Guerre du "pétrole". Géopolitique en mer Caspienne

Publié le par AL de Bx

La mer Caspienne est apparue au cours de la dernière décennie comme l’une des zones du globe les plus prometteuses en terme d’investissements et de développement pétroliers. Cette mer intérieure, fortement enclavée est le centre d’une très forte concurrence internationale tant pour le développement des gisements offshore que pour la maîtrise des voies d’accès à ces nouvelles ressources.

Située au sud du Caucase et au nord de l'Iran, la Caspienne, qui est la plus grande mer fermée du monde avec une superficie d’environ 374 000 km2, occupe une dépression de 1 000 km de long dans laquelle se déversent de grands fleuves comme la Volga et l'Oural.
Elle dispose de ressources offshore en hydrocarbures qui, selon les dernières estimations, la situeraient derrière le Golfe persique et à égalité avec la mer du Nord, et est également réputée comme la principale zone de production mondiale de caviar. Jusqu’en 1991, l’URSS et l’Iran détenaient la majeure partie de ces richesses. Depuis la disparition de l’Union soviétique, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan prétendent à une part des ressources énergétiques dont l’exploitation est confrontée à un double problème : le partage entre pays riverains, ce qui implique un nouveau statut de la mer Caspienne, et l’acheminement des hydrocarbures depuis une zone particulièrement enclavée, nécessitant de coûteuses infrastructures de transport. Malgré leur importance relative, les réserves en hydrocarbures de la mer Caspienne pourraient contribuer à répondre à la croissance des besoins mondiaux en énergie dans les dix ans à venir.

Guerre du "pétrole". Géopolitique en mer Caspienne

Mer ou lac ? L’évolution des positions des pays riverains sur le partage de la Caspienne au cours de la dernière décennie montre l’importance relative de son statut car, bien qu’à ce jour aucun accord n’ait été conclu entre les cinq pays riverains –Russie, Iran, Azerbaïdjan, Kazakhstan et Turkménistan-, son exploitation est déjà bien entamée. Cependant les compagnies pétrolières ont intérêt à ce que la Caspienne soit dotée d’un statut. L’existence d’un régime juridique est préférable pour le développement des gisements de la Caspienne, pour l’acheminement des hydrocarbures par voie de surface ou la construction de gazoducs et oléoducs passant par le fond de la mer.
Par ailleurs, des gisements sont situés dans des zones contestées par plusieurs pays riverains comme celui d’Alov revendiqués par l’Azerbaïdjan, l’Iran et le Turkménistan, ou ceux de Chirag et Kiapaz, par l’Azerbaïdjan et le Turkménistan.

Jusqu'en 1991, date de la fin de l’Union soviétique, la Caspienne était contrôlée par deux Etats riverains, l'URSS et, pour une portion plus limitée, l'Iran. La base juridique du statut de la mer Caspienne était définie par le traité soviéto-iranien de 1921 qui autorisait les Iraniens à posséder leur propre flotte et à naviguer sous leur pavillon, et faisait de la Caspienne une mer exploitée en commun et à égalité par les deux riverains, l'URSS et l'Iran. Le traité soviéto-iranien de 1940 confirmait cet accord en définissant la Caspienne comme "une mer soviétique et iranienne". L’éclatement de l’URSS avec l'apparition de trois nouveaux Etats riverains l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan, a bouleversé la donne dans cette région.

Mer ou lac ?

Le statut juridique de la Caspienne est un grave sujet de discorde entre les pays riverains, sur la question de savoir s’il s’agit d’une mer ou d’un lac. En effet, en droit international, l'utilisation des ressources d'un lac ne peut se décider qu'à l'unanimité des pays riverains, alors que chaque Etat riverain se voit attribuer des zones dont il est libre d’exploiter les ressources à sa convenance dans le cas d’une mer. De plus, s’il s’agit d’un lac, les richesses offshore sont réparties en cinq parts égales, alors que s’il s’agit d’une mer les eaux territoriales ne dépassent pas 12 miles soit un peu plus de 22 km.
Depuis 1991, les pays concernés militent pour le statut correspondant le mieux à leurs intérêts du moment qui évoluent avec la localisation de nouveaux gisements.

La position russe

La Russie a longtemps pris parti pour "l’option lac", considérant que "la mer Caspienne, qui n’est pas reliée naturellement à l’océan mondial, est une mer fermée. Les normes du droit maritime international touchant en particulier la mer territoriale, la zone économique exclusive et le plateau continental ne lui sont donc pas applicables." (document de l’Assemblée générale des Nations unies, 1994).
Moscou s’appuyait également sur l'existence des traités antérieurs à 1991 pour défendre le principe d'une exploitation commune de la Caspienne, à l’exception des eaux territoriales. Elle se référait également à l’acte fondateur de la CEI, la déclaration d'Almaty de décembre 1991 par laquelle "les pays membres de la CEI garantissent ... le respect des engagements internationaux pris par l'ex-URSS" pour invoquer le respect du statut hérité des accords soviéto-iraniens jusqu'à ce qu'un nouvel accord soit signé par les cinq parties concernées ou qu'un régime de coopération soit instauré.
La Russie proposait en conséquence la création d’un condominium instaurant l’exploitation égale et commune de toutes les ressources de la Caspienne.
Cette proposition était relayée par l’Iran qui possède ainsi que l’Azerbaïdjan une moindre longueur de côte (1 146 km), [Azerbaïdjan 825 km; Kazakhstan 2 320 km; Russie 1 460 km, Turkménistan 1 200 km] et dont les réserves en hydrocarbures paraissent les plus réduites. Cependant les deux pays reconnaissent une zone d’eaux territoriales de 45 miles pour chacun des Etats riverains, soit davantage que les 12 miles prévus par le droit international quand il s’agit d’une mer.

Azerbaïdjan, Kazakhstan

Ces deux nouveaux riverains de la Caspienne s'opposent à cette proposition. Ils défendent la thèse selon laquelle la Caspienne est une mer fermée à laquelle s’applique le droit international de la mer réglementé par la Convention des Nations unies de 1982, et revendiquent comme leur appartenant les fonds de la Caspienne tels qu’ils avaient été délimités en 1970 par le Ministère soviétique du pétrole, donnant au découpage le nom de «division de principe».

Evolution de la position russe

La position des pays riverains sur le statut de la Caspienne évolue toutefois avec la localisation des nouveaux champs d’hydrocarbures.
Ainsi la Russie, qui soutenait la thèse selon laquelle la Caspienne était un lac, va changer de position avec la découverte de réserves d’hydrocarbures au large de ses côtes.
Le 6 juillet 1998 elle signe un accord bilatéral avec le Kazakhstan, puis le 9 janvier 2001 avec l’Azerbaïdjan sur une division de la Caspienne selon une ligne médiane. En 2002, elle signe deux autres accords avec ces pays sur l’exploitation de plusieurs champs offshore mitoyens. Par ces textes, la Russie avalise la partition de facto des réserves de la Caspienne et s’aligne sur la position du Kazakhstan et de l’Azerbaïdjan. Le 14 mai 2003, elle pérennise sa position en signant un accord tripartite avec eux sur le partage des richesses du nord de la Caspienne en fonction de la longueur des côtes respectives, ce qui donne une part de 18 % à l’Azerbaïdjan, 19 % à la Russie et 27 % au Kazakhstan.
L’Iran et le Turkménistan s’opposent à cette partition de fait et vont contester à l’Azerbaïdjan ses droits sur plusieurs zones offshore.

