Livre #2: L’Oligarchie au pouvoir (à lire et ...)

Publié le par AL de Bx

Haut fonctionnaire, homme politique et écrivain, Yvan Blot présentait lundi à la presse son dernier essai intitulé L’oligarchie au pouvoir. Résumé de ce remarquable plaidoyer pour un retour à une démocratie authentique.

 

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Ou le peuple décide lui-même des choix fondamentaux qui engagent son existence et son avenir. Les Français croient vivre en démocratie mais les études d’opinion montrent qu’ils ont de moins en moins confiance dans la façon de l’appliquer. Alors qu’ils font confiance à 90% en l’armée et 80% à la police, ils n’accordent leur confiance au parlement qu’ils ont pourtant élu qu’à 38%. Leur confiance dans les partis politiques n’est que de 12%. Beaucoup de Français pensent que voter à gauche ou à droite ne sert à rien. C’est toujours la même politique ou presque qui est menée, notamment en matière d’immigration ou d’insécurité, voire d’impôts et de dépenses publiques. Ils ont le sentiment diffus d’être gouvernés par un petit nombre d’hommes, une oligarchie, dont beaucoup de membres, hauts fonctionnaires, dirigeants syndicaux ou patronaux, journalistes, magistrats, partagent la même idéologie coupée de la population. Cette oligarchie a une idéologie égalitariste et cosmopolite et n’a pas de responsabilité claire : c’est la prédominance du court terme qui compte avec les politiques ou les fonctionnaires qui sont des gérants de l’argent des autres et non des propriétaires soucieux du long terme.

 

La résistance à l’oligarchie s’accroît : les partis et syndicats perdent leurs membres. Il y a de plus en plus d’abstentionnistes. Les partis marginaux et populistes ont de plus en plus d’audience. Ce phénomène touche toute l’Europe.

 

Afin de restaurer une gestion patrimoniale des affaires publiques, il faut redonner du pouvoir
au citoyen comme c’est le cas en Suisse mais aussi dans l’ouest des Etats-Unis, en Italie ou
dans les Länder allemands. Dans tous ces pays, on pratique les référendums d’initiative populaire et la confiance du peuple dans les institutions est beaucoup plus élevée qu’en France.


Mieux encore, des études universitaires poussées notamment de John Matsusaka de la Southern California University (Los Angeles), de Lars Feld (Heidelberg) et de Gebhardt Kirchgässner (Université de Saint Gall en Suisse) montrent que là où le référendum populaire est possible, les impôts et dépenses publiques sont 30% plus faibles, et la dette publique 50% plus réduite que dans les pays à démocratie purement représentative. Le système comporte un frein et un moteur : le frein est un référendum sur les lois votées par le parlement ou les décisions d’un conseil municipal. C’est une pétition de citoyens (50 000 en Suisse) qui déclenche un référendum veto et le citoyen peut annuler une nouvelle loi. Le moteur est l’initiative populaire : en Suisse, 100 000 citoyens peuvent provoquer un référendum sur un nouveau texte de loi. Le parlement peut faire un contre projet et le citoyen tranche entre les deux. On a plus d’un siècle d’expérience en Suisse et aux USA, plus de trente ans en Italie et vingt en Allemagne et ce système de démocratie semi directe donne de bons résultats mais on se garde bien d’en parler dans notre pays. Il permet de faire un contre pouvoir à l’oligarchie composée des medias des élus et des hauts fonctionnaires politiquement corrects.


Aujourd’hui, le parlement ni les juges ne sont des contre pouvoirs car ils sont asservis à l’exécutif pour les premiers et à la pensée dominante pour les seconds. L’oligarchie n’est pas seulement un mal pour les citoyens mais aussi pour le gouvernement car elle bloque les réformes de ce dernier. Le problème n’est pas uniquement national mais concerne le niveau local. Tout le monde sait que les dépenses des collectivités locales montent en flèche. Prenons un exemple comparé : Paris et Munich. A Paris le maire veut construire des tours. Lorsqu’on lui fait remarquer que les sondages montrent qu’une majorité de parisiens est contre, le maire répond : la démocratie, cela consiste pour moi à faire ma politique. Ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à voter contre moi la prochaine fois (donc plusieurs années plus tard). A Munich, le maire socialiste voulait aussi construire des tours. Il a fait passer la décision au conseil municipal grâce à sa majorité à sa dévotion. Mais avec une pétition de quelques milliers de signatures, les citoyens mécontents ont déclenché un référendum : une majorité a décidé qu’on ne construirait pas plus haut que la cathédrale de Munich ! Au niveau national, une initiative populaire a imposé en 2010 l’expulsion des étrangers criminels sans passer par les juges considérés comme trop laxistes. Une autre a maintenu le principe de la concurrence fiscale entre les cantons qui conduit à faire baisser les impôts, ce qui favorise l’économie suisse. La Suisse est un si grand succès avec 2% de chômeurs et des salaires souvent doubles des salaires français qu’on préfère ne pas en parler. Pourquoi ce système marche ? Le bon sens populaire qui s’appuie sur l’expérience vécue, existentielle, des citoyens fait contrepoids aux experts qui reflètent le point de vue des intérêts organisés et non l’intérêt général qui par définition ne peut être défendu par des lobbies puissants. La classe politique est-elle capable de comprendre en France que la démocratie directe ferait contrepoids aux oligarchies dans le sens des arbitrages à long terme et de l’intérêt général ? L’histoire de France montre que les oligarchies sont souvent aveugles à ce qui les menace et les blocages demeurent jusqu’à ce que de graves crises apparaissent. C’est malheureusement vers ce scénario que l’on semble se diriger.


