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JM. Aphatie en live, attention ne pas tomber dans le trou...!

par AL de Bx 30 Mars 2010, 14:36 Question de bon sens

A une certaine époque Gainsbourg nous chantait "des ptits trous, des ptits trous..." enfin vous connaissiez le poinçonneur des Lilas, en retraite voire enterré depuis belle lurette. Aujourd'hui le ptit trou, devenu trou avec tunnel incorporé en tous sens, est devenu un gouffre. Faut-il pour autant fermer Padirac lol?


Les libéraux s'en moquent pas cher Jean-Michel Aphatie, bienvenue au club, qu'attendez-vous pour vous encarter au sein d'un mouvement libéral, une alternative!

 

http://img.ozap.com/02067612-photo-jean-michel-aphatie.jpg

cliquez l'image, lire bio par politique.net

Tout le monde s’en moque, et pas moi.

Hier, le rapporteur général du budget, gros mot, Gilles Carrez, a donné une très intéressante interview au journal Les Echos. Cette interview est très logiquement passée inaperçue parce que le budget, gros mot, ça rase tout le monde, ça ennuie les responsables politiques parce que  cela les empêche de pouvoir formuler des promesses mirobolantes, et ça fatigue les journalistes qui aimeraient que la France soit toujours la France, belle et éternelle, dominatrice et rayonnante, phare du monde et guide de l’Univers, alors que le budget, gros mot, nous rappelle surtout que la France est devenu un énorme gruyère, la plupart des gruyères, mais pas tous, ayant des trous, c’est un fait.

Au passage, répétons ici ce qui a déjà été écrit ici, c’est pour cela qu’on peut parler de répétition. Changer de ministre du budget au moment même où la question de la maîtrise des finances publiques s’impose de manière dramatique et urgente montre bien le détachement gouvernemental sur la question. L’absence de réaction de l’opposition montre bien aussi le détachement de l’opposition sur la question. Et l’inintérêt journalistique pour la cause montre aussi le détachement de la profession pour la question. Au fond, nous sommes un peuple détaché.

Donc, Gilles Carrez dans Les Echos. Première phrase, pied au plancher: « Je ne crois pas, malheureusement, que les Français aient pris conscience de la gravité de la situation des finances publiques et de l’ampleur des efforts à assurer. » C’est vrai. Il faut dire, pour défendre les Français, que personne ne leur explique vraiment. J’ai moi même, immodestement, pas mal parlé de la dette et des déficits durant ces dernières années. J’ai récolté des quolibets comme des artistes ratés des épluchures, ou des tomates. Des moqueries aussi. Connais rien en économie. Nul. Minable. Libéral. En France, « libéral », c’est la pire insulte. Quand vous dites qu’il n’a plus de sous, que c’est de la folie d’enchaîner trente deux ans de déficits budgétaires, que c’est mensonger, on se moque, vous êtes un « libéral », rime riche avec « capitulard ». Mais comment? Vous ne croyez pas à la force de la politique? Vous capitulez devant les marchés? Et les mêmes enchaînent avec des mots et des formules qui vous laissent muets, « autre politique », « changer de politique », « volontarisme », etc. En attendant, les trous se creusent. Un jour, nous tomberons dedans.

Donc, confirmons, les Français n’ont pas bien conscience du problème. dans son interview, Gilles Carrez enchaîne. Pour ne faire peur à personne, il propose quelques mesures cosmétiques, pas à la hauteur de l’enjeu, mais s’il en proposait à la hauteur du problème, peut-être que son interview ne serait même pas publiée. Donc, il en dit un peu et pas beaucoup, et en procédant ainsi, il dit bien que nous sommes incapables, collectivement, de regarder la réalité en face.

Ne pas regarder la réalité en face est toujours la source d’un énorme malaise. Rapporté à la politique, le malaise ressenti par les citoyens se remarque à leur détachement de l’action politique. Cela s’appelle l’abstention. Plus la politique raconte une histoire qui apparaît confusément fausse, plus les citoyens boudent les urnes. Nous n’économiserons sans doute pas les mille et une études savantes censées nous expliquer l’éloignement des urnes des Français lors des derniers scrutins. Faut bien que vivent les politologues, sociologues et sondologues. Mais tout au fond se réduit à ça, au sentiment d’artificialité de la parole publique qui dit beaucoup plus qu’elle ne peut faire.