L’Iran

Pour l’Iran, le régime juridique est bien celui d’un lac, précisé par les traités de 1921 et 1940. Le contentieux frontalier porte notamment sur le champ d’Alov dont les droits d’exploitation ont été concédés en août 1998 par l’Azerbaïdjan à un consortium international dirigé par BP. En juillet 2001, Téhéran fait arraisonner par un navire de guerre deux bâteaux d’exploration pétrolière de ce consortium, estimant qu’ils se trouvaient dans ses eaux territoriales, cet incident ayant pour conséquence de suspendre sine die les prospections engagées par la compagnie britannique.

Le Turkménistan

Nouvel Etat riverain de la Caspienne comme l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan, il mène depuis 1991 une politique autonome et a une position moins tranchée. Il s’est d’abord aligné sur le point de vue des nouveaux Etats indépendants, pour finir par s’accorder avec l’Iran et la Russie le 12 novembre 1996 sur un statut de la Caspienne reconnaissant aux pays riverains une zone d’eaux territoriales de 45 miles où chacun disposerait de droits exclusifs sur les hydrocarbures, le reste de la Caspienne étant territoire commun.
A l’instar de l’Iran, le Turkménistan conteste à l’Azerbaïdjan ses zones de prospections offshore, notamment gazières autour du champ de Chirag.
Aujourd’hui, avec le ralliement de la Russie à la position du Kazakhstan et de l’Azerbaïdjan, l’Iran et le Turkménistan sont en minorité pour défendre la partition de la Caspienne en parts égales.

L’autre sujet de discorde entre les pays riverains réside dans la réglementation à adopter pour le passage des oléoducs au fond de la mer. Ainsi, si la Russie s’accorde, depuis mai 2003 avec l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan sur un partage de la Caspienne selon une ligne médiane, elle soutient cependant que l’accord des cinq est indispensable pour le passage des oléoducs sous-marins alors que l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan estiment que l’accord du seul pays traversé par les tubes est nécessaire. La conséquence de ces divergences est que les pays riverains continuent à développer leur flotte de guerre.

Une mer riche, un écosystème fragile

Plateforme de forage en mer Caspienne

Plateforme de forage en mer Caspienne.

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Les spéculations sur les richesses de la Caspienne ont été très abondantes ces dernières années et si les pays producteurs ont tendance à surévaluer leurs réserves afin d’attirer les capitaux étrangers, il arrive également que certains pays investisseurs, comme les Etats-Unis, surestiment les réserves de la Caspienne afin de justifier leur intérêt stratégique pour la zone.

La région posséderait entre 2 % et 6 % des réserves mondiales de pétrole et entre 6 % et 10 % des réserves de gaz. Ces ressources en hydrocarbures la situeraient derrière la Russie et le Golfe persique et juste devant la mer du Nord.

En décembre 2004, une étude du Département américain de l’énergie, estimait que les réserves en pétrole se situaient entre 17 milliards de barils, soit équivalentes à celles du Qatar, et 33 milliards, soit celles des Etats-Unis. Selon cette même étude, les réserves de gaz sont estimées à 6 630 milliards de m3 soit équivalentes à celles de l’Arabie saoudite. Si les réserves onshore d’Asie centrale ont été exploitées pendant la période soviétique, en revanche les réserves offshore, elles, sont restées quasiment inexplorées à l’exception de Bakou. La priorité étant accordée à celles de Sibérie, dont l’exploitation paraissait plus rapide et moins coûteuse. Malgré leur importance relative, les réserves en hydrocarbures de la mer Caspienne pourraient contribuer à répondre à la croissance des besoins mondiaux en énergie.

Esturgeon capturé à l’embouchure de la Volga

Esturgeon capturé à l’embouchure de la Volga.

Photo : Hans-Jurgen Burkard / Bilderberg © Caviar Emptor

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Ainsi la demande pétrolière mondiale qui est susceptible d’augmenter de 2,2 % par an pourrait passer de 75 millions de barils/jour en 1999 à 119 millions de barils/jour en 2020. Ce qui équivaut à la production annuelle de la zone.

La mise en valeur de ces richesses nécessite toutefois la prise en compte d’un environnement fragile dû à la situation d’enclavement de cette mer et à sa faible profondeur, afin de sauvegarder la production de caviar, autre source de richesse pour les pays riverains qui en sont les premiers producteurs mondiaux.

Les ressources pétrolières

En 2003, la production des pays de la Caspienne (exceptés l’Iran et la Russie qui ne produisent pas encore en offshore) s’élevait à 1,5-1,7 million de barils par jour. En 2010, elle devrait se situer entre 2,4 et 5,9 millions de barils par jour. Sont principalement concernés les pays du nord de la Caspienne : le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan. Avec une consommation faible, ils exportent une grande partie de leur pétrole. 

A savoir : 1 tonne = 7,3 barils 1 baril/jour = 50 tonnes/an

Kazakhstan

Plateforme de forage

Plateforme de forage

© Ambassade du Kazakhstan

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Production

 En 2004 : 51 millions de tonnes (environ 1 million de barils par jour), soit 12 % de plus qu’en 2003, prévisions : 58 millions de tonnes en 2005 et 150 millions en 2015.

Réserves

17,84 milliards de barils de réserves prouvées et entre 30 et 50 milliards de barils de réserves possibles. Ces pronostics particulièrement optimistes sont ceux du ministre kazakh de l’énergie et des ressources minérales, Victor Chkolnik, lors d’une conférence à Londres en juillet 2002, suite à la découverte du gisement de Kachagan, en grande partie encore inexploré.

Localisation

Pour un tiers au bord de la Caspienne, dans la région d’Atirau, à l'ouest du pays. 75 gisements avec des réserves exploitables d’environ 2 milliards de tonnes (14,6 milliards de barils), dont celui de Tenguiz, de Korolevskoé et de Kenbaï.
Tenguiz
Exploité par le consortium TenguizChevrOil (TCO) regroupant autour de la société nationale majoritaire (51%), la compagnie américaine Chevron (40%) Lukoil et Gazprom pour la Russie.
En 2004, il a produit 290 000 barils/jour soit 30% de la production totale du pays. Estimations entre 6 et 9 milliards de barils.
Karachaganak
Exploité par le consortium Karachaganak Integrated Organization (KIO) comprenant principalement British Gas et ENI (Italie). La production est de 210 000 barils /jour en 2004 et devrait atteindre 500 000 barils/jour d’ici 2010. Réserves estimées à 9 milliards de barils.
Kurmangazy
Ce gisement dont l’exploration à commencé en 2003, a été reconnu comme appartenant au Kazakhstan en 2002 (accord avec la Russie en mai 2002 sur trois champs frontaliers, Kurmangazy, Tsentralnoe et Kvalinskoe). Il contiendrait entre 5 et 7 milliards de barils et est exploité conjointement par la société russe Gazprom/Rosneft et la société nationale kazakh, Kazmunaigaz, pour un investissement total de 2,1 milliards de dollars.
Kachagan
Situé au large d’Atyrau, le gisement a été découvert en 2000, à la suite d’une campagne d’exploitation conduite à partir de 1993 par OKIOC (Offshore Kazakhstan International Operating Company), consortium de neuf grandes compagnies occidentales. Il s’agit vraisemblablement du plus important gisement découvert depuis trente ans. Les réserves se situeraient dans une fourchette comprise entre 5 et 10 milliards de tonnes (entre 36,5 et 73 milliards de barils).
Pour exploiter Kachagan, la compagnie italienne Agip dirige un consortium (British Gas, Exxon Mobil, Shell, TotalFinaElf et Impex) qui prévoit d’investir 30 milliards de dollars sur les quinze années à venir.

