François Hollande n'a pris aucun risque. En confiant à Bernard Pêcheur la mission de commettre le énième rapport sur l'avenir de la fonction publique, il était certain d'éviter un séisme. L'immobilisme était garanti sur devis.

Pur produit de la nomenklatura socialiste d'État, l'énarque Pêcheur (promotion Guernica) fut conseiller de Laurent Fabius au Budget, conseiller social de François Mitterrand, directeur de la Fonction publique et seul conseiller d'État au tour extérieur à être président de section...

Un homme du sérail, une valeur sûre pour que rien ne bouge avec, en filigrane, un viatique : on ne change pas un système qui perd. Le document est donc à la mesure du résultat attendu. On y apprend que le système statutaire est formidable, l'emploi à vie épatant.
Par Professeur Kuing Yamang: Face à l'overdose fiscale, certains décident de moins travailler et prennent des vacances fiscales.
L'exemple de Faraj Chemsi, ce chirurgien dentiste que trop d'impôt incite à lever le pied, vérifiant le principe que trop d'impôt tue l'impôt.
Il a aussi entamé son combat pour quitter la Sécu :
http://www.claudereichman.com/article...
Au fond, la seule chose à véritablement déplorer est la notion de rémunération au mérite
- via des primes - qu'avait timidement tenté d'introduire Nicolas Sarkozy.
Rassurez-vous : on va revenir bien vite à la bonne vieille grille indiciaire avec augmentation du point pour tous. Un système où les
bons à rien gagnent à peu près la même chose que ceux qui travaillent, où les incompétents sont au même rang que les compétents, où les mauvais ont la même progression de carrière que les
bons.
Soyons justes. Pêcheur propose tout de même une mesure d'une audace vertigineuse : instaurer six catégories de fonctionnaires au lieu de trois. Afin, sans doute, de simplifier les choses. Mais pas un mot sur les effectifs. Trop dangereux.
Les fonctionnaires manifestent pour réclamer encore plus d'avantages à François Hollande pour lequel les deux tiers d'entre eux ont voté.
Voyons quels sont leurs privilèges avec Agnès Verdier-Molinié, Yves Thréard, Bernard Vivier et Luc Bérille qui répondent à Yves Calvi.
Quelques extraits :
Yves Thréard : "Les fonctionnaires ce qu'ils veulent, c'est le beurre et l'argent du beurre."
Agnès Verdier-Molinié : "La dépense publique passe par des impôts et ces impôts grèvent la création de richesse, d'entreprises, d'emplois marchands...Il y a plus
d'augmentation dans la fonction publique que dans l'emploi privé".
Bernard Vivier : "En 10 ans, la fonction publique territoriale a augmenté de presque 500 000 fonctionnaires !"
Luc Bérille: "Un fonctionnaire en l'état actuel ne peut pas se retrouver au chômage"
Un million de fonctionnaires supplémentaires
Au risque de finir par lasser les lecteurs de ces lignes, rappelons, tout de même, quelques évidences un tantinet dérangeantes.
Il y a en France environ 5,5 millions de fonctionnaires au sens large. Soit 90 agents publics pour 1 000 habitants. En Allemagne, le ratio est de 50 pour 1 000. La France consacre 56,6 % de son
PIB aux dépenses publiques, l'Allemagne 44,7.
La Suède a réduit le nombre de fonctionnaires de 38 % en une dizaine d'années. La France, elle, ne cesse d'engraisser le mammouth, qui ne se réduit
pas à l'Éducation nationale.
La France comptait, en
1998, 4,3 millions de fonctionnaires. On en dénombre 5,5 millions aujourd'hui. La fonction publique territoriale s'est accrue de 800 000 agents en 15 ans. La dette des administrations locales
s'élève à 173 milliards d'euros, soit 10 % de l'endettement global du pays. Ce chiffre ne sort pas d'une quelconque officine libéralo-réactionnaire mais de la Cour des comptes, présidée par le
socialiste Didier Migaud.
Alors, surtout, ne changeons rien !
Par Pierre Beylau
Source:
Le point des communistes
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