Sarkozy "un doux" voyage en Asie, "In de" plus!

Publié le par AL de Bx

La visite de travail de Nicolas Sarkozy intervient près de trois ans après sa précédente venue ici, début 2008,
dans le cadre d'une visite d'Etat. Accompagné de sept ministres (Défense, Affaires étrangères, Economie,
Agriculture, etc.), il amène une importante délégation d'hommes d'affaires dont les patrons d'EADS, Alstom,
Areva, Dassault, MBDA, le CEA, Safran, Thales, le CNES, etc. Bref, le tout-Paris de la défense, du
nucléaire, de l'aéronautique et du spatial.

 

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La première escale de quelques heures, samedi, à Bangalore, sera consacrée à la coopération spatiale, et
notamment au développement conjoint de deux satellites consacrés à l'exploration des mers et à l'analyse du
climat, qui doivent être lancés fin 2011. Après un séjour privé au Taj Mahal, le chef de l'Etat aura lundi une
journée d'entretiens politiques à New Delhi, avec notamment le Premier ministre, Manmohan Singh. Au
menu : le partenariat stratégique entre les deux pays (qui recouvre des questions comme la lutte contre le
terrorisme, les questions de sécurité et de défense, et le nucléaire civil). Nicolas Sarkozy pourra présenter à
son interlocuteur ses idées sur la présidence française du G20 pour un an. Les deux chefs d'Etat et de
gouvernement recevront les membres du Conseil présidentiel franco-indien des entreprises, une organisation
qui regroupe des PDG de tout premier plan des deux pays, pour lesquels « le développement des relations
économiques entre l'Inde et la France est essentiel », comme l'explique par exemple Paul Hermelin, directeur
général de Capgemini et membre du Conseil. Ces entreprises devraient présenter à cette occasion leurs
premiers projets communs : une coopération entre Air Liquide et le groupe Tata dans les piles à hydrogène,
un projet EADS-Infosys pour développer les échanges d'étudiants entre les deux pays, un partenariat entre
Vinci et le groupe indien HCC (dont le joint-venture commun semble bien placé pour les contrats de
construction des centrales nucléaires d'Areva en Inde), etc.


Différents accords
La dernière journée du voyage, mardi, se passera à Bombay, la capitale financière du pays, avec une
conférence économique franco-indienne et un discours de Nicolas Sarkozy sur les questions économiques.
A défaut de signature de grands contrats en bonne et due forme, des progrès devraient être annoncés dans les
dossiers de la vente de deux EPR d'Areva à l'Inde et de la modernisation des Mirage de l'armée de l'air
indienne (voir « Les Echos » du 30 novembre). Pour le reste, différents accords et conventions pourraient
être paraphés dans des domaines aussi divers que les infrastructures, l'environnement ou l'éducation. Les
initiatives en Inde de l'Agence française de développement dans les énergies renouvelables devraient être
mentionnées, ainsi que les relations entre la France et l'Inde dans l'agroalimentaire.


Globalement, on se dit confiant, côté français, dans le fait que le voyage débouchera sur suffisamment
d'annonces concrètes pour être présenté comme un succès. Reste que, alors que l'Inde est actuellement
courtisée par toutes les grandes puissances mondiales, c'est sans doute la France qui est le plus demandeur
des deux, ce qui ne la met pas en position de force dans les négociations bilatérales

 

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Armement : les industriels français vont devoir encore attendre
Aucune signature de contrat n'est attendue ce week-end. Paris espère conclure la modernisation des Mirage
2000 indiens d'ici à mars.
Les industriels français de l'armement vont encore devoir patienter avant de sabrer le champagne en Inde,
même si les grandes campagnes en cours ont progressé. Et la visite de Nicolas Sarkozy n'y changera rien,
New Delhi n'ayant pas l'habitude de signer des contrats lors de telles visites. « Les procédures en la matière
sont complexes et changent tout le temps », renchérit un expert français sur place. Le meilleur exemple est
peut-être celui de l'appel d'offres pour l'achat de 197 hélicoptères légers : gagné par Eurocopter, puis
invalidé, il a été relancé et la filiale d'EADS a de nouveau de bonnes chances. Le président français devrait
toutefois pousser plusieurs dossiers, dont celui de la rénovation de la cinquantaine de Mirage 2000 en service
dans l'armée de l'air indienne.


La part française du travail, estimée à 1,5 milliard d'euros, consisterait pour Thales et Dassault à fournir une
nouvelle avionique, des équipements de guerre électronique et un radar plus puissant. L'un des points de
blocage porte sur la clause d'arbitrage, mais un compromis a été trouvé en faveur d'une juridiction « neutre ».
Du coup, à Paris on pense possible une signature d'ici à mars, qui marque la fin de la période budgétaire.
Pour ce qui est des missiles, en revanche, MBDA va sans doute devoir attendre pour décrocher une
commande de 500 à 900 millions d'euros (en fonction de la quantité).


126 avions de chasse
Dans le même domaine, Dassault, comme ses 5 concurrents en lice, attend que New Delhi sélectionne les
finalistes de l'appel d'offres portant sur l'acquisition de 126 avions de chasse de génération actuelle. La
« short list » était espérée cet été. Depuis rien, peut-être parce que le gouvernement avait en tête les visites à
venir d'Obama, de Sarkozy et de Medvedev, chacun défendant son poulain. Et pour compliquer la donne,
l'Inde souhaite développer avec Moscou un avion de combat de prochaine génération, à hauteur de 200 à 300
exemplaires. « Les Occidentaux ont du mal à voir la cohérence de tout cela », souligne un industriel.
L'autre grand dossier qui intéresse Paris, c'est celui du missile sol-air de courte portée. On parle de 1 à
2 milliards pour MBDA. En janvier dernier, près de deux ans après la signature d'un accord bilatéral, rien
d'engageant n'avait été conclu. Depuis, le Conseil des ministres restreint aux questions de sécurité a autorisé
l'ouverture des négociations. A quand leur conclusion ?

 

Nicolas Sarkozy en Inde sous le signe du business
Source, journal ou site Internet : Enjeux
Date : 3 décembre 2010
Auteur : Alain Ruello (Les Echos)

Publié dans International

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