Azerbaïdjan

Vue de la mer Caspienne depuis la vieille ville de Bakou

Vue de la mer Caspienne depuis la vieille ville de Bakou.

© David Chamberlain

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Production
90% en offshore. 320 000 barils par jour en 2004. Prévisions : 600 0000 barils/jour en 2006, 1,3 million en 2009, et 2 millions en 2020.
L’Azerbaïdjan est un des plus anciens centres de production. Les premiers puits ont été forés en 1871. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, Bakou était le principal centre producteur de l’Union soviétique. Après l’indépendance, le pays a signé une vingtaine d’accords avec des sociétés étrangères, dont le premier et le plus important fut celui passé en 1994 avec le consortium AIOC dirigé par la compagnie BP (British Petroleum) portant sur l’exploitation des gisements d’Azeri, Chirag et Güneshli, bien qu’un contentieux territorial oppose depuis l’indépendance l’Azerbaïdjan au Turkménistan sur ces champs pétrolifères.

Localisation et réserves

Les réserves prouvées s’élevaient fin 2003 à 7 milliards de barils soit 0,6% des réserves prouvées mondiales, le champ pétrolier offshore d’Azeri-Chirag-Guneshli (ACG) renfermant à lui seul 5,4 milliards de barils.

Russie

La Russie est le deuxième producteur mondial de pétrole. Ses réserves sont estimées à 6,7 milliards de tonnes (49 milliards de barils), soit 4,7% des réserves mondiales connues. La majeure partie des réserves se trouve en Sibérie occidentale et seulement 5% dans la Caspienne, ce qui explique que les réserves de la Caspienne n’ont pas été mises en valeur du temps de l’Union soviétique, vu l’importance des réserves dont disposait déjà le pays et les difficultés technologiques liées à l’exploitation sous-marine. Ainsi, ce n’est qu’en 1995 que la société russe Lukoil a commencé à explorer le nord de la Caspienne ce qui a permis la découverte de cinq importants gisements pétroliers dont Kvalinskoe et Tsentralnoe à la frontière avec le Kazakhstan.

Localisation

Kvalinskoe
Situé à 260 km d’Astrakhan, de part et d’autre de la frontière avec le Kazakhstan, les réserves de ce gisement sont estimées à 3 milliards de barils. Il est exploité conjointement et à part égale par la firme russe Lukoil et le Kazakhstan.
Tsentralnoe
D’après le ministre de l’énergie russe, le gisement renfermerait 36 millions de tonnes de pétrole (263 millions de baril) et 322 milliards de m3 de gaz et devrait être productif en 2007. Son exploitation a été confiée en juillet 2003 à une entreprise mixte comprenant Lukoil et Gazprom pour la Russie et la société nationale kazakh KazmunaiGaz.

Iran

Membre de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), l’Iran occupe la 5ème place mondiale. Sa production était de 3,57 millions de barils/jour en 2002.
Réserves de brut estimées à 17,2 milliards de tonnes (125,6 milliards de barils) soit 10 % des réserves mondiales prouvées de pétrole, dont 90% onshore.
Il aura fallu attendre septembre 2004 pour que le pays lance une campagne d’exploration offshore dans sa zone, qui doit prendre effet à la fin 2005.

Turkménistan

La production est passée de 4 millions de tonnes en 1996 (80 000 barils par jour) à 10 millions de tonnes (200 000 barils par jour) en 2004. Turkmenneft, la société nationale, détient environ 91% de la production, Turkmengaz, la société nationale de gaz, 2% et les sociétés étrangères 7%. Les objectifs de production sont de 28 millions de tonnes en 2005, 48 millions de tonnes en 2010 et 100 en 2020.
Rappelons que le Turkménistan conteste toujours à l’Azerbaïdjan son droit de souveraineté sur les gisements d’ Azeri, Chirag et Kiapaz (Khazar, Osman et Serdar en turkmène).

Ressources gazières

La région de la mer Caspienne contiendrait entre 6 % et 10 % des réserves mondiales de gaz naturel.

Au sein de la région, les Républiques du Turkménistan, du Kazakhstan et depuis peu de l’Azerbaïdjan avec la découverte en 1999 de Shah Deniz, détiennent de grandes quantités de réserves prouvées et figureraient ainsi parmi les vingt pays disposant des plus importantes réserves de gaz naturel au monde.

Turkménistan

Production
Le Turkménistan est le pays de la Caspienne qui détient le plus important potentiel en gaz naturel : il arrive en dixième position du classement mondial. C’est aussi celui dont la production a le plus souffert de la chute de l’Union soviétique. De premier producteur de gaz d’Asie centrale avant 1991, après l’indépendance le Turkménistan devient un concurrent pour Gazprom, la compagnie nationale russe, qui lui ferme l’accès à ses gazoducs. Faute de débouchés pour l'exportation, la production du pays chute alors dramatiquement passant d’environ 100 milliards de m3/an en 1992 à 12 milliards en 1998. Depuis, grâce aux contrats iraniens, russes et ukrainiens, elle est remontée pour atteindre 58,6 milliards m3 en 2003.
Les objectifs du pays sont ambitieux : 85 milliards en 2005, 120 milliards en 2010 et 240 milliards en 2020, alors que la consommation interne de gaz n'atteint que 11 à 12 milliards de m3/an, ce qui laisse la part belle aux exportations.

Les réserves
Les réserves identifiées sont estimées à 3 500 milliards de m3. Mais elles pourraient s’avérer plus importantes (les autorités avancent 21 000 milliards de m3) et sont concentrées à l'est du pays.
Les gisements les plus riches sont situés dans le bassin de l’Amou-Daria, notamment Dauletabad-Donmez, contenant vraisemblablement la moitié des réserves du pays.
Du gaz à condensat a été découvert en offshore en quantités exploitables sur les parties occidentale et orientale du gisement marin de Mahtumkuli.

Kazakhstan

Production
En août 2001, il adopte un plan de développement du secteur gazier ayant pour ambition de quintupler la production d’ici 2015. Suite à l’accord de coopération signé le 1er mars 2002 avec la Russie, l’Ouzbékistan et le Turkménistan, le pays table sur un accroissement de la production qui passerait de 10 milliards de m3 en 2002 à 45-50 milliards de m3 en 2015.

Réserves
Le Kazakhstan occupe la 15ème place mondiale en terme de réserves de gaz (2 300 milliards de m3).

Localisation
La région de Mangistau, entre les rives méridionales de la Caspienne et la mer d'Aral recense 66 gisements totalisant 170 milliards de m3 de réserve de gaz et 5,6 millions de tonnes de condensat. Les plus connus sont ceux d'Ouzen (découvert à la fin des années cinquante), de North Buzachi, de Kalamkas, Karajambas. La société Mangistaumounaigaz (rattachée au groupe kazakhstanais BSB) en est le principal exploitant.

Karachaganak
Situé au nord-ouest du Kazakhstan, le gisement est exploité par un consortium, lKarachaganak Integrated Organisation (KIO), composé de British Gaz (32,5%), Agip (32,5%), Chevron Texaco (20%) et Lukoil (15%). Les réserves sont estimées à 1,35 milliard de m3, c’est la principale structure en cours d'exploitation.

Azerbaïdjan

Production
5,1 milliards de m3 en 2004, dont 50% pour le seul gisement de Gunashli, avec une demande intérieure de 10 milliards de m3 environ. Le pays doit donc importer 4,9 milliards de m3/an principalement d’Ouzbékistan et de Russie. Le doublement de la production devrait être atteint vers 2007 avec la mise en activité du gisement de Shah Deniz.

