La tenue prochaine des Jeux olympiques en Chine a été utilisée comme prétexte par le gouvernement pour intensifier la répression contre les opposants au régime et les défenseurs des droits de l'homme, selon un rapport d'Amnistie internationale présenté lundi, à Hong Kong.
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Photo: AFP/Andrew Ross Mark Allison, d'Amnistie Internationale |
« La répression contre les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et les avocats s'est renforcée en raison de l'organisation des jeux Olympiques à Pékin (...) À moins d'un changement radical de la part des autorités, l'héritage des Jeux olympiques ne sera pas positif pour les droits de l'homme en Chine », prévient Amnistie internationale dans son rapport.
L'organisme craint par ailleurs que la détention ou les sentences de plusieurs de ces personnes arrêtées, particulièrement les opposants au régime, les signataires de pétitions ou les militants des droits de l'homme, ne soient prolongées au-delà des Jeux.
Ceux qui ne sont pas détenus sont quant à eux surveillés de près par le régime. Par exemple, depuis juin, les militants et les signataires de pétitions de Shanghai doivent se rendre à la police chaque semaine et ne pas quitter la ville sans autorisation ou se rendre à Pékin durant les Jeux.
Or il n'y a pas que ceux qui s'opposent à la dictature communiste qui sont victimes de répression, les sans-abris, les mendiants et les toxicomanes figurent aussi parmi les « indésirables » que les autorités chinoises ont expulsés des rues de Pékin pour la tenue des Jeux.
Selon Amnistie internationale, ces personnes sont soumises à des désintoxications obligatoires, des séjours de rééducation par le travail ou encore à des détentions administratives.
Dans son rapport, Amnistie internationale se dit également fort préoccupée par le nombre d'exécutions et la peine de mort qui s'applique à plus d'une soixantaine de crimes en Chine.
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Photo: AFP/Aris Messinis Le président du comité d'organisation olympique chinois, Liu Qi |
L'organisme de défense des droits de l'homme s'inquiète aussi de la surveillance et de la pression qu'exerce la dictature communiste sur les médias. Selon des statistiques compilées par le Club de la presse étrangère, citée par Amnistie internationale dans son rapport, le régime chinois aurait entravé à au moins 230 reprises le travail des journalistes en 2008.
Amnistie conclue par conséquent, à dix jours des Jeux olympiques de Pékin, que le gouvernement chinois n'a pas honoré les promesses qu'il avait faites pour obtenir les Jeux.
« En continuant à persécuter et sanctionner ceux qui font entendre leur voix en faveur des droits de la personne, les autorités chinoises dérogent aux promesses faites lorsque leur candidature a été retenue pour accueillir les Jeux olympiques il y a sept ans », a déclaré lundi, à Hong Kong, la directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d'Amnistie internationale, Roseann Rife.

La réponse de Pékin:
Le gouvernement chinois a rejeté mardi les conclusions d'Amnistie internationale qui l'accuse d'avoir utilisé la venue des Jeux olympiques en Chine comme prétexte pour intensifier la répression contre les opposants au régime.
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Photo: AFP/Mark RALSTON L'appareil policier est omniprésent en Chine. |
Piqué par le dépôt d'un rapport peu flatteur à son endroit en matière de répression et de respect des droits de l'homme, Pékin accuse Amnistie internationale de manquer d'objectivité dans son analyse de la situation.
« Ceux qui connaissent la Chine ne pourront être d'accord avec ce rapport sur la détérioration des droits de l'homme dans le pays », a déclaré mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinoises, Liu Jianchio.
« Nous espérons qu'Amnistie internationale pourra enlever les lunettes teintées qu'elle porte depuis de nombreuses années pour voir enfin la Chine de manière objective », a ajouté Liu Jianchio.
La Société chinoise d'étude des droits de l'homme, un organisme rattaché à la dictature communiste, s'est aussi élevée contre le portrait qu'a fait Amnistie internationale de la Chine. « Nous savons qu'il y a des problèmes, mais nous travaillons à les résoudre et la situation des droits de l'homme se porte de mieux en mieux », a renchéri Xiong Lei, porte-parole de l'organisme dans une entrevue accordée à la BBC.
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