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Allemagne/France: Une monnaie pour une réunification!

par AL de Bx 2 Octobre 2010, 22:52 Europe

L'abandon du mark a-t-il été le prix à payer pour la réunification, dont on fête les 20 le 3 octobre ? Selon des documents confidentiels auxquels le Spiegel a eu accès, la France avait tout intérêt à ce que l'union monétaire se fasse au plus vite.


Le père de l’unité allemande est en colère. Wolfgang Schäuble, ministre de l’Intérieur sous Helmut Kohl et négociateur en chef du traité d’unification [de 1990], n’a pas de mots assez durs pour exprimer son mécontentement. Il tient à la main un livre de Peer Steinbrück, ancien chef du SPD [le Parti socialdémocrate].
Ce qui énerve Schäuble ? Une petite phrase du deuxième chapitre, bien cachée dans une longue étude consacrée au "taureau boiteux" européen. "L’abandon du deutsche mark en échange d’un euro stable fut l’une des concessions qui contribuèrent à ouvrir la voie de la réunification allemande".
"Nous n'avons jamais conclu un tel marché", s’insurge Schäuble. Steinbrück est pourtant sûr du contraire.

 

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Toute personne qui a en été contact avec le gouvernement français pourra le confirmer avec certitude, explique-t-il. Hubert Védrine, par exemple, alors conseiller du président Mitterrand, est convaincu que le celui-ci n’aurait probablement pas approuvé l’agrandissement de la RFA si les Allemands n’avaient pas cédé sur l’union monétaire."Mitterrand ne voulait pas d’une réunification allemande sans une avancée dans l’intégration européenne, explique Védrine. Et le seul domaine où il était possible de progresser était la monnaie".


Si la version française des faits est avérée, l’information ne jetterait pas seulement une ombre sur les célébrations nationales allemandes [du 3 octobre, jour de la réunification en 1990]. L’euro pourrait également en être affecté, la monnaie européenne n’étant déjà guère en odeur de sainteté depuis le plan de sauvetage dela Grèce. Certains critiques, comme l’ancien chancelier Gerhard Schröder, avaient déjà qualifié l’euro "d’enfant prématuré à la santé fragile". Pire, dorénavant, ils pourraient dire que la monnaie européenne a été quasiment imposée aux Allemands.


La menace de l'isolement
Les documents jusqu’alors confidentiels des archives du ministère des Affaires étrangères auxquels le Spiegel a pu accéder, montrent que la situation était bien plus compliquée que ce que l'on pensait jusqu’à présent. Une vaste alliance menaçait de se former en Europe occidentale contre la réunification allemande, et le couple franco-allemand a frôlé la rupture. A l'époque, Mitterrand signifia clairement au gouvernement de Bonn qu’il pourrait rapidement se retrouver très isolé sur le continent, "comme en 1913". Jusqu’à l'accélération des évènements à la fin de l’année 1989, le débat sur la monnaie unique suivait le rythme habituel de Bruxelles, lent et laborieux.Toute tentative en ce sens ce soldait par un échec, se heurtant aux intérêts contradictoires entre les pays inflationnistes du sud de l'Europe et leurs partenaires rigoristes allemand et néerlandais. Les Français souffraient tout particulièrement du dispositif monétaire en vigueur qu’ils percevaient comme un système à deux vitesses jouant en leur défaveur. "Ce que la bombe atomique est à la France, le deutsche mark l’est à l’Allemagne", disait-on dans les couloirs de l’Elysée.


Mais voilà, du jour au lendemain, une question ressurgit au premier plan des préoccupations internationales, une idée que même les négociateurs de l’époque jugeaient encore plus utopique que la monnaie unique européenne : la réunification allemande. A la fin du mois de novembre 1989, Helmut Kohl présente son projet en dix points pour une confédération allemande afin que "le peuple allemand puisse choisir librement de retrouver son unité". Les partenaires occidentaux n'avaient été mis dans la confidence. Kohl se prépare-til pas secrètement à faire cavalier seul avec l’Allemagne réunifiée ? Lorsque Mitterrand entend Kohl, il a "un léger accès de colère de quelques heures", observe son conseiller d’un air suffisant.


