Grosse panique au sein de l'Euro-Groupe!

Publié le par AL de Bx

Jamais depuis la crise grecque du printemps dernier, un pays n’avait paru aussi vulnérable face aux marchés.
Alors que l’idée d’un plan de sauvetage de l’Irlande se profile, la presse européenne s’inquiète des conséquences pour les autres membres de l’UE.

 

http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1244655-1623427.jpg?v=1235298880



"L’Irlande vers une nouvelle crise financière", annonce ainsi la Frankfurter
Runsdschau. Et chaque jour, le sort de l’économie irlandaise, affaiblie par la dette
et des taux d’intérêt de plus en plus élevés, paraît plus alarmant pour l’ensemble
de la zone euro. “Le refrain du déchirant acte II de la crise de l’euro a été
entonné par Wolfgang Schäuble”, constate de son côté la Berliner Zeitung.
Le ministre des Finances allemand demande qu’à l’avenir, les détenteurs
d’obligations passent à la caisse lorsqu’un Etat-membre de la zone euro devra
être sauvé par les autres. “Pour les investisseurs, c’est une mélodie nouvelle",
commente le quotidien : "jusqu’à présent, ils supposaient que la zone euro
rachèterait ses membres. […] Maintenant qu’ils croient devoir assumer un
risque, il exigent des intérêts plus élevés.” Le journal cite un membre du
directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui affirme que “les plans
allemands mènent inéluctablement à des attaques spéculatives renforçant la
crise”.

 
"La hausse des taux d’intérêt pourrait conduire l’Irlande et le Portugal à réclamer l’aide européenne", constate Diário de Notícias à Lisbonne. "L’UE se prépare à aider l’Irlande, dont les intérêts sur la dette ont dépassé les 9%. Le Portugal pourrait être le prochain à en avoir besoin, sauf si les marchés se calment.”


Pour le Portugal, “la possibilité d’échapper à une telle demande s’amenuise chaque jour”, à moins que la perception du risque par les marchés ne change, prévient l’économiste Antonio Nogueira Leite, cité par le quotidien. "L’UE se déclare prête pour le sauvetage de l’Irlande", assure pour sa part La Vanguardia, qui ajoute que "l´Espagne atteint son risque maximal". A Séoul, pendant la réunion du G20, José Manuel Barroso a déclaré que tout est prêt pour le sauvetage de l’Irlande "en cas de nécessité", mais les déclarations du président de la Commission européenne, qui prétendaient calmer les marchés, "ont déclenché de nouvelles spéculations". Le quotidien catalan souligne que cette inquiétude est renforcée "par le blackout sur l’information instauré à Bruxelles, qui rappelle les jours qui ont précédé le sauvetage grec", en mai dernier. La différence, aujourd’hui, est que la zone euro dispose du mécanisme européen de stabilité financière, ajoute La Vanguardia.


Pour enrayer la crise, l’option la plus crédible serait que "la France et
l’Allemagne redonnent confiance aux investisseurs", affirme Virginia Romero, de
la société d´investissement Ahorro Capital, qui souligne aussi qu'en cas de
sauvetage de l’Irlande, la situation serait pire que celle créée avec le sauvetage
grec en mai, car "on passerait de l’exception à la généralisation". La grande peur
serait donc "une contagion généralisée, même au-delà des pays périphériques",
conclut La Vanguardia. "Tout cela est un grand malentendu”, assure le Financial
Times Deutschland. Le quotidien économique considère que "la politique et les
investisseurs agissent selon leurs habitudes - ils ne font pas bon ménage". Car si
la politique, surtout européenne, rampe au rythme des compromis et des
majorités, la finance, elle, veut de la rapidité et des bases solides pour prendre des
décisions. "Au printemps dernier, l’Europe a vécu douloureusement où cela peut
nous amener quand ces deux principes incompatibles se rencontrent” ; la crise
grecque s’était alors transformée en crise de l’euro par la faute d’une politique
trop lente. D’où l’appel en Une du FTD: “Maintenant, faites vite!” A Dublin, le temps paraît encore plus compté : "l’Etat irlandais est insolvable : ses dettes dépassent de loin tout moyen réaliste de les rembourser", écrivait en début de semaine l’économiste Morgan Kelly, dans un article de l’Irish Times qui continue de susciter beaucoup de réactions en Irlande.

 

http://blufiles.storage.live.com/y1pW8ndSuDgnmSdTiRrdtE14saj_SUKnT3DwFL3dXHVkcki-m9wtTD3D37D3Qd2tEHhC-0qCBR-NKk

 

C’est une tragédie en deux actes, explique-t-il. Le premier a été le plan de sauvetage des banques toxiques à 70 milliards d’euros, dans lequel “ira chaque centime de vos impôts pendant les deux ou trois ans à venir". Le prochain sera une crise du crédit immobilier, dont les symptômes apparaissent déjà. “Les gens vont très loin; ils ne paient pas leurs factures et
empruntent énormément à leurs parents pour pouvoir rembourser leurs emprunts." Et pendant ce temps, ironise Morgan Kelly, "les marchés rendent hommage à la gestion calme et résolue de la crise par le gouvernement et la Banque centrale en plaçant la dette irlandaise dans le même groupe des pays à risque que l’Ukraine ou le Pakistan, deux crans au-dessus du niveau de junk de l’Argentine, de la Grèce et du Venezuela." "Depuis septembre, une équipe permanente d’‘observateurs’ de la BCE a élu résidence au ministère des Finances", révèle également l’économiste. "Bien qu’elle soit composé de fonctionnaires de plusieurs nationalités, on les appelle ‘les Allemands’." Réagissant à cette sorte de mise sous tutelle, le quotidien tchèque Lidové noviny s’inquiète de la redéfinition du concept de "solidarité européenne“, dans laquelle "les contribuables irlandais sont condamnés à travailler dur et sacrifiés à la seule vision franco-allemande de la politique monétaire européenne“.

 

Panique dans la zone euro
Source journal ou site Internet : Presseurop
Date : 12 novembre 2010

Publié dans Europe

Commenter cet article

Guy André Pelouze 13/11/2010 16:47



Guy André Pelouze Le but c'est le bail out total de l'Eurozone pour sauver les establishments keynésiens...



Pierre Robert Michon 13/11/2010 14:38



Pierre Robert Michon


Je ne sais ce qui en est de la gouvernance franco-allemande de l'Europe, mais ce qui est certain c'est le coût du refinancement de la dette irlandaise après celle de la Grèce. Ce ne sont
plus des exceptions et on n'a pas encore parlé de celle du Portugal et celle de l'Espagne. Quid de celle de l'Italie et celle de la Grand-Bretagne? Comment dans
ces conditions où la grande Europe est encore un nain en regard de la Chine, des USA ou des autres du BRIC qui n'ont pas de cadeau à lui faire, penser que les refinancements en 2011 de certaines
dettes souveraines de la France, soient impossible à des taux acceptables et que notre "modèle social" ne puisse faire autre chose que d'exploser. Quoique les "petits bras musclés" du nouveau
maître du Monde (Présidence du G20) puisse faire. Et dans ces conditions quel est l'exemple que l'on donne aux pays émergents que d'avoir l'arrogance de vouloir donner des leçons au monde entier
quand on n'est pas capable de faire le ménage chez soi ? Triste et grave.