Chine : Un général annonce la démocratie
Liu Yazhou prédit l’avènement de la démocratie d’ici à dix ans
D’habitude ce sont des écrivains, des sociologues ou des avocats qui sonnent la charge contre le monopole du Parti communiste
chinois (PCC). Et souvent, cela les conduit à la case prison. Liu Yazhou n’est rien de tout cela. Ce commissaire politique de l’Armée populaire de libération
(APL), qui a rang de général, vient pourtant de signer un texte qui est une attaque en règle contre le régime actuel: rongée par le culte de l’argent et
la
corruption, la Chine n’a d’autre échappatoire que de se démocratiser faute de quoi le pays va à sa perte…
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«Dans les dix ans, la transformation du système politique autoritaire en une démocratie est inévitable, prédit-il.
Nous allons assister à de grands changements en Chine.»
L’article du général Liu a été publié le 5 août par l’hebdomadaire Phoenix de Hongkong, une publication du groupe Phoenix TV
proche de Pékin. Il fait depuis l’objet du plus grand intérêt sur Internet, moyen par lequel il s’est rapidement diffusé, et soulève de multiples
interrogations sur de possibles réformes politiques en prévision du prochain congrès du PCC qui se tiendra en 2012.
Liu Yazhou n’est pas un inconnu: âgé de 57 ans, il est le beau-fils de l’ancien président de la République populaire, Li
Xiannian, et s’est déjà fait remarquer pour son franc-parler. Au sein du «parti des princes», nom donné aux héritiers d’anciens leaders du PCC, il représente
le courant le plus libéral. Il est par ailleurs membre de la Commission centrale de l’inspection disciplinaire du parti, le principal outil de lutte contre
la corruption.
L’armée demeure par ailleurs la colonne vertébrale d’un régime qui se maintient par la répression de toute forme de dissidence
organisée.
L’acteur Wen Jiabao
L’article de Liu Yazhou comporte deux parties: la première explique l’importance stratégique de la région du Xinjiang. La
seconde, apparemment sans lien avec le premier sujet, évoque les conditions de l’émergence de la puissance chinoise. Là, le général dénonce l’asphyxie de
toute initiative par la structure autoritaire du pouvoir, la course effrénée à l’argent qui est devenue la seule motivation des Chinois et la nécessité
de réformes pour renforcer la puissance nationale.
«Le secret des Etats-Unis n’est ni Wall Street, ni la Silicon Valley, mais sa longue tradition d’Etat de droit et le système
qui le soutient, écrit-il. Sans démocratie, il n’y a
pas de redressement durable. La diffusion de la pensée démocratique n’est limitée ni par les frontières nationales ni par les
frontières historiques.»
Cela avance peut-être mais à petit pas....
Liu Yazhou prend l’exact contre-pied de la direction communiste qui tente de défendre, au nom d’une histoire et d’une culture propre à la Chine, un modèle politique et économique qui lui serait propre. Ce «consensus de Pékin», comme certains l’ont appelé, justifie la libéralisation économique tout en maintenant un pouvoir dictatorial. Ces dernières années, fort de ses succès économiques, Pékin vante sa «bonne gouvernance» et n’hésite plus à diffuser la recette de son modèle vers d’autres pays en voie de développement.
La diatribe du général coïncide avec la publication cette semaine, toujours à Hongkong, pour éviter la censure, d’un livre de
l’écrivain Yu Jie qui fera date. Son sujet? Le premier ministre chinois. Intitulé Le meilleur acteur de Chine: Wen Jiabao, le livre explique que le visage
compassionnel du régime (Wen Jiabao est le leader du parti qui se précipite sur tous les lieux de catastrophe) ne serait en fait qu’un masque au service d’un
parti toujours aussi implacable. C’est sans doute la première fois qu’un écrivain, résidant en Chine, ose ainsi s’en prendre aussi directement à un très haut dirigeant en exercice.
Source: IHEDN
Enjeux de la Défense, Doctrine, Concepts,
Missions :
Source journal ou site Internet : Le Temps
Date : 17 août 2010
Auteur :Frédéric Koller
Par ailleurs:
Relations internationales - Europe de la
défense - OTAN :
Source journal ou site Internet : Le Soir
Date : 16 août 2010
Auteur : AFP
La Chine creuse l’écart militaire avec Taïwan
Malgré le réchauffement politique, un rapport du département américain de la
Défense
fait état d’un renforcement des positions chinoises dans le détroit de Formose.
La Chine accroît son avance militaire sur Taïwan en dépit du réchauffement politique entre les deux rives du détroit de Formose, indique un rapport du département américain de la Défense publié
lundi.
Dans un rapport annuel au Congrès, le Pentagone explique que Pékin « continue sans relâche » à se renforcer militairement en prévision d’un conflit avec Taïwan, malgré le rapprochement politique
entre les deux ennemis.
« L’équilibre des forces des deux côtés du détroit (de Formose) continue à pencher du côté de la Chine continentale », indique le document.
Le texte s’intéresse à l’année 2009, soit avant que les Etats-Unis n’annoncent en janvier la vente à Taïwan de missiles antimissile Patriot, de navires chasseurs de mines sous-marines et
d’hélicoptères Black Hawk pour un montant de 6,4 milliards de dollars.
Taïwan est de fait indépendant depuis l’avènement des communistes au pouvoir à Pékin en 1949, même si Pékin considère l’île comme sienne et entend bien la voir réintégrer le giron de la mère
patrie, par la force s’il le fallait.
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