EUROPE DES LIBERTES ?
Europe de l'Est et Europe de l'Ouest vont-elles se fondre dans une même Europe des Libertés ?
Donner son vrai sens aux événements de 1989 n'est pas facile. S'agit-il d'une révolution politique, déclenchée par l'échec de la planification, d'une formidable
aspiration à la liberté individuelle et d'une totale remise en cause de l'Etat Providence, ou encore d'un profond renouveau des sentiments nationaux, de la spiritualité et d'un rejet du
matérialisme ?
Peut-être tout cela à la fois.

Et à l'Ouest, que veut-on faire ? La CEE a-t-elle un avenir ? Les Occidentaux doivent-ils construire la "maison commune", se donner des institutions fédérales, ou
se contenter d'une aide financière, ou encore élargir le grand marché à la dimension de l'Europe ouverte ?
Les contradictions sont apparentes. D'un côté on applaudit à la chute du mur de Berlin.
Mais d'un autre côté on monte d'autres murs : les réflexes nationalistes sont vifs, les intérêts corporatistes puissants, le péril de la politique et de la bureaucratie toujours aussi grand.
Les intellectuels libéraux du monde entier -car toutes les nations sont concernées- confronteront durant une semaine leurs expériences, leurs analyses, et leurs
pronostics. Chefs d'entreprises et hommes politiques diront leurs projets, leurs attentes et leurs craintes.
Les Européens sauront-ils saisir une chance historique d'en finir avec le "fatal conceit" et de progresser tous ensemble sur la route de la liberté ?

Que s'est-il passé en 1989 ? Quelles sont les aspirations des Européens de l'Est ?
| LA REVOLUTION DE 89 | |
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Au moment où les Français fêtaient le bicentenaire de la prise de la Bastille, le vent de la liberté soufflait sur l'Europe. |
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| L'ECHEC ECONOMIQUE | |
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L'opinion courante rapproche la Révolution de l'Est avec l'échec de l'économie planifiée. |
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| LE REVEIL DES NATIONALITES | |
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Il y a eu en 1989 rupture d'un consensus politique, obtenu jusque là par des moyens discutables certes, mais que l'on habillait au nom de "centralisme démocratique". |
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| LA LIBERTE POLITIQUE | |
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Dans ce contexte Michael GORBATCHEV est apparu un moment comme le grand libérateur. |
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| L'ESPOIR RENAIT | |
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Le communisme et l'économie planifiée avaient réduit les hommes au désespoir. |
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PAS UNE EVOLUTION, LA LIBERTE MAIS BIEN UNE RUPTURE |
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Il est important de se rappeler exactement toutes les dimensions des évènements de 1989 pour ne pas en fausser le sens. |
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| LE PASSAGE A LA LIBERTE | |
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S'il est facile de comprendre la volonté de rupture avec le socialisme, il n'est pas évident de réussir le passage à la liberté. Il faut d'abord compter avec toutes les forces conservatrices. Depuis un demi-siècle un vaste réseau d'influences, de privilèges, a été organisé, en faveur de la Nomenklatura et des apparatchiks. Dans la plupart des pays de l'Est, il n'est pas très réaliste d'espérer une rapide perte de ces droits acquis. |
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| L'INDIVIDUALITE ECRASEE | |
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D'autre part, il ne faut pas sous-estimer l'influence de cinquante ans de régime collectiviste sur les comportements individuels. |
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| INDEPENDANCE ET AUTARCIE | |
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Enfin, pour des peuples qui ont récemment recouvré leur indépendance, le danger est de confondre indépendance et autarcie. |
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| LES INSTITUTIONS DE LA LIBERTE | |
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Il faudra donc que les pays de l'Est fassent de gros efforts pour oublier l'héritage de l'économie socialiste : conservatisme, collectivisme, protectionnisme. |
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| LA LOI DE L'ARGENT | |
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Il faudra enfin se soumettre à la loi de l'argent, c'est à dire apprendre ou réapprendre à se servir de la monnaie, et admettre les arbitrages financiers. |
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| LA REVOLUTION A PARFAIRE | |
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La marche à la liberté n'est donc pas terminée, elle s'amorce seulement. Il ne faut pas oublier que certains pays n'ont eu de libéralisation qu'en façade ; c'est incontestable pour
la Russie et pour la Roumanie. L'Occident a souvent le tort de considérer le problème comme résolu dans ces pays alors que presque tout reste à faire. |
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Divisions et désarrois à l'Ouest. Dirigisme, corporatisme, protectionnisme : tous les murs ne sont pas
tombés.
