Le PLD approuve sans réserve la principale mesure de la votation suisse. Les actionnaires, véritables propriétaires d'une entreprise, récupèrent le
droit exclusif de fixer en assemblée générale les rémunérations des dirigeants de sociétés. Ces dernières ne seront donc plus décidées en petits comités d'amis, sans rapport avec les
résultats des entreprises.
L’interdiction des primes de signature ou de départ (les « parachutes dorés » assez souvent accordés à des dirigeants comme "prime à l'échec"), paraît
plus discutable : elle limite la liberté de choix des actionnaires des outils de rémunération. Toutefois, vu l'émotion suscitée par certains excès antérieurs, un tel retour de
balancier est compréhensible. Globalement, la nouvelle loi helvétique ne devrait pas empêcher les actionnaires de rémunérer comme il convient les dirigeants qui réussissent, tout en
permettant d'éviter que les autres ne tirent d'avantages indus de leur position.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dit "vouloir s'inspirer" de ce vote. L'action gouvernementale récente laisse craindre que seul le côté coercitif
sur les moyens de rémunération ne soit retenu, tandis que la restitution nécessaire du pouvoir aux actionnaires serait esquivée. Le parlement accoucherait dans ce cas d'une loi
liberticide supplémentaire, sans doute contournable, qui ne traiterait pas le problème très présent en France de l'endogamie des conseils d'administration.
Le PLD invite surtout le Premier ministre à s’inspirer de l'expérience suisse dans les autres domaines où celle-ci nous montre la voie: chômage à 3%,
assurance maladie privée, budget équilibré, dépense publique à 33% du PIB, et existence d'une véritable démocratie directe.