Tea party en France, serait-ce possible?

Publié le par AL de Bx

Installée aux Etats-Unis depuis le début des années 1980, Suzanne Guggenheim est une militante active au sein des "tea-parties", ces révoltes conservatrices qui mènent la vie dure à Barack Obama. Pour Atlantico, elle s'intéresse à l'éventualité d'un mouvement comparable en France.

 

 

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L'heure du tea party a-t-elle sonné en France ?

 

Le "Tea Party" est un mouvement qui abrite un vaste éventail de tendances politiques : des démocrates à la Kennedy, des supporters de Reagan, la droite évangélique, en passant par toute les nuance de républicains et de libertaires.


Réaliser sur la base de ces idées un large rassemblement en France peut sembler une vraie gageure. Pas forcément par manque de volonté, car un certain nombre des mouvements évoqués dans mon article précédent entretiennent des relations plus ou moins proches, ni même par manque d’une vraie base populaire, car elle est sans doute beaucoup plus large que les pontifes ne voudraient l’admettre. Plus simplement, le libéralisme conscient est encore en France l’apanage d’un nombre limité de personnes formées intellectuellement et engagées politiquement.

Des idées libérales impopulaires en France...

Aussi honorables et salutaires soient les thèses qu’ils défendent, celles-ci, celles-ci restent trop largement inconnues du grand public. Un gigantesque travail d’information et d’éducation, à contre-courant, est à faire. Il n’y a qu’à voir le nombre de Français qui doutent même de la pertinence du capitalisme comme système économique.


Mais comment en serait-il autrement lorsque l’on s’intéresse par exemple à l’enseignement de l’économie au lycée et à l’université ? Combien d’élèves et d’étudiants n’auront même jamais entendu parler de Friedrich Von Hayek ou de Frédéric Bastiat quand ils auront eu plus que leur dose des théories keynésiennes, planificatrices, ou simplement marxistes mais peintes en rose, exclusivement professées au sein du corps professoral et plus largement de la classe politique tous partis confondus ? Jetons simplement un œil aux manuels de sciences économiques pour nous rendre compte du chemin qu’il reste à parcourir dans les esprits français pour tout libéral soucieux de voir diffuser les idées qui sont les siennes. L’importance des groupes de réflexion et de leur rôle éducatif est donc majeure. Il n’y a guère de temps à perdre de ce côté.

... mais qui progressent

Toutefois, certains progrès ont déjà été faits, et les Français ne sont-plus forcément systématiquement hostiles à toute libéralisation de l’économie. Prenons ce sondage réalisé par l’IFOP à la demande de l’IREF qui pose la question suivante : « Aujourd’hui, dans le système par répartition, si vous êtes en activité vos cotisations sont entièrement utilisées pour payer les pensions des retraités actuels. Si vous aviez la possibilité de mettre une partie de ces cotisations retraites dans un compte épargne retraite personnel par capitalisation le feriez-vous ? ».


Contre toute attente, 82% des sondés ont répondu oui. Dans le détail, on note que parmi les personnes âgées de 18 à 24 ans, près de neuf répondants sur dix (89%) envisagent cette possibilité, contre 73% des personnes âgées de 50 à 64 ans. Pour ce qui est des professions, 78 % des ouvriers disent oui, presque autant que les professions libérales (81 %). Même les électeurs de gauche ont répondu massivement oui : 63 % de ceux qui ont voté Besancenot en 2007 et 76 % de ceux qui ont voté pour Ségolène Royal.


Il semblerait donc que si certaines théories libérales sont très clairement exposées au grand public, celui-ci est a priori enclin à y adhérer. Aussi rassurant que cela puisse paraître, il reste encore un énorme travail de pédagogie à faire.

Les Français sont-ils prêts ?

La liberté économique et la responsabilité personnelle ne sont malheureusement pas des réflexes pour le citoyen français moyen, c’est le moins que l’on puisse dire. C’est plutôt l’étatisme dirigiste et la prise en charge qui relèvent pour lui de l’automatisme. Vilipendant les assistés et les fainéants mais considérant avec fierté son « unique modèle social » qui s’effondre chaque jour un peu plus mais que le monde entier est censé lui envier, le Français moyen est toujours prêt à manifester pour défendre ce qu’il appelle ses « avantages acquis» aux côtés des syndicats qui ne représentent que 8% de ces « travailleurs » qu’ils prétendent protéger.