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BIENVENUE DANS LE MONDE DE LA LIBERTE |
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Si l'Europe de l'Est quitte la route de la servitude, c'est aussi dans l'espoir de s'intégrer dans l'espace mondial de la liberté, de la prospérité. |
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UNE REVOLUTION A REFAIRE |
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La Révolution en Europe de l'Est est peut-être à parfaire. La Révolution à l'Ouest est sûrement à refaire. |
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| LA TYRANNIE DU STATU QUO | |
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Comme Milton FRIEDMAN l'a expliqué, toute avancée vers la liberté se heurte à la coalition d'intérêts très divers, qui ont avantage à ce que rien ne change : c'est la tyrannie du
statu quo. |
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| LA SOCIETE D'ECONOMIE MIXTE | |
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Dans d'autres pays, comme la France, la part des prélèvements obligatoires et du secteur public n'a pas diminué. |
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LES CORPORATISMES |
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En fait ce qui se passe en France n'est qu'une illustration du phénomène très général du corporatisme. De très nombreuses professions ont réussi, par le jeu du marché politique, à
se faire reconnaître des privilèges, à échapper à la concurrence et au droit commun. Des milliers de personnes se sont investies dans cette recherche de privilèges et de rentes, et en
sont devenues des professionnels dans ce domaine : les leaders syndicaux, les dirigeants des organisations professionnelles, sans parler évidemment des hommes politiques à tous les
niveaux. |
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| LE PROTECTIONNISME | |
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Un autre démon qui hante la société occidentale est celui du protectionnisme. Avec l'ouverture mondiale des marchés financiers, avec l'assouplissement des échanges commerciaux, la
concurrence est très vive. |
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OUVERTURE A L'EST : OUI MAIS ... |
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Voilà pourquoi il y a tellement de réticences à l'égard d'une totale ouverture économique avec l'Est. |
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L'EUROPE AUX COULEURS SOCIALISTES |
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Toutes ces réactions hostiles au changement et à l'ouverture se cristallisent autour d'une vision socialiste de l'Europe. |
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Les socialistes jouent en la circonstance les moralisateurs. Ils veulent mettre en garde leurs "frères" de l'Est contre les périls de cette société capitaliste dont les Occidentaux ont eu tellement à souffrir. Ils veulent leur éviter les affres de la propriété privée, du profit, des multinationales et du laissez-faire. Mais les socialistes occidentaux auront beaucoup de mal à persuader leurs interlocuteurs des mérites du "socialisme à visage humain" ou de la société d'économie mixte : ils ont déjà donné... |
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EUROPE DE BRUXELLES OU EUROPE DE VIENNE |
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Plus que jamais le débat entre les deux conceptions de l'Europe prend de l'importance. Les Européens, à l'Ouest, se partagent entre une vision organisationnelle et dirigiste de
l'espace européen, à base de coordinations étatiques, et une vision marchande et libérale pour laquelle l'espace européen s'organise spontanément - c'est à dire sans impulsion centrale -
par le seul jeu de la concurrence et le fonctionnement des marchés libres. |
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| EUROPE INTEGREE | |
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Cette vision de l'Europe, grand marché ouvert, sans institution politique majeure, contraste évidemment avec les projets des dirigeants politiques. |
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Qu'il s'agisse de la "grande maison" de GORBATCHEV ou de la Communauté élargie de Jacques DELORS, voilà des projets qui privilégient le rôle d'une autorité
centrale, et supposent une coordination entre Etats souverains, sans que les Européens aient quelque chose à dire. L'intégration européenne n'est qu'une façade du dirigisme
européen. |
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UN NOUVEAU PLAN MARSHALL ? |
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Mais au moins les Occidentaux ne peuvent-ils pas accélérer le progrès à l'Est en imaginant un nouveau plan MARSHALL ? |
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La première est d'utiliser, une fois de plus, le canal étatique : l'aide MARSHALL a été allouée de gouvernements à gouvernements. Ce serait donc une manière de
soutenir des régimes dont les sentiments libéraux sont tout à fait suspects, et de maintenir au pouvoir une nomemklatura dont plus personne ne veut. |
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| LIBERALISATION DE L'EUROPE | |
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En fait, le seul scénario satisfaisant, celui qui convient non seulement à l'Europe de l'Est mais aussi à l'Europe de l'Ouest, c'est celui de la libéralisation. |
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La C.E.E. est-elle une solution ? Faut-il une constitution européenne ?
