. Vous pouvez voir la différence ». En effet. Pour Moscou, Berlin pèse simplement 2,5 fois plus lourd que Paris... Dans le tour d’horizon mondial auquel ils vont se livrer, les quatre ministres évoqueront le seul sujet qui fâche vraiment, la Syrie. Les positions des deux pays sont connues et chacun se fera un devoir de les rappeler : la France souhaite la chute du régime Assad alors que la Russie est, par principe, opposée à toute ingérence dans les affaires intérieures des Etats souverains. Echaudée par le précédent libyen, Moscou bloque toute résolution des Nations Unies qui permettrait le recours à la force contre le régime. On en restera là.

 

D’autres points seront abordés : les Français parleront du dossier nucléaire iranien, sans doute du Sahel et les Russes de la défense antimissile de l’Otan. En coulisses, la partie russe devrait interroger ses interlocuteurs sur deux sujets : la coopération militaire entre Paris et Londres, ainsi que le rôle du Qatar, un allié de la France, dans le monde musulman. Un monde, qui dans le nord-Caucase, continue à poser de sérieux problèmes à Moscou. Mi-octobre, Vladimir Poutine n’indiquait-il pas que « 313 terroristes y avaient été tués par les forces de sécurité au cours des derniers mois » ? Un « front » bien plus chaud que le Sahel...

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction.
(1) Jean-Dominique Merchet « Défense européenne : la grande illusion » Larousse 2009.


THEME2-4:HilaryClintonàAlger:lepointdevue américain sur le Mali

Source, journal ou site Internet : Liberté

Date : 29 octobre 2012

Auteur : Djamel Bouatta

Aux yeux des Américains, le Mali serait confronté à quatre problématiques étroitement liées et d'égale importance et qui doivent être résolues simultanément pour que le Mali puisse se redresser. L’administration Obama, qui a rallié in fine la solution militaire proposée, défendue et en préparation, par le président français, estime qu’il faut, au préalable sinon en même temps, favoriser le retour à la normale et à la stabilité dans ce pays, ventre mou du Sahel saharien et dont la partie nord, entre les mains de djihadistes depuis mars dernier, prend progressivement la forme d’une vaste base d’Al-Qaïda dans la région et ses périphéries (Niger, Bénin, Tchad, Nigeria, Soudan jusqu’aux rives de l’Afrique de l’Est en Somalie). Alger qui a privilégié une solution négociée n'exclut plus une intervention militaire, à la condition qu'elle soit “totalement africaine”. L'Algérie avait souscrit à cette option dans une déclaration conjointe adoptée le 19 octobre à Bamako lors d'une réunion internationale, qui enjoint le Mali à prendre des mesures immédiates pour faciliter les efforts de la communauté africaine se basant sur la résolution 2071 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 12 octobre et ouvrant la voie à un déploiement d'une force internationale de quelque 3000 hommes au Mali et donnant 45 jours à la Cédéao pour préciser ses plans. Les Etats-Unis et la France sont disposés à fournir un appui logistique. Pour en savoir un peu plus sur la position américaine, il suffit de lire les déclarations de Johnnie Carson du département d’Etat qui a participé aux discussions franco-américaines des 22 et 23 octobre sur la sécurité au Sahel et qui y a rencontré des responsables français du ministère de la Défense ainsi que ceux du ministère des Affaires étrangères. Selon le diplomate américain, les deux journées ont permis d’ores et déjà la “coordination” des positions des deux pays. La rencontre qui a vu la participation de responsables du département d’Etat, de la Défense, de l'Agence des Etats- Unis pour le développement international (USAID), des Affaires étrangères et de l’Afrique, dévoilera dans un avenir proche ce qui est envisagé par Washington et Paris dans le Sahel, sous le couvert de guerre contre Al-Qaïda et ses franchises régionales. Aux yeux des Américains, le Mali serait confronté à quatre problématiques étroitement liées et d'égale importance et qui doivent être résolues simultanément pour que le Mali puisse se redresser. Un, la principale difficulté est un “problème de gouvernance” : il y a un besoin urgent à ce que le Mali retrouve la voie de la démocratie, ce que l’Algérie partage complètement. “Nous estimons qu’il est essentiel d’avoir une feuille de route et d’établir une stratégie pour organiser des élections d’ici le printemps prochain”, a souligné le sous-secrétaire qui a ajouté que “l’armée ne doit en aucun cas interférer dans les affaires politiques du pays. Il faut absolument rétablir le pouvoir civil”. La deuxième problématique est la question touareg, un “enjeu politique qui n’entre pas dans le champ militaire ou sécuritaire”, a précisé Johnnie Carson. En effet, la question touareg est ancienne et n’a jamais été résolue par le Mali, et l’Algérie a de son côté, à multiples reprises, servi de médiateur et d’intercesseur avec à la clef des accords, les accords d’Alger signés en 2006, qui avaient plus ou moins fonctionné jusqu’au putsch de mars 2012 qui a ouvert la voie à la déferlante djihadiste. Les Touareg, qui s’estiment à la fois politiquement marginalisés et économiquement négligés, ont ces accords d’Alger qui fixent les modalités du développement du nord du Mali et permettaient un retour à une normalisation des rapports entre les Touareg et Bamako, et qui n’ont pas été entièrement appliqués. Pour Washington, les pays qui viennent au secours du Mali doivent encourager le gouvernement malien à tendre la main et à entrer en contact avec les Touareg qui ne sont pas impliqués dans les opérations terroristes. L’Algérie plaide également pour que le gouvernement malien et les rebelles touareg ouvrent dès que possible une négociation. Troisième axe, le terrorisme.

 

“Nous devons efficacement combattre, vaincre et chasser Al- Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) du nord du Mali, afin de rétablir l’intégrité territoriale du pays. Ce en quoi nous croyons fermement”, a déclaré le collaborateur d’Hillary Clinton. Sur cette question, Alger et Washington semblent être sur la même longueur d’ondes. Alger a souscrit pleinement à la résolution du Conseil de sécurité qui autorise “l’Union africaine et les autres pays ouest-africains à réfléchir à un plan et une stratégie pour se débarrasser des terroristes”. Enfin, le quatrième volet de la crise malienne vue par les Etats-Unis est que c’est également une crise humanitaire qui touche la région du Sahel. En effet, le coup d’Etat du 22 mars 2012 et la sécheresse ont considérablement aggravé la crise alimentaire, la situation humanitaire est tellement préoccupante qu’elle a généré de nombreux déplacements de populations.

 

109 000 Maliens se sont réfugiés dans des camps à la frontière de la Mauritanie et 40 000 sont déplacés au Niger. Pour le nœud gordien des élections nécessaires pour tout retour à la stabilité au Mali, comment organiser des élections dans un pays dont la majorité du territoire est contrôlée par les radicaux islamistes, Johnnie Carson qui souligne que 50 à 55% du territoire malien est actuellement dans les mains des salafistes et rebelles, que les trois principales villes du Nord, Tombouctou, Gao et Kidal, sont sous leur contrôle, estime que “la démocratie et les élections ne sont pas une question de territoire, mais de citoyens ayant la possibilité de voter pour un gouvernement officiel”. Quant à l’intervention militaire proprement dite, pour l’administration Obama, “il est important que le Mali et ses voisins, épaulés bien entendu par l’Union africaine et la communauté internationale, se chargent de cette crise et la règlent”. C’est indispensable a souligné Johnnie Carson, car “il est probable que les salafistes installés dans le nord du Mali veuillent exporter leur idéologie hors des frontières maliennes, afin de s’étendre dans les autres Etats de la région”.

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