Y aurait-il des intellectuels à droite, se refusent-ils de l'être ?

Publié le par AL de Bx

Sur le long terme, la réticence des conservateurs et des libéraux à réfléchir assure les beaux jours électoraux et gouvernementaux de la gauche.


 

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Bien que plus de la moitié des Français soit à droite, la droite modérée peine à traduire cet état de fait dans les urnes. D’aucuns invoquent la guerre des ego ou la montée des extrêmes. Mais on semble oublier ici l’importance de la solidité conceptuelle d’un courant politique pour garantir son succès. L’électeur indécis aura bien du mal à opter pour un parti dont il ne saurait comprendre ni résumer les principes.


Au contraire, la solidité conceptuelle de la gauche est indéniable, et du dîner en ville au Parlement, le discours de l’homme de gauche peut se référer à des arguments construits et diffusés depuis des générations, quand son compère de droite ne dispose pas d’un vaste corpus idéologique où puiser. La très faible dimension intellectuelle des programmes politiques de droite sera donc un lourd handicap à moyen terme.

 

 

Par Prof Kuing Yaman, Lucchini un intellectuel de droite ?Fabrice Luchini parle de la fiscalité, de la gauche, de François Hollande, de Depardieu etc.

- Lien 1) Dépense publique = 57% du PIB :
http://www.atlantico.fr/decryptage/et...

- Lien 2) Dépense publique = 57% du PIB (56,6%) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9p...

Vu sur Nouvelles de France (ndf.fr) :
http://www.ndf.fr/poing-de-vue/09-01-...

Crédit Vidéo :
C à Vous le 07/01/2013

 


Certes, les intellectuels de droite sont peu nombreux. La forte prééminence des intellectuels et universitaires de gauche depuis plus d’un siècle et la puissance du monde médiatique, majoritairement à gauche, expliquent l’existence d’une vie intellectuelle de gauche florissante. Un intellectuel de droite est un oxymore.


Mais pourquoi les intellectuels non spirituellement encartés montrent-ils tant de réticences à nourrir en idées les politiques de droite ? Peut-être y a-t-il une forme de mauvaise conscience chez certains intellectuels à se voir associés à la droite. Mais leur gêne ne tient-elle pas plutôt au peu de cas que la droite fait d’eux ? En effet, les hommes politiques de droite ne brillent pas, sauf exception, par leur intérêt pour la pensée ni pour ceux qui pensent, quand ils ne les méprisent pas tout bonnement. La dominance morale de la gauche serait donc la conséquence de la faiblesse intellectuelle de la droite, et non sa cause.

 

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Les raisons en sont multiples. Historiquement, l’homme de droite se méfie d’un groupe qui lui a toujours préféré la gauche. Philosophiquement, la droite fait plutôt l’éloge de l’action et du pragmatisme, qu’elle juge supérieurs à la contemplation, d’où un certain soupçon à l’égard des noeuds au cerveau et une tendance à vouloir “faire peuple”. Aujourd’hui encore, la droite pense que la figure de l’homme providentiel, qu’elle chérit tant, lui permet de faire l’économie de la pensée. À la rigueur, cet homme-là pourra invoquer quelques valeurs qui feront vibrer les foules et tiendront lieu de programme.


La difficulté à penser de la droite française a aussi des racines morales. Si les libéraux ont fait le pari du pragmatisme, les conservateurs ont peiné à se penser en dehors des catégories prédéfinies de réaction et de révolution, la seule droite capable d’un exercice intellectuel étant malheureusement la plus extrême. D’une part, le discours actuel de la droite dite décomplexée reste peu puissant, n’étant qu’une juxtaposition de slogans superficiels sans fondement réflexif. D’autre part, celui de la droite modérée ressemble à de l’eau tiède, peut-être par honte de ne pas penser juste.

