La crise de la dette "Made in China" pour l'occi dent!!

Publié le par AL de Bx

L'économiste Antoine Brunet estime que Pékin a provoqué la crise de la dette en Occident en maintenant un yuan sous-évalué.


Antoine Brunet, économiste, président d'AB Marchés et coauteur de La visée hégémonique de la Chine, décrypte les déclarations chinoises après la dégradation de la note souveraine américaine.

 

http://media.rtl.fr/online/image/2011/0806/7708544552_le-gouvernement-americain-doit-se-resigner-a-un-etat-de-fait-douloureux-le-bon-vieux-temps-ou-il-n-avait-qu-a-emprunter-pour-se-tirer-du-petrin-qu-il-avait-lui-meme-cree-est-termine-a-explique-l-agence-officielle-chinois.jpg


Le Point.fr : que pensez-vous des déclarations venues de Chine après la dégradation de la note souveraine américaine ?
Antoine Brunet : Qu'elles viennent du pouvoir lui-même ou des médias officiels, les déclarations disent principalement deux choses. D'abord, qu'il serait temps que les États-Unis se rendent compte qu'ils dépensent beaucoup plus qu'ils ne produisent, ensuite qu'il serait temps qu'ils réduisent leurs dépenses, et en particulier les militaires. C'est totalement paradoxal. Car la Chine contribue depuis maintenant dix ans à la désindustrialisation des États-Unis, mais aussi de l'Europe. Au lieu de produire nous-mêmes, la Chine nous oblige à acheter du made in China grâce à sa monnaie sous-évaluée. Cela se traduit par un déficit budgétaire, mais aussi par un déficit extérieur croissant. Les gouvernements occidentaux essaient alors de maintenir artificiellement l'activité en augmentant la dépense publique et la consommation, comme avec la prime à la casse en France.


N'est-ce pas donner trop d'importance à la Chine dans les problèmes de dette des Occidentaux ?
La Chine n'est pas le petit pays qu'elle a longtemps prétendu être. Le PIB de la Chine a déjà
dépassé depuis deux ans l'américain, même si ce n'est pas le chiffrage officiel. L'ONU a reconnu que la production manufacturière chinoise a dépassé celle des États-Unis en 2010.
 

 

Les travaux publics explosent depuis plusieurs années : la production d'autoroutes, d'aéroports, de ports, de bâtiments est beaucoup plus forte qu'aux États-Unis. La Chine est aussi le premier consommateur d'énergie primaire au monde (charbon, pétrole, électricité...), elle est la première consommatrice de ciment, de cuivre, d'acier... Il est impossible de faire ces constatations et de continuer à croire que le PIB chinois fait la moitié du PIB américain ! En maintenant, année après année, un excédent de 6 % de son PIB, la Chine a donc la capacité de déstabiliser les autres pays de la planète. Cela concerne non seulement les pays occidentaux, mais aussi des pays comme l'Inde et le Brésil, qui n'enregistre un excédent que parce que la Chine le transforme en un émirat. Elle importe du Brésil son soja, son sucre, son pétrole, son minerai, son fer et son bois. Les Brésiliens se plaignent de se voir imposer les importations à coups de yuans faibles.


La Chine ne s'est-elle pas engagée à laisser le yuan se réévaluer ?
Le yuan ne s'est réévalué qu'entre juillet 2005 et 2008 quand le Congrès américain a manifesté des signes clairs d'impatience à l'égard de la Chine. Il a alors progressé de 21 %. Mais cela n'a pas empêché la monnaie chinoise de se déprécier dans le même temps face à l'euro. Depuis la crise de 2008, qui a affaibli politiquement les pays occidentaux, la Chine se permet de ne plus réévaluer du tout. De juillet 2010 à juillet 2011, la hausse, de 6,48 à 6,60 dollars, a été dérisoire.


La Chine n'a-t-elle pas intérêt à laisser sa monnaie s'apprécier pour contrôler son inflation ?
Normalement, oui. Pourquoi la Chine ne le fait-elle pas ? Parce que, ce qui l'intéresse, c'est de déstabiliser les pays occidentaux sur tous les fronts, économique, social, budgétaire. En déstabilisant les finances publiques, elle oblige par exemple les gouvernements à revenir sur un certain nombre de dispositifs sociaux, ce qui va susciter la colère des gens.


