Mensonge, manip, intox, A. MONTEBOURG:" des années de délocalisation outrancière"; Faux!

Publié le par AL de Bx

Alors qu'Arnaud Montebourg doit annoncer vendredi des mesures pour inciter les entreprises à relocaliser en France, une étude de l'Insee fait le point sur l'ampleur de ce phénomène économique qui angoisse les salariés français.

 

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Seules 4% des entreprises françaises ont délocalisé entre 2009 et 2011, majoritairement vers des pays européens, selon une étude de l'Insee publiée mercredi 12 juin. (REUTERS/Stephane Mahe)

Arnaud Montebourg a dénoncé lundi, lors d'un déplacement à Cestas en Gironde, des années de "délocalisation outrancière". Le ministre du Redressement productif va annoncer ce vendredi une série de mesures pour inciter les entreprises à relocaliser en France. Les Français ont une peur obsessionnelle des délocalisations d'entreprises françaises vers des pays à bas coûts tels la Chine, l'Inde ou encore le Bangladesh. Une étude de l'Insee publiée mercredi 12 juin montre qu'il s'agit d'un fantasme plus que d'une réalité. Explications.

 

 

A.Montebourg, un acteur, excellent dans la comédia d'el arté et .....RAS

 


Quelle est l'ampleur des délocalisations?
Entre 2009 et 2011, 4,2% des entreprises marchandes non financières de plus de 50 salariés implantées en France, soit 1176 sur 28.000, ont procédé à des délocalisations d'activités, selon l'Insee. Ces sociétés employaient près de 500.000 salariés en 2011, soit 6,5% de l'emploi des sociétés étudiées. Sur la même période, 3,1% des entreprises ont envisagé des délocalisations, mais ne l'ont finalement pas fait. Parallèlement, 7,3% des sociétés ont externalisé une partie de leurs activités dans une autre société implantée en France. Au total, 10,1% des sociétés marchandes non financières de 50 salariés ou plus ont externalisé en France ou délocalisé des activités au cours des trois dernières années.


Quelles sont ces entreprises qui délocalisent?
L'industrie manufacturière et les services de l'information et de la communication sont les deux secteurs qui ont le plus fréquemment délocalisé, avec 8,8% de sociétés concernées dans les deux cas. Dans l'industrie manufacturière, la fabrication d'équipements électriques (25% de sociétés concernées) et celle de produits informatiques, électroniques et optiques (22%) sont particulièrement concernées. Dans les services d'information et de communication, ce sont surtout les services liés aux activités informatiques qui ont délocalisé (11%). À l'inverse, la construction, les transports, l'hébergement, la restauration et l'immobilier ont très peu délocalisé entre 2009 et 2011 (moins de 1%de sociétés concernées). L'envergure internationale des groupes favorise cette stratégie de délocalisation: 12,7% des sociétés déjà présentes à l'étranger par le biais de filiales ont délocalisé au cours des trois dernières années.


Ce taux atteint 20,8% lorsqu'elles appartiennent en plus à un groupe étranger. Les sociétés exportatrices ont également délocalisé beaucoup plus souvent (7,7%) que celles dont le marché est uniquement français (0,7%). À secteur, taille et type de société donnés, une société exportatrice a délocalisé en moyenne quatre fois plus souvent qu'une société non exportatrice.


Où délocalisent-elles?
Une majorité (55%) des entreprises ayant délocalisé leurs activités entre 2009 et 2011 l'ont fait vers des pays de l'Union européenne: 38% vers l'UE des quinze et 22% vers les nouveaux Etats membres. L'Afrique, en raison de sa proximité avec la France et de l'usage du français dans certains pays, est également en bonne place avec 24% des délocalisations. La Chine (18%) et l'Inde (18%) compensent leur éloignement et un environnement des affaires parfois moins attrayant par leurs atouts en matière de tissu industriel, de coût de la main-d'oeuvre ou de taille du marché intérieur. L'UE est de très loin la destination privilégiée des délocalisations d'activités support des sociétés françaises (65%), en raison de la qualité de l'environnement contractuel. Un quart des sociétés ayant délocalisé de telles fonctions l'ont fait en Inde, notamment des services administratifs ou de gestion, des services informatiques ou de télécommunications et des activités de design, recherche et développement (R&D), ingénierie et services techniques. Les délocalisations d'activités support vers l'Afrique concernent essentiellement le marketing, les services de commercialisation, services aprèsvente et centres d'appels, pour des raisons évidentes de langue commune.


