Les particuliers et les entreprises ont consenti un effort fiscal exceptionnel (près de 60 milliards d'euros) sur les deux dernières années. Tant le gouvernement Ayrault que Fillon ont appelé à de lourdes contributions.
Et pourtant, le projet de loi de finances 2014 nous indique que la dette publique va encore s'accroître pour atteindre 95,1 % du PIB. Jusqu'où pouvons- nous poursuivre ce chemin ?
En 2014, la facture fiscale pour les ménages va encore augmenter et ceci parce que les dépenses publiques vont encore augmenter ! Tout ce que dit Moscovici
depuis des mois est du pipeau absolu.
Si on veut refaire de la France un pays optimiste et attractif, il faut recréer un écosystème entrepreunarial qui donne envie de venir dans ce pays or
actuellement 40% des jeunes Français veulent quitter la France ! Si nous étions dans un pays normal, il faudrait sonner le tocsin.
Christian Saint-Étienne (en colère) chez Nicolas Doze.
1) Quelques éléments de constats
En tant que contribuables (personnes physiques ou personnes morales), nous avons tous reçu le message de l'État qui a été un appel de fonds sans précédent et une véritable ponction. Les pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc savent qu'ils doivent rejeter les coquilles Saint-Jacques d'une taille trop limitée : l'État, lui, a été jusqu'à rendre primo-imposable sur le revenu des veuves pour moins de 240 euros par an. Net des coûts de traitement de la collecte de ce type de somme, cela revient à dire qu'une rentrée fiscale de 100 euros
Les dépenses publiques vont continuer à croitre et de plus en plus de Français, même les plus modestes, vont voir leurs contributions augmenter pour les financer.
Découragées par la lourdeur de la fiscalité, les contraintes administratives et leurs faibles marges , les entreprises n'embauchent plus, l'économie française a détruit 140 000 emplois cette année et les ménages consomment moins. C'est la déprime collective due au ras-le-bol fiscal.
Cette pression fiscale pèse lourdement sur la compétitivité des entreprises.
Casting : Mathilde Lemoine, Philippe Dessertine, Guillaume Roquette et Yves Calvi.
Jean-Louis Mullenbach explique à quel point François Hollande a une méconnaissance effrayante de la gouvernance des entreprises.
http://www.lesechos.fr/entreprises-se...

2) La dette et son approche juridicofinancière
Tout d'abord, le grand public sait désormais que la charge de la dette (les intérêts annuels) sont le premier poste budgétaire (46,7 mds) juste devant l'éducation nationale (46,3 mds).
Nous vivons donc dans un pays qui met chaque mois sur la table plus d'argent pour tenter de solder le passé que pour assurer l'avenir des générations montantes. Amer constat.

D'autant qu'il ne s'agit que de la charge de la dette et non du remboursement du principal qui, si on ajoute les 3.070 milliards d'engagements hors bilan de l'État, nous situe dans un calendrier aussi hypothétique que lointain.
Stricto sensu, la dette se définit par un taux moyen, toutes maturités coalisées, de 3,3 % selon les prévisions du PLF. Pour l'instant, ce qu'il est convenu d'appeler le consensus des économistes s'inscrit dans une perspective d'un taux moyen des OAT à 10 ans de 2,8 % en 2014. De fait, les taux sont remontés depuis 4 mois et flirtent déjà régulièrement avec les 2,75 %. Le PLF 2014 a voulu faire montre de prudence et a retenu un taux d'intérêt à 3,5 %.
Quand vous prenez trois Français remarquables et que vous les mettez hors de France, ils produisent quatre, vous les mettez en France, ils produisent deux.
Le rôle de l'État est de mettre en place une économie permettant aux entreprises de créer de la richesse mais ce n'est pas d'essayer de la créer à leur place.
Casting : Christian Saint-Étienne, Élie Cohen et Guillaume Roquette.
À regret, il faut constater que cette prudence de l'été 2013 (date d'élaboration des hypothèses du PLF 2014) risque de se fracasser sur les conséquences du caractère progressivement moins accommodant de la politique monétaire des banques centrales à commencer par la FED. Ainsi, la future sortie graduelle du QE (quantitative easing) va induire une hausse des taux à long terme qui impactera, évidemment, notre charge de la dette.

