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#2 - Renseignements et menaces :

par AL de Bx 30 Octobre 2012, 18:43 Info - Défense -Stratégie...

 

 

  • L'Azawad : sauver les populations avant la guerre

  • La drogue dédouanée en tant que poudre de lait 165

    kg de cocaïne pure saisis à Alger

  • La crise économique contraint la marine espagnole à

    désarmer la moitié de sa flotte

  • "Non, les drones ne sont pas des robots

    déshumanisés"

 

 

THEME 6 - 1 : L'Azawad : sauver les populations

avant la guerre

Source, journal ou site Internet : Le matin DZ

Date : 30 octobre 2012
Auteur : Mohand Bakir

Le tapage qui entoure la situation au nord-Mali, appelé l'Azawad par sa population, entretient une totale confusion.


Attaquer les narco-islamistes est une chose, protéger la population est une autre.


La France bat les tambours d’une guerre qu’elle ne fera pas. Tête de pont d’un interventionnisme militaire dont elle peine à définir un concept opérationnel qui serait recevable par les instances internationales. L’Algérie, chantre d’une solution politique sans perspectives. Elle leste obstinément sa démarche d’un dialogue insistant avec un ancien partenaire qui a tourné le dos aux siens et s’est définitivement converti au wahhabisme. Les États-Unis d’Amérique, en faux arbitres, entendent engranger des dividendes, quelles que soient les évolutions de la situation. Partisans de la guerre et du dialogue, ils laissent faire en attendant l’épilogue. Sans s’impliquer directement, ils ne s’excluent pas pour autant. Des États de la Cédéao qui ambitionnent un rôle hors de leur portée. Leurs 3000 hommes doivent à la fois "sécuriser la transition" et partir à la "reconquête" du Nord. À Bamako les différents centres de pouvoirs éclatés, concurrents et rivaux, font semblant de s’entendre. Ils n’ont qu’un accord, faire le dos rond le temps que puisse s’établir le fait accomplit de l’intervention dans l’Azawad. Le vice-secrétaire général de l’ONU recadre les ambitions sans démasquer les prétentions ni départager les options. Il appelle à s’abstenir "d'exacerber les tensions existantes ni d'aggraver une situation humanitaire déjà précaire". Le MNLA, rejoint par des élus touaregs de Tamanrasset, se prononce contre toute ingérence dans l’Azawad. Il préserve les populations civiles par son refus de combattre dans les villes ; mais risque, par son refus de l’intervention internationale, de se retrouver dans la même tranchée que les islamistes. La situation semble inextricable ! Sauf que peut-être il suffirait d’aborder l’écheveau par le bon bout ? La priorité des priorités doit être de déjouer les plans du GSPC et de ses acolytes – Iyad Ag Ghali y compris -. Les islamistes incrustés dans les villes de l’Azawad ne sont qu’une poignée. Leur force tient dans la tactique qu’ils déploient. Enkystés dans les villes, ils font des populations leur meilleur rempart : un bouclier humain. Le fait n’échappe à personne, et les faux semblants sur cette question rendent toutes les positions suspectes. Les militaires comparent le désert à la mer. Alors, comparons Kidal, Tombouctou et Gao à des paquebots qui seraient tombés entre les mains de pirates. La comparaison est utile parce qu’elle montre l’inanité qu’il y a à laisser ces navires se ravitailler de la manière la plus ordinaire. L’enjeu dans une prise d’otage est toujours de retourner la situation en défaveur des ravisseurs. Elle est ensuite d’imposer la négociation afin de soustraire les captifs sans céder aux exigences des kidnappeurs. Or, depuis des mois, ces villes prisons continuent d’avoir les rapports "normaux" avec le reste du monde ! Ce seul fait montre que les projections d’opérations de "reconquête du Nord" ou de "dialogue politique" ne sont que des balivernes ! S’il existe une réelle volonté de faire de l’Azawad le tombeau du GSPC et de ses compères la démarche est à l’évidence d’encourager les populations à quitter les villes investies par les islamistes. Cela suppose la création de structures conséquentes pour assurer l’accueil des populations soustraites aux villes. De la sorte, l’aide aux populations cessera d’alimenter des villes prisons qui ne peuvent connaitre une vie normale. C’est la mise en place, le financement et la gestion de ce volet humanitaire qui devrait accaparer l’attention de la communauté internationale. De sa bonne conduite dépendront l’engagement et le sort du volet militaire. Sans opération humanitaire, toute intervention dans l’Azawad sera un sauvetage et un renforcement des groupes islamistes.