Au passage, tiens, on apprend ceci dans l’interview de Gilles Carrez. Vous vous souvenez bien sûr de l’une des propositions phare du candidat Nicolas Sarkozy, la déduction de l’impôt des intérêts d’emprunt pour toute personne accédant à la propriété, proposition aussitôt appliquée par le nouveau président de la République. Voici ce qu’en dit le rapporteur du budget:

"Nous recensons aussi les niches décidées récemment et dont le coût risque de s’envoler. Je pense au crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt immobilier, 280 millions d’euros en 2008, mais près de 3 milliards en 2013."

Incroyable gabegie de l’argent public. Ce gâchis est un drame dont nous n’avons pas conscience.


Autre chose. François Fillon est en colère. « Tout ce que vous avez pu lire depuis dimanche soir sur ma relation avec le président de la République est faux et relève de la manipulation », a-t-il dit hier, visiblement ému, devant les sénateurs, une dizaine présents en séance.

En clair, François Fillon disent que les journalistes mentent quand ils écrivent qu’entre lui et Nicolas Sarkozy, ce n’est pas le grand amour. Et non seulement ils mentent, mais ils manipulent.

Inutile d’analyser, d’épiloguer, d’expliquer, bref de se défendre. Il suffit de noter que de plus en plus de responsables politiques, de plus en plus souvent, de plus en plus violemment, évitent d’aborder les questions et les problèmes en se défaussant sur la presse et ceux qui l’animent. Les journalistes mentent, truquent, racontent n’importe quoi. Variante élégante: ils sont veules, soumis au pouvoir, tétanisés devant le président, acquis à l’opposition.

Les responsables politiques ont tort d'abuser de cette facilité qui consiste à dénoncer le journalisme plutôt que de reconnaître les difficultés et les problèmes puisque que ceci ne les aide en rien à surmonter les premiers et à régler les seconds.

 


second épisode:


Comme trop souvent en politique, il y a le discours et la réalité.

Le discours? Simple, brut, et, certains le croient, efficace. Le gouvernement garde le cap, il n’en change pas, ce qui est la même chose mais permet d’allonger le texte pour que chacun pense en avoir pour son argent. Le contrat, explique le premier ministre, remonte à 2007. Donc, tout est là, 2007, rien ne sera retranché, enlevé, gommé, repris, rafistolé, ajouté, customisé, gadgétisé, ripoliné, poncé, limé, salé ou sucré. On continue. Le cap, quoi.

La réalité est très différente. D’une part, le résultat électoral oblige à recentrer l’action. D’autre part, la crise oblige à la modifier. L’un plus l’autre produit un changement assez colossal de cap dont nous commençons à percevoir l’ampleur. Ce n’est pas seulement pour pratiquer l’autopublicité, mais si vous écoutez ou réécoutez ou réréécoutez ou réréréécoutez attentivement l’invité de RTL ce matin, à 7h50, à savoir Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, vous mesurerez combien et comment le bateau est en train de virer de bord.

Premier effet visible: l’abandon de la taxe carbone. Déjà observé, déjà commenté. Nicolas Hulot, du coup, claque la porte des discussions consécutives au Grenelle de l’environnement. Gérard Longuet lui répond, ce matin: un peu de compréhension M. Hulot. A ce propos, qu’en donc en dit, dans le désordre, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’environnement, muette depuis qu’elle s’est faite gronder par le secrétaire général de l’Elysée, et publiquement remontrée par le président de la République? Pour le savoir, chers lecteurs écoutez donc RTL demain, à 7h50, puisque Chantal Jouanno en sera l’invitée mondiale exclusive avec retransmission sattelllllllllllllllitaire jusqu’à Saturne.