Nation européenne, souverainetés nationales ou état de droit.
| LES ETATS UNIS D'EUROPE ? | |
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On connaît le fameux dialogue entre Margaret THATCHER et Michel ROCARD. |
| AMERIQUE 1787- EUROPE 1990 | |
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Puisque l'idée fédérale est en cause, suivons le conseil de JamesBUCHANAN et sachons tirer comme lui les leçons de l'histoire américaine. James BUCHANAN
montre comment le père de la Constitution américaine, James MADISON, a été piégé par le fédéralisme. |
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| LA CEE, ORGANE SUPRANATIONAL | |
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Il ne manque pas d'avocats d'une Communauté européenne dotée de pouvoirs supranationaux. Dans leurs rangs, on trouve bien entendu les actuels dirigeants et administrateurs de la
Communauté, qui rêvent de voir leurs prérogatives élargies au détriment de celles des Etats-membres. Mais il y a aussi un certain nombre d'hommes politiques qui songent à doter le
Parlement européen d'un véritable pouvoir législatif. |
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| UNE CONSTITUTION EUROPEENNE, POUR QUOI FAIRE ? | |
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Se pose d'ailleurs le problème plus général du sens à accorder à une Constitution. |
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| UNE DECLARATION DES DROITS DES EUROPEENS | |
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L'autre manière de voir la Constitution est d'en faire une charte des droits individuels en Europe. Ici, les Européens se voient reconnaître un certain nombre de droits (qui
évidemment ne sont ni des droits économiques ou sociaux, mais des droits civils, attachés à la personne). |
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ETAT DE DROIT ET ECONOMIE DE MARCHE |
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Au fond, si on exclut toute idée d'organisation politique de l'Europe autour d'un pouvoir fédéral, la seule chose dont les Européens aient besoin est de disposer des droits individuels nécessaires sans frontière. |
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Cette situation a été vécue en Europe aux XIIe et XIIIèmes siècles. A ce moment là, aucun pouvoir étatique national n'était assez puissant pour imposer sa règle
et la faire respecter dans un espace élargi. Les Européens de l'époque ont donc pris l'habitude de se donner le minimum de règles qui étaient justifiées par les échanges commerciaux et
contribuaient à des rapports pacifiques. Le monde des affaires disposait ainsi d'un état de droit qui lui suffisait à pratiquer le libre-échange. |
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| UNE NATION EUROPEENNE | |
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C'est peut-être ce qu'ont en vue les partisans d'une nation européenne. Le concept est séduisant s'il signifie un espace de commune éthique, fondée sur la liberté. |
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| LA NATION AMBIGUE | |
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C'est que le concept de nation, plus généralement, est ambigu. Il en est ainsi à cause de la récupération politique dont la nation a été la victime. |
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| NATIONALITE, NATIONALISME | |
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S'il est donc légitime de reconnaître l'existence de nations, qui sont des entités culturelles, historiques, et représentent une version élargie de la cité, communauté choisie par
les individus, il est dangereux de se laisser aller au nationalisme. |
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| NATIONALISME ET PROTECTIONNISME | |
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Aujourd'hui le nationalisme est souvent utilisé par les Etats-Nations pour justifier le protectionnisme. Au prétexte de défendre les intérêts économiques, sociaux ou culturels de la
Nation, on organise le rejet de l'étranger, et on dresse les peuples les uns contre les autres. |
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| NATIONALISME ET DEMOCRATIE | |
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Néfaste dans ses effets externes, le nationalisme est également destructeur de démocratie interne. En effet, la doctrine nationaliste pose la suprématie du collectif sur
