L'optimisme de JF.REVEL(institut) sur le long terme d'Alternative Libérale !

Publié le par Alain Genestine

Les libéraux l'ont assez dit et répété, y compris moi même sur ce blog: aucun des programmes des candidats, majeurs ou mineurs, n'est libéral. Chacun d'entre eux se propose d'accroître le poids des dépenses de l'état dans de nombreux domaines, et propose de nouvelles réglementations qui réduiront encore le champ des libertés économiques et sociétales des individus.

Puisque la loi électorale nous a privés au premier tour du seul candidat doté d'un programme authentiquement libéral et cohérent - quand bien même son ralliement à François Bayrou a laissé dubitatif plus d'un adhérent de son jeune parti ! - il reste deux options: l'abstention, qui ne sert à rien, et le vote pour le moins mauvais des candidats en présence.

Et là, il n'y a pas photo: Nicolas Sarkozy l'emporte très nettement sur sa concurrente du second tour.

Tout d'abord, son programme, analysé par contribuables associés sous le prisme du fort libéral « guide du candidat » édité par l'ALEPS, y glane un score moins pitoyable que celui de son adversaire: 58 points sur 180, contre... 4/180 pour la présidente du conseil régional de Poitou-Charente.

Mais là n'est pas l'essentiel. Il est une constante qui se vérifie à chaque élection: les programmes ne sont là que pour faire voter ceux qui y croient. Une fois élus, tant Mitterrand que Chirac s'en sont partiellement détournés, tant ils savaient leurs promesses irréalistes et impossibles à mettre en oeuvre. La question est donc de savoir qui, de Sarkozy ou de Royal, est plus susceptible de remiser au placard les recettes les plus interventionnistes et ringardes de sa feuille de route, et de promulguer un « minimum vital libéral » dont la France a désespérément besoin pour sortir de la spirale du déclin qui est la sienne, à défaut de redevenir une nation dont l'influence mondiale ne doive pas qu'à son seul pouvoir de nuisance.

Même si, en privé, certains éléphants du PS admettent (paraît-il) que le parti doit intégrer la nécessité de laisser les entreprises et les individus produire des richesses avant d'envisager de les partager, force est de constater que ce point de vue est très minoritaire rue de Solférino. Michel Rocard est trop âgé pour défendre la modernisation du parti. Des personnalités comme Jean Marie Bockel ou Pascal Lamy, qui ont compris que le socialisme français devait, comme ses alter ego anglais, espagnol, suédois, s'accommoder de la liberté économique pour constituer une voie de gouvernement possible, sont ultra-marginalisées face à des Mélenchon, Emanuelli, Montebourg, Aubry, Lienemann, Attali et consorts. Ces personnes, tout en ne crachant pas sur le train de vie que la politique à la française leur permet de mener, n'ont de cesse que de stigmatiser le « capitalisme », le « grand méchant marché » et la vile « recherche du profit » comme source de tous les maux de notre société.

Visiblement, c'est ce courant qui a prévalu lorsqu'il s'est agi de rédiger le programme incroyablement consternant de la candidate du PS. La nécessité pour Ségolène Royal de draguer cette partie du PS et l'extrême gauche pour espérer battre Nicolas Sarkozy l'obligera encore à gauchir son discours, même si elle y inclura quelques ouvertures en totale incohérence avec le reste de son discours, notamment vers les petites entreprises, pour tenter de ratisser l'électorat de F. Bayrou, absolument vital pour elle au vu des forces en présence. Voilà qui ne laissera guère espérer un virage à la Blair après le 6 mai. D'autant plus que Blair, Zapatero ou Michelle Bachelet ont inscrit la réforme de leur socialisme dans la continuité de réformes difficiles et parfois très impopulaires menées par des prédécesseurs authentiquement libéraux. Pas sûr qu'un PS arrivant au pouvoir sans que ce "sale boulot" n'ait été auparavant entrepris puisse s'y atteler.

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Rien ne garantit que Nicolas Sarkozy conservera de son programme les quelques gemmes semi-libérales qui y sont perdues au milieu d'un potage conservateur et interventionniste. Notamment, on peut être certains que sur les questions non économiques telles que l'immigration, les drogues, la prostitution, les évolutions du droit, la sécurité, Nicolas Sarkozy, dans la continuité de ses prestations au gouvernement, sera porté sur des solutions plus coercitives. De ce point de vue, les libéraux doivent se préparer à se battre pour faire tomber les barrières qui empêchent la société civile de se dresser comme contrepoids aux dérives prévisibles d'un état plus policier et moins policé... En contrepartie, on peut espérer enfin une vraie fermeté judiciaire contre les minorités de gangsters des banlieues dont les exactions jettent l'opprobre sur une majorité d'immigrants honnêtes qui de ce fait voient aujourd'hui leur intégration économique dans la société rendue très difficile.

De même faut il s'attendre à ce que notre protection sociale ne soit réformée qu'en surface, Xavier Bertrand et François Fillon, principaux conseillers du candidat de l'UMP en la matière, n'ayant pas les épaules et la hauteur de vue nécessaires pour remettre en cause des bastilles comme le monopole de l'assurance maladie ou les retraites à prestation définies et par répartition, qu'ils ont défendues par le passé. Voilà qui est assurément regrettable, mais il n'y a rien de mieux à attendre du PS français de ce point de vue.

Si l'attelage que tire Nicolas Sarkozy est majoritairement très conservateur et en phase avec sa vision d'un pouvoir exécutif trop fort à mon goût, il n'en inclut par moins une base libérale minoritaire mais intéressante, constituée par le groupe parmementaire des réformateurs de Hervé Novelli. Si celui ci n'a rien d'un tribun, il est en revanche animé d'une vision de la société fort cohérente libéralement parlant, pas très éloigéne de celle d'Edouard Fillias, et sait en faire partager une large part à son groupe parlementaire. De même, le conseiller économique de Nicolas Sarkozy est Christian Blanc, dont la profession de foi lorsqu'il dirigeait les réseaux de "l'ami public" semblait se résumer à la formule suivante: "promouvons des politiques économiques libérales sans jamais employer le mot libéralisme". Voilà qui est mieux que rien.

La stratégie des libéraux doit à mon sens être maintenant de travailler de concert avec ces réseaux libéraux proches de Nicolas Sarkozy pour tenter d'en accroître l'influence.

 

Cela n'a rien d'incompatible, selon moi, avec la poursuite de tentatives visant à développer un véritable parti politique libéral fort en France, que ce soit Alternative Libérale ou un autre, porteur d'une vraie vision pour une société de libertés. Tôt ou tard, cette force sera en mesure d'infléchir bien plus que maintenant le cours d'une vie politique française trop marquée par l'attente de solutions venant de l'état. Mais cette démarche est nécessairement axée sur le long terme. Les problèmes que rencontrent nos compatriotes doivent commencer à trouver des solutions demain.

Voila pourquoi, dans la continuité de mon vote "sans enthousiasme" du premier tour, je voterai sans hésitation pour Nicolas Sarkozy au second.

Publié dans Politique

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