Silence glacial
La suite des évènements montre combien le président français s’était senti trahi. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Hans-Dietrich Genscher, est convoqué à l’Elysée. La rencontre est mémorable et montre mieux que n’importe quel document classé confidentiel combien le soutien de Mitterrand à l’unité allemande était lié à une concession allemande sur l’union monétaire. Mitterrand menace d’opposer son veto à la réunification de l’Allemagne. S’il le fait, Bonn n’aura pas seulement le Premier ministre britannique, Margaret Thatcher, contre lui.


Le ministre allemand des Affaires étrangères décide alors de se montrer raisonnable et prend auprès du président français un engagement non négligeable. "Il est nécessaire de prendre une décision à Strasbourg sur la conférence intergouvernementale pour préparer l’union monétaire et économique", répondt Genscher.


Le 8 décembre 1989, lorsque Kohl et Genscher entrent dans la salle de conférence de Strasbourg, ils sont accueillis par un silence glacial. Ce n’est qu’à grand-peine qu’ils parviendront à arracher un soutien à la réunification allemande de la part de leurs partenaires européens. En échange, le principe du calendrier français pour l’union monétaire est approuvé. Il n’est pas question d’union politique.


Tout le monde est gagnant
Ensuite, tout va très vite. Pendant l’été 1990, la RFA et la RDA signent l’accord de réunification et le 3 octobre l’Europe accueille la nouvelle République fédérale d’Allemagne. En décembre, les chefs d’Etat et de gouvernement européens se réunissent à Rome pour lancer la conférence intergouvernementale sur l’union monétaire. Alors que les Etats membres signent, en février 1992, le traité de Maastricht prévoyant l’introduction de l’euro, Genscher ressent une profonde satisfaction. "Pour moi, cette décision représentait la concrétisation de ma promesse faite lors des négociations sur la réunification", explique-t-il.
L’abandon du mark était-il donc le prix à payer pour la réunification ? Il ne fait aucun doute que l’effondrement du pouvoir en RDA a précipité l’entrée du projet européen dans une étape décisive de son histoire. "Il est probable que l’union monétaire européenne n’aurait jamais pu être réalisée sans la réunification allemande", déclare l’ancien chef de la Bundesbank, Karl Otto Pöhl. Cette concession a finalement profité aux deux chefs d’Etat. En laissant l’Allemagne retrouver sa partie orientale, Mitterrand a aidé Kohl à devenir le chancelier de la réunification. En échange, Kohl promit d’abandonner le deutsche Mark, ce qui fut l’une des plus grandes victoires de la présidence de Mitterrand.

 

La réunification contre l'euro
Source journal ou site Internet : der Spiegel
Date : 1er octobre 2010
Auteur : Michael Sauga - Stefan Simons - Klaus Wiegrefe

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/87/SoziodemographieDeutschlandsNachDerWiedervereinigung.png/600px-SoziodemographieDeutschlandsNachDerWiedervereinigung.png

 

La réunification c'est aussi l'adaptation de mentalités et de philosophies différentes

 

Vingt ans jour pour jour après la réunification sur le papier de la RFA et de l'ex-RDA communiste, le 3 octobre 1990, qu'en est-il de la réalité en Allemagne ?


Selon les analyses, si les mentalités changent, la réunification n'est pas encore achevée dans les têtes.
De notre correspondant en Allemagne. Après la rénovation tambour battant des années qui ont suivi la réunification, les villes d'ex-RDA doivent maintenant faire face à un nouveau défi: leur réorganisation urbaine liée au vieillissement de la population. Le modèle de l'ouest semble avoir été plaqué trop rapidement.