Quelles sont leurs motivations?
La recherche de coûts plus bas, mais pas uniquement salariaux. Les délocalisations dans les pays émergents comme l'Inde et la Chine sont souvent motivées à la fois par l'accès à des coûts bas, salariaux ou non, et à des marchés prometteurs. Dans le cas des nouveaux Etats membres de l'UE, les coûts salariaux peuvent également être attractifs. Pour les délocalisations vers l'UE15, les sociétés ont d'abord recherché la réduction des coûts de production autres que les salaires et les motifs sont plus diversifiés. À l'opposé, les délocalisations vers l'Afrique sont majoritairement motivées par la recherche de salaires bas pour des activités intensives en main-d'oeuvre. Pour les sociétés appartenant à un groupe, la décision d'opérer des délocalisations provient souvent de stratégies élaborées par la tête de groupe, quelle que soit la zone de délocalisation.

 

montebourg-anerie.jpgMontebourg ou le ministre de l'Agitation Improductive par H16 via Contrepoints


Pourquoi certaines entreprises ont renoncé à délocaliser?
3,1% des sociétés ont envisagé des délocalisations sans les effectuer. Dans huit cas sur dix, il s'agit de sociétés exportatrices. L'incertitude sur la qualité des biens et services produits une fois les délocalisations effectuées est un obstacle important pour plus de la moitié de ces sociétés, de même que le besoin d'une proximité avec les clients actuels. Les barrières juridiques ou administratives et l'inquiétude des employés et des syndicats viennent juste après. L'inquiétude des employés et des syndicats est le seul obstacle vraiment important lors des délocalisations vers l'UE15. L'incertitude sur la qualité des biens et services produits est le problème majeur pour les sociétés ayant délocalisé en Chine, en Inde ou en Afrique. Le besoin de proximité avec les clients actuels est également souvent un obstacle très important lors des délocalisations vers l'Afrique et la Chine. Sont également mentionnés comme obstacles très importants, lors des délocalisations en Afrique, les barrières juridiques ou administratives, l'insuffisance de management et de savoir-faire, et l'instabilité politique et économique de la zone. S'agissant des délocalisations en Chine, le risque de non-respect de la propriété intellectuelle est considéré comme un obstacle très importants.

 

La vérité sur les délocalisations d’entreprises françaises
. Source, journal ou site Internet : l’expansion
Date : 12 juin 2013

 

Alain Madelin : « La peur des délocalisations n’est pas fondée ! »

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Ou: http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202820368097-delocalisations-l-insee-tord-le-cou-aux-idees-recues-574523.php

Délocalisations : l'Insee tord le cou aux idées reçues

Par Frédéric Schaeffer

 

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Et pendant ce temps là en Hollandie, les conneries continues...Idéologie quand tu nous tiens!

 

Un rappel de l'INSEE

 

Dans l’édition 2007 de « L’économie française : comptes et dossiers », l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) consacre un chapitre aux flux de main-d’oeuvre et aux flux d’emplois dans un contexte d’internationalisation, ce qui inclut notamment l’étude des conséquences des délocalisations.


Selon l’Insee, 15 000 emplois industriels ont fait l’objet, chaque année durant la période 2000-2003, d’une stricte délocalisation (déplacement vers l’étranger d’une activité existant précédemment en France). En tenant compte des effets indirects (fournisseurs étrangers supplantant des fournisseurs français, produits étrangers consommés à la place de produits français,...) le nombre d’emplois perdus dans l’industrie du fait de la concurrence internationale serait compris entre 20 000 et 34 000 par an, chiffre auquel il faut souvent ajouter les emplois de service (les centres d’appel par exemple). Ces délocalisations, en augmentation régulière, se dirigent de plus en plus vers les pays émergents comme la Chine qui représente à elle seule près de la moitié du total.


L’Insee insiste pourtant sur la relative faiblesse de ces chiffres : si 1 million d’emplois disparaissent au total chaque année, ces pertes sont largement compensées par les créations avec un solde positif d’environ 200 000 emplois par an, dont 40 000 emplois créés en France par des entreprises étrangères.

 

 

Sur la période 1995-2001, les délocalisations auraient touché un nombre limité d’emplois dans l’industrie française. En moyenne, 13 500 emplois auraient été délocalisés chaque année, soit 0,35 % de l’emploi industriel, ou encore 12 % des « fortes » réductions d’effectifs.


