L'Etat et sa dette; l'emprunt national et "bis répétita"

Publié le par AL de Bx

Les Français épargnent beaucoup. Proposons leur un grand emprunt national

 

C’est l’une des dernières idées à la mode. Pour se dégager de son endettement, l’Etat français pourrait lancer un très grand emprunt national, bien au-delà du « grand emprunt » lancé en 2009. On peut faire appel à l’épargne, qui n’a jamais été aussi importante. Il vaut mieux avoir nos compatriotes pour créanciers que les gnomes du marché financier international. 


Idée géniale.

 

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Elle ignore tout d’abord qu’aujourd’hui la dette de l’Etat français est portée par des étrangers, à 70 % - ce qui la distingue de la dette japonaise voire espagnole qui est due à des nationaux. Qui plus est, la dette est surtout à court terme, de sorte que les échéances sont de plus en plus rapprochées, tandis que le service de la dette, de son côté, est continu. En d’autres termes, l’Etat français endetté est à la merci d’un mouvement de retrait massif s’il venait à perdre de la crédibilité. Emprunter pour rembourser les emprunts (procédé appelé « cavalerie ») n’est pas de nature à rassurer les créanciers. Les gnomes ne font pas de cadeau.


Mais, précisément, ne peut-on leur substituer de bons et loyaux citoyens français ?

Il est vrai que l’épargne française s’est accumulé depuis plusieurs mois, les Français prenant la saine précaution de mettre de l’argent de côté pour se garantir contre la faillite plus que probable de l’assurance-vieillesse gérée par la Sécurité Sociale.

Mais si les Français n’ont pas confiance dans la parole de la Sécu, se laisseraient-ils séduire par les promesses de l’Etat ? Quelle est la probabilité de se voir intégralement rembourser ?


D’autre part, depuis fort longtemps l’Etat ne se prive pas de dériver vers le circuit public une grande partie de l’épargne française. Comme l’explique Jean Yves Naudet, les épargnants qui ont un livret A se font voler comme au coin du bois. Cet argent vient soulager les budgets, en finançant des investissements jugés prioritaires comme la construction de HLM, etc. C’est autant que l’on ne peut mobiliser pour un grand emprunt national.

 



Les épargnants vont-ils vider les autres comptes d’épargne qu’ils ont pu constituer ? Vont-il rompre leurs contrats d’assurance-vie (déjà bien pénalisés par les changements de la loi fiscale) ? Vont-ils vider leurs comptes à terme, leurs comptes épargne-logement, leurs plans d’épargne par actions, etc. ? Pour quel taux, et avec quelles garanties ? Ont-ils davantage confiance dans l’Etat que dans les banques ou les fonds de placement ?

On voit l’importance de l’effort qui serait ainsi demandé à l’épargnant français.


Pourtant, certains arguent du succès du « grand emprunt » de 35 milliards qui a été couvert facilement. C’est oublier que cet emprunt n’a pas été souscrit par les ménages français, mais par les investisseurs institutionnels. On avait abandonné la première version de l’emprunt qui aurait dû faire appel à toute la population, car cela aurait été trop cher (sans doute du 4%). Finalement le « grand emprunt » a été souscrit à court terme et à un taux variable (qui sera certainement appelé à monter dans les mois à venir), de sorte que le service de la dette sera…ce qu’il sera ! Pour couronner le tout, on sait que le gouvernement s’est creusé la tête pour savoir où employer ces 35 milliards. Sûrement pas à rembourser la dette, mais finalement pour moitié à financer les universités et la recherche – tonneaux des Danaïdes, et pour l’autre à la Caisse des Dépôts, et autres organismes para publics experts en fonds perdus.


Nous ne voyons pas comment l’opération pourrait être renouvelée, sauf à proposer des taux aux épargnants d’un niveau très supérieur à ceux que l’on pratique aujourd’hui sur le marché mondial.

Il est vrai que nous nous en tenons ici à une analyse purement économique et financière. Les partisans du TGEN, très grand emprunt national, se placent d’un autre point de vue : le patriotisme.


La patrie est en danger. Comme pendant la première guerre mondiale ou pour la reconstruction du pays après la deuxième guerre mondiale, il peut être fait appel au sentiment national des Français.


Traduisons : des couplets patriotiques peuvent faire oublier à ces stupides épargnants français que l’Etat s’est mis dans de mauvais draps et qu’on leur demande maintenant de donner leur argent, qui ne leur sera jamais remboursé. Ils donnent déjà en tant que contribuables, en tant que consommateurs, il leur faut donner en tant qu’épargnants. On n’a rien donné tant que l’on n’a pas tout donné.

 

 Le 27 Décembre 2010

Source Aleps

DETTE PUBLIQUE : UN GRAND EMPRUNT S’IMPOSE

Publié dans Travail et Economie

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Nicolas Demoure 04/01/2011 12:25



Nicolas Demoures euh... oui... mais il n'y a pas tromperie ni vol... on sait que le livret A sert aux
HLM...



aldebx 04/01/2011 11:53



Alain Genestine Moment de reconstruction de l'après-guerre, une manière effectivement de pouvoir loger un maximun
de personne, en attendant cette dite reconstruction. Actuellement c'est du social, non plus de solidarité réelle (entraide); mais répond plus à une idéologie constructiviste, nonobstant les
privilèges que s'octroie certains services de l'Etat allié aux travaux publics...du chef d'entrep. véreux au député, via les organismes d'Etat.



Nicolas Demoures 04/01/2011 11:52



Nicolas Demoures euh... à la base le livret A sert justement à financer le logement social il me
semble...



Jacques Kerremans 03/01/2011 19:15



Jacques Kerremans vervang 'les Français' nu gewoon door 'de Belgen' en de rest volgt wel...