Comment expliquer cette volonté ?
Les Chinois veulent s'emparer du monde, ils veulent ravir "l'hégémonie mondiale" des États-
Unis. Cela ne concerne pas uniquement l'économie. Les Chinois appliquent la même démarche sur le plan territorial, dans la course aux armements, par les alliances diplomatiques. La Chine vient de faire basculer le Pakistan dans une alliance avec elle, a déclaré que la mer de Chine du Sud lui appartenait. Elle est aussi en pointe sur l'armement.
 

 

Elle ne cesse de surprendre les Occidentaux par ses nouvelles capacités militaires. Ce qui explique que la Chine demande aux États-Unis une baisse de leurs dépenses militaires. Les
États-Unis ont déjà renoncé au projet de station sur la Lune pour des raisons budgétaires, alors que la Chine accélère son projet.


Doit-on craindre que la Chine se débarrasse de ses bons du Trésor américain ?
On a tendance à penser que, comme les États-Unis sont des clients majeurs de la Chine, celleci ne peut pas déstabiliser trop fort les économies occidentales. Mais il ne faut pas oublier que la Chine a réussi, principalement ces six dernières années, à se constituer de nouveaux marchés pour ses exportations dans les pays exportateurs de matières premières, comme la Russie, l'Asie centrale, le Moyen-Orient, l'Australie, l'Amérique du Sud, beaucoup de pays africains... La Chine diversifie déjà ses réserves de change. C'est elle qui est derrière la flambée de l'or. Si le métal jaune augmente autant, c'est que les hedge funds ont bien compris que la Chine ne laisserait jamais reculer l'or, pour mieux disqualifier le dollar comme réserve mondiale. La Chine est aussi à l'origine de l'appréciation de la monnaie coréenne, brésilienne, suisse...


Pourquoi les Chinois affirment-ils soutenir la dette européenne en achetant les titres des pays en difficulté ?
Ce sont des pyromanes qui veulent faire croire qu'ils sont des pompiers. Leur plan est de prêter à l'Europe pour s'emparer de ses actifs. Les Chinois savent qu'ils ne seront pas remboursés ou espèrent se rembourser sur les gages qu'ils prendront. Certains disent qu'il faut se servir des liquidités chinoises pour résoudre les problèmes de financement occidentaux. Si on fait cela, dans quelques années, la Chine se sera emparée d'entreprises comme Total Air Liquide ou Generali.


Comment les Occidentaux peuvent-ils réagir ?
La seule solution, c'est d'imposer à la Chine des représailles douanières jusqu'à ce qu'elle cède sur sa politique de change. Au diable, M. Lamy et son OMC. Il faut maintenant renverser le jeu mené par la Chine depuis dix ans. Il faut mettre 100 % de droits de douane sur le made in China.


Cela ne risque-t-il pas de déclencher des représailles massives ?
On aura certes une période de guerre économique, avec deux-trois ans de hausse des prix
manufacturés, mais avec la perspective d'une issue positive. L'alternative est de toujours reculer jusqu'à nous retrouver démunis de nos actifs, de notre technologie et inférieurs sur le plan militaire.

 

« Les chinois veulent s’emparer du monde »
Source, journal ou site Internet : Le Point
Date : 9 août 2011
Auteur : propos recueillis par Marc Vignaud

 

http://images.doctissimo.fr/1/actualite-societe/dette-effondrement-economique/photo/hd/4427181442/11209635f0c/dette-effondrement-economique-bulle-euro-big.jpg

 

