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Exploitation de l’uranium par Areva les Nigériens
veulent leur part du gâteau
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Solaire : Alstom investit 40 millions de dollars dans
BrightSource Energy
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Chine : à Ningbo, la foule et les internautes font
reculer les autorités
• THEME 8 - 1 Exploitation de l’uranium par Areva les
Nigériens veulent leur part du gâteau
Source, journal ou site Internet : El Watan
Date : 29 octobre 2012
Auteur : RI
En remettant en cause un partenariat jugé «très déséquilibré» avec Areva dans l’uranium, les autorités du Niger savent pouvoir compter sur une forte adhésion au sein de l’opinion, mais se soucient surtout de la future mine géante d’Imouraren, dont le lancement a été reporté à fin 2014. Niamey a mis jeudi la pression sur le groupe nucléaire français, son partenaire depuis plus de 40 ans : le gouvernement s’est indigné que le quatrième pays producteur d’uranium au monde ne tire de ce minerai que «5% des recettes du budget national» et a revendiqué des retombées plus importantes, via un «renforcement de sa participation à la gouvernance du secteur». Dans ce pays parmi les plus pauvres du monde, qui subit cette année encore une crise alimentaire et redoute les effets des troubles au Mali voisin, le gouvernement du président Mahamadou Issoufou, élu en mars 2011, joue sur du velours en réclamant davantage de bénéfices pour la population. C’est «le fond du problème : alors que nous devons profiter au maximum de nos ressources, nous croulons sous la misère», déclare à l’AFP Nouhou Arzika, président du Mouvement citoyen, une ONG locale de défense des droits de l’homme.
Pour cette figure de la société civile, «une révision des conventions s’impose». «On ne tire rien de l’uranium. Areva prend tout et nous laisse avec des maladies, des eaux usées et des montagnes de résidus radioactifs», renchérit Naomi Binta Stansky, du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (Rotab). La rumeur court qu’Areva chercherait à céder des parts d’Imouraren à la compagnie chinoise China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC) pour aider à financer sa mise en exploitation, mais Areva a démenti jeudi toute discussion.
• THEME 8 - 2 Solaire : Alstom investit 40 millions de
dollars dans BrightSource Energy
Source, journal ou site Internet : smartplanet
Date : 29 octobre 2012
Auteur : Thierry Noisette
Le français porte à plus de 20% sa part du capital de l’entreprise américaine spécialiste de l’énergie solaire thermique.
Alstom a annoncé avoir investi 40 millions de dollars (31 millions d’euros) supplémentaires dans BrightSource Energy, entreprise américaine « pionnier de la génération d’électricité solaire thermique, et qui est un leader de la technologie de tours solaires thermiques à concentration », indique le français. Alstom est entré au capital de cette entreprise en 2010 et en détient à présent plus de 20%. Parmi les autres actionnaires de BrightSource, on trouve notamment Google et le fonds de capital-risque VantagePoint Venture Partners.
Une IPO avortée
En avril 2011, la start-up californienne (son siège est à Oakland) avait déposé un dossier d’introduction en Bourse pour 250 millions de dollars. Cette introduction n’a finalement pas eu lieu et son annulation a été annoncée en avril 2012. BrightSource a s achevé récemment la première phase de construction de la centrale d’Ivanpah dans le comté de San Bernardino, en Californie. Ce complexe de production électrique solaire (ISEGS – Ivanpah Solar Electric Generating System) est le projet de centrale électrique solaire le plus important au monde, précise Alstom. BrightSource a annoncé la semaine dernière qu’elle vient de recevoir l’accord d’une commission californienne pour deux contrats de fourniture d’électricité issue de l’énergie solaire à l’électricien South California Adison (SCE) ; pour un total de 1,3 million de mégawatt-heures. Alstom et BrightSource mènent conjointement des activités de recherche et développement dans le domaine du stockage de l’énergie solaire et des solutions hybrides combinant solaire et énergies fossiles.
Partenariat étendu à l’Inde et l’Australie
Les deux entreprises « ont également décidé d’étendre la couverture géographique de leur partenariat à l’Inde et l’Australie, deux pays où les conditions d’ensoleillement conviennent le mieux à la technologie de tours solaires de BrightSource et où Alstom bénéficie de solides références en matière d’ingénierie et de construction de centrales électriques. Alstom et BrighSource ont déjà annoncé leur intention de travailler ensemble dans le bassin méditerranéen et en Afrique. »
• THEME 8-3 Chine: à Ningbo,lafoule et les internautes font reculer les autorités
Source, journal ou site Internet : Le Point
Date : 29 octobre 2012
Auteur : Caroline Puel à Shanghai, avec Emma Zhou à Pékin
Le gouvernement renonce à ouvrir une usine polluante sous la pression de l'opinion. Une victoire qui pourrait annoncer d'autres batailles.