THEME 6 - 2 : La drogue dédouanée en tant que poudre de lait 165 kg de cocaïne pure saisis à Alger

Source, journal ou site Internet : El Watan

Date : 30 octobre 2012
Auteur : Salima Tlemçani

Cette affaire de cocaïne prouve que l’Algérie devient de plus en plus une destination des drogues notamment depuis les événements qui secouent les pays du Sahel. Les services de la Gendarmerie nationale d’Alger ont réalisé une saisie de 160 kg de cocaïne pure. Cette drogue était dissimulée dans un conteneur transportant du lait en poudre, importé de Nouvelle-Zélande par l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL). Elle était en attente de livraison au port sec de Baraki, à Alger, après avoir subi toutes les formalités et contrôles douaniers. Depuis une semaine c’est le branle-bas de combat au port d’Alger. Dans l’un des conteneurs de lait en poudre déchargés au port d’Alger par un navire cargo battant pavillon étranger, 165 kg de cocaïne pure étaient dissimulés. Selon des sources sûres, ce sont les services de la Gendarmerie nationale qui ont découvert le pot aux roses suite à des informations fournies par des citoyens. Selon les premiers éléments de l’enquête, la marchandise, en l’occurrence le lait, est passée par le couloir vert qui permet aux opérateurs – dans ce cas, l’ONIL – de bénéficier de toutes les facilités en matière de procédures douanières et d’éviter toute attente au port. Celles-ci n’excluent nullement le contrôle physique et documentaire douanier, d’autant plus qu’il s’agit d’un produit alimentaire de large consommation. Nos sources affirment que les conteneurs ont été chargés en Nouvelle-Zélande il y a près d’un mois.

 

Le navire s’est dirigé par la suite vers la côte latino-américaine où il est resté en rade durant une dizaine de jours durant lesquels, la cocaïne a été transbordée. De là, le bateau a pris la direction de la Méditerranée en traversant le détroit de Gibraltar. Nos interlocuteurs le soupçonnent d’avoir fait escale en Espagne avant de rejoindre le port d’Alger. Des détours qui auraient donné du fil à retordre aux services étrangers qui le pistaient et ne s’attendaient certainement pas à ce qu’il accoste à Alger.

 

Pourquoi s’est-il arrêté en Espagne ? Est-ce pour charger ou décharger la drogue ? Ce qui est certain, c’est que la cocaïne était dissimulée dans des sachets identique à ceux contenant le lait en poudre. Ce qui est surprenant et extrêmement grave, c’est que les services des Douanes et de la police n’ont rien vu passer, laissant penser que les trafiquants auraient bénéficié d’une large complicité au niveau de l’enceinte portuaire et parmi tous les intervenants. Nos sources affirment que la descente des gendarmes a eu lieu alors que la marchandise avait fait l’objet de tous les contrôles et formalités nécessaires. Elle est passée par au moins deux scanners appartenant aux services de police et des Douanes.