Ce chiffrage ne constitue qu’une estimation. La méthode utilisée ne permet en effet de repérer que des présomptions de délocalisation, les cas avérés n’étant pas détectables à partir des données statistiques disponibles. La méthode se fonde sur l’observation concomitante d’une diminution d’effectifs en France et d’une augmentation des importations par le groupe du même type de bien qui était auparavant produit en France. Il ne s’agit pas d’un « bilan » ni de l’impact du phénomène de délocalisation sur l’emploi industriel français. On ne s’intéresse qu’aux réductions d’effectifs qui seraient dues à des délocalisations, sans prendre en compte les délocalisations qui ont lieu vers la France.


Les pays à bas salaires représenteraient un peu moins de lamoitié des destinations de délocalisation.
Parmi ces pays, la Chine constituerait la principale destination, loin devant l’Europe de l’Est, l’Afrique du Nord (Maroc et Tunisie), l’Amérique du Sud (principalement le Brésil) et les autres pays d’Asie. Les délocalisations seraient donc un peu plus nombreuses à destination des pays développés, notamment des pays limitrophes de la France et des États-Unis. Dans ce cas, le phénomène de « délocalisation » s’inscrit surtout dans un cadre de restructuration des grands groupes multinationaux. En cohérence avec cette logique, une délocalisation semble s’opérer le plus souvent par filialisation dans les pays industrialisés et par sous-traitance dans les pays à bas coûts.
 

 

Pratiquement tous les secteurs industriels seraient touchés par les délocalisations, même si l’ampleur de ce phénomène varie d’un secteur à l’autre. Les délocalisations vers les pays à bas salaires seraient nombreuses dans les secteurs de l’habillement et du textile, dans l’électronique et dans les industries des équipements du foyer. Vers les pays développés, les « délocalisations » concerneraient surtout des secteurs très concentrés, où agissent de grands groupes multinationaux : automobile, aéronautique, pharmacie, électronique.


Certaines zones d’emploi auraient été fortement touchées par les délocalisations sur la période 1995-2001, alors que d’autres auraient été relativement épargnées. Il est néanmoins difficile de déterminer si des zones sont plus « vulnérables » que d’autres au risque de délocalisation : ainsi, les zones les plus pauvres ou celles ayant le taux de chômage le plus élevé ne paraissent pas avoir été plus touchées par les délocalisations en moyenne que les zones riches ou ayant un chômage faible.


Enfin, les délocalisations étant plus nombreuses dans les secteurs à faible valeur ajoutée, les salariés non qualifiés sont en moyenne plus touchés que les qualifiés. Cependant, aucune des catégories de qualification n’aurait été épargnée.


Les estimations qui précèdent ne valent naturellement que pour la période sur laquelle elles ont été effectuées. Du fait de la disponibilité des données, il n’est pas possible à l’heure actuelle de savoir comment le phénomène a évolué depuis 2001. Il est possible que depuis cette date et dans l’avenir, ces mouvements progressent à la faveur de l’intégration économique des nouveaux membres de l’Union européenne et de la levée d’obstacles aux importations de textile et d’habillement, en particulier en provenance de Chine. Il sera donc intéressant de renouveler régulièrement l’exercice.


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Délocalisation

De Wikiberal:

On appelle délocalisation la fermeture d’une unité de production dans un pays suivie de sa réouverture à l’étranger en vue de réimporter sur le territoire national les biens produits et / ou de continuer à fournir les marchés d’exportation à partir de cette nouvelle unité[1].

 

Présentation

Ce terme apparaît pour la première fois en 1985. Il sera ensuite popularisé en France par le rapport du sénateur Jean Arthuis en 1993.

Les motifs des « délocalisations » énoncés par les médias, les hommes politiques sont souvent les deux suivants :

  • faire baisser le prix de revient des productions (gains dus au taux de change par rapport au dollar, gains réalisés sur les coûts de main-d’œuvre) ;
  • satisfaire la pression des donneurs d’ordre qui ont réalisé des implantations stratégiques majeures sur les marchés en croissance.