 

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Philosophe Luc Ferry


La doxa dominante, en effet, est aujourd’hui à gauche. L’égalitisme — géniale formule de Philippe Muray —, le changement pour le changement, le déterminisme social valant excuse, voilà l’esprit du temps. Déconstruire tout cela obligerait la droite à élaborer une pensée cohérente et singulière, hors des références de la gauche. C’est un travail difficile, qui implique d’accepter de déplaire. Mieux vaut donc rester dans le flou…


C’est pourtant aux hommes politiques d’agir. Qu’ils sortent de cette opposition stérile entre pensée et action. Qu’ils osent douter de l’homme providentiel. Qu’ils ouvrent avec humilité leur porte aux intellectuels. À moins que le désert intellectuel, ce ne soit la France, comme l’écrivait Jean-Claude Milner (Existe-t-il une vie intellectuelle en France ? Verdier) ? Mais sauf à faire ses valises, autant faire quelque chose plutôt que rien. Donc penser.

 

Par Laetitia Strauch

chargée d’études dans un “think tank”, L’Institut de l’entreprise associée du cabinet Panaches

 

panaches.jpg-34829.jpgEx Chargée de mission discours et argumentaires, porte-parolat au cabinet du ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l'État, porte-parole du Gouvernement, François Baroin (décembre 2010-janvier 2011)

La droite, désert intellectuel ?

Source:

 

à lire:  

Mais où sont donc passés les intellectuels de droite? sur RDG blog

Deux figures de l'intellectuel de droite

Guy Sorman, via Wikibéral

 

Mathieu Laine : la droite doit changer de logiciel intellectuel ! via Contrepoints

M-LaineMathieu Laine

 

 

The Economist dénonce le déni économique et politique des différents candidats et des politiques français en général

L'article de The Economist:
http://www.economist.com/node/21551478

Traduction par Georges Kaplan:
http://ordrespontane.blogspot.fr/2012...

Crédit vidéo:
ce soir ou jamais - France3, le 03/04/2012


Voici un extrait de l'anthropologue Emmanuel Terray homme de gauche (l'article complet ici)

« L’ordre établi, c’est le point de départ »

Mais la droite se compose malgré tout de deux grandes familles : les tenants du libéralisme économique et ceux qui sont plutôt attachés au conservatisme social. Combien de temps cette cohabitation peut-elle encore durer ?

La tension entre les deux est un mécanisme constant dans l’histoire de la droite. La droite défend l’ordre établi. C’est le point de départ. Mais l’ordre établi change sous la pression des mouvements du monde. Par conséquent, la droite est confrontée à une échéance : ou bien nous restons fidèles à l’ordre établi tel que nous l’avons toujours défendu et nous tombons dans la réaction ; ou bien nous nous adaptons.

Vous avez une très belle transition de ce genre au début du XIXe siècle. Sous la Restauration, la droite aristocratique féodale souhaite que l’Ancien régime soit rétabli. Mais la société a changé, la révolution industrielle commence, les banques et l’argent prennent de l’importance.

Cette évolution pousse la droite légitimiste dans la réaction et c’est la droite orléaniste qui se place au cœur du jeu : ce sont les valeurs de Guizot et Louis-Phillippe qui l’emportent. L’argent.

Balzac décrit admirablement cette mutation : vous avez d’un côté la duchesse de Langeais et le comte de Montriveau, partisans de l’Ancien régime ; et de l’autre Rastignac, qui décide de s’adapter à la société telle qu’elle est devenue, qui va épouser la fille de l’usurier et se faire de l’argent.

On pourrait aussi prendre un exemple à la fin du XIXe siècle. La droite, jusque là, est résolument monarchiste. Vers 1880-1890, les plus lucides voient bien que la République est installée et qu’on ne reviendra pas à la monarchie. Et par conséquent, c’est le mécanisme du Ralliement. Dans l’Histoire, l’expression désigne le ralliement des catholiques mais ça va bien au-delà : la droite devient républicaine et ceux qui restent monarchistes versent dans la réaction.

Je me demande si on n’assiste pas au début d’une transition du même genre.

Si la mondialisation ultralibérale devient la règle définitive, si la droite classique s’accroche à ses positions, elle deviendra elle aussi réactionnaire par rapport à cette idéologie ultralibérale. Il y a une tension évidente entre les deux. Mais la crise peut aussi freiner le triomphe de la mondialisation ultralibérale ; à ce moment-là, la droite républicaine classique retrouverait ses marques.

Sarkozy, « du côté du libéralisme »

Donc les tenants du conservatisme social retrouveraient une place centrale à droite ?