Les ports secs, plaque tournante du trafic de drogue

Visiblement, nous sommes face à une organisation internationale de narcotrafiquants dont les ramifications et les complicités se trouvent dans de nombreux pays, y compris l’Algérie. La cocaïne saisie est de la pure poudre qui, une fois mélangée à des additifs, augmentera de dix fois son poids et de ce fait générera aux barons, selon nos sources, un bénéfice net de plus de 30 milliards de dinars (3000 milliards de centimes). De quoi «acheter» toutes les complicités possibles à tous les niveaux de responsabilité. En tout état de cause, cette affaire n’est qu’au stade de l’enquête préliminaire. Déjà de nombreuses personnes, dont des douaniers, policiers, agents manutentionnaires, cadres de l’ONIL, transporteurs, sont entendues par les services de la Gendarmerie nationale, lesquels travaillent en étroite collaboration avec Interpol. Etrange, cette affaire ressemble à celle qu’a connue le port d’Alger en mai 2009, lorsqu’une quantité de 5 tonnes de cannabis, sur le point d’être exportée vers Marseille (France) avait été saisie par la Gendarmerie nationale au port sec de Rouiba, à Alger. Son propriétaire un certain Ahmed Yousfi Saïd, dit Saïd l’émigré, natif de Ouezra (Médéa) qui était en fuite au Maroc.

 

Evadé d’une prison française en 2002 et condamné par contumace à 15 années de réclusion criminelle pour banditisme, Ahmed Yousfi était rentré en Algérie pour devenir, en six ans seulement, un des barons de la drogue. La découverte des 5 tonnes de cannabis a été rendue possible grâce à la vigilance d’un manutentionnaire du port sec de Rouiba qui, au moment des manœuvres, s’est rendu compte que les conteneurs pesaient très lourd alors qu’ils étaient censés être vides. La drogue était dissimulée dans les parois des conteneurs et a échappé au contrôle des services des Douanes et de police. Force est de constater que ces dernières années, les quantités de drogues, notamment dures, connaissent une hausse inquiétante. L’Office national de lutte contre les drogues (ONLD) estime, dans une étude, que comparativement aux six premiers mois de 2011, durant le premier semestre de l’année en cours, le trafic de cocaïne a augmenté de 790%, celui de l’héroïne de 330% et que 80% des quantités de cocaïne et d’héroïne saisies étaient destinées à l’exportation, étant donné que l’Algérie reste un pays de transit et non pas de consommation de drogues dures. En tout état de cause, cette affaire de cocaïne prouve que l’Algérie devient de plus en plus une destination des drogues notamment depuis les événements qui secouent les pays du Sahel, connus pour être les routes habituelles des cargaisons de cocaïne latino-américaine, débarquées par bateaux entre autres dans les ports guinéens.


THEME 6 - 3 : La crise économique contraint la marine espagnole à désarmer la moitié de sa flotte

Source, journal ou site Internet : ABC (Espagne)

Date : 30 octobre 2012
 


La crise économique qui sévit actuellement en Espagne, n’épargne rien, pas même la marine : celle-ci a dû réduire le nombre de ses sous-marins opérationnels à seulement deux, c’est à dire la moitié de sa flotte. En juin dernier, le Siroco est entré en grand carénage. Le budget de l’an prochain ne prévoit celui que devrait subir sous le Tramontana. Un grand carénage de ce type de sous-marin coute environ 30 millions €. Ainsi, l’Espagne n’aura plus que 2 sous-marins opérationnels : le Galerna et le Tramontana. Tous 2 sont âgés d’environ 27 ans. La marine espagnole attend avec impatience ses nouveaux sous-marins, les S-80, actuellement en construction. Le premier d’entre eux pourrait être mis en service en 2016, époque à laquelle l’un des 2 sous-marins actuels, le Galerna. La situation actuelle de la flotte sous-marine contraste avec celle d’il y a seulement une dizaine d’années : à cette époque, elle était composée de 8 sous-marins, 4 de la classe Agosta et 4 de la classe Daphné. Ces derniers ont été désarmés entre 2003 et 2006. Et la situation à venir ne s’annonce pas mieux. En effet, il est tout à fait possible que la livraison des S-80 n’ait pas lieu à temps. « Si il y a des retards dans la livraison du S-81, compte-tenu de la complexité de la construction, il est possible qu’il ne soit opérationnel qu’après 2016. Les forces sous-marines seraient alors réduites à un seul sous-marin, » a déclaré le commandant de la flottille de sous-marins, le capitaine de vaisseau Carlos Martínez-Merello


THEME 6 - 4 : "Non, les drones ne sont pas des robots déshumanisés"

Source, journal ou site Internet : Marianne 2

Date : 29 octobre 2012
Auteur : Jean-Dominique Merchet

Une tribune libre du lieutenant-colonel Christophe Fontaine, commandant en second de l'escadron de drones 1/33 Belfort.

