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USA: OBAMA géostratégie.

par Alain Genestine 8 Décembre 2008, 23:22 International

Le président désigné Barack Obama s'est prononcé dimanche en faveur d'un plan de sauvetage à court terme pour les constructeurs automobiles.

Interviewé à l'émission Meet the Press, sur la chaîne NBC, il a déclaré que le Congrès faisait « exactement la bonne chose » en ébauchant un plan qui « met l'industrie automobile sous pression » tout en essayant d'empêcher sa faillite.

Lorsqu'il se sera installé à la Maison-Blanche, il compte donc aider cette industrie, à condition qu'elle se restructure. « S'ils veulent survivre, ils devront commencer à construire des véhicules écoénergétiques. Ils devront aussi reconnaître que le marché automobile ne sera pas aussi gros que l'indiquaient leurs prévisions des dernières années. »

Les trois géants [Chrysler, Ford et GM] ont fait des erreurs répétées. Mais l'industrie automobile est la colonne vertébrale du secteur manufacturier américain. C'est impensable de la laisser s'effondrer. — Barack Obama


Pour une croissance à long terme

Barack Obama

Photo: AFP/Scott Olsen

Barack Obama a suggéré que certains patrons devraient perdre leur poste, sans citer un seul nom. Plus tard, en conférence de presse, il a semblé tempérer ses propos, affirmant toutefois que les équipes de direction devaient être remplacées si elles ne comprenaient pas le besoin urgent de changement dans le secteur.

Le futur président a aussi rappelé qu'il planchait sur un plan de relance avec son équipe. Ce plan devra, selon lui, ne pas se contenter du court terme, mais aussi mettre le pays sur la voie d'une croissance économique « à long terme » et « soutenable ».

Il s'est déjà engagé à ce propos à investir massivement dans les infrastructures, notamment les routes et les ponts, mais aussi dans Internet ou encore les dossiers médicaux électroniques.

Si ce programme peut avoir un accent du New Deal de Franklin D. Roosevelt, dans les années 30, le futur président note toutefois que la situation actuelle n'a rien à voir avec celle de l'époque. « Le taux de chômage était alors de 25 à 30 % et nous n'avions pas les filets de sécurité qui sont apparus avec le New Deal », a-t-il souligné. Ce qui ne l'empêche pas de s'inquiéter du marasme actuel: « C'est un gros problème et les choses vont empirer. »

Normaliser les relations avec l'Iran

Barack Obama a aussi confirmé son intention de discuter avec l'Iran. Il a plaidé pour « une diplomatie dure mais directe », promettant « une série de carottes et de bâtons » à l'Iran. Les deux pays n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis la prise d'otages survenue à l'ambassade américaine de Téhéran, en 1979.

Au rayon « carottes », le futur chef d'État a évoqué des incitations économiques et commerciales. Côté « bâton », il a suggéré de resserrer les sanctions internationales contre l'Iran, notamment avec la collaboration des grands partenaires commerciaux de Téhéran que sont la Chine, l'Inde et la Russie.

M. Obama a rappelé à l'Iran que son programme nucléaire était « inacceptable », de même que l'appui qu'il apporte aux mouvements islamistes comme le Hamas et le Hezbollah. Le tout sans compter ses « menaces envers Israël ».

Mais nous sommes prêts à parler directement aux Iraniens et à leur donner clairement le choix pour leur permettre de décider s'ils préfèrent que ce soit facile ou que ce soit dur. — Barack Obama


Triangle Afghanistan-Inde-Pakistan

Une semaine après le drame de Mumbai, M. Obama a défendu une normalisation entre l'Inde et le Pakistan. New Delhi accuse son voisin d'être à l'origine de ces attentats qui ont fait 170 morts, y compris les neuf terroristes. Tout en admettant que « si un pays est attaqué, il a le droit de se défendre », M. Obama n'est toutefois pas allé jusqu'à reconnaître à l'Inde le droit de poursuivre au Pakistan des militants soupçonnés d'avoir orchestré les attentats de Mumbai.

Il a appelé à un « partenariat stratégique » contre le terrorisme entre l'Inde, le Pakistan et l'Afghanistan.

Au sujet de ce dernier pays, il a réaffirmé son intention de retirer des troupes d'Irak afin de les y déployer. Il estime que l'Afghanistan se trouve au coeur de la lutte contre le terrorisme.

Mais il a aussi insisté sur la nécessité de développer l'économie du pays, qui reste l'un des plus pauvres de la planète. « Une partie du problème vient du fait que le paysan afghan moyen n'a ressenti aucune amélioration de ses conditions de vie », a estimé M. Obama. « Si nous arrivons à conjuguer développement économique, action militaire sur le terrain et une meilleure diplomatie, je pense que nous pourrons stabiliser la situation », a-t-il espéré.