Localisation
Shah Deniz
Ce gisement offshore se situe à 60 miles au sud-est de Bakou. Son exploitation a été confiée en 1996 à un consortium regroupant des firmes étrangères et azerbaïdjanaise (Socar). En juillet 1999, les géologues qui s’attendaient à trouver du pétrole ont découvert un champ géant de gaz naturel, contenant entre 700 et 1 000 milliards de m3. Il s’agit de la plus importante découverte de gaz de ces vingt dernières années. Selon BP (British Petroleum), opérateur principal du projet, ce champ serait équivalent à celui de la mer du Nord et représenterait 0,5% des réserves mondiales. La première étape de l’exploitation du gisement a été lancée en février 2003 pour un coût de 3 milliards de dollars. La production devrait commencer à l’automne 2006. Il recèle un potentiel de plus de 20 milliards de m3 par an, correspondant à la moitié des besoins de la France.

Iran

Il possède la deuxième réserve de gaz naturel du monde avec 26 500 milliards de m3 soit 15% des réserves mondiales dont seulement 0,4% se situerait dans la Caspienne.
Avec une production en 2004 de 75 milliards de m3, il se place au 6ème rang mondial.

Russie

Elle détient les plus grandes réserves de gaz naturel au monde avec 47 000 milliards de m3 soit le tiers des réserves mondiales et est le premier producteur avec 616 milliards de m3 mais cette production ne comprend pas le gaz de la Caspienne.
Elle a commencé en juillet 2003 à développer avec le Kazakhstan le gisement de Tsentralnoe qui devrait être productif en 2007 et renfermerait, outre du pétrole, 322 milliards de m3 de gaz.

Environnement, pêche, caviar :les contraintes d’exploitation

La mer Caspienne est un lieu d’exploitation contraignant, à la fois par les fluctuations de son niveau, par sa faible profondeur qui la transforme par endroit en banquise plusieurs mois par an, et par un écosystème fragile qu’il faut protéger car source d’une autre richesse, le caviar.

Fluctuations du niveau de la mer

Après avoir baissé depuis les années 30 jusqu’en 1978, le niveau de la mer est remonté de plus de deux mètres, inondant des millions d’hectares et menaçant les installations portuaires et industrielles. Depuis 1995, le niveau se serait stabilisé et baisserait même de 25 cm par an, selon des relevés par satellite. On a émis l’hypothèse que la cause en serait les variations du débit de la Volga qui fournit à la Caspienne 80 % de son volume d’eau.

Pollution

Si le phénomène de la pollution pétrolière de la mer Caspienne ne date pas de ces vingt dernières années, l’augmentation du trafic contribue à renforcer les risques de pollution massive. Un seul puit rejette dans la mer au cours de son exploitation entre 30 à 120 tonnes de pétrole soit 10 % de sa production. A cela viennent s’ajouter les déchets de toutes sortes et principalement chimiques que drainent les fleuves qui s’y jettent et tout particulièrement la Volga. Selon certaines sources, la pollution engendrée par les eaux usées rejetées par l’industrie lourde représenterait 65 % de la contamination de la Caspienne.

Pêche et caviar

Recolte de caviar

En vingt ans, la pollution et le braconnage ont eu pour conséquence une baisse de 90 % des esturgeons dans la Caspienne, passés de 142 millions à 12 millions, selon la CITES, Convention des Nations unies sur le commerce international des espèces menacées.
Après la chute de l’Union soviétique, l’activité dérivant de la pêche a beaucoup diminué sur les bords de la Caspienne, notamment en Azerbaïdjan suite à la fermeture de nombreuses conserveries. La pêche illégale et le commerce d’esturgeon et du caviar permettent de survivre à des dizaines de milliers de gens dans des villes littorales de la Caspienne.
Si le prix «légal» du caviar à Londres est de 2 000 dollars le kilo et peut atteindre jusqu'à 4 000 dollars dans les magasins de luxe, les prix sont beaucoup moins élevés sur place. Un kilo de caviar vaut 100 dollars au marché noir de Neftchala, le double à Bakou, la capitale, et le triple dans les magasins de luxe.
Pour lutter contre la pollution industrielle, la pêche incontrôlée de l'esturgeon pour son caviar, la surexploitation des ressources marines et la destruction de la diversité biologique de la région, les cinq pays ont coordonné leurs efforts et en novembre 2003, à Téhéran, ils ont signé une Convention-cadre pour protéger l’environnement de la mer Caspienne, premier texte fédérateur des cinq pays.

Une mer enclavée : géostratégie et transport

Carte des oléoducs et gazoducs de la mer Caspienne

Trois catégories d’acteurs sont concernés par l’acheminement du pétrole et du gaz : les producteurs, les pays traversés et les clients. Du fait de l’enclavement de la région, les oléoducs et gazoducs doivent traverser au moins un autre pays que celui de la zone de production.

Les pays producteurs sont contraints de faire appel à des investisseurs étrangers qui vont peser sur le tracé des voies. Enfin, le prix de revient du transport est à mettre en relation avec le prix de vente du pétrole et du gaz : plus celui-ci sera élevé, plus les projets, même les plus démesurés, trouveront leur justification. Vu la demande croissante des pays industrialisés et émergents en hydrocarbures, le facteur coût pourra être minimisé par rapport au besoin vital en énergie de pays qui connaissent actuellement un boom économique. Ainsi, les projets pharaoniques reliant l’Extrême-Orient aux zones de production deviennent aujourd’hui une réalité, sachant que dans les dix à quinze prochaines années la demande asiatique et notamment chinoise va augmenter de 10 millions de barils /jour alors que celle de l’Europe n’augmentera que d’un million de barils /jour.

Enfin, les conditions d’évacuation des hydrocarbures de la Caspienne sont au cœur des rivalités entre les pays qui s’intéressent à la zone car ceux qui auront la maîtrise des voies d’acheminement pèseront sur les centres de production et sur leurs débouchés.

Une région géostratégique

L'influence américaine

Construction du BTC à travers les montagnes turques à 2500 m d’altitude. Octobre 2004

Construction du BTC à travers les montagnes turques à 2500 m d’altitude. Octobre 2004

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Au lendemain de l’indépendance des Républiques d’Asie centrale et du Caucase et à la suite de la première guerre du Golfe, les Etats-Unis affichent l’ambition d’étendre leur influence dans les nouveaux pays bordant la mer Caspienne, afin de les désenclaver en les détachant de l’influence exclusive de la Russie et de celle potentielle de l’Iran, et en apportant sur le marché une nouvelle source d’approvisionnement en hydrocarbures.
Ce projet vient contrecarrer les efforts de la Russie pour se maintenir politiquement et économiquement dans le nord du Caucase et en Asie centrale, «son étranger proche». Une bataille d’influence entre les deux grands, intitulée «le nouveau grand jeu» en référence aux manoeuvres diplomatico-militaires opposant la Russie tsariste à la Grande-Bretagne pour le contrôle de l’Asie centrale au 19e siècle, va alors commencer, avec pour but principal le contrôle des ressources de la Caspienne. Les Etats-Unis privilégient officiellement des routes multiples pour les pipelines à partir des zones de production de l’Azerbaïdjan, du Kazakhstan et du Turkménistan, en favorisant les projets de désenclavement suivant un axe est-ouest, évitant à la fois le territoire russe et celui de l’Iran, bien que la voie par le Sud et les terminaux pétroliers du Golfe persique soit la plus économique.
Deux projets iraniens sont toujours à l’étude pour relier le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan à l’Iran, mais ces tracés font l'objet d'un veto américain lié à l’Iran-Lybia Sanctions Act (1996) [.pdf, 140 Ko] reconduit par le Congrès en 2001, qui sanctionne les compagnies étrangères effectuant des investissements supérieurs à 40 millions de dollars dans ces pays.
Quant aux projets impliquant le Turkménistan et l’Afghanistan, comme l’oléoduc reliant le Kazakhstan au Pakistan (CAOPP) et le gazoduc reliant le Turkménistan depuis Dauletabad à Multan au Pakistan, d’une longueur de 1 640 km (avec une extension possible vers l’Inde), ils sont dépendants de la sécurisation de la zone liée à l’évolution politique interne en Afghanistan.