Les « délocalisations » sont souvent perçues comme « l’horreur économique », « l’ennemi » venu de l'étranger (souvent d’Asie ou de pays de l’Est) qui va « prendre » nos emplois et tuer notre économie (en France, le mythe du plombier polonais offrant ses services à bas prix). Or, la concurrence de ces économies n’a pas remis en cause la puissance des pays développés et est à l’origine du décollage de nombreux pays peu développés, ce qui est bénéfique pour tous. Peut-on à la fois tenir des discours généreux sur les rapports Nord-Sud et se plaindre que les régions les plus pauvres accèdent au développement ?

D'autre part, ces délocalisations ne doivent pas être un prétexte pour imposer tel ou tel protectionnisme, au niveau des marchandises ou de l'emploi. Enfin, il convient de s'interroger sur la réalité et l'étendue de ces phénomènes de délocalisations.

Pourquoi les délocalisations profitent à tous

Une erreur fréquente que font ceux qui ne comprennent pas le marché et la nature de l'échange consiste à affirmer que « le marché ne profite qu'aux plus compétitifs ».

Par exemple, la mondialisation rend les coûts de production moins élevés dans certains pays où le coût de la main d'œuvre est plus faible et les rigidités du marché du travail moindres (moins de règlementation). Ce n'est cependant pas toujours le cas, ces pays peuvent également abriter en leur sein des compétences qui n'existent plus dans les pays développés.

De nombreux pays souvent pauvres profitent de ce phénomène de mondialisation qui leur permet de poursuivre leur ascension économique.

Dans les délocalisations d'entreprises (et donc d'emplois), il y a « ce qu'on voit et ce qu'on voit pas », pour paraphraser Frédéric Bastiat :

  • ce qu'on voit : des emplois perdus dans le secteur objet de délocalisations, en raison de la concurrence mondiale.
  • ce qu'on voit pas : lorsque le consommateur achète par exemple un produit importé à un prix plus bas que celui qu'il aurait payé pour un produit national, il bénéficie d'un pouvoir d'achat supplémentaire qu'il pourra utiliser pour l'achat d'autres produits ou services.

Or, souvent la structure de ces achats supplémentaires se déplace aussi vers des services, par exemple santé, culture, loisirs qui sont en grande partie produits nationalement.

On s'enrichit ainsi à faire faire par d'autres ce que nous ferions à prix plus élevé. C'est typiquement une relation gagnant-gagnant dans le cadre d'une division du travail à l'échelle mondiale, qui illustre bien la loi des avantages comparatifs.

Faut-il « lutter » contre les délocalisations ?

« Lutter contre les délocalisations » est une absurdité : à supposer que ce soit souhaitable, cela n'est possible que de façon autoritaire en augmentant les règlementations et les contrôles, ce qui alimente un cercle vicieux qui conduit au déclin, ou bien au contraire en diminuant les contraintes (par des dispositions fiscales anti-délocalisations), ce qui montre bien à quel niveau se situe réellement le « problème » pour le pays concerné : trop d'impôts, trop de prélèvements « sociaux », trop de législations liberticides.

Un pays qui prétend ainsi « lutter contre les délocalisations », au lieu de profiter de la concurrence mondiale pour générer des emplois à haute valeur ajoutée et diminuer les barrières à l'emploi (salaire minimum, protection sociale, législation du travail), se place d'emblée en situation de faiblesse. Toutes les politiques protectionnistes proposées pour lutter contre les délocalisations constituent des remèdes pires que le mal.

Voir aussi Protectionnisme - erreur courante : « protéger l'emploi »

Le mythe des délocalisations

Comme le dit la maxime populaire, « une forêt qui pousse ne fait pas de bruit, un arbre qui tombe fait du bruit », et, suivant Hegel, il faut « écouter la forêt qui pousse plutôt que l'arbre qui tombe ». Ces deux citations permettent d'introduire un fait indéniable et surprenant : tous les médias, et hommes politiques des pays développés (notamment et en pointe, la France) focalisent leur attention sur telle entreprise transférant telle ou telle partie de son activité à l'étranger, sans jamais évoquer, dans l'autre sens, les entreprises qui se développent et qui sont issues d'implantations de groupes étrangers. On pourra par exemple noter de façon proche l'exemple donné par les économistes David Thesmar et Augustin Landier : après ses « licenciements boursiers » de 1998, la masse salariale de Michelin a en fait augmenté de 10% en 7 ans[2].