Deuxième effet perceptible: l’abandon des réformes certes importantes mais jugées désormais périphériques. Il s’agit, bien sûr, de la suppression du juge d’instruction. Depuis le résultat des élections régionales, Nicolas Sarkozy s’est exprimé une fois et François Fillon deux. Faut qu’il fasse gaffe celui là, il en fit toujours plus que son président, ça finira mal. Eh bien ni l’un ni l’autre n’ont parlé de la réforme du code de procédure pénale qui prévoit, justement la disparition du juge d’instruction.

En privé, plusieurs ministres expliquent que l’idée de faire passer cette réforme s’est évanouie. Personne n’a encore osé le dire à la Garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie, qui continue ses auditions, mais personne non plus au gouvernement n’a envie de se lancer dans cette bataille épique que représente l’examen et la discussion au parlement de ce projet de loi qui comporte pour l’instant 550 articles et qui va susciter des dizaines de milliers d’amendements.

Elle est où, la poubelle? Elle est là, Michèle. Et n’oublie pas d’éteindre la lumière en sortant, s’il te plait.

Encore plus rigolo: la fiscalité. Là, c’est carrément le big bang. Premier élément: la frayeur, immense, de ceux qui se plongent dans les comptes de l’Etat. La ruine est tellement menaçante qu’une action d’urgence s’impose. L’équation est simple. Le président refuse toute augmentation d’impôts. Il faut donc diminuer les dépenses. Vite, et fort. Sinon, la grande France finira comme la pauvre Grèce.

Des comptables avisés ont remarqué que la déduction des intérêts d’emprunts pour les personnes accédant à la propriété coûtait une fortune aux contribuables, plus de trois milliards en année pleine. Les mêmes ont compris que cette mesure n’avait aucun effet sur le marché de l’immobilier. En clair, elle n’incite pas ce qui ont envie d’acheter de le faire et elle ne permet pas à ceux qui le souhait de le faire. Donc, de l’argent perdu. D’où la proposition simple: supprimer cette niche fiscale. Oui, mais gros problème. Ceci correspond à la réalisation d’une promesse présidentielle. Peut-on revenir dessus? Oui parce que le président ne peut pas à la fois vouloir empêcher les augmentation d’impôts, s’opposer à la diminution des dépenses et en plus vouloir réduire les déficits. Donc, la suppression de l’avantage fiscal  consécutif à une promesse électorale est nécessaire et incontournable.

La mesure est dans les tuyaux. Elle chemine à Bercy où on travaille activement sur le projet de budget 2011 dont la confection s’apparente à un incroyable casse tête. Matignon a donné son aval à la suppression de la mesure et pour l’instant l’Elysée fait semblant de n’avoir rien vu.

Si elle va au bout, cette proposition sera comme un reniement pour Nicolas Sarkozy. Pas facile. D’où la prudence. Mais reportez-vous, là aussi, là encore, à l’intervention de Gérard Longuet, ce matin, sur RTL. Ce sera fait parce que nous n’avons pas le choix. Et le président l’acceptera pour cette raison, et aussi pour une autre. Il souhaite préserver la dernière digue, celle qui pourrait lui épargner le reniement total, le fameux bouclier fiscal pourtant sacrément menacé.

Voilà donc où nous en sommes dix jours après le second tour des élections régionales. La correction de cap commence à être assez impressionnante. Elle risque de l’être davantage encore, notamment sous la pression budgétaire qui s’annonce colossale. Mais s’il vous plait, ne dites pas aux ministres, aux parlementaires, et encore moins aux deux responsables de l'exécutif, que vous vous êtes aperçu de la manœuvre. Ils ne souhaitent pas nous en parler pour ne pas nous attrister, affoler, déstabiliser, désespérer, tournebouler, fâcher, vexer et hérisser, d'hérisson. C’est pour notre bien, notre confort, notre sérénité, qu’ils nous parlent de cap, de burqa, de reprise, de ne vous inquiétez pas. L’essentiel, n’est-ce pas, c’est que nous soyons gouvernés par la tendresse et la délicatesse. Pour la vérité, nous verrons plus tard. Quand nous serons plus grands.

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