l'individuel, au nom de la souveraineté nationale. La Nation est alors le prétexte d'une réduction des libertés individuelles et d'une atteinte aux droits de propriété. C'est la négation
de la souveraineté de l'individu. Au prétexte qu'il s'inscrit dans une tradition nationale, l'individu perd l'exercice de sa liberté d'accepter ou de refuser la nation. La nation s'impose
à tous. |
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| L'EUROPE, CONTESTATION DES ETATS | |
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Un espace économique européen ouvert, à l'intérieur duquel les hommes, les produits et les idées circuleraient librement, serait une formidable occasion de contester
l'Etat-Nation. |
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| IL NOUS FAUT UN MADISON | |
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On comprend dans ces conditions la position de James BUCHANAN qui indique aux Européens qu'ils ont "besoin d'un Madison". C'est-à-dire d'un homme politique, ou d'un parti politique,
qui ait un sens aigu de la défense des droits individuels, qui ait un profond respect pour les personnes, et une grande méfiance à l'égard de l'Etat. |
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Le marché, solution aux problèmes des Européens : monnaie,
emploi, protection sociale, environnement.
Le marché, le libre-échange, la concurrence, facteurs d'intégration.
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L'EUROPE DIVERSE, L'EUROPE PARTAGEE |
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Les Européens sont à l'Ouest et à l'Est. Mais l'Ouest et l'Est ne sont pas homogènes non plus. |
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| LE MARCHE, PROCEDE DE COORDINATION | |
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C'est le grand mérite de Frédéric HAYEK d'avoir redécouvert chez Adam SMITH cette théorie de la main invisible : le marché est un procédé de coordination que l'on a du mal à percer,
mais qui s'inscrit dans un ordre social bénéfique. |
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| LA MOSAIQUE MONETAIRE | |
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Voici déjà le puzzle monétaire, qui ne manque pas de rendre très difficiles les relations commerciales et financières entre Européens. |
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LE DEDALE FISCAL |
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A la mosaïque monétaire s'ajoute le dédale fiscal. Il est facile de se perdre dans les méandres des diverses législations fiscales. En Europe de l'Ouest les taux de T.V.A. ne sont
pas uniformes ; la T.V.A. est ignorée dans la plupart des pays de l'Est. |
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| MENACES SUR L'EMPLOI | |
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La fiscalité a des conséquences profondes sur l'emploi. Mais l'emploi dépend aussi des niveaux de salaire, et des facilités plus ou moins grandes offertes aux entreprises ici ou
là. |
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| DUMPING SOCIAL | |
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On objectera à ces adaptations par le marché du travail que celui-ci est loin d'être homogène puisque les législations du travail et le niveau de protection sociale diffèrent
grandement d'un pays à l'autre. N'est-il pas à craindre, dans ces conditions, que l'avantage aille aux pays qui assurent le moins d'avantages et de protection aux travailleurs ? Le risque
de "dumping social" a déjà été évoqué à plusieurs reprises par Jacques DELORS, qui a proposé pour y répondre l'idée d'une charte sociale. |
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| ENVIRONNEMENT ET PROPRIETE | |
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L'environnement est également une préoccupation des Européens. |
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| LE MARCHE PROCEDE D'INTEGRATION | |
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Non seulement le marché est la réponse technique à la plupart des problèmes nés de la diversité européenne, mais il est aussi un formidable moyen de changer les comportements
individuels, et de rapprocher des gens jusque là séparés, sinon opposés. |
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| LE LIBRE ECHANGE COMME LES DIFFERENCES | |
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Ce que les Allemands ont connu, parce qu'on a fait confiance au marché, n'est que la conséquence d'un grand principe : le libre échange gomme les différences. |