Le poids de la Russie

En 2005, une grande partie du pétrole de la Caspienne vendu sur les marchés internationaux transite par la Russie à travers une importante architecture d’oléoducs aboutissant au port de Novorossisk, sur la mer Noire. Le problème de ce débouché est que le passage des superpétroliers à travers le détroit du Bosphore et les Dardanelles ne peut se faire que de jour et prend plusieurs heures. De plus, l’augmentation du trafic des tankers par cette voie navigable comporte un risque important pour l’environnement en cas d’accident. La Turquie craint pour son industrie touristique principalement centrée sur la côte de la mer Égée. Pour ces raisons, elle a favorisé le projet de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) dont le terminal aboutit directement sur la Méditerranée. Cet itinéraire a été soutenu par le gouvernement américain puisqu’il permet à la fois de désengorger les détroits, d’éviter l’Iran et de réduire l’influence russe dans la région.

Un enjeu pour l'Europe

Les vastes ressources en gaz et en pétrole de la Caspienne sont importantes pour la prospérité et la sécurité énergétique de l’Europe.
Dès 1995, le programme INOGATE financé par l’Union européenne dans le cadre du programme TACIS, a eu pour but de permettre à l'UE d'accéder à de nouvelles sources d'énergie notamment en Russie et dans le bassin de la mer Caspienne. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, constate, dans une résolution d’avril 2003 que «la région de la mer Caspienne occupe une place de plus en plus centrale pour la sécurité énergétique et la prospérité européennes».
L’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) permettra à l’Azerbaïdjan de renforcer ses liens avec l’Europe via la Turquie et d’améliorer la coopération régionale avec Tbilissi et Ankara. En juin 2004, l’Union européenne a intégré l’Azerbaïdjan, ainsi que ses deux voisins du sud Caucase, dans la nouvelle Politique de voisinage définie après l’élargissement de 2004.

La Turquie et la Géorgie: deux pays clés pour le transit

Pour que la production et l'exploitation des hydrocarbures de la mer Caspienne soient à terme commercialement rentables, la Turquie et la Géorgie jouent un rôle stratégique de premier plan.
La Turquie, située au carrefour de l'Europe et de l'Asie, est un pays clé dans la région. Non seulement elle est le seul lien terrestre de la mer Caspienne avec l'Europe qui permette d’éviter de traverser le territoire russe, mais elle est candidate à l'adhésion à l'Union européenne, membre de l'OTAN et proche alliée des Etats-Unis.
Quant à la Géorgie, si elle ne dispose pas de ressources énergétiques significatives sur son territoire, elle est un pays de transit offrant un important couloir vers l'Ouest pour acheminer les exportations énergétiques de la Caspienne vers la mer Noire, et de là vers l'Europe en évitant la Russie.
Les ports géorgiens de Soupsa et de Batoumi font concurrence au port russe de Novorossisk pour les exportations de pétrole par la mer Noire. De plus, étant donné les pressions de la Turquie pour éviter tout trafic maritime excessif par le Bosphore, ces deux ports permettent d’acheminer l'énergie exportée jusqu'aux terminaux occidentaux de Bourgas (Bulgarie) sur la mer Noire, puis jusqu'à Alexandropoulis (Grèce) et/ou Vlore (Albanie), à Constantza (Roumanie) ou à Odessa (Ukraine) pour irriguer ensuite l’Europe via le pipeline Odessa-Brody. Des études de faisabilité sont en cours pour déterminer des voies financièrement viables.
Avec la mise en activité du BTC fin 2005, la Turquie et la Géorgie toucheront d’importants subsides pour le transit du pétrole (entre 60 et 100 millions de dollars pour la Géorgie et de 200 à 300 millions pour la Turquie).

La place grandissante de la Chine

Pour satisfaire ses besoins croissants en hydrocarbures, la Chine doit diversifier ses sources d'approvisionnement. En 2004, elle a été en effet le deuxième importateur mondial de pétrole après les Etats-Unis, et en 2030 sa consommation pétrolière équivaudrait à la production de l'OPEP.
Un accord bilatéral sino-kazakh de 1997 lance la construction d'un oléoduc de 6 000 km devant fournir à la Chine 20 millions de tonnes de brut par an (400 000 barils/jour), mais en attendant sa mise en service un système de troc a été établi entre l'Iran et le Kazakhstan pour fournir la Chine en pétrole iranien. Les infrastructures nécessaires à l'essor économique de la Chine et au renforcement de sa position stratégique en Asie de l'Est lui permettront de contrôler le transit d’une partie des hydrocarbures vers le marché japonais. Ainsi, l'Asie centrale, confortée par la montée en puissance économique et stratégique de la Chine, devient incontournable dans le paysage industriel chinois.

Oléoducs en activité

Jusqu’à l’inauguration de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyan (BTC) en mai 2005, la Russie exerçait un quasi-monopole (plus de 80 % des oléoducs existants) sur l’évacuation du pétrole de la Caspienne.
Trois oléoducs relient actuellement la mer Caspienne à la mer Noire en passant, l’un par la Géorgie, et les deux autres par la Russie.

D’Azerbaïdjan en Russie : l’oléoduc Bakou-Makhatchkala (Daghestan)–Novorossisk

Le plus ancien, en activité depuis octobre 1997. Comme il s’agit d’une réhabilitation, son coût est relativement modeste (50 millions de dollars). Initialement, il passait par le territoire tchétchène. En 2002, la Russie l'a détourné afin d’éviter la zone de conflit et de mettre fin à des années de pompage illégal servant à financer la résistance tchétchène.

Du Kazakhstan en Russie : Caspian Pipeline consortium (CPC)

Transporte le pétrole du champ kazakh de Tenguiz à Novorossisk, port russe sur la mer Noire.
Il a été mis en activité en novembre 2001. Long de 1 580 kilomètres, il a nécessité 4,2 milliards de dollars d’investissements dont la moitié a été assurée par deux firmes américaines ChevronTexaco et ExxonMobil. Sa capacité de transit initiale était de 560 000 barils/jour et devrait être de 1,34 million de barils en 2015.

D’Azerbaïdjan en Géorgie : l’oléoduc Bakou-Soupsa

Premier oléoduc indépendant du réseau russe reliant Bakou au port géorgien de Soupsa. D’une longueur de 833 km, d’une capacité de 145 000 barils/jour, il a été mis en activité en avril 1999, et a coûté au consortium AIOC (Azerbaïdjan International Operating Company) 560 millions de dollars. Sa capacité est limitée car les tankers quittant Soupsa doivent emprunter les détroits du Bosphore et des Dardanelles où le trafic est si dense que la Turquie restreint le transit.

D’Azerbaïdjan en Turquie : Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC)

Jonction du BTC au port de Ceyhan (Turquie) sur la Méditerranée

Jonction du BTC au port de Ceyhan (Turquie) sur la Méditerranée.