Il ne comprend pas comment la mise en concurrence des entreprises publiques, et à terme leur privatisation, pourraient être avantageuses pour lui en tant que consommateur ; il se plaint régulièrement des hausses de taxes et d’impôts mais ne remet pas en cause la philosophie du « manque à gagner » chère à nos dirigeants. Bref, le citoyen français ne semble pas prêt de faire changer le paysage politique français dans la mesure où cela implique de se remettre lui-même en cause.

 

Tea party : la France est-elle anti-libérale ?

Réaliser sur la base de ces idées un large rassemblement en France peut sembler une vraie gageure. Pas forcément par manque de volonté, car un certain nombre des mouvements évoqués dans mon article précédent entretiennent des relations plus ou moins proches, ni même par manque d’une vraie base populaire, car elle est sans doute beaucoup plus large que les pontifes ne voudraient l’admettre. Plus simplement, le libéralisme conscient est encore en France l’apanage d’un nombre limité de personnes formées intellectuellement et engagées politiquement.

Des idées libérales impopulaires en France...

Aussi honorables et salutaires soient les thèses qu’ils défendent, celles-ci, celles-ci restent trop largement inconnues du grand public. Un gigantesque travail d’information et d’éducation, à contre-courant, est à faire. Il n’y a qu’à voir le nombre de Français qui doutent même de la pertinence du capitalisme comme système économique.


Mais comment en serait-il autrement lorsque l’on s’intéresse par exemple à l’enseignement de l’économie au lycée et à l’université ? Combien d’élèves et d’étudiants n’auront même jamais entendu parler de Friedrich Von Hayek ou de Frédéric Bastiat quand ils auront eu plus que leur dose des théories keynésiennes, planificatrices, ou simplement marxistes mais peintes en rose, exclusivement professées au sein du corps professoral et plus largement de la classe politique tous partis confondus ? Jetons simplement un œil aux manuels de sciences économiques pour nous rendre compte du chemin qu’il reste à parcourir dans les esprits français pour tout libéral soucieux de voir diffuser les idées qui sont les siennes. L’importance des groupes de réflexion et de leur rôle éducatif est donc majeure. Il n’y a guère de temps à perdre de ce côté.

... mais qui progressent

Toutefois, certains progrès ont déjà été faits, et les Français ne sont-plus forcément systématiquement hostiles à toute libéralisation de l’économie. Prenons ce sondage réalisé par l’IFOP à la demande de l’IREF qui pose la question suivante : « Aujourd’hui, dans le système par répartition, si vous êtes en activité vos cotisations sont entièrement utilisées pour payer les pensions des retraités actuels. Si vous aviez la possibilité de mettre une partie de ces cotisations retraites dans un compte épargne retraite personnel par capitalisation le feriez-vous ? ».


Contre toute attente, 82% des sondés ont répondu oui. Dans le détail, on note que parmi les personnes âgées de 18 à 24 ans, près de neuf répondants sur dix (89%) envisagent cette possibilité, contre 73% des personnes âgées de 50 à 64 ans. Pour ce qui est des professions, 78 % des ouvriers disent oui, presque autant que les professions libérales (81 %). Même les électeurs de gauche ont répondu massivement oui : 63 % de ceux qui ont voté Besancenot en 2007 et 76 % de ceux qui ont voté pour Ségolène Royal.


Il semblerait donc que si certaines théories libérales sont très clairement exposées au grand public, celui-ci est a priori enclin à y adhérer. Aussi rassurant que cela puisse paraître, il reste encore un énorme travail de pédagogie à faire.

Les Français sont-ils prêts ?

La liberté économique et la responsabilité personnelle ne sont malheureusement pas des réflexes pour le citoyen français moyen, c’est le moins que l’on puisse dire. C’est plutôt l’étatisme dirigiste et la prise en charge qui relèvent pour lui de l’automatisme. Vilipendant les assistés et les fainéants mais considérant avec fierté son « unique modèle social » qui s’effondre chaque jour un peu plus mais que le monde entier est censé lui envier, le Français moyen est toujours prêt à manifester pour défendre ce qu’il appelle ses « avantages acquis» aux côtés des syndicats qui ne représentent que 8% de ces « travailleurs » qu’ils prétendent protéger.


Il ne comprend pas comment la mise en concurrence des entreprises publiques, et à terme leur privatisation, pourraient être avantageuses pour lui en tant que consommateur ; il se plaint régulièrement des hausses de taxes et d’impôts mais ne remet pas en cause la philosophie du « manque à gagner » chère à nos dirigeants. Bref, le citoyen français ne semble pas prêt de faire changer le paysage politique français dans la mesure où cela implique de se remettre lui-même en cause.