L'Agence France Trésor a incontestablement bien piloté ses missions sur l'année 2013, mais elle ne pourra rien de bien concret si les taux frôlent les 4 % comme plusieurs économistes nord-américains l'ont d'ores et déjà projeté. Autrement dit, pour des motifs macro-économiques monétaires fondamentaux, nous estimons que l'hypothèse de prudence du PLF sera altérée par la réalité et que ceci pourrait engendrer près de 6 milliards de charges additionnelles du fait des tensions inflationnistes que le gonflement du bilan des banques centrales provoque de surcroît.
Rappelons que l'anatocisme (article 1153 du code civil) qui consiste en la capitalisation des intérêts échus risque d'être une de nos
petites portes de sortie sur certaines tranches d'endettement si "on ne passe pas". À défaut, cela pourrait être le spectre d'une politique d'ajustement drastique plus ou moins
pilotée par le FMI. En effet, il faut garder en mémoire que 82,2 milliards sont déjà présenté comme le déficit budgétaire de 2014. Or, l'expérience pluridécennale (droite et
gauches confondues) atteste que le solde d'exécution est toujours plus dégradé que ce que le Parlement vote initialement. Si une consolidation de la dette (rééchelonnement)
française avait un impact
dévastateur, rien ne dit que des capitalisations d'intérêts et des négociations occultes n'auront pas lieu en 2014 afin de contenir la charge de la dette.
Les Français et leur épargne pour financer la dette de l'État obèse.
http://libertarientv.over-blog.com/ar...
Crédit vidéo :
Canal plus - Le grand journal le 19/04/2012 :
http://www.canalplus.fr/c-divertissem...
et
Extrait du film François Ier (1936):
http://fernandel.online.fr/films/fran...
http://extremecentre.org/2012/04/26/f...
3) La dette publique et la Société
On a beau chercher : on ne voit pas de policiers dotés de rémunérations mirobolantes. Idem pour les infirmières ou les enseignants. Autrement dit, l'État a un véritable travail organisationnel à accomplir (opportunité des missions, coordination des tâches, bouleversement de la coûteuse structure actuelle de décentralisation, etc.). Car enfin, sans être vieux jeu et penser en francs, 82,2 milliards d'euros de déficit, c'est plus de 500 milliards de francs. Chacun mesure le caractère insoutenable de ce montant.

Les constitutionnalistes ont souvent progressé grâce au droit comparé. De même les économistes ont souvent recours à la physique ou à d'autres sciences pour avancer au plan théorique. Face à la dette publique, qui est – prenons-y garde un adjuvant de la croissance via la dépense publique –, il est intéressant de recourir à la psychanalyse et notamment à la notion de "perlaboration".
Lors d'un travail sur soi, la perlaboration vise à éradiquer le symptôme qui assaille le malade. Grâce à diverses techniques de travail répétitif, il est recherché une appréhension consciente de l'histoire du symptôme pour parvenir à le supprimer. Si l'on pense à la dette publique, de manière posée, le ministre du Budget fait de son mieux – sous pression opérationnelle – pour boucler son exercice puis la Cour des comptes ausculte, ultérieurement, la réalité.
Trop d'impôts et pas de baisse des dépenses publiques, Didier Migaud, président de la Cour de comptes, alerte sur la politique économique insensée du
gouvernement.
Quant au déficit à 3%, vous pouvez faire une croix dessus.
"La France est le deuxième pays de l'OCDE au niveau de la dépense publique."
"L'effort est déséquilibré entre l'augmentation des prélèvements obligatoires et l'action sur la dépense publique."
Mais au plan des millions d'opérationnels qui constituent les troupes vaillantes de l'État, quelle réflexion est menée ?
Pour Freud la "durcharbeiten" porte sur les résistances du sujet. Elle doit "permettre de passer du refus ou de l'acceptation purement intellectuelle à une conviction fondée sur l'expérience vécue (Erleben) des pulsions refoulées qui nourrissent la résistance" (Vocabulaire de la psychanalyse, Jean Laplanche et J-B Pontalis). Étant connues les hauteurs des sources de la dette publique, l'État ne réussira une réforme crédible que s'il bataille contre ses propres résistances internes et sa propension à dépenser un argent qui est d'abord celui du contribuable (agriculteur ou fonctionnaire de catégorie C) avant d'être, par la loi, le sien. Faute de perlaboration en amont et d'élaboration lucide du PLF (hypothèse de croissance à 0,9 % encore très au-dessus du consensus), la France sera tôt ou tard dans une tenaille : souveraineté réduite, population démotivée et en colère.

Dans son livre "Du pouvoir" (1945) Bertrand de Jouvenel avait magistralement exposé les conditions de l'obéissance civile face au commandement incarné par l'État digne d'un Minotaure. Plus d'un demi-siècle après, le XXIe siècle nous plonge dans une crise sans précédent qui impose de profondément réfléchir, sans stigmatisation, sur notre modèle de société.
Une chose est claire, les boursiers savent que la cote des actions est comme les arbres et ne monte pas jusqu'au ciel. Il en est de même pour la dette publique d'où le côté fort préoccupant de présenter, sous nos yeux ébahis, un déficit de plus de 80 milliards soit plus que les deux années d'efforts fiscaux exceptionnels que le pays vient d'accomplir.
Où est la vertu budgétaire ?
Où est la lucidité du décideur d'État ?
Lucide moi le timonier décideur d'Etataxe, je mange trop le midi et l'aprem....Rrrrr.
j'ai du mal a le suivre ce Mosco;
Oh là j'engraisse c'est le stress !
La dette publique : jusqu'où ?
Source, journal ou site Internet : Cercle des Echos
Date : 27 septembre 2013
Auteur : Jean-Yves Archer
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