Tous ruinés dans dix mois

Si les hommes politiques se conduisent enfin en hommes d'Etat et prennent la mesure de la
gravité de la situation, les solutions existent pour sortir l'Europe de la crise.
Les marchés ne laissent aucun répit aux peuples aussi longtemps que les hommes politiques
ne se conduisent pas en hommes d’Etat. Cette vieille loi, valable depuis des siècles, est
aujourd’hui d’une cruelle actualité. Il ne sert a rien de refaire l’Histoire; de répéter que si les
décisions prises au dernier sommet européen l’avait été 18 mois plus tôt , il n’y aurait pas de
crise de l’euro aujourd’hui, car l’eurozone disposerait de l’outil technique et de l’arme
juridique pour contrer la spéculation. En particulier, les banques ne pourraient plus, en même
temps et au sein du même établissement, constater des pertes sur les emprunts d’Etat d’un
pays et vendre à découvert ces mêmes obligations. Il est désespérant d’avoir à répéter
qu’existe aussi une solution aux problèmes structurels de l’Eurozone; une solution que
beaucoup proposent depuis des années: la mutualisation d’une part plus grande de la TVA
entre pays de l’Union, pour financer le service d’eurobonds émis par une entité ad hoc de
l’euro zone. Ces eurobonds pourraient utilement se substituer à une partie des dettes nationale
et permettre à l’Europe de réinventer son avenir industriel, entrepreneurial et technologique;
et de rembourser sa dette par la seule manière raisonnable, la croissance. Cela ne dispenserait
pas d’effort les pays les plus endettés ; c’est à leur portée: il suffirait par exemple de taxer
pendant dix ans de 1,5% la fortune privée des Italiens (qui est, en proportion, près de 25%
supérieure a celle des autres européens) pour faire disparaître la dette publique de ce pays.
Seulement voilà: les dirigeants européens, sous l’influence de groupes de pression a courte de
vue, et incapables de penser la politique hors des exigences de la finance, n’ont pas cru à la
gravité de la dynamique en marche depuis la fin de 2007. Ils se sont contentés de naviguer au
plus près, d’illusoires sommets européens en G20 de pacotille, repoussant les échéances par
des mesures minuscules et de déclarations contradictoires. S’ils ne veulent pas rester dans
l’Histoire comme les fossoyeurs de l’euro, et de l’Union, les dirigeants européens doivent agir
très vite. Ils doivent convoquer un nouveau sommet de l’eurozone, qui décidera enfin de ce
pas nécessaire vers le fédéralisme en Europe. Et qui, en attendant que cela puisse entrer en
vigueur, après le vote des parlements nationaux, qui devront pour cela être convoqués au plus
tôt, autoriserait la BCE à défendre la valeur de l’euro et la liquidité du système bancaire par
tous les moyens a sa disposition, même les moins orthodoxes. S’ils ne le font pas, ou s’ils ne
réussissent pas à convaincre leurs partenaires de le faire avec eux, les événements
continueront de s’enchaîner vers le pire. Ceux qu’on accusait, il y a peu encore, de
pessimistes, passeront alors pour de doux rêveurs. En particulier, dans ce cas, les élections
présidentielles françaises se dérouleront dans un contexte de débandade, de remise en cause
de l’existence même de l’union et d’une récession plus grave encore que celle de 2008. Alors,
les peuples rappelleront à ceux de leurs dirigeants qui n’auront pas su maintenir l’Europe
comme la région économique la plus riche et la plus prospère du monde la dimension tragique
de l’Histoire.

 

Jacques ATTALI

Publié dans Travail et Economie

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wijngaards 28/08/2011 13:14



Merci monsieur Attali


Comme dissait un autre grand juif qui aurait due avoir le prix nobel pour l'humour et ne lui faisant pas trop la reproche d'avoir volé les équations à Henry Pointcarré  ou travaux de
Lorentz.


Je veux parler de Einstein


" on ne resout les problèmes avec ceux qui les ont crée".


Quand on veut réguler des systèmes qui peuvent fonctioner par la libre échange on a toujour tort.



Suzette-Amandine Bonnefond-Netscher 12/08/2011 02:01



Suzette-Amandine Bonnefond-Netscher Achetez de l'or ou des provisions ou les deux :)



Jean Charles Foucher 11/08/2011 09:19




Jean Charles F Brrrrr, ça fait froid dans le dos, la chine sangsue du monde occidentale, à l'affut pour
nous manger tout cru. Il faut dire aussi que notre avidité lui a donné les couverts et l'assiette, bon appétit...:(




François Guillaumat 11/08/2011 08:51



François Guillaumat Salauds d'épargnants ! C'est leur faute si on est obligé de leur emprunter.