Il faut espérer que des responsables ayant une vue à plus long terme nous économisent ces crises en faisant la réforme nécessaire. Le projet de réforme de la constitution que contient le livre a été repris par le député Christian Vanneste et 24 députés UMP. Il s’agit de mettre en place le référendum d’initiative populaire en France car l’article 11 de notre constitution, qui prévoit un tel dispositif, est rédigé de telle façon qu’il ne peut pas fonctionner.


Il prévoit qu’il faut une pétition de 3,5 millions de citoyens plus 280 parlementaires pour présenter un texte. En Italie, il suffit de 500 000 signatures pour déclencher un référendum !
 

 

Chez nous si le parlement discute le texte, il n’y a pas de référendum. En Italie comme en Suisse, le référendum est déclenché automatiquement. Cette réforme permettrait de prendre enfin au sérieux la déclaration des droits de l’homme de 1789 qui dans ses articles 6 et 14 prévoit que les citoyens, et pas seulement leurs représentants, peuvent voter la loi et voter les impôts. Cette réforme a beaucoup d’arguments pour elle mais pour la France, elle peut sembler révolutionnaire. Elle ne sera faite que lorsque la situation deviendra grave mais avec notre dette publique notamment, cela a de fortes raisons d’arriver !


L’oligarchie au pouvoir. Yvan Blot Editions Economica144 pages 19 euros

Publié dans Culture

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Guy André Pelouze 06/06/2011 20:38



Guy André Pelouze Euh ils ont en mémoire le dernier RIP qu'ils ont déchiré en petits morceaux ..



Daniel Thureau 06/06/2011 16:30



Daniel Thureau Les pires chaînes, ce sont celles qu'on se met soi même....C'est bien connu.....


Nationaliser, privatiser, une vision manichéenne du monde complètement dépassée....


Le maître mot aujourd'hui serait plutôt humaniser donc un monde affranchi du pouvoir et de l'argent roi.....


de toute façon, le référendum d'initiative populaire est complètement antinomique du système politique des oligarchies droite, gauche, centre qui nous gouvernent, l'accepter serait pour
elles remmettre en cause les bases, le fondement même de leur système, de leur pouvoir donc, s'il y a une urgence politique, avant de parler de référendum
d'initiative populaire, c'est bien de se débarrasser du système politique qui nous gouverne actuellement, on peut le faire, pacifiquement par le vote blanc qui à un certain niveau le déligitimera
et entamer un renouveau constitutionnel...


Le système Jacobin depuis des décennies à fait des citoyen(ne)s, des citoyen(ne)s, assisté(e)s, déresponsabilisé(e)s, complètement immatures politiquement dans une grande majorité, il
suffit de voir notre comportement lors de référendums classiques, ces référendums sont autant de défoulements collectifs,d'autre part ce même régime à élevé au
niveau d'un culte la division des Français, dressant les catégories les une contre les autres, transformant notre pays à un champs de chapelles, de forteresses surtout apte à se regarder le
nombril et à défendre leurs intérêts ....Il me semble que l'accès à la responsabilité politique ne pourra se faire que progressivement, nous avons besoin d'une véritable rééducation, celle qui
nous apprendra à vivre ensemble....



Daniel Thureau 06/06/2011 14:44



Daniel Thureau


Le Référendum d'initiative populaire, nouveau remède miracle, je n'y crois pas, en faite si j'ai bien compris, il s'agit d'instaurer un troisième pouvoir, associatif donc, très
théoriquement, apolitique, j'ai adhéré un temps à contribuable associé, leur "apolitisme" ne m'a pas du tout sauté aux yeux, loin de la...Je l'ai même quitté
à cause de celà, je me méfie par nature des gens qui parlent d'apolitisme, je serais plutôt pour restaurer la politique au sens noble du terme et, c'est marrant, observation très personnelle,
comme les gens qui parle d'apolitisme ou qui font jamais de politique, en grattant un peu le vernis, je me suis aperçu qu'il tirait, peut être malgré eux...:)...Idéologiquement
souvent du même coté....:)...


http://www.dailymotion.com/video/xg2bol_marine-le-pen-pour-le-re-fe-rendum-d-initiative-populaire_news....Que
Marine le pen soit pour, c'est pas vraiment fait pour m'étonner....Observer les exemples qu'elle prend....:)))....



