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#1 - Enjeux de la Défense, Doctrine, Concepts, Missions :

par AL de Bx 29 Octobre 2012, 20:55 Info - Défense -Stratégie...

 

 

  • Le Drian répond à la colère des femmes de soldats

  • Entre Londres et Paris, une nouvelle Entente cordiale

  • Mali : le point sur engagement militaire français

 

  1.  

  2. THEME 1 - 1 : Le Drian répond à la colère des femmes

    de soldats

    Source, journal ou site Internet : Le Figaro

    Date 29 octobre 2012

    Auteurs : Alain Barluet

     communiqué de la DICOD

Le ministre de la Défense doit annoncer des mesures d'urgence pour régler les problèmes de retard et de dysfonctionnements dans le paiement des soldes des militaires qui s'accumulent depuis plus d'un an. Déjà mobilisé depuis plusieurs semaines sur ce dossier sensible, Jean- Yves Le Drian est déterminé à accélérer le règlement des problèmes qui retardent depuis plus d'un an le paiement de la solde de nombreux militaires. Le ministre de la Défense doit annoncer lundi après-midi des mesures d'urgence pour remédier rapidement aux dysfonctionnements du système informatisé Louvois, mis en place en 2011 pour centraliser le versement des soldes des militaires de l'armée française. Ces mesures sont très attendues par les militaires et leur famille qui déplorent des retards et des erreurs en cascade depuis le basculement en octobre 2011 des 130.000 bulletins de soldes de l'armée de Terre sur le nouveau logiciel Louvois. Le raccordement de la Marine à ce «guichet» unique, en mars, n'a fait qu'aggraver la situation.

Les familles des militaires postent messages et photos sur la page Facebook «Un paquet de Gauloises». Ces problèmes n'ont eu qu'un retentissement limité à l'extérieur de l'armée, les militaires étant astreints au devoir de réserve et la Défense ayant un temps minimisé leur ampleur. Mais les familles ont décidé de donner de la voix, notamment sur internet. Un site Facebook relaie leurs revendications. Des femmes de militaires, imitant des initiatives observées aux États-Unis, posent dos nu avec un message teinté d'humour: «Un paquet de Gauloises en colère».

Des dizaines de milliers d'erreurs

Soldes non versées, frais de déplacement ou de déménagement non remboursés... Des dizaines de milliers d'erreurs, aux conséquences parfois dramatiques, se sont produites ces derniers mois, liées notamment à la multiplicité des primes et traitements, à la mobilité ou à l'engagement extérieur des militaires. Environ 60% des problèmes observés concernent en effet des soldats en «Opex» (opérations extérieures), comme en Afghanistan. «Ne lâchez rien, vos conjoints risquent leurs vies et vous comment réussissez-vous à vivre?», témoigne une mère de militaire sur le site «Gauloises en colère». Le 17 octobre, Jean-Yves Le Drian a poussé un coup de gueule en visitant le centre d'appels mis en place, début octobre à Rambouillet, pour traiter les demandes - environ 250 par jours - des militaires et de leur famille. Il s'agit d'une «vraie crise, il faut la gérer comme telle», avait déclaré le ministre. Lors de cette visite, il a également dénoncé la «précipitation» qui a prévalu selon lui sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy dans la décision de centraliser les soldes dans un système unique. «Une décision qui ne m'appartient pas et que je n'ai aucune envie d'assumer», avait-il ajouté.

Diète budgétaire

La mise en place du nouveau logiciel s'inscrit dans le contexte de diète budgétaire et de restructuration. Parallèlement à Louvois, de nouvelles structures, les «bases de défense», ont

été créées afin de mutualiser les moyens de l'armée. Une mesure, non exempte de critiques en interne, qui s'est traduite par d'importants mouvements de personnels et des fermetures de sites. Jean-Yves Le Drian s'était engagé à régler «le plus gros» des problèmes de versement des soldes avant Noël. Deux inspections, une interne au ministère, une autre externe, ont déjà été lancées pour évaluer le système Louvois. À l'approche de l'échéance et face à l'impatience grandissante des familles de militaires en attente de leur solde, le ministre a décidé de passer aux mesures d'urgence.


THEME 1 - 2 : Entre Londres et Paris, une nouvelle

Entente cordiale

Source, journal ou site Internet : Le Point

Date : 29 octobre 2012
Auteur : Jean Guisnel

En Méditerranée, les deux marines nationales ont testé une future force expéditionnaire commune. Mais l'Europe de la défense n'est pas pour demain.