Rares sont les événements de ce type qui ne créent pas un psychodrame politique, le summum ayant été atteint par le député UDF des Pyrénées-Orientales Jean Lassalle qui entama une grève de la faim le 7 mars 2006 contre la « délocalisation » d'un site du groupe Toyal à ... 60 km de son lieu d'origine. (voir ce débat sur le forum Liberaux.org)

Une analyse des faits ne peut conduire qu'à une seule conclusion :

  • sur le plan quantitatif, les cris d'orfraie des hommes politiques au sujet des délocalisations sont extraordinairement exagérés sur l'ampleur de la « menace » en termes d'emplois,
  • sur le plan qualitatif surtout, l'idée selon laquelle une délocalisation a en général pour but de baisser les coûts de main d'œuvre est fausse,
  • enfin, de très nombreuses entreprises ont une base de production dans les pays développés, alors qu'on aurait pu s'attendre à ce qu'elles délocalisent, citons notamment le cas du fabricant américain de tee-shirts American Apparel.

Les travaux de l'économiste indo-américain Jagdish Bhagwati (et al) ont confirmé que les délocalisations avaient peu de chance de menacer l’emploi[3].

  • Les emplois de services représentent 70% de l’emploi total dans ce pays (et dans les économies des pays riches en général). Très peu d’entre eux sont susceptibles d’être délocalisés car ils supposent une proximité des producteurs et des consommateurs.
  • Les emplois qualifiés ne sont pas menacés par la concurrence des pays low cost du fait du retard de ces pays gardant de faible taux de scolarisation dans les études supérieures.
  • Les délocalisations de certaines étapes du processus de production permettent de stimuler la compétitivité des entreprises résidentes, ce qui est source de croissance et d’emploi. Selon ces auteurs ce gain de compétitivité permettrait un gain de croissance d’environ 0,3% du PIB aux États-Unis.

Les délocalisations sont un phénomène négligeable pour les pertes d'emploi

Une récente étude de l'INSEE[4] a chiffré, pour la période 1995-2001 l'ampleur des emplois perdus dans le secteur industriel à cause de délocalisations : en moyenne, 13.500, dont plus de la moitié vers des pays à hauts salaires. Ce chiffre est à comparer aux 6,8 millions d'emplois dans le secteur secondaire en France[5].

Une seconde étude du Conseil d'Analyse Economique[6], reprise notamment dans un article de Le Libéralisme expliqué[7], écrit ainsi : « les restructurations d’entreprises s’étant produites en Europe entre le 1er Janvier 2002 et le 15 juillet 2004 concernent 1456 entreprises et ont entrainé la suppression de 780 394 emplois, ce qui correspond à 0,42% des 192 millions emplois européens. Ramené à 1 an, on obtient un taux de 0,17%. Chaque année, c’est donc 0,17% des emplois européens qui disparaissent dans des restructurations. »

Et Libex d'ajouter : « Mais les délocalisations ne représentent, selon le rapport, que 4,74% des emplois supprimés (36 977) pour restructuration et 7,14% (100) des entreprises restructurées. En terme d’emploi, cela correspond donc en deux ans et demi à 36 977 suppressions donc 0,019% de la totalité des emplois européens. Rapporté à 1 ans, on obtient un taux de 0,0076%. Chaque année, c’est donc 0,0076% des emplois européens qui disparaissent dans des délocalisations. ». « Au niveau de la France, les 8 000 suppressions d’emplois survenues en 2001 suite à des fermetures d’unités de productions correspondent à 0,032% des 25 millions d’emplois français. »

Un rapport du Sénat expose les mêmes conclusions que les précédents rapports[8].

Les délocalisations n'ont en général pas du tout comme but la baisse des coûts de main d'œuvre

Un travail d'analyse mené par l'équipe de Suzanne Berger (professeur au MIT) auprès de 500 entreprises aux États-Unis, en Europe, et en Asie a un résultat sans appel :