aldebx par m. de Poncins 06/06/2011 12:46



PRIVATISER LES REFERENDUMS

Grâce au talent d'exposition et aux connaissances détaillées d'Yvan Blot,
beaucoup d'entre nous, maintenant, sont très au courant des référendums
d'initiative populaire et des bienfaits qu'ils apportent aux populations qui
en bénéficient. Certains pensaient que seuls les Suisses les utilisaient,
mais en fait le système est appliqué dans beaucoup d'endroits du monde et avec
succès ; ce succès est frappant quand il parvient à arrêter les excès de la
dépense publique et de la fiscalité. L'association « Contribuables Associés »,
de son côté, se livre au même combat, à savoir la demande insistante de
l'organisation en France de ces référendums, tant à l'échelon national qu'à
l'échelon local. Nous savons que le véritable simulacre auquel s'est livré,
récemment, le pouvoir en place, à ce sujet, est un coup pour rien, la classe
politique visible ne voulant surtout pas donner la parole au peuple.

Dans ce contexte, l'idée de privatiser les référendums paraît tout à fait
insolite, mais nous allons montrer que c'est le contraire. En fait il s'agit
d'organiser, tout à fait à la base, de petits référendums locaux, ce qui est à
la portée de n'importe quel citoyen ; en cas de succès et si l'on arrive à
empêcher les menées ruineuses de certains potentats, cela pourrait allumer
une sorte d'incendie qui rejoindrait la lutte menée au sommet et rappelée plus
haut.

LA FEUILLE DE ROUTE

Il est possible de tracer la feuille de route d'une telle entreprise.

D'abord, créer une association, ce qui est facile.

Veiller à n'avoir aucun lien visible ou potentiel avec quelque parti que ce
soit.

Donner, dès le départ, à l'association une vocation nationale, malgré le
caractère modeste des premiers projets, et, ceci, en vue d'assurer le
financement des investissements nécessaires.

Ne s'attaquer au début qu'à des cibles extrêmement modestes, ce qui limite
le champ d'action à celui de simples communes. Se mesurer avec des
collectivités, comme les conseils régionaux, les conseils généraux, les
grandes communes, serait s'en prendre à des personnages dont la folie
dépensière est bien connue et qui tirent à vue sur tous ceux qui veulent
les empêcher de volatiliser notre argent sans compter.

Choisir comme première cible un objectif facile ; c'est une véritable
guerre contre les prédateurs publics qu'il s'agit de gagner : mieux vaut pour
allumer l'incendie commencer par une victoire même si elle est facile.
Le nombre des opérations que l'on peut arrêter au niveau d'une commune, même
petite, est tout à fait considérable : salle des fêtes, salle de sport,
piscine, voyage intempestif dans des lieux paradisiaques, etc.

Il est impératif de tenter d'arrêter l'opération au moment où l'intention est
annoncée et pas lorsque la salle de sport est déjà à moitié construite ou
encore lorsqu'on a lancé, comme il est d'usage, des demandes abusives de
subventions aux départements et jusqu'à l'Europe.

Il y a nécessairement des investissements à prévoir : locaux pour déposer les
urnes, publicité dans les journaux, assistance éventuelle d'avocats,
organisation du dépouillement, etc. L'association ayant vocation nationale
n'aura pas de mal à récolter auprès d'un public nombreux de petits dons
permettant le support de ces investissements ; de même, elle apportera son
savoir-faire.

Le texte ci-dessus n'est qu'un projet de feuille de route. Il appartiendrait
aux dirigeants de l'association, après sa création, de raffiner ce projet.
S'il y a plusieurs initiatives concurrentes, tant mieux : de la concurrence
naît le succès.

L'INCENDIE

Arrêter la folie des dépenses publiques, des déficits et de l'endettement est
un problème de survie non seulement en France mais aussi ailleurs. Sans aller
très loin, en Belgique, les bourgmestres ne sont guère réputés pour leur
sagesse financière. Des succès en France pourraient faire tache d'huile dans
ce pays et pousser nos amis belges à faire de même.

Si l'idée se réalise, le premier succès pourrait se répéter et conduire à des
opérations plus importantes. L'incendie naissant à la base rejoindrait
quelque part l'action idéologique signalée plus haut et l'ensemble pourrait
conduire, qui sait, à des évolutions majeures.

Michel de Poncins



Jean Charles F 06/06/2011 11:51



Jean Charles F Entièrement d'accord et il faudrait faire vite, car combien de temps encore les citoyens
resteront en capacité de comprendre les outils de la démocratie pour bien les utiliser, déjà aujourd'hui, ceux ci deviennent de plus en plus obscurs et inutiles aux yeux de beaucoup. De là à
penser que la classe politique actuelle joue avec ce phénomène, pour ma part c'est un pas que je franchis volontiers.