Les autorités chinoises savent qu'une implosion de la zone euro aurait des conséquences sur leurs propres intérêts. Dimanche au sommet européen, la Chine a été sollicitée pour participer au Fonds européen de stabilité financière (FESF). Pour l'instant les autorités chinoises conservent la plus grande discrétion sur ce projet, seuls quelques sites Internet en font état, mais un haut responsable chinois avait fait savoir de manière non officielle la semaine dernière que la Chine avait l'intention de conforter l'Europe et les marchés.
Pékin s'efforce de consolider les mesures qui seront en principe adoptées demain au sein de l'Union européenne pour que le système n'éclate pas. Car une telle implosion en Europe aurait des répercussions sur le système global dont la Chine pâtirait aussi. "Les Chinois ont horreur de la situation actuelle, il leur devient impossible de faire des scénarios. Ils espèrent ainsi contribuer à un apaisement", confie un banquier occidental installé de longue date en Chine. Les marchés ne s'y sont pas trompés et ont accueilli positivement cette nouvelle, même si elle n'est pas encore confirmée. Encore faudrait-il qu'elle soit légalement possible !
Le FESF devait en principe être financé par l'argent public des dix-sept pays de la zone euro et ne prévoyait pas de financement par des tiers. Les experts sont en train de travailler sur la question, mais cette participation chinoise ne devrait pas obliger à un changement de traité. À l'heure actuelle, la Chine et potentiellement le Japon sont les seuls pays à avoir la capacité d'une telle intervention. Les réserves japonaises sont d'environ 1 300 milliards de dollars, mais le pays est plombé par sa dette colossale. Les réserves chinoises sont aujourd'hui les plus importantes de la planète avec plus de 3 500 milliards de dollars et une participation de 200 à 250 milliards d'euros ferait une ponction presque inaperçue dans ce trésor. Mais les Chinois n'auront probablement pas besoin d'en faire autant. "C'est le geste qui compte, plus que le montant", confirme un expert de Bruxelles. Cette intervention irait dans le sens de ce que font les Chinois ces derniers mois en achetant de la dette souveraine italienne et espagnole et plus ponctuellement allemande ou française. Les taux de participation restent secrets mais semblent assez bas selon les estimations des experts occidentaux. En échange, les Chinois attendent un ancrage plus grand de leurs intérêts dans une Europe où ils pénètrent avec difficulté. Les participations menées par le fonds souverain chinois dans de grandes entreprises européennes (récemment chez GDF Suez pour un montant de 2,9 milliards de dollars) restent limitées. Pékin a bien sûr en tête l'espoir d'obtenir le statut d'économie de marché à l'OMC, pour lequel elle plaide depuis des mois, mais les Européens sont loin d'être unanimes à ce sujet.
la Chine se paye notre dette
Source, journal ou site Internet : le Point
Date : 25 octobre 2011
Auteur : Caroline Puel
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