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| ACCEPTER LA CONCURRENCE | |
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Evidemment, pour que toutes ces vertus du marché puissent se développer, encore faut-il que le fonctionnement dudit marché ne soit point contrarié. |
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| PRIVATISER TOTALEMENT | |
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De même la privatisation doit être complètement réalisée. Si en Occident elle a progressé très vite (sauf en France où elle est bloquée actuellement), elle n'apparaît que bien
timidement encore à l'Est. L'absence d'un marché des capitaux ouverts, et notamment aux investisseurs étrangers, y est pour beaucoup. Pourtant c'est la seule façon de modifier rapidement
les comportements dans les entreprises, et de saisir les opportunités économiques. |
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| LIBRE ENTREPRISE | |
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En fin de compte les vertus du marché consistent à laisser les gens s'exprimer complètement. |
L'Europe des marchands, l'Europe des entrepreneurs : convergence ou divergence avec les valeurs éthiques de l'Europe ?
| L'EUROPE DES MARCHANDS |
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Assimiler l'Europe à un grand marché, n'est-ce pas la réduire à sa seule dimension économique ? |
| ETHIQUE ET ECONOMIE |
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Vieux débat en effet que celui des relations entre éthique et économie. |
| HUMANISME ET LIBERALISME |
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Ces approches pessimistes de l'éthique et de l'économie européennes ignorent que le libéralisme et le marché sont non seulement des recettes d'efficacité, mais aussi et avant tout
des formes supérieures d'humanisme. |
| RESPECT DE L'INDIVIDU |
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L'éthique européenne est avant tout dominée par le respect de l'individu. La dignité de la personne humaine, lentement émergée de la cité grecque, a été
pleinement reconnue dans la tradition chrétienne. |
| LIBERTE ET RESPONSABILITÉ DES CHOIX |
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L'économie de marché est avant tout un système décentralisé, laissant aux individus la totale liberté - mais aussi la totale responsabilité – de leurs choix. L'économie de marché
part de la base, elle repose sur les initiatives individuelles. |
| OUVERTURE ET COMMUNICATION |
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L'éthique de l'Europe c'est aussi l'esprit d'ouverture, le désir de communication et de compréhension. |
| LA CATALLAXIE DU MARCHE |
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Dans le domaine économique, l'esprit d'ouverture et de rencontre se traduit par la volonté d'échanger. |
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PROPRIETE ET PERSONNALITE |
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Enfin l'éthique de l'Europe c'est celle qui reconnaît l'aspiration naturelle des hommes à posséder, à se sentir responsable de quelque chose, à avoir quelque chose en propre. La
propriété est le prolongement de la personnalité. |
| PREVOYANCE ET CAPITALISATION |
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La vraie signification du capitalisme est également là. Chacun se voit offrir le moyen de capitaliser, c'est à dire d'intégrer le temps dans son calcul, de gérer toute une vie,
voire pour plusieurs générations. L'esprit de prévoyance est encouragé. |
| DES HOMMES JUSTES |
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L'éthique Européenne s'est aussi enrichie du message chrétien de justice et de charité. L'attention prêtée aux pauvres, aux faibles, le désir de venir en aide, le souci de
l'honnêteté font partie de la tradition des Européens. |
| L'ETAT DE DROIT |
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Voilà qui est également indispensable à l'économie de marché. |
| L'EUROPE, TERRE DE LA LIBERTE |
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En fin de compte si l'Europe a été la partie du monde la plus durablement prospère, mais aussi la plus proche de la personne humaine, ce n'est pas le fruit d'un miracle. |
Source: Aleps
XIIIème UNIVERSITE D'ETE
de la NOUVELLE ECONOMIE
27 Août - 1 Septembre 1990
Aix-en-Provence
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