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Inauguré le 25 mai 2005, sa mise en activité est prévue fin 2005. Long de 1 765 km, il traverse l’Azerbaïdjan et la Géorgie pour aboutir au port méditerranéen de Ceyhan, en Turquie.
La construction de cet oléoduc initiée il y a onze ans, a été lancée en octobre 2001 par un consortium regroupant dix sociétés -Socar (Azerbaïdjan), Amerada Hess, ConocoPhilips, ENI (Italie), Inpex, Itochu, Statoil, TPAO, Total et Unocal- autour de British Petroleum, détenteur de 30% des parts et responsable de la conception et de la réalisation du projet qui a coûté près de 4 milliards de dollars. Sa capacité de 550 000 barils/jour à l’ouverture doublera en 2010. Le Kazakhstan, qui devra s’équiper en supertankers d’une capacité de 50 à 60 mille tonnes pour évacuer le brut de Kashagan jusqu'à Bakou, envisage de s’y rattacher et d’y faire passer de 5 à 10 millions de tonnes par an à partir de 2008. La construction du BTC a été soutenue par l’Union européenne, Bruxelles cherchant en effet à diversifier ses approvisionnements, et par les Etats-Unis.

Gazoducs et oléoducs en construction

D’Azerbaïdjan en Turquie, le «double corridor»Bakou-Tbilissi-Erzerum

Construction d’un nouveau terminal maritime

Construction d’un nouveau terminal maritime.

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La construction de ce gazoduc, long de 690 km (442 km en Azerbaïdjan et 248 en Géorgie), d’un coût de 900 millions de dollars a débuté fin 2004.
Ce conduit suivra le trajet du BTC pour relier le champ de Shah Deniz (Azerbaïdjan) à Erzerum (Turquie). Le «double corridor énergétique» participe aussi du rapprochement de la région Caspienne avec l’Union européenne, qui s’accélère sensiblement avec l’inclusion du Sud-Caucase en juin 2004 dans la Politique de nouveau voisinage définie par l’Union européenne, et l’ouverture prévue des négociations relatives à l’entrée de la Turquie dans l’Europe.

Voie vers la Chine

La construction d’un oléoduc transportant le pétrole de l’ouest du Kazakhstan vers le nord-ouest de la Chine (Xinjiang), longtemps repoussée en raison de sa non-rentabilité, va se concrétiser. D’une longueur totale de 6 000 km et 3 000 km jusqu’à la frontière chinoise, le West China-West Kazakhstan Oil Pipeline devrait transporter 20 millions de brut par an (400 000 barils/jour). Le projet allie la réhabilitation de tronçons existants au Kazakhstan et la construction de nouveaux tronçons au Kazakhstan et entre le Kazakhstan et la Chine.
La partie reliant Atirau et Kenkiyak au Kazakhstan (449 km), première phase du projet, est entrée en service en 2003.
D’après un accord signé le 17 mai 2004 entre les deux pays, une section de 988 km reliera le terminal ferroviaire d’Atasu dans la région de Karaganda (centre du Kazakhstan) à la frontière chinoise à proximité du terminal ferroviaire de Druzhba-Alashankou. La construction de ce tronçon est estimée à 700 millions de dollars. Sa réalisation a été confiée à une entreprise mixte kazakho-chinoise. La construction, débutée à l’été 2004, devrait s’achever en 2006.

Avant 1991

13 février 1729

Premier traité, conclu entre l’empire russe et la Perse, portant sur la liberté de commercer et de naviguer sur la mer Caspienne.

12 octobre 1813

Traité de Gulistan entre la Russie et la Perse, consacrant la liberté de navigation de celle-ci à des fins commerciales mais réservant à la seule Russie le droit de faire naviguer sa flotte de guerre.

22 février 1828

Traité de Turkmantchaï signé entre la Russie et la Perse par lequel la Russie impériale concède un droit de navigation aux bateaux marchands perses.

26 février 1921

Traité d’amitié russo-persan, abrogeant les anciens traités «inégaux» et restaurant l’entière liberté de navigation sur toute la mer et le droit à une marine nationale.

1926

Traité soviéto-persan qui met fin aux conditions imposées par la Russie impériale, autorise les Iraniens à posséder leur propre flotte et à naviguer sous leur propre pavillon, et fait de la mer Caspienne une mer exploitée en commun et à égalité par les deux pays.

27 août 1935

Traité de commerce et de navigation entre l’Iran et l’URSS, interdisant toute navigation tant commerciale que militaire sur la mer Caspienne aux pays tiers.

25 mars 1940

Traité soviéto-iranien de commerce et de navigation remplaçant celui du 27 août 1935 et confirmant celui de 1926. Ce traité définit la Caspienne comme «une mer soviétique et iranienne» et confère à chacun des deux pays une zone exclusive de pêche de 10 kilomètres. Il ne mentionne pas davantage que celui de 1921 la souveraineté du sous-sol marin.

10 décembre 1982

Convention des Nations unies sur le droit de la mer dite Convention de Montego-Bay (Jamaïque), établissant «un ordre juridique pour les mers et les océans». Selon cette Convention, les Etats sont censés avoir la liberté de construire des pipelines sous-marins. Cependant, les droits des pays côtiers sont limités et peuvent entraîner l’imposition de conditions en matière d’environnement et de sécurité.

1991-2000

8 décembre 1991

Eclatement de l’URSS. Les pays riverains de la mer Caspienne sont désormais au nombre de cinq (Russie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Turkménistan et Iran), chacun revendiquant des droits dans le partage de la mer Caspienne.

21 décembre 1991

Déclaration d’Almaty créant la CEI (Communauté des Etats indépendants), par laquelle «les Etats membres de la CEI garantissent le respect des engagements internationaux pris par l’ex-URSS». Cette déclaration implique le respect du statut hérité des accords soviéto-iraniens de 1921 et 1940, autrement dit le partage de la mer Caspienne entre la Russie et l’Iran, jusqu’à ce qu’un accord soit signé par les cinq parties concernées ou qu’un régime de coopération soit instauré.

1992

Accord entre la firme Chevron et le Kazakhstan pour l’exploitation du gisement de Tenguiz, qui reconnaît au Kazakhstan la moitié des parts. En avril 1993, Chevron signe le premier joint-venture de la région pour ce gisement. ExxonMobil se joindra à Chevron en 1996.

Octobre 1992

Suite à une proposition iranienne, les cinq pays se mettent d’accord sur la formation de six commissions spécialisées notamment sur le statut de la Caspienne et l’environnement.

12 octobre 1992

Traité russo-azéri d’amitié, de coopération et de sécurité mutuelles.

Septembre 1994

Signature du «contrat du siècle» par l’Azerbaïdjan International Operating Company (AIOC), composée de la compagnie pétrolière nationale SOCAR et de dix multinationales. Ce contrat s’échelonne sur trente ans et concerne l’exploitation de gisements offshore dans un espace défini unilatéralement par l’Azerbaïdjan.

17 décembre 1994

Signature à Lisbonne du Traité sur la Charte de l’énergie qui a vocation à développer de nouvelles relations entre les principaux pays européens, la plupart des Etats indépendants de l'ancienne Union soviétique et d'Europe centrale et orientale, le Canada, les Etats-Unis et le Japon dans les domaines des investissements, du commerce et du transport des produits énergétiques. Basé sur les principes énoncés dans la Charte européenne de l'énergie signée le 17 décembre 1991, il est notamment destiné à répondre à l'enjeu du développement du potentiel énergétique des Etats indépendants de l'ancienne Union soviétique et des pays d'Europe de l'Est. Il est entré en vigueur en avril 1998.