Question de cigarette

Dans un autre ordre d'idée, il est resté évasif dimanche sur son tabagisme. Interrogé par l'animateur Tom Brokaw, Obama n'a pas répondu franchement à la question directe: « Avez-vous arrêté de fumer? » « Il m'est arrivé de rechuter. Ce que je voudrais dire, c'est que j'ai fait d'énormes efforts, compte tenu des circonstances, pour améliorer ma santé. Mais vous ne me verrez pas enfreindre les règles de la Maison-Blanche. »

La Maison-Blanche est devenue un espace non fumeur depuis que cette règle a été imposée par Hillary Clinton lorsqu'elle était Première Dame. Le futur président, âgé de 47 ans, se rend quotidiennement dans une salle de sport et fait souvent de la course à pied. Le dernier président fumeur était Gerald Ford, qui a servi de 1974 à 1977.

La question du tabagisme est importante aux États-Unis, où près d'un décès sur cinq est lié à la consommation du tabac, une situation qui coûte plusieurs dizaines de milliards de dollars à la sécurité sociale chaque année.

 

Les bourses réagissent positivement

 

Les grandes places boursières du monde entier, qu'elles soient d'Asie, d'Europe ou d'Amérique du Nord, semblent vouloir faire confiance au prochain président américain, Barack Obama, pour sortir les États-Unis de la crise économique dans laquelle ils se sont enlisés.

En effet, les marchés boursiers ont la semaine avec de forts rebonds.

Sur Wall Street, les grands indices américains ont connu une faste journée, les Dow Jones (3,46 %), le Standard & Poor's (3,84 %) et le Nasdaq (4,14 %) s'appréciant tous de façon significative.

À Toronto, le TSX, galvanisé par un pétrole qui rebondit sur les marchés mondiaux, a clôturé en hausse de 5,55 %.

À Tokyo, l'indice Nikkei, mis à mal par les nombreux malheurs qui se sont abattus sur la première économie asiatique au cours des derniers mois, a enregistré un gain de plus de 5 %.

Et à Hong Kong, le Hang Seng s'est pratiquement envolé pour terminer la journée sur un bond de 8,66 %, un peu à l'image de ce qui s'est produit à Séoul, où l'indice local a clôturé, lui, avec un gain de 9,79 %. La bourse chinoise de Shanghai a elle aussi connu une bonne journée, avec une progression de 4,46 %.

Et l'embellie s'est poursuivie du côté européen, les trois principaux indices du continent enregistrant de forts gains en fin de journée.

À Paris, le CAC-40 a bondi de près de 9 % en fin d'après-midi, une performance imitée par le DAX allemand et le FTSE britannique qui, eux, ont gagné, au même moment, respectivement 8,90 % et 6,60 %.

Les marchés semblent réconfortés par la perspective de l'entrée en fonction, en janvier prochain, de Barack Obama à la Maison-Blanche. Ce dernier a promis, au cours du week-end, de relancer l'économie américaine en démarrant une série de grands travaux comme n'en ont pas connu les États-Unis depuis plus d'un demi-siècle.

De plus, les investisseurs, qui redoutent l'impact que pourrait avoir sur l'ensemble de l'économie mondiale la faillite des géants américains de l'automobile, sont encouragés par les échos qui leur proviennent du Congrès. Il semblerait, en effet, que les parlementaires américains pourraient dès cette semaine donner le feu vert à la mise sur pied d'un plan de sauvetage d'une industrie automobile en péril.

 


Eric Shinseki au département des Anciens combattants

Eric Shinseki

Photo: AFP/Jim Watson

Eric Shinseki

Quant à l'équipe qui l'accompagnera dans son mandat, elle compte un nouveau venu. Le général à la retraite Eric Shinseki pourrait diriger le département des Anciens combattants. Si sa nomination est approuvée par le Congrès américain, il sera le premier Américain d'origine asiatique à diriger cet organisme. Ce dernier est la cible de vives critiques au sujet de son soutien aux vétérans des guerres en Irak et en Afghanistan.

Les membres de l'administration Obama

Voici la liste des membres de la future administration américaine désignés par le futur président Barack Obama. Certaines de ces nominations devront être ratifiées par le Sénat, après l'entrée en fonction de la nouvelle administration, le 20 janvier 2009.

  • Vice-président: Joe Biden
  • Secrétaire d'État: Hillary Clinton
  • Secrétaire à la Défense: Robert Gates
  • Secrétaire à la Sécurité intérieure: Janet Napolitano
  • Procureur général: Eric Holder
  • Secrétaire au Trésor: Timothy Geithner
  • Secrétaire au Commerce: Bill Richardson
  • Secrétaire des Anciens combattants: le général Eric Shinseki
  • Directeur du Budget à la Maison-Blanche: Peter Orszag
  • Conseiller à la sécurité nationale: le général James Jones
  • Ambassadeur aux Nations unies: Susan Rice
  • Directeur du Conseil économique national: Lawrence Summers
  • Conseiller pour la reconstruction économique: Paul Volcker
  • Conseillère économique: Christina Romer
  • Directrice du Conseil de politique intérieure: Melody Barnes
  • Secrétaire général de la Maison-Blanche: Rahm Emanuel
  • Principal conseiller: David Axelrod
  • Porte-parole de la Maison-Blanche: Robert Gibbs
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