Le 3e commando de brigade des Royal Marines débarque en Corse aux côtés des soldats français du 2e régiment d'infanterie de marine dans le cadre des manoeuvres franco- britanniques Corsican Lion. © Sean Clee / Royal Navy/Handout/EPA/Maxppp Temps de chien sur la Méditerranée, au large de Hyères. Sur la mer formée, sautant sur les vagues pour retomber dans des gerbes d'écume, plusieurs navires de la marine nationale et de la Royal Navy de tous types. Ils sont engagés dans la manoeuvre Corsican Lion qui associe le 539 Assault Squadron Royal Marines britannique et le 2e régiment d'infanterie de marine français tournant autour du HMS Bulwark. Ce vaisseau est la version d'outre-Manche du BPC Mistral, à ceci près qu'il "roule comme une vache", persifle un amiral français en verve. Mais l'heure n'est pas à discuter du beau ou du mauvais temps. Quelques heures plus tôt, à bord du porte- avions Charles de Gaulle insensible pour sa part aux aléas de la météo, les ministres français et britannique de la Défense, Jean-Yves Le Drian et Philip Hammond, ont évalué cette première illustration concrète de la volonté de Londres et de Paris d'avancer ensemble dans la direction de l'Europe de la défense. Étape exclusivement bilatérale, sans doute, mais bien réelle.

Lancaster House

Cette manoeuvre navale avait été décidée lors de la signature du traité de Lancaster House, voici deux ans, et tombe à point nommé pour rappeler que François Hollande a fait des progrès de l'Europe de la défense l'un des axes de sa politique de sécurité. Rappelons que cette nouvelle Entente cordiale prévoit, entre autres, la mise sur pied d'une force expéditionnaire interarmées (CJEF - Combined Joint Expeditionary Force). Cette dernière est formée de trois composantes : la première est maritime et composée d'un groupe aéronaval, d'un groupe amphibie et d'un groupe de débarquement ; elle est binationale et doit pouvoir être déployée en trente jours n'importe où dans le monde. Elle est composée de 13 bâtiments de combat, de

40 aéronefs, de 6 000 hommes et de 450 véhicules. Sa vocation est de constituer une "force d'entrée en premier", pour une période de trois mois, avec un "fort niveau d'intégration", capable de conduire toutes les missions de la prévention à l'intervention.

Liaisons cryptées

Selon plusieurs officiers interrogés à bord du Bulwark, l'intégration des états-majors s'est parfaitement déroulée lors de manoeuvres, gage du succès de futures interventions au profit de l'Otan, de l'Union européenne ou de toute coalition qui se formerait. Les manoeuvres Corsican Lion ont cependant fait apparaître deux sérieux problèmes à régler avant que la CJEF devienne opérationnelle en 2016 : les liaisons cryptées qui doivent être harmonisées entre les deux marines, de même que les codages de messages. La force navale ne prendra cependant pas sa dimension définitive avant 2020, lorsque les deux marines pourront alternativement fournir un porte-avions capable de conduire le groupe aéronaval. Un processus d'intégration similaire sera mis en oeuvre pour les autres composantes : la force aérienne de la CJEF conduira en 2013 la manoeuvre Titanium Falcon, tandis qu'il faudra attendre 2014 pour que la composante terrestre binationale mette à l'épreuve sa cohésion en 2014 au cours de la manoeuvre Rochambeau qui se prépare déjà activement.

La guerre des drones n'aura pas lieu

On le sait, l'Europe de la défense a beau avoir bien du mal à émerger, des étapes interviennent régulièrement qui viennent illustrer quelques progrès. Ces manoeuvres navales en font partie et Français et Britanniques, définis comme des "partenaires naturels" par le major général Ed Davis, commandant de la force amphibie, sont engagés dans plusieurs dossiers avançant parallèlement : les drones, la guerre des mines, mais pas seulement. Dans la déclaration commune des deux ministres publiée à l'issue de la manoeuvre, Le Drian et Hammond se sont félicités de "la mise en oeuvre actuelle de notre stratégie sur les drones depuis la signature, le 24 juillet 2012, d'un protocole d'accord sur le Watchkeeper et le drone de combat. Nous avons demandé à ce que nos personnels continuent à travailler ensemble à la mise au point de solutions communes et d'options mutuelles pour le drone MALE. Nous avons réaffirmé notre adhésion à la stratégie des One Complex Weapon. Nous avons fait le point sur les avancées accomplies sur la mise en oeuvre du traité Teutates et avons réaffirmé le besoin d'aller de l'avant en soulignant la nature singulière, l'importance et la portée de notre coopération en matière de dissuasion nucléaire."

"On parle de tout !"