Tea party : la lutte finale ?

on pourrait conclure qu’un "tea party" à la française relève à l’heure actuelle du vœu pieu, tant les valeurs partagées par ce mouvement semblent à des années-lumière de la mentalité française qui finalement n’éprouve pas tant de raisons de s’opposer à un système politique qui lui assure pour l’instant un minimum de confort.


Soulignons par ailleurs, qu'il est plus que prévisible que les partis politiques traditionnels mettront tout en œuvre, y compris menaces et intimidations, pour qu’un tel mouvement qui risquerait de grignoter leur électorat ne voit jamais le jour. En ce sens, le peu de considération qui est faite des rares libéraux et libéraux-conservateurs authentiques au sein des partis traditionnels est révélateur de la situation.

 


Souvenons-nous des origines des "tea parties" américaines...

Mais, si l’on regarde en arrière ce qu’était la situation aux Etats-Unis il y a deux ans, on se rend compte que très peu d’Américains étaient vraiment conscients de la situation économique, financière et sociale de l’Amérique. Leur motivation pourtant fut suffisante pour les inciter à s’informer et à s’éduquer.


Et surtout, ce qui change totalement l’équation, c’est que la dynamique qui a créé le mouvement des "tea parties" est en fait partie de la base. A la grande surprise des hommes politiques et des commentateurs, le mouvement est né spontanément et simultanément dans des centaines de villes, à travers tous les Etats, et sans aucune participation d’aucun des habituels acteurs ou ténors de la politique traditionnelle. Deux ans après, avec plus de 3000 groupes répartis sur tout le territoire, cela reste vrai, même si les partis politiques et leurs dirigeants se réclament maintenant du "tea party".

Vers un bouleversement politique ?

Peut-être, l’heure approche-t-elle aussi où un sursaut naturel, issu de la volonté de survie, amènera le peuple français à se regrouper autour de leaders nouveaux aussi bien qu’issus des groupes libéraux cités lors de mon premier article et qui s’organisent déjà, et à s’assembler afin de faire entendre une voix forte réclamant une diminution de l’emprise tentaculaire de l’Etat, une prise en charge personnelle par les individus de leur avenir, et l’effort national nécessaire à assurer la pérennité de l’identité française face à l’Islam envahissant. Une chose est sure, c’est que dans la situation dans laquelle se trouve actuellement tout le monde occidental, les choses peuvent basculer très vite.


Aujourd’hui, certes, les Français ne sont sans doute pas prêts, mais demain, dans un mois … tout peut avoir changé. La vraie force des "tea Parties" c’est la rapidité de réaction, la façon dont le mouvement s’étend rapidement et ensuite la consistance dans l’action. Alors tous les espoirs sont permis. Et si cela se passe, tous les partis politiques peuvent se préparer à la plus fondamentale remise en cause qu’ils n’aient jamais imaginée.

 

Suzanne Guggenheim

Suzanne Guggenheim est la co-fondactrice du mouvement des "tea-party" au Texas et membre du bureau national des "tea party".

Franco-Américaine de 66 ans, elle vit à Houston, au Texas, depuis le début des années 1980.

Voir la bio en entier

 

Source: Atlantico,  Infusion américaine Publié le 8 mars 2011 - Mis à jour le 9 mars 2011

Publié dans Politique

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Daniel Thureau 04/04/2011 15:24



Daniel Thureau Les Français croiront ou plutôt seront acquis au libéralisme lorsqu'ils verront le
résultat dans leur porte-monnaie, tout le reste n'est que bla bla bla....Pour l'instant...C'est loin d'être le cas.....



Vincent Jappi 11/03/2011 18:04



Vincent Jappi La redistribution, en tant que telle, ne profite à personne.
Les voleurs de l’état, et leurs receleurs, ont travaillé et travaillent dur pour pouvoir empocher le butin volé aux autres.



Bertrand Marie 11/03/2011 15:02



Bertrand Marie Il suffit de prendre pour toute action du gouvernement une feuille de papier et de noter dans deux
colonnes "à qui cela profite" : l'Etat dans une colonne, les citoyens de l'autre côté.



Georges Lane 11/03/2011 13:43



Georges Lane Essai... :

http://www.facebook.com/event.php?eid=158920487492930



Vincent Jappi 11/03/2011 12:53



Vincent Jappi


Le problème c'est qu'il n'y a pas de Constitution dont on puisse démonter que la classe dirigeante la viole délibérément.
Même les "droits de l'homme" de 1789 dépendent de la "loi", et bien entendu ils ont été dénaturés immédiatement après....
Et il y a beaucoup moins de gens qui comprennent que c'est le socialisme qui détruit la société.