Dans la guerre menée par les Etats-Unis contre le terrorisme, le réseau al-Qaïda a perdu de nombreux hommes et a dû se replier, pour sa « base », sur le Pakistan. Mais il constitue toujours une menace. Si le réseau fondé en 1988 par Oussama ben Laden ne semble plus en mesure de monter un complot aussi complexe que celui du 11-Septembre, le simple fait que ses chefs soient toujours libres est une victoire et une inspiration pour leurs troupes et leurs alliés.
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« Les efforts de contre-terrorisme ont placé l'organisation dans une de ses positions les plus difficiles depuis la fin 2001
», a assuré cet hiver Dennis Blair, alors directeur du Renseignement national américain (DNI).
« Mais ces efforts, s'ils ont rendu plus difficile l'organisation des complots et des opérations extérieures, n'ont pas été
suffisants pour les stopper. Tant que la pression sur le sanctuaire d'al-Qaïda, sur ses chefs et ses cadres opérationnels ne sera pas supérieure à ses
capacités à récupérer, l'organisation restera capable de monter une attaque. »
Le centre « pakistanisé »
La « pression » en question est surtout constituée par les tirs de missiles de drones américains qui depuis août 2008 ont
frappé une centaine de fois les « refuges » d'al-Qaïda et des insurgés pakistanais dans les zones tribales de la zone frontalière avec l'Afghanistan. Tuant
un millier de rebelles dont de nombreux cadres intermédiaires de l'organisation.
« Le réseau est focalisé sur sa propre survie, qui est intimement liée au sort de ses alliés jihadistes au Pakistan », estime
Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences-Po Paris et auteur des Neuf vies d'al-Qaïda. « Al-Qaïda-Central est de plus en plus pakistanisée alors qu'elle est
quasiment absente d'Afghanistan. Cela repose sur quelque chose qui est maintenant reconnu par tous : la relation spéciale entre le pouvoir pakistanais et
le puissant réseau de l'insurgé afghan Haqqani, qui est le protecteur de ben Laden. »
Bien qu'affaiblie, al-Qaïda reste capable d'accueillir des volontaires étrangers, qui sont formés dans les zones tribales
pakistano-afghanes et repartent tenter d'organiser des attentats en Occident. Ce fut le cas de l'Américain d'origine pakistanaise Faisal Shahzad, qui a placé
une voiture piégée à Times Square en mai ; mal conçue, elle n'a pas explosé.
Groupes et solitaires
Mais l'organisation maintient aussi des liens avec des groupes jihadistes qui lui ont fait allégeance, comme al-Qaïda dans la
péninsule arabique (Aqpa) au Yémen ou al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Sahel. Ils montent leurs opérations en toute indépendance. C'est après avoir
été entraîné par Aqpa au Yémen que le jeune Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab a tenté à Noël 2009 de faire sauter un avion reliant Amsterdam à Detroit.
Plus dangereux encore, des « loups solitaires », auto-radicalisés sur Internet, passent à l'action de leur propre chef, au nom
du « jihad global ». Ainsi le psychiatre militaire Nidal Hasan, Américain d'origine palestinienne, a ouvert le feu sur des soldats américains de sa base au
Texas, faisant treize morts.
Résumé de Philip Mudd, ancien du centre anti-terroriste de la CIA : « Le groupe d'origine souffre et va peut-être disparaître
mais le mouvement se porte bien ».
Source IHEDN
MENACES
AL-QAÏDA A SOUFFERT MAIS PERDURE
Source journal ou site Internet : AFP DNA
Date : 11 septembre 2010
Auteur : Michel Moutot
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