Oui. Si on regarde l’échiquier politique français, on voit bien que Sarkozy et Juppé, ce n’est pas la même chose. Or on ne peut pas dire que la tendance Juppé a définitivement perdu la bataille. La crise peut favoriser une envie de modération et de stabilité.


En lisant votre livre, je me suis demandé si Nicolas Sarkozy était vraiment de droite.

Il n’est pas de la droite classique. Les valeurs de la droite classique et celles des tenants du libéralisme économique s’opposent presque terme à terme : la stabilité, l’enracinement, la sécurité et le consensus d’un côté ; la mobilité, le nomadisme, le goût du risque et la compétition de l’autre. Sarkozy est du côté du libéralisme.

Ceci dit, cette distinction n’efface pas les fondamentaux : l’ordre, la hiérarchie, l’autorité, la priorité donnée au plus proche sur le lointain, restent constantes. L’idée d’égalité est rejetée par toutes les fractions de la droite – l’inégalité est même considérée comme un bienfait, un moteur de la compétition, donc de la croissance, de l’innovation.

 

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A vous lire, le centriste Bayrou est de droite.

Sans aucun doute. Il est clairement d’une droite conservatrice, républicaine, d’influence chrétienne – ce qui est important à souligner, parce que ce n’est pas la règle générale.

 

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Rien d’utopique chez Hollande

Et Hollande ? Si je me fie aux valeurs que vous énumérez, j’en tire la conclusion qu’il est aussi de droite.

Là les choses sont différentes. La droite et la gauche, c’est un couple antagoniste mais indissociable. Elles sont déterminées l’une par l’autre. C’est un couple qui s’affronte dans la bataille politique et la bataille des idées. Par conséquent, on en arrive à la question de l’hégémonie : qui est dominant dans la bataille des idées ?

Contrairement à ce qu’on pense souvent, la gauche était assez largement dominante jusqu’en 1970-75, pendant la période des Trente Glorieuses : elle était dominante sous sa forme interventionniste, keynésienne, progressiste.

Il y a eu une mutation en 1980 et depuis cette période, c’est la droite qui est hégémonique : c’est le triomphe des valeurs de l’individualisme, de la compétition, des inégalités. Et je pense que François Hollande est un bon reflet de cette hégémonie de la droite.

Je ne doute pas qu’il soit un homme de gauche du point de vue de ses appartenances sociales, de son enracinement, mais dans ce qu’il développe, si les valeurs de la gauche c’est l’innovation, l’invention, la prise de risque, le privilège de l’avenir sur le présent, on en est assez loin.

Il n’y a rien dans ce que nous propose François Hollande qui relève de près ou de loin de l’utopie. Or je pense que sans utopie, il n’y a pas vraiment de pensée de gauche.


François Hollande serait donc un homme qui défend des valeurs de droite !

Je dirais que c’est un homme de gauche qui subit très fort l’hégémonie de la droite. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Publié dans Philosophie

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Li Chevalier 18/10/2013 16:47


Li
Chevalier 


Peu importe que le chat soit noir ou gris, pourvu qu'il attrape les souris.[ Deng xiao ping] Il n'y a pas de politique de droit ou de gauche, mais une bonne ou une mauvaise gestion[ Tony
Blair] ...

François Martines 17/10/2013 19:52


François
Martines Enfumage et camouflage des médiats à la botte du gouvernement, concernant la loi sur la retraite qui est passé comme une lettre a la poste !... les roms dans un
village et les familles Française dorment dans des voitures et ça ne choque pas les "bons" socialo-vert-islamo-communistes https://www.facebook.com/.../posts/238366989651176...

David Dernoncourt 17/10/2013 13:38


David
Dernoncourt @Gregory: hors sujet, mais tellement vrai...

Anthonio Lhomme 17/10/2013 13:37


Anthonio Lhomme
j'ai adoré quand sarko a augmenté silencieusement le nombre de fonctionnaires alors qu'il a dit le contraire. J'ai adoré avant 2007 qu'il dise qu'il ne toucherait pas à l'âge de départ à la
retraite mais a fait le contraire. Menteur de pure race

Gregory Durieux 17/10/2013 13:37


Gregory
Durieux La droite allonge la durée de cotisation, la gauche vote contre; quand c'est la gauche qui allonge la droite vote contre ptdr!!! CQFD: gauche droite droite gauche
foutaise.