En 1990, un cabinet d'architecte avait évalué l'ampleur du chantier de rénovation à Brandebourg: dans l'ancienne cité sidérurgique qui a donné son nom à la région qui entoure Berlin, un bâtiment sur deux n'était pas en mesure d'être habité! Vingt ans plus tard, madame le Maire caracole dans un centre-ville aussi pimpant qu'elle: façades couleur crème, jardinières soignées, canaux et petits ponts. Dietlind Tiemann est particulièrement fière de la «skyline» du bourg médiéval: «Nous avons reconstruit le cloître Sankt-Pauli avec
son clocher. Mais nous n'avons pas voulu que cette démarche soit isolée. Autour du cloître, nous avons donc réaménagé un lotissement qui était délabré et vide. Maintenant le quartier entier revit.» Brandebourg, 72.000 habitants, est construite dans un méandre de la rivière Havel. Depuis que la pollution des usines métallurgiques a disparu, le site est idyllique, la ville accueillante. 133millions d'euros ont été investis ici.


Une illustration parfaite des propos du ministre fédéral de l'Intérieur la semaine dernière:

 

«Je ne veux plus parler de reconstruction de l'Est. Elle est achevée».

 

Voilà qui agace Dietlind Tiemann, pourtant conservatrice comme le ministre. La petite femme dynamique s'engouffre dans sa berline grise pour nous montrer le quartier de Neu-Brandebourg, construit il y a trente ans.

 

«Il est dans un très bon état, tout a été rénové. Mais la ville compte déjà 30% de plus de soixante ans. Dans sept ans, nous aurons 8.000appartements vides ici!
Ça coûte cher, il faudra les détruire. Voilà qui nous amène à la question du soutien à la réorganisation urbaine. Les communes ne peuvent pas payer ces démolitions. Or, ces subventions pourraient disparaître, c'est en débat. Ce serait fatal pour les villes!»


Des villes à repenser totalement
Un nouveau chantier attend donc l'ancienne RDA: le dépeuplement de ces régions nécessite de repenser totalement les villes. Une conséquence de plus de la réunification. En bonne gestionnaire d'entreprise (son métier avant d'entrer en politique), Dietlind Tiemann a fait les comptes: sa commune, déjà déficitaire, va mettre au moins dix ans à régler cette question. Sans les fonds de l'État fédéral et du Land, ce sera mission impossible. Pourtant, depuis six ans, le montant des recettes de l'impôt sur les sociétés a été multiplié par deux.

 

Après des années noires à 25% de chômage, la ville attire de nouveau les entrepreneurs, surtout dans les domaines des technologies de pointe. Ils sont 8.000, chaque jour, à faire le déplacement pour travailler à Brandebourg, comme Matthieu Rigal, un Français ingénieur dans l'imagerie satellite: «Dans les années 90, on a fermé les vieilles industries. Maintenant on parie sur les biotechnologies, la géo-informatique...» Juste en face de la gare, un immense chantier accueille les visiteurs: «C'est aussi le signe que la ville est en train de changer», poursuit Matthieu. «À la place de la barre grise aux balcons arrachés qu'on voyait encore il y a deux ans, on construit un centre médical qui regroupera des dizaines de spécialités».


Des nostalgiques de l'ex-RDA
La tête rejetée en arrière, Ursula contemple le ballet des grues. Dans le fracas des perceuses, la septuagénaire avoue son enthousiasme: «Il n'y aura plus besoin de faire des kilomètres pour une petite analyse. Tout sera concentré.» Edeltraud renchérit: «Après la réunification, ceux de l'ouest sont venus et ils ont tout mis à plat.


Ils ont fait disparaître beaucoup de choses. Puisqu'il fallait nettoyer le terrain, les médecins qui nous suivaient ont dû partir». Organisation du système de santé, place des femmes dans la société, écoles... Des études montrent que, dans certains domaines, la RDA s'en sortait mieux que la RFA. Il y a quelques semaines, le président de la région, Matthias Platzeck, a parlé de la réunification comme d'un Anschluss de l'Est par l'Ouest, comme l'annexion de l'Autriche par Hitler. Le mot était mal choisi, mais il reflète bien le sentiment de nombreux Allemands de l'Est. «On aurait dû réfléchir un peu», tranche Edeltraud la Brandebourgoise, qui avoue, par ailleurs, «ne rien regretter de la RDA».