Jean-Yves Le Drian a toutefois admis que la coopération en matière d'armement "va un peu moins vite que sur la capacité opérationnelle qui va très vite. Il y a eu les accords de Saint- Malo, puis Lancaster House. Lorsque le président de la République a rencontré pour la première fois le Premier ministre Cameron, il lui a dit qu'il souhaitait poursuivre. Et on poursuit bien... Tout en ayant des échanges sur la crise malienne, la Syrie, l'Afghanistan. On parle de tout !" Aux yeux des Français cependant, la coopération actuellement privilégiée avec Londres n'est pas exclusive d'autres efforts. C'est ainsi qu'un nouveau partenariat, dit Weimar Plus, se met en place. Il part de l'association des trois États partenaires du Triangle de Weimar (France, Allemagne, Pologne) pour y inviter les Italiens et les Espagnols. Préférant toujours l'Otan ou les accords bilatéraux à une vraie Europe de la défense, Londres apprécie moyennement.


THEME 1 -3 : Mali : le point sur engagement militaire

français

Source, journal ou site Internet : Marianne 2

Date : 29 octobre 2012
Auteur : Jean-Dominique Merchet

Cet automne, le "brouillard" de la guerre de Clausewitz s'étend même sur une guerre tout juste annoncée, celle du Mali. Depuis le discours du président Hollande devant les Nations Unies, le 25 septembre, les déclarations les plus contradictoires et les spéculations les plus hasardeuses se multiplient, au point que plus personne ne sait où l'on en est. En une semaine, le ministère de la défense a, par exemple dit que l'intervention était "une question de semaines" (le 16 octobre), puis que "l"heure n'est pas à l'intervention" (le 24 octobre). Ici et là, on a vu fleurir des scénarios en trois phases ou cru apercevoir des drones français là où ils seront bientôt. Tentons d'y voir clair, au moins sur le plan militaire. La résolution 2071, adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies le 15 octobre, n'est pas un feu vert donné à une intervention militaire. Elle demande simplement au "Secrétaire général des Nations unies de présenter un rapport, en concertation notamment avec la CEDEAO et l’Union africaine sur la base duquel le Conseil de sécurité pourra autoriser dans 45 jours le déploiement d'une opération africaine". 45 jours nous amène fin novembre, mais on parle déjà de début décembre... Si une nouvelle résolution est alors adoptée, ce qui est probable, les opérations pourront débuter. La CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) regroupe 15 pays de la région - dont le Mali. Le principal d'entre eux est le Nigéria et c'est dans la capitale de celui-ci, Abuja, que siège son organisme militaire qui travaille actuellement sur une planification d'une opération de la future Micema (mission de la cedeao au Mali). Quatre officiers français, dont l'officier de liaison permanent y participent. La France a exclu toute intervention militaire directe dans cette affaire. Le président de la République l'a assuré : "pas d'hommes au sol", mais un "soutien logistique". "Pas d'hommes au sol" est sans doute un raccourci un peu rapide, comme l'était la fin de la présence des troupes en Afghanistan, fin 2012... mais passons. La consigne est claire : pas d'implication directe dans d'éventuels combats. On fera avec les Africains ce que les Américains ont fait avec nous en Libye, un "leadership from behind". La France assurera pour une bonne part la formation des FAM (forces armées maliennes) dont la valeur militaire est aujourd'hui proche de zéro, ainsi que celle du contingent que la CEDEAO parviendra finalement à dépêcher. On parlait le mois dernier de 3300 hommes, on est aujourd'hui beaucoup plus vague. Cette mission de formation sera assurée par les Eléments français au Sénégal (EFS), qui non seulement connaissent bien la région, mais dont c'est le premier métier. Ces hommes (450 au total) fourniront les DIO, détachements d'instruction opérationnelles nécessaires. Quels pays africains participeront ? Sur les 15 membres de la CEDEAO, seuls trois d'entre eux ont répondu présent : la Cote d'Ivoire, le Nigeria et le Burkina. Le Tchad (non membre) est évoqué. La Mauritanie voisine et militairement accrocheuse ne participera pas. La France déploiera ses drones Harfang en décembre, selon toute vraisemblance. Ils seront basés à Niamey, capitale du Niger. L'armée n'en possède que quatre - dont seuls trois peuvent voler, le quatrièrme servant de magasins de pièces de rechange... Les Harfang, dont l'optique est assez obsolète, ne sont pas armés. Ils seront utiles, mais ne fantasmons pas ! Rien à voir avec ce que les Américains font avec les leurs au Pakistan ou au Yémen. Les forces spéciales sont présentes dans la région depuis plus de deux ans dans le cadre de l'opération Sabre. Leur détachement est basé à Ouagadougou (Burkina) et dispose de moyens aériens de l'escadron Poitou (hélicoptères, avions de transport tactiques). Enfin, l'armée de l'air aligne quatre avions de combat (3 Mirage 2000D pour les frappes et un Mirage F1CR de reconnaissance) appuyés par un ravitailleur en vol C-135 à N'Djaména (Tchad).

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