Le livre de Jean-Louis CACCOMO: Le modèle français dans l'impasse!

Publié le par AL de Bx

!Le modèle français dans l'impasse!, de Jean-Louis Caccomo, sortie le 15 mars 2013

La tyrannie de la pauvreté

Il y a plus de 10 ans, j'ai écrit deux articles dans Le Monde qui m'ont valu un flot mémorable de lettres d'insultes, tout simplement parce que je tentais d'exposer une pédagogie de l'économie de marché qui ne soit pas seulement et uniquement une dénonciation du Grand Satan américain [1]. Le terme "économie de marché" est d'ailleurs un pléonasme car je ne vois pas une autre économie qui fonctionne selon d'autres principes.
A l'époque je croyais les lecteurs du monde intelligents donc ouverts et tolérants, mais, à défaut de proposer un raisonnement argumenté, ils tombèrent eux aussi dans l'invective, à l'instant des militants du Front National.
Avez-vous déjà lu un économiste dit libéral dans les colonnes de l'humanité ? Pourtant, il n'est pas rare de lire des détracteurs de la mondialisation dans les colonnes du Figaro. Car la droite a toujours le besoin de s'acheter une bonne conscience alors que la gauche s'accomode aisément de sa mauvaise conscience. Et son projet est machiavélique : multiplier les pauvres et les assistés pour consolider sa base électorale et faire perdurer son pouvoir. A force de fabriquer des moutons à tondre, on rend le berger indispensable. Et ça fonctionne !
Car les riches seront toujours minoritaires et ils ont la possibilité de s'expatrier dans les pays qui ne les montrent pas du doigt.
Ce n'est pas que je n'aime pas les pauvres car je viens plutôt d'une condition modeste et j'ai connu les douleurs et les souffrances de la pénurie, du manque et de la frustration permanente. Mais je n'aime pas la pauvreté. Et seule une croissance économique stable et durable, basée sur une offre adaptée, innovante et évolutive [2], est de nature à nous sortir ensemble de la pauvreté et, surtout, de la peur de devenir plus pauvre.
[1] « Entraver l’économie se paie en régression sociale ». Le Monde du 27 janvier 1998 et « Chômage et technologie, un débat tronqué », Le Monde du 21 avril 1998



[2] Voir les différents et excellents manuels de dynamique économique (théorie de la croissance) de Solow R. (Prix Nobel), Mankiw G., Abraham-Frois, Blanchard ou encore Valdès B.

 

 

En 1980, alors que je passais mon baccalauréat d’économie, le président Giscard nous annonçait qu’il entrevoyait le « bout du tunnel ». Aujourd’hui, le président Hollande nous promet la reprise de la croissance pour le troisième trimestre 2013. J’ai passé les trois quart de ma vie dans un pays en voie de sous-développement alors que le monde a connu une croissance sans précédent dans la même période, les pays émergents s’installant en deux décennies comme les futures locomotives de la croissance mondiale.


Tout ça parce ce que nos dirigeants, à gauche comme à droite, s’obstinent à croire à l’existence d’une « troisième voie » qui nous mène pourtant à l’impasse. Ce n’est pas nouveau. Le Général de Gaulle s’efforçait de placer la France en dehors de la sphère d’influence des Etats-Unis et de l’URSS. Depuis, au nom d’une mystérieuse « exception culturelle », les gouvernements français nous ont fait croire que notre pays pouvait échapper aux lois de l’économie, qui, comme le nuage de Tchernobyl, se seraient arrêtées à nos frontières.


Mais, pas plus que le théorème de Pythagore n’est grec, les lois de l’économie ne sont américaines. Elles sont au cœur de nos comportements, de la nature humaine et du bon sens qui échappent aux élites aveuglées par l’idéologie. Et tous les pays, qui ont niés les lois de l’économie, sont tombés dans la misère, la pénurie et le chômage, tandis que les pays qui les ont acceptés et intégrés ont décollé en quelques décennies. Il n’y a aucune exception à cette règle fatale.


Le XX° siècle est sans appel : les régimes totalitaires, qui promettaient un monde sans inégalités et sans pauvreté, se sont implosés sous l’effet de leur propre ruine morale et économique. A leur tour, les social-démocraties, sous le poids d’une dette devenue insoutenable, et qui condamne l’avenir même de nos enfants, ont dû entreprendre les réformes indispensables et nécessaires que, seule au monde, la France se refuse à faire. Entre ces deux voies sans issue, il est encore temps de redécouvrir la seule troisième voie qu’il a fallu tant de siècles à découvrir, celle de l’Etat de droit, des institutions de la république sans laquelle une économie de liberté et de responsabilité ne peut s’épanouir.

L'auteur :
Docteur en sciences économiques, maître de conférences à l'université de Perpignan où il est responsable des relations internationales du département « Economie & Management », et directeur du Master professionnalisé « Economiste Financier ». Auteur de trois ouvrages consacrés à l’innovation, il a réalisé plusieurs articles scientifiques dans les revues internationales (Journal of Evolutionary Economics, Economics of Innovation and New Technology) et les revues nationales (Revue d’Economie Industrielle, Revue Innovations) ainsi que de nombreuses contributions dans la presse nationale (Les Echos, Le Monde, Le Figaro, Le Midi-Libre) et internationale (Le Providence à Boston, l’Express de Toronto, L’Echo de Bruxelles). Il a été chroniqueur économique à l’AGEFI, le quotidien suisse de l’économie et des finances. Il participe à de nombreux programmes de coopération académique à l’international (dans la formation et la recherche).