Mars 1995

Une conférence des Etats de la Caspienne, réunie à Almaty(Kazakhstan) en l’absence du Turkménistan, met en évidence les différences de points de vue entre les pays. Quelques avancées dans les domaines de la navigation, de la pêche et de l’environnement.

Novembre 1995

Lancement à Bruxelles du Programme INOGATE (Interstate Oil and Gas Transport to Europe) programme multi-régional destiné à promouvoir la sécurité de l’approvisionnement en énergie pour l’Europe. Financé par l’Union européenne dans le cadre du programme TACIS, il a pour but de permettre à l'UE d'accéder à de nouvelles sources d'énergie notamment en Russie et dans le bassin de la mer Caspienne.

1996

Accord entre l’Azerbaïdjan et la Russie sur le transit du pétrole azerbaïdjanais par l’oléduc reliant la capitale Bakou au port russe de Novorossisk.

5 Août 1996

Adoption par le Congrès américain de l’Iran-Lybia Sanction Act reconduit le 27 mars 2001, pour cinq ans. Il prévoit des sanctions économiques à l’encontre des compagnies étrangères dont les investissements dans ces pays dépassent 40 millions de dollars par an. Il a été levé pour la Libye en avril 2004. ap

12 novembre 1996

Première réunion des ministres des affaires étrangères se déroulant à Achkhabad au Turkménistan et visant à définir le statut juridique de la mer Caspienne. La Russie, l’Iran et le Turkménistan acceptent le principe d’application de zones économiques exclusives dans une limite de 45 miles.

Décembre 1996

Accord signé entre la Russie et le Kazakhstan, qui prévoit la construction d’un nouvel oléoduc du champ pétrolier kazakh de Tenguiz au terminal russe de Novorossisk.

Janvier 1997

Désaccord entre l’Azerbaïdjan et le Turkménistan qui revendique la propriété d’un gisement de pétrole exploité conjointement par l’Azerbaïdjan et des compagnies pétrolières occidentales dans le cadre du «contrat du siècle». Deux bassins d’hydrocarbures d’importance majeure – Azeri et Chirag – se trouvant dans des eaux qui font l’objet de contestations, le Turkménistan réclame une part des bénéfices et sollicite une médiation internationale pour résoudre ce différend.

Janvier 1997

Accord décennal entre les cinq pays de la Caspienne sur des quotas de pêche.

27 février 1997

Déclaration commune du Kazakhstan et du Turkménistan, dans laquelle chacun reconnaît le droit de l’autre et celui de tous les pays riverains à développer les ressources minérales de ses fonds marins. Le Turkménistan déclare cependant que les fonds marins et les eaux de la mer Caspienne ne peuvent pas être partagés sur une base bilatérale.

27 juin 1997

Adoption par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe de la résolution 1131 relative au Traité sur la Charte européenne de l’énergie de 1994 pour l’acheminement en toute sécurité du gaz et du pétrole de la mer Caspienne jusqu’aux marchés européens.

5 juillet 1997

Accord entre la Russie et l’Azerbaïdjan signé à Moscou à propos des exportations de pétrole à partir de l’Azerbaïdjan. Protestation de l’Iran et du Turkménistan considérant que cet accord empiète sur leurs droits.

Février 1998

Accord entre la Russie et le Kazakhstan fixant la délimitation des fonds marins de leur secteur respectif, et le contrôle commun des surfaces de la mer. Cet accord reconnaît le droit du Kazakhstan à disposer des ressources de ses fonds marins. Ceci est une abrogation de fait des accords russo-persans, décidée unilatéralement par la Russie sans consulter l’Iran au préalable.

Mars 1998

Accord entre l’Azerbaïdjan et le Turkménistan sur la division des fonds marins de la Caspienne en secteurs nationaux. Mais ils ont des positions différentes sur la possession de champs de pétrole importants, tels que ceux de Chirag et de Kiapaz. La dispute de territoires s’intensifie lorsque le Turkménistan signe un accord avec un consortium international dirigé par la US Mobil Company, accord rejeté immédiatement par l’Azerbaïdjan.

6 juillet 1998

La Russie et le Kazakhstan signent une Déclaration d'amitié éternelle et d'unité orientée vers le XXIème siècle. Leur accord sur la délimitation des fonds marins de la partie septentrionale de la mer Caspienne prévoit un partage des zones offshore, alors que les eaux de la mer et leur exploitation resteront communes. En d'autres termes, la surface de la mer est à tous mais les fonds marins seront partagés par secteurs nationaux.

2000

Découverte du gisement de Kashagan par le consortium OKIOC (Offshore Kazakhstan International Operating Company), dont le capital est partagé entre neuf grandes compagnies occidentales. Il s’agit sans doute du plus important gisement découvert depuis les années 1970 qui fait du Kazakhstan le pays d’Asie centrale présentant les perspectives de développement les plus prometteuses.

Eté 2000

Début de construction du Blue Stream, gazoduc qui reliera la Russie à Ankara (Turquie) en passant sous la mer Noire.

2001-2007

Mars 2001

  • Accord de coopération signé à Moscou entre la Russie et l’Iran pour qu’aucune délimitation de la mer Caspienne ne soit reconnue sans un accord à cinq.
  • Inauguration du pipeline sous-marin initié en décembre 1996 entre le gisement kazakh de Tenguiz et le port russe de Novorossisk sur la mer Noire. Le Kazakhstan double ainsi ses capacités d’exportation et la Russie conforte sa main-mise sur la région.

23 juillet 2001

Un navire de guerre iranien et deux avions de chasse menacent un bateau de prospection pétrolière affrété par la multinationale British Petroleum en vertu d’un contrat avec l’Azerbaïdjan autour du site d’Alov-Sharg-Araz, dans une zone revendiquée par les deux pays.

29 novembre 2001

Accord entre l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan qui délimite les fonds marins de la mer Caspienne.

22 avril 2002

Accord bilatéral entre le Turkménistan et l’Iran sur le commerce et la coopération économique et accord de coopération entre le Turkménistan et la Russie.

23-24 avril 2002

1er sommet des cinq pays riverains de la mer Caspienne, à Achkhabad (Turkménistan), sur l’établissement d’un statut légal en vue du partage des ressources pétrolières et gazières de la Caspienne et sur la gestion commune de l’environnement et de l’eau dans la zone. Le sommet s’achève sans accord, la Russie, le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan privilégiant le principe d’un partage en fonction de la longueur des côtes, tandis que l’Iran défend l’idée d’un partage en cinq parts égales, le Turkménistan demeurant quant à lui plus hésitant. Les cinq pays s'engagent à poursuivre les négociations et "à ne pas utiliser la force".

Mai 2002

Signature d’un accord bilatéral russo-kazakh qui fixe une ligne médiane de démarcation modifiée du fonds marin dans la partie nord de la Caspienne entre les deux pays, avec pour conséquence que trois gisements d’hydrocarbures (Kurmangazy, Tsentralnoe et Khvalinskoe), qui s’étendent de part et d’autre de la ligne, seront exploités conjointement par les deux pays selon le principe de la parité.

18 septembre 2002

Début de construction de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, soutenu notamment par les Etats-Unis, dont le projet a été adopté en novembre 2000. Cet oléoduc doit relier Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, au port turc de Ceyhan, sur la Méditerranée, en passant par Tbilissi en Géorgie. Cela marque un premier pas vers la fin du quasi-monopole de la Russie sur le transport du brut de la Caspienne. Inauguré en mai 2005, il est entré en activité en mai 2006. 