  • Non, les délocalisations n'ont pas systématiquement pour motivation, loin s'en faut, l'accès à une main-d'œuvre moins chère :
    • l'analyse de Suzanne Berger et de son équipe démontre qu'en général, la stratégie d'entreprise consistant à ne baser sa compétitivité sur la baisse de ses coûts salariaux est une stratégie perdante. C'est l'innovation, le découpage de la chaîne de valeur, l'intelligence de la sous-traitance, l'agilité, la faculté d'adaptation aux changements qui font toujours la différence.
    • ce qui compte, d'ailleurs, ce n'est pas le coût horaire du travail, mais son coût unitaire : la productivité d'un salarié, basée sur sa compétence, permet de baisser le coût unitaire du travail à coût horaire constant, par exemple, à tel point que dans certains secteurs, il est bien plus intéressant de produire aux USA qu'en Chine.
  • Les délocalisations font partie du panel des choix de stratégie d'entreprise au même titre que beaucoup d'autres.
  • Le vrai problème à adresser n'est pas celui du transfert d'emplois des pays développés vers les pays à bas salaires, c'est plutôt celui du manque de créations d'emplois dans les pays développés. Suzanne Berger de déclarer ainsi : « Le problème de l’emploi est bien réel en France et dans d’autres pays développés, mais il ne vient pas tant des délocalisations que du manque de créations d’emplois. »[9]

De très nombreuses entreprises ont avantage à ne pas délocaliser

Le mieux ici est de citer un article d'octobre 2006 de la revue Horizons Stratégiques éditée par le très dirigiste Centre d'Analyse Stratégique, organisme successeur du Commissariat au Plan[10] : « contrairement à ce que disent les médias, nombreuses sont les compagnies qui conservent une base de production nationale. La proximité est à la fois un avantage commercial et une réduction des risques. American Apparel, qui produit des T-shirts à Los Angeles, a fondé sa stratégie commerciale sur la proximité avec ses clients, ce qui lui permet d’être très réactif à la commande. Le transport est parfois un obstacle à la sous-traitance mondialisée : aux États-Unis, l’édition est un secteur très peu délocalisé car le gain financier de la baisse du coût de production est annulé par la durée du transport en bateau (les livres sont trop lourds et ne se vendent pas assez chers pour voyager en avion). Enfin, la réputation joue un rôle important dans la décision d’implantation : dans le prêt-à-porter, le label « Made in Italy » sous-entend un degré de qualité qui permet d’exiger des prix plus élevés. Mais la raison la plus souvent invoquée pour ne pas délocaliser est l’absence ou l’inadéquation du savoir-faire local. Ainsi, durant la crise de l’électronique, les sociétés japonaises n’ont pas massivement transféré leurs unités de production en Chine, malgré la proximité géographique, car le niveau de compétence de leurs ouvriers est loin d’être atteint par les ouvriers chinois. »

En outre, des coûts de main d'œuvre très bas ne signifient pas qu'il soit intéressant pour l'entreprise d'investir dans un pays, car c'est le coût total qui est à prendre en compte : quelle productivité? quelles infrastructures? Ainsi, une étude menée en 1995 par la réserve fédérale de San Francisco a montré que les Philippines, l'Inde ou la Malaisie avaient des coûts unitaires de travail supérieurs à ceux des États-Unis, c'est-à-dire qu'il coutait plus cher pour une entreprise de produire en Inde qu'aux États-Unis[11].

Les délocalisations (et le libre-échange) sont néfastes pour l'environnement

Si ceux qui reconnaissent l'efficacité économique du libre-échange et des éventuelles délocalisations pour tous, beaucoup pensent que cela présente malgré tout des risques pour l'environnement : plus de coûts de transport, utilisation de carburants, etc.

Cependant, cette vue sous-estime « ce qu'on ne voit pas ». Prenons quelques exemples :

  • l'implantation d'entreprises étrangères dans les pays en développement permet d'y diffuser des technologies propres, protégeant l'environnement. En se développant, par l'implantation d'entreprises étrangères, les pays concernés deviennent plus propres, polluent moins. Phénomène illustré par exemple par la courbe de Kuznets.
  • le libre-échange permettrait une meilleure utilisation des ressources naturelles disponibles, limitant le gaspillage. Ainsi, la libéralisation de l'agriculture permettrait selon l'économiste Kym Anderson de produire dans des pays au climat plus adapté, en limitant l'utilisation des ressources en eau par exemple.
  • la restriction des implantations d'usine à l'étranger peut aussi aboutir à des conséquences négatives pour l'environnement, comme le montra un rapport du GATT intitulé « Commerce et environnement » (1992). Ainsi, l'économiste indien Jagdish Bhagwati montre-t-il que le contingentement des constructeurs japonais sur le marché américain les poussa à s'éloigner des modèles classiques qu'ils produisaient (de petites voitures à bonnes qualités energétiques) pour produire de gros modèle à marge unitaire plus élevée mais surtout beaucoup plus polluants[12].

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