C'est un événement très symbolique qui s'est produit ces dernières heures dans la ville portuaire de Ningbo, proche de Shanghai. Pour la troisième fois en quatre mois, des manifestants qui protestaient contre l'ouverture d'une usine polluante ont eu gain de cause. Le projet de Sinopec, le géant pétrolier chinois, était d'ouvrir une usine de paraxylène, un dérivé pétrochimique utilisé dans la fabrication des bouteilles en plastique. Mais de nombreux résidents ont commencé à manifester la semaine dernière à Zhenhai, le site retenu pour la fabrication de l'usine. Alertés sur les risques sanitaires des toxiques émanant du processus de fabrication du paraxylène, ils demandaient l'arrêt du projet évalué à 7 milliards d'euros. Samedi, les manifestants se sont déplacés dans le chef-lieu de Ningbo et ont commencé à protester devant le siège du gouvernement local. Selon des témoins, trois organisateurs des manifestations auraient été arrêtés alors que les autorités locales demandaient des renforts auprès de la police armée pour le maintien de l'ordre et lançaient des gaz lacrymogènes. Mais cette réaction n'a fait qu'attiser la colère des manifestants et renforcer leur mobilisation. Ils étaient plusieurs milliers dimanche, jusqu'à ce que dans la soirée les autorités locales annoncent qu'elles suspendaient le projet d'usine. La tension est bien retombée aujourd'hui, mais un millier de manifestants environ étaient encore présents, demandant la libération des trois protestataires incarcérés.
Métamorphose
En juillet déjà, des milliers de manifestants avaient manifesté contre un projet d'évacuation des déchets provenant d'une usine de pâte à papier, toujours dans l'est de la Chine, et s'étaient dispersés après que les autorités s'étaient engagées à annuler le projet. Quelques semaines plus tôt, à Shifang, dans la province du Sichuan, une altercation avait opposé des centaines de protestataires à la police à propos du projet d'une usine métallurgique qui avait été également suspendu. Cette nouvelle affaire de Ningbo en dit long sur l'évolution de la société chinoise. Au cours des trois dernières décennies, la Chine a mené une transformation économique très rapide axée sur les exportations et l'industrialisation, qui lui a permis de battre des records de croissance (plus de 10 % pendant plus de quinze ans). Mais cette métamorphose s'est faite au prix d'une détérioration terrible de l'environnement. Plus de 70 % des cours d'eau et des nappes phréatiques sont gravement pollués, de nombreuses terres s'avèrent impropres à la culture. La province du Zhejiang, où se situe Ningbo, autrefois réputée pour ses paysages magnifiques, est désormais l'une des plus industrialisées et des plus touchées. Ce qui a longuement été admis comme une fatalité ne l'est plus, notamment pour la nouvelle génération chinoise, les fameux enfants uniques, nés depuis les années 1980, très sensibilisés à la question de la pollution et de la protection de la nature. Au niveau des autorités centrales également, une prise de conscience s'est développée depuis le terrible accident chimique qui avait provoqué une pollution dans le fleuve Amour en décembre 2005. À l'époque, ce furent les Russes, frontaliers de ce fleuve, qui avaient donné l'alerte.
L'effet "Weibo"
Mais les citoyens mobilisés n'auraient pas eu gain de cause sans l'effet "Weibo", l'incroyable transmission d'informations qui passent par le Twitter chinois. En 2006, des manifestations très violentes de paysans avaient eu lieu dans cette même province du Zhejiang. Ils se battaient contre des usines de batteries qui polluaient les terres et les cours d'eau au mercure, les légumes étaient devenus impropres à la consommation, et plusieurs malformations parmi les nouveau-nés avaient été constatées. Mais, à l'époque, les autorités avaient étouffé l'affaire. Toutes les routes menant aux villages où avaient eu lieu les échauffourées avaient été fermées pendant des mois et la presse chinoise n'avait pas soufflé un mot des événements. Cette fois encore, la presse chinoise est restée silencieuse, jusqu'à ce que des photos très dérangeantes, prises par des internautes et révélant l'ampleur des manifestations de Ningbo, commencent à circuler dimanche sur Weibo. Des conducteurs ont également mis en ligne des images prises avec leur téléphone portable qui montrent les camions acheminant les troupes antiémeute à Ningbo. Dimanche soir, les 300 millions d'adeptes du Weibo suivaient, heure par heure, l'évolution des événements, et c'est d'ailleurs sur leur site internet que les autorités de la ville ont décidé d'annoncer le gel du projet d'usine pour que leur message soit plus rapidement relayé.
Aspirations
Ce lundi, la presse officielle s'est enfin réveillée. Un éditorial très intéressant dans Le Quotidien du peuple, l'organe officiel du Parti communiste, soulignait que les responsables locaux devaient en finir avec leur "obsession" de la croissance industrielle et que l'heure était désormais au "développement durable". De son côté, le Global Times, connu pour ses positions nationalistes, a souligné que le gouvernement devrait désormais opérer de manière plus transparente en ouvrant des consultations avec les riverains pour éviter ce type de dérapage... Pour autant, la voie de la rue n'est pas une solution, soulignait encore le journal. "En aucun cas, le recul des autorités locales ne peut être considéré comme une victoire des internautes." Ce n'est pas ce que pense la blogueuse Tang Boqing qui considère que "l'affaire de Ningbo concerne tous les Chinois" : "Si nous ne nous battons pas aujourd'hui pour protéger nos droits, écrivait ce matin la jeune femme, ils s'éroderont peu à peu." À dix jours de l'ouverture du 18e congrès du Parti communiste, qui doit sanctionner la transmission du pouvoir à une nouvelle génération de dirigeants, les autorités centrales se seraient bien passées de cette nouvelle affaire. Alors qu'elles sont déjà confrontées à une série de scandales sur la corruption qui a atteint depuis le début de l'année trois des plus importantes personnalités du régime (Bo Xilai, le dauphin Xi Jinping et le Premier ministre Wen Jiabao), ce soulèvement de Ningbo et la mobilisation des internautes viennent rappeler, ô combien, la jeunesse chinoise aspire à un nouveau mode de gouvernance...
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