Europe: Droits de la femme/Egalité des chances

Publié le par AL de Bx

40% d'administratrices pour améliorer le sort des femmes au travail

Entretien avec les rapporteurs Rodi Kratsa-Tsagaropoulou et Evelyn Regner   Les rapporteurs Rodi Kratsa-Tsagaropoulou et Evelyn Regner nous expliquent en quoi la problématique du nombre de femmes dans les conseils d'administration des entreprises est cruciale
 

 

La Journée des Femmes approche; cette année encore les inégalités entre hommes et femmes sont flagrantes. En 2013, le thème est la réponse des femmes à la crise, et les députés s'attaquent au problème des femmes dans les conseils d'administration. Seuls 13,7% de femmes siègent dans les conseils des principales entreprises de l'UE. La démocrate socialiste autrichienne Evelyn Regner et la démocrate chrétienne grecque Rodi Kratsa-Tsagaropoulou, rapporteurs, nous disent en quoi ce thème est crucial.


Pourquoi avoir décidé de s'attaquer au problème des femmes dans les conseils d'administration, alors que ces postes ne concernent qu'une petite fraction de la population active?

E. Regner: Il est grand temps! C'est une question de justice et de traitement équitable. Si vous voulez que le monde économique fonctionne, vous ne devez pas toujours voir les choses comme un cheval avec des œillères. Vous ne pouvez pas laisser la moitié de la population de côté.

R. Kratsa: C'est une question hautement symbolique. Si les femmes étaient mieux traitées dans l'échelle inférieure de la hiérarchie, il ne serait pas question de mesures particulières pour qu'elles atteignent le sommet. Plus les femmes ont de possibilités, plus facilement elles accéderont aux conseils d'administration. Par ailleurs, tel que souligné par de nombreuses études, la performance des entreprises serait renforcée.

Pensez-vous qu'il sera difficile d'atteindre le quota de 40% de membres du conseil d'administration de chaque sexe, surtout dans certains secteurs d'activité?

E. Regner: Bien sûr que cet objectif sera très difficile à atteindre. D'un autre côté, 30% de femmes dans les conseils d'administration, c'est le minimum absolu si on veut avoir un impact sur la façon de travailler et la façon d'envisager les choses.  Nous devons cependant rester flexibles: lorsqu'une entreprise produit des biens destinés avant tout aux hommes, où la grande majorité des travailleurs sont des hommes, je ne pense pas que 30% de femmes devraient siéger au conseil d'administration. Mais ce chiffre de 40% nous donne une direction, qui est la bonne direction.

R. Kratsa: Je suis favorable à un objectif concret et chiffré. La proposition de directive offre un cadre réaliste et applicable. De plus, nous disposons déjà d'une base de données de presque 8000 femmes en Europe qui ont l'ambition personnelle, l'expérience et la compétence pour siéger en conseil d'administration.

A votre avis, quelles sont les prochaines mesures que le Parlement doit prendre pour parvenir à un environnement de travail plus équilibré vis-à-vis des deux sexes?
E. Regner: Nous devons parvenir à un meilleur équilibre du nombre de femmes dans toute la structure de l'entreprise, et pour cela, nous avons besoin de programmes de qualification pour les femmes. L'important, ce n'est pas qui est à la tête de l'entreprise, mais le fait que l'entreprise laisse sa chance aux femmes à tous les niveaux. Les sanctions sont également primordiales si l'on veut rendre la directive efficace.

R. Kratsa: Il faut maintenant s'attaquer à la question des infrastructures sociales, à la réconciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, à la méritocratie dans les entreprises, pour donner  plus d'espace, de visibilité et de valorisation aux femmes.

Le rapport législatif sur l'équilibre hommes-femmes parmi les administrateurs non exécutifs des sociétés cotées en bourse devrait être voté par le Parlement européen lors de la session plénière de novembre 2013.

 

Source: le parlement européen du 4/3/2013

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