«Moins divisés que la Belgique»
Andreas Zick est professeur de sociologie à Bielefeld et co-auteur d'une étude intitulée : «Un pays, deux sociétés?».
Quand estimez-vous que la réunification des deux Allemagne sera achevée dans les têtes?
Il faudra encore vingt ans au minimum, soit une à deux générations, pour que les Allemands se sentent comme un seul peuple. Dans les résultats de notre étude, qui s'est étalée de 2002 à 2008, on a constaté qu'il y avait beaucoup plus d'unité de pensée chez les jeunes générations, disons de 16 à 35ans. Chez les plus vieux, les résultats sont inversés. Ce qui m'a le plus surpris, c'est de constater que les deux tiers de gens de l'Est se sentent désavantagés par la réunification par rapport à ceux de l'Ouest. Ils se considèrent comme des citoyens de «seconde zone». Alors que l'Ouest estime avoir payé beaucoup trop d'impôts au profit de l'Est:1.400 milliards d'euros en vingt ans!Il est vrai que le niveau de vie des «Ossis» (de l'Est), s'il a augmenté de manière fulgurante ces deux dernières décennies, reste inférieur d'un tiers à celui des «Wessis» (de l'Ouest).


Au niveau économique, l'Est ne rattrapera pas l'Ouest avant longtemps.
Les préjugés perdurent?


Oui, pour 67 % des Allemands de l'Est, les «Wessis» sont arrogants et pour une majorité d'Allemands de l'Ouest, les «Ossis»sont des ingrats ou des geignards. Cela dit, quand on pose la question:qu'est-ce qui est important à vos yeux? Ou:comment envisagez vous l'avenir? Les résultats sont assez analogues entre les deux parties du pays. Tout dépend de la question:à qui je me compare? Et nous nous comparons toujours en tant qu'Allemands. Pourtant, il suffit de regarder à nos frontières:nous sommes, je crois, beaucoup moins divisés que le peuple de Belgique entre francophones et néerlandophones.


Un Allemand de l'Ouest sur cinq affirme ne jamais être allé à l'Est depuis la Réunification.

Vous sentez-vous dans votre pays quand vous y allez?
J'ai grandi à l'Ouest et j'ai étudié à l'Est. Quand on réfléchit en termes de pays, on se dit effectivement «Je suis dans une autre région». Mais quand on y pense en tant que citoyen du monde, quand on regarde de l'extérieur, il y a bien une seule mentalité allemande dans les deux parties du pays.

 

Allemagne réunifiée. Un chantier inachevé
Source journal ou site Internet : Le Télégramme de Brest
Date : 3 octobre 2010
Auteur : David Philippo

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commentaires
S
<br /> <br /> Stefan Metzeler Oh ils ont quelques bonnes choses dans leur cuisine, mais les produits laitiers, c'est pas leur truc. Et<br /> puis chacun sa spécialité! Il n'y a rien à côté des voitures Allemandes.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Daniel Thureau C'est vrai qu'au niveau gastronomie ce n'est pas génial, au niveau des patisseries, il y a des choses pas<br /> mal.....<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Stefan Metzeler L Allemagne, le pays de l autre fromage.<br /> <br /> J ai des souvenirs atroces de mon enfance - des visites en Allemagne. Yogourts natures avec de la confiture au fond au lieu des yogourts crémeux aux fruits Suisse. Et puis le lait caillé :(<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Daniel Thureau L'allemagne...L'autre pays du fromage.....:)<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Stefan Metzeler Ils font du fromage en Allemagne? Igad...<br /> <br /> <br /> <br />
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