Nous accueillons avec plaisir une contribution d'un officier de l'armée de l'air sur les questions, politiques et morales, posées par l'emploi des drones. Le Lcl Fontaine a le mérite de savoir de quoi il parle puisqu'il est commandant en second de l'escadron qui met en oeuvre les drones Harfang (non-armés) de l'armée de l'air. "Au Yémen, les drones américains aident Al-Qaida" affirmait le Monde dans un article du16 septembre, dans lequel le journaliste faisait le lien entre la colère et la douleur des familles suite à la mort de 46 habitants innocents, les drones et Al-Qaida. L'auteur entretient ainsi le mythe de l'existence d'engins tueurs, qui, sans aucune forme de procès, larguent leurs munitions en dehors de tout cadre légal, et ce, en violation du droit de la guerre. Dans un article sur Saint-Exupéry du "Magazine littéraire", un autre compare « l’avion de guerre piloté par un cerveau, par des nerfs, par un cœur d’homme» et les «drones dirigés anonymement sur l’ennemi par l ‘actuelle technologie, chirurgicale jusque dans ses bavures ». Rien n'est pourtant plus éloigné de la vérité. L'enjeu n'est pas ici de minimiser les dégâts collatéraux qui ponctuent l'action de certaines frappes conduites par les frappes de drones MALE (Moyenne altitude, longue endurance) américains.

 

Mais les drones font-ils plus de dégâts collatéraux que les frappes aériennes ? Plus que les tirs d'armements terrestre ou naval ? Non, certainement pas.


Le drone présente d’ailleurs plusieurs avantages par rapport à d'autres systèmes d'arme. Les hommes restent aux commandes tout au long de la durée du processus. Ils transmettent en temps réel la vidéo de leur action de surveillance d'abord, et de tir ensuite. L'action d'un drone qui délivre son armement est en fait très proche de celle d'un tireur d'élite. Il observe la cible et son environnement, et, une fois qu'il a la cible bien en vue, et qu'il dispose de l'autorisation des autorités politico-judiciaires, il délivre le feu précis et limité. Un drone offre en effet la possibilité d'agir sur toute la phase qui consiste à détecter, localiser, identifier, poursuivre, traiter et évaluer les résultats de l'action létale réalisée sur une cible. Cette dernière est identifiée comme telle par un long processus où interviennent de multiples acteurs dont le décideur politique. Il s'agit toujours de respecter les principes fondamentaux du droit de la guerre, notamment la légalité et proportionnalité. Même réalisée par un drone, une frappe répond toujours à cette exigence juridique, sinon éthique. Les drones MALE ne sont donc que des outils modernes à disposition des forces armées. Dans le cas des américains, ils sont mis en œuvre dans le cadre d’une politique qui vise à remplir une exigence régalienne fondamentale de l’Etat : protéger ses citoyens contre toute les menaces dont le terrorisme. La guerre menée à partir de drones ou à partir du canon d'un fusil, tue. Et, parfois, des civils innocents sont les victimes collatérales de ces actions de coercition. Mais ce ne sont jamais des actes délibérés, réalisés de manière robotisée, parce ce que conduits au moyen de drones. Car derrière ces objets volants au look bizarre, il y a toujours des hommes. Et ces derniers agissent dans un cadre juridique précis. Les valeurs morales liées à leur formation les prémunissent contre des agissements déshumanisés. Quant à l'affirmation que le terrorisme se nourrit de ces actions d'assassinat ciblées, oui, c'est peut-être vrai. Mais avant tout, c'est la politique et les hommes qui tuent, et non les drones. Et chacun de se battre, dans cet affrontement des volontés, avec ses armes. Les uns ont des bombes improvisées et frappent au hasard, les autres, des drones MALE armés qui réalisent des frappes ciblées. Qui est le plus inhumain dans ce combat ? Le fanatique ou l’équipage du drone ? Pas sür que la réponse soit celle communément admise.

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