18 euros – 256 pages – 14 x 20 cm

 

 

Pour se procurer ce livre

- soit par chèque, 20 euros par exemplaire, à l'ordre des Editions Tatamis, 103 rue Albert 1er, 41000 Blois

- soit par paiement sécurisé paypal :

 

 Extrait

Ce livre est le résultat d’une conviction profonde que, ni l’ignorance des masses, ni le mépris des élites, ne pourront ébranler. C’est la conviction que la société française est victime d’un mensonge destructeur, entretenu par un malentendu dramatique qui tourne à la farce en se présentant comme une espérance. Mais cette espérance est illusoire, l’espérance d’une troisième voie qui nous éviterait à avoir à accomplir certaines réformes et certaines adaptations qui seront d’autant plus difficiles à mettre en œuvre qu’elles seront retardées.
L’économie ne peut fonctionner sans valeurs morales.
Car l’économie est le résultat de choix réalisés par les individus. Plus précisément, l’économie ne fonctionne plus quand les individus ne veulent plus - ou ne savent plus - choisir. Généralement, les individus agissent en référence à des valeurs lesquelles conditionnent leurs préférences. Ces individus sont tour à tour producteurs, consommateurs, épargnants ou encore investisseurs. Ces catégories ne sont pas des classes ou des sectes composées d’individus intrinsèquement différents et en opposition entre eux. Nous sommes tous, tour à tour dans nos vies, consommateurs et producteurs. Cela dépend de la nature de nos choix.
Dans tous les cas, ces choix découlent de l’exercice de notre responsabilité laquelle implique l’acceptation des conséquences de notre liberté.
La liberté est un bien précieux que l’on a vite fait de perdre si l’on se refuse à admettre - et à assumer- les exigences qu’elle impose. La liberté ne se définit pas dans l’absence de contrainte. Un de mes collègues me dit un jour, parlant de notre système universitaire : « nous avons le meilleur système du monde ; car il nous garantit la liberté ». Mais il se trompait. Notre système nous garantit la sécurité de l’emploi qui découle de notre statut, mais certainement pas la liberté.
Nous sommes par rapport à l’Etat dans la situation que sont des enfants par rapport à leurs parents : comme c’est l’Etat qui nous nourrit, il faut lui demander l’autorisation d’agir en toutes choses. Et ce lien puissant permet d’orienter la production intellectuelle des chercheurs. Il n’y a là aucune liberté !
D’une manière générale, soit la société est libre, soit elle est dirigée par le sommet. Il ne peut y avoir de solution intermédiaire. Dans une société totalitaire, l’économie est totalement planifiée et réglementée, la pénurie est sciemment entretenue comme un instrument d’asservissement et l’individu n’a que des devoirs et des contraintes.
Dans une société libre, l’économie résulte de contrats librement passés entre les individus dont les droits sont légitimes et reconnus. L’offre s’ajuste à la demande si les conditions de fonctionnement des marchés sont respectées. Mais, ces mêmes droits impliquent des devoirs, qui sont la contrepartie de l’exercice et de l’épanouissement de notre liberté. Des droits sans devoirs ne sont que de « faux droits », des chèques sans provision. C’est justement le rôle du contrat, et non de l’Etat, que de préciser les droits et les engagements respectifs des parties prenantes.
 
Sommaire

Introduction : Toutes les utopies se valent-elles ?
I. L’illusion du grand régulateur
    La pénurie organisée
    La politique du Ni-Ni
    Guigou, des sous
    Les limites de l’action publique
    Les limites du discours politique
    L’ambiguïté de la gratuité
    Public versus privé
    La quête éperdue de la formule magique
II. Les lois économiques sont inscrites dans la nature humaine…pas au parlement
    On doit toujours choisir
    Choisir, c’est renoncer à quelque chose
    Le pouvoir d’achat
    De la nécessité de produire
    Supprimons les prix
    Le partage du pain
    Les fondamentaux de l’économie selon M. Raffarin
    Air Liberté et la solidarité des compagnies publiques
III. De l’économie solidaire au développement durable : que cachent les mots ?
    Le tout social
    Les effets pervers du concept ambiguë de justice sociale
    L’erreur est humaine
    Les leçons de l’expérience
    Johannesburg : le sommet de l’hypocrisie
    Les fondements de la prospérité
    Croissance et inégalités
IV. La France dans l’impasse
    Le syndrome du Titanic
    Le jeu des extrémismes
    L’individu désarmé
    La sécurité sociale : symbole de tous nos blocages
    Le monopole de la solidarité
    Le cercle infernal
    Le mélange des genres
V. La France et l’Europe face au monde
    La Constitution avortée et le mélodrame du référendum
    A la recherche de l’Europe
    Quand la Chine s’éveille
Conclusion : les fruits empoisonnés de l’impuissance
Annexe pour ceux qui pensent et théorisent l’économie : Splendeur et misère de l’économie
L’alibi culturel de l’exception française
    Le filon médiatique de l’horreur économique
    Les études en économie
    Le règne de la confusion
    Science et idéologie
Bibliographie

 

Autres liens L&L sur JL CACCOMO:

 

 

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article - 29/10/12 - Jean-Louis caccomo: Le libéralisme, ensemble de valeurs morales - Le libéralisme est un ensemble de valeurs morales non une idéologie « L’économie de…

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Publié dans Travail et Economie

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François de Durand 14/07/2014 18:03

Il faut que je trouve des sous pour me l'offrir...

THUREAU 01/04/2013 17:09


Et certaines réalités font la vie dure à certains "postulateurs"...:)....

THUREAU 01/04/2013 17:04


Tout ça ne traduit qu'un postulat.....