L'analyse institutionnelle de Hayek - Ordre spontané, auto-organisé

Publié le par AL de Bx

Après l'analyse de certains aspects économiques majeurs de la pensée de Friedrich Hayek, Emmanuel Martin propose ici un rapide tour d'horizon des aspects institutionnels de la pensée de l'auteur autrichien. Le constructivisme économique étudié dans le dernier podcast est parallèle à un constructivisme de type juridique qui considère que l'on peut "créer" le droit, légiférer, pour atteindre certains buts sociaux. Cette mésinterprétation du droit peut avoir des conséquences. en revenant sur la distinction entre les ordre créés et autogénérés d'une part, et les règles particulières et les règles générales d'une autre part, Hayek tente de démontrer les dangers des mélanges institutionnels douteux.

 

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Voir la vidéo, remerciement à Jaar2001

 

 


On voit donc que l’œuvre d’Hayek est traversé par ce souci de ne pas céder aux sirènes de ce qu’il a appelé la présomption fatale c’est à dire cette volonté de construire la société de manière centralisée, par le biais de mesures qui remettraient en cause l’Etat de droit, la liberté et l’autonomie des hommes et qui conduisent trop souvent au chaos social. Au delà de l’inefficacité inhérente à ce type de procédure – pour des raisons liées à la connaissance dispersée et parcellaire des hommes dans une société – c’est aussi la valeur même de la liberté qui est mise en péril. » cliquez ici pour lire sur le sujet le blog de damien (Nicomaque)

Retrouvez aussi cette retranscription sur Catallaxia.net
et
cliquez l'image Contrepoints, lire l'exposé

 

Pour comparaison une étude de Hugon:

cliquez ici en pdf: [PDF]

Ecole Thématique: » les méthodes de l'analyse institutionnelle

 

la réalité complexe et évolutive des sociétés oblige à dépasser le clivage entre anthropologie holiste et l'économie individualiste, institutionnalisme rationnel et historique. On ne peut pas retenir la tradition anthropologique postulant le primat du fait social irréductible à des phénomènes individuels et la non pertinence de l'homo oeconomicus pour des sociétés "primitives "ou sous développées. On ne peut non plus supposer d''analyser les comportements indépendamment des structures sociales en postulant l'universalité des mobiles (utilitarisme), des modes opératoires (rationalité substantielle) et de la coordination marchande.


Les acteurs sont situés. Ils agissent dans un univers risqué ou incertain. Ils privilégient dès lors dans les sociétés sous développées le court terme du marché et les investissements intergénérationnels de l'appartenance à des réseaux sociaux. Il y a à la fois combinaison de stratégies très individualistes et de stratégies communautaires. Le poids du quotidien conduit à une très forte préférence pour le présent et l'immédiateté dans un contexte où dominent l'instabilité, la faible espérance de vie, l'insécurité, la précarité. Mais ces logiques se situent également dans l'horizon du long terme des appartenances communautaires et des stratégies intergénérationnellees. le calcul utilitilitariste et individualiste au sein de communautés d'adhésion se combine chez chaque acteur avec des normes imposées par des communautés d'appartenance. L'idéal type de l'homo oeconomicus est tout aussi inadéquat que celui de l'homo anthropologicus (Hugon 1993 ).


Les arrangements institutionnels qui répondent à une fonction de réduction des coûts de transaction et des incertitudes. doivent être différenciés des structures ou configurations institutionnelles qui ont une épaisseur sociétale et qui sont insérés dans des histoires longues et répondent à des contextes spécifiques. Il importe d'analyser leurs interdépendances et non de raisonner « caeteris paribus » par une approche individuelle « bottom up » ou holiste « top down ».


Les transitions institutionnelles sont plurielles et permettent d'opposer les processus évolutifs des processus involutifs. Les configurations institutionnelles diffèrent radicalement entre les pays émergents, les pays pauvres pris dans des trappes à pauvreté et les Etats faillis ou en conflits connaissant des processus involutifs. Mais en même temps, la très grande différenciation de ce que l'on appelait il y a peu le Tiers Monde, la périphérie ou le Sud réduit fortement l'altérité voire l'exotisme d'un monde sous-développé radicalement différent. Symétriquement, la montée de l'exclusion, de la pauvreté, de la marginalité ou de l'informel au "Nord", rapproche des questionnements de l'économie du développement. Le poids de l'ethnicité, du culturel, du religieux, des rapports sociaux domestiques est essentiel pour comprendre les sociétés industrialisées, ou capitalistes. Les soit disant spécificités ou blocages culturels au développement n'apparaissent que dans des conditions déterminées. L'émergence de l'innovation au sein de représentations symboliques différentes est un problème universel qui a trouvé des réponses dans des cultures différentes.


Il n’existe aujourd’hui dans un monde à la fois un et pluriel que des situations ambigues, que des pratiques contradictoires et des référents pluriels. Les relations sociales ne peuvent être analysées que dans une relation dialectique d’extériorité et d’intériorité. Le monde se traduit par des asymétries spatiales et des dynamiques inégalitaires croissantes qui interdisent de penser l’uniformisation. Une approche institutionnaliste incorporant l’histoire doit étudier les conflits, les luttes, les contre pouvoirs et voir comment, dans un contexte donné, il y a pluralité des institutions et domination de certaines. La question du développement est celle du sens que les hommes donennt aux histoires qu'ils subissent ou qu'ils construisent.

Publié dans Libéralisme

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