23 septembre 2002

Signature à Moscou d’un accord bilatéral entre l’Azerbaïdjan et la Russie sur la frontière russo-azerbaïdjanaise en mer Caspienne, selon lequel les ressources naturelles des fonds marins seront réparties en s’appuyant sur les principes reconnus par le droit international et la pratique existant en mer Caspienne. L’Iran s’oppose immédiatement à cet accord qu’il juge non valable.

27 mars 2003

Accord bilatéral entre l’Iran et le Turkménistan à Achkhabad, par lequel les deux pays s’associent pour l’exploration et l’exploitation conjointes de gisements au sud de la mer Caspienne.

2 avril 2003

Adoption de la résolution 1324 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur le développement des ressources énergétiques dans la région de la mer Caspienne, qui constate que «la région de la mer Caspienne occupe une place de plus en plus centrale pour la sécurité énergétique et la prospérité européennes».

14 mai 2003

Accord trilatéral de partage des richesses du nord et du centre de la mer Caspienne entre la Russie, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan, qui couronne trois jours de négociations entre les cinq pays sur le statut de la mer Caspienne. L’accord prévoit un partage en fonction de la longueur des côtes respectives des trois signataires octroyant 27% pour le Kazakhstan, 19% pour la Russie, et 18% pour l’Azerbaïdjan. L’Iran, qui ne recevrait que 13%, s’y oppose et demande que le partage s’effectue à égalité entre les cinq pays, ce qui donnerait à chacun 20% des ressources. Le Turkménistan se range du côté iranien.

Septembre 2003

Signature entre le Kazakhstan et les Etats-Unis d’un plan d’action commune pour la sécurité en mer Caspienne pour les cinq prochaines années.

8 septembre 2003

Session du groupe de travail sur l’établissement d’une convention sur le statut légal de la mer Caspienne à Achkhabad au Turkménistan. La session finalise la deuxième lecture du projet de convention et présente des moyens de préserver les ressources de la mer.

3-4 novembre 2003

A Téhéran, adoption de la Convention-cadre sur la protection de l’environnement marin de la mer Caspienne premier accord multilatéral pour préserver l’environnement de la mer Caspienne durement touché par la pollution industrielle occasionnée notamment par les fuites d’hydrocarbures. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), qui parraine la rencontre, souligne que c’est le premier traité de cette nature.

17 mai 2004

Accord entre le Kazakhstan et la Chine sur la construction d’un oléoduc de 988 km reliant Atasu (ouest du Kazakhstan) à la frontière chinoise.

9-10 juin 2004

Session du groupe de travail sur la définition du statut légal de la mer Caspienne à Astana au Kazakhstan. Les cinq ne parviennent pas à harmoniser leurs positions à propos des pipelines, la Russie préconisant un accord à cinq pour déterminer par où passeraient les pipelines, alors que l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan considèrent que seul l'accord du pays traversé par le pipeline est nécessaire.

12 mai 2005

Le gouvernement russe approuve un programme de développement d’exploitation offshore de pétrole et du gaz en mer Baltique et dans la Caspienne, qui doit être finalisé fin 2005. Les objectifs de production fixés pour 2010 impliquent que soient investis de 70 à 110 milliards de dollars. La contribution de l’Etat russe étant inférieure à 2%, cette mise en œuvre est tributaire d’une participation massive des investisseurs étrangers.

25 mai 2005

Inauguration de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), qui devrait entrer en activité à la fin de l'année 2005, par les présidents d’Azerbaïdjan, de Géorgie et de Turquie, en présence du président kazakh, du secrétaire américain à l'énergie et du commissaire européen à l’énergie. La construction du BTC a été soutenue par les Etats-Unis et par l'Union européenne, Bruxelles cherchant à diversifier ses approvisionnements. Long de 1 765 km, il traverse l'Azerbaïdjan et la Géorgie pour aboutir au port méditerranéen de Ceyhan, en Turquie. Sa construction, initiée il y a onze ans, a été lancée en octobre 2001 par un consortium regroupant dix sociétés autour de British Petroleum, détenteur de 30% des parts et responsable de la conception et de la réalisation du projet qui a coûté près de 4 milliards de dollars. Sa capacité de 550 000 barils/jour à l'ouverture devrait doubler en 2010.

16 juin 2006

Les présidents kazakh Noursoultan Nazarbaïev et azerbaïdjanais Ilham Aliev signent un accord concrétisant la participation du Kazakhstan à l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC). Dans un premier temps, le Kazakhstan prévoit le transport d'environ 7,5 millions de tonnes de pétrole par an par des pétroliers du port d'Aktau (ouest du Kazakhstan) vers Bakou. A terme le Kazakhstan pourrait faire transiter par le BTC quelque 20 millions de tonnes annuelles. Pour le pays, il s'agit d'une troisième voie d'exportation pour ses hydrocarbures après celles reliant déjà le Kazakhstan à la Russie et à la Chine. 

13 juillet 2006

L'achèvement de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) est marqué par une cérémonie officielle, en présence des présidents turc, géorgien et azerbaïdjanais ainsi que de tous les représentants du consortium dirigé par BP (British Petroleum). En mai 2005, la construction de la station de pompage de Bakou avait marqué le lancement officiel de l'oléoduc, mais la mise en service du pipeline, prévue pour la fin 2005, n'est effective que depuis le 29 mai 2006.

12 mai 2007

Vladimir Poutine signe avec ses homologues turkmène et kazakhe un accord pour la restauration d'un gazoduc sur la côte caspienne afin de porter sa capacité à dix milliards de mètres cubes par an et pour la construction d’un second gazoduc afin d'accroître les exportations de gaz turkmène vers la Russie. Les deux gazoducs suivent la côte turkmène puis kazakhe pour arriver en Russie. Cet accord marque un succès pour Moscou, en concurrence avec un projet américain proposant un gazoduc traversant la Caspienne. Les trois présidents publient également une déclaration conjointe avec le président ouzbek Islam Karimov portant sur la reconstruction d'autres gazoducs existants et l'accroissement de leur capacité en Asie centrale.

14-15 octobre 2007

Lors du 2ème sommet des pays de la mer Caspienne à Téhéran, les chefs d’Etat des cinq pays riverains de la Caspienne - Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Turkménistan, Russie - tentent de trouver un accord sur leurs frontières maritimes. L'Iran et le Turkménistan sont opposés à une attribution des eaux en fonction de la longueur des côtes, qui les désavantagent, et optent pour un partage de la mer en cinq parties égales. L'Azerbaïdjan et le Kazakhstan, qui possèdent pour leur part de longues côtes, refusent cette option. Ce sommet est marqué par la présence en Iran du président russe Vladimir Poutine, 32 ans après celle de son prédécesseur, Léonid Brejnev, alors président de l'Union soviétique. La déclaration finale apporte un soutien implicite au programme nucléaire iranien et engage les participants à ne pas autoriser l'utilisation de leur territoire par un tiers, pour une agression contre l'un d'entre eux.

Guerre du "pétrole". Géopolitique en mer Caspienne
Guerre du "pétrole". Géopolitique en mer Caspienne

Géopolitique du pétrole en mer Caspienne. Plus d'infos: http://www.econologie.com/forums/

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Patrick RX 26/09/2014 21:20

dis moi où se trouve le pétrole , je te dirai où se fera la prochaine guerre

Cedric Meyer 26/09/2014 23:49

Sinon, y a le gaz et l uranium pour bien s entretuer aussi

Laurent Crouzet 26/09/2014 23:49

Le pétrole est de moins en moins important malgré tout...