Culture: Le François!

Publié le par AL de Bx

La langue française en 5 idées reçues

L'édition 2013 de la Semaine de la langue française et de la Francophonie du 16 au 24 mars 2013.

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Le français s'appauvrit. C'est une langue difficile... A l'occasion de l'ouverture de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, retour sur les préjugés qui collent à la peau de la langue française.

 

Non, il n'est pas question de sortir notre Bescherelle pour un cours de grammaire accéléré, ni de passer en revue les exceptions linguistiques. La Semaine de la langue française et de la Francophonie ouvre ses portes le 16 mars sur le thème "Dis-moi dix mots semés au loin", il est temps de se pencher sur les préjugés qui ternissent -ou magnifient- l'image de notre bonne vieille langue de Molière. Est-elle si difficile à apprendre? Pourquoi s'échine-t-on à en faire l'emblème de l'amour? Le point sur les idées reçues. 

Le français est difficile

Ce fâcheux défaut lui colle à la peau. La langue française est truffée d'exceptions grammaticales. Elle repose sur une syntaxe complexe, des règles immuables, une orthographe à faire pâlir. De quoi prendre ses jambes à son cou. Alors comment expliquer qu'autant d'auteurs étrangers l'adoptent? Atiq Rahimi, Eugène Green, Scholastique Mukasonga, Vassilis Alexakis, parrains de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2013, manient la langue de Molière avec plus de raffinement qu'un natif. 

"La grammaire française est tellement stricte que si on la suit bien, il n'y a pas de problème. Il est facile d'avoir une écriture correcte en français ", explique Gao Xingjian, Prix Nobel de la littérature et auteur de la Montagne de l'Ame, cité dans L'Aventure du Bilinguisme d'Aleksandra Kroh. Ses codes offrent un guide. En suivant ses prescriptions, il est possible de s'exprimer avec élégance. Le cinéaste et écrivain Eugène Green ouvre pour sa part une autre piste. "Le français impose un recul, une réflexion intellectuelle pour trouver la bonne orthographe, pour conjuguer, même pour quelqu'un dont c'est la langue maternelle", explique le cinéaste. "Si bien que la langue française met un auteur d'origine étrangère sur un pied d'égalité". 

Le français est moins "cool" que l'anglais

Si l'anglais est associé à la culture pop branchée - le "hipster" s'amuse à ponctuer ses propos de "fail", "huge", "seriously" ou "old school" -, il est l'une des langues qui a le plus emprunté à notre lexique. Les mots "bigot" et "touché" cartonnent aux Etats-Unis. Ils figurent même dans le top 10 des mots de l'année 2012 de Merriam Webster, le grand l'éditeur de dictionnaire américain. Que ce soit l'emploi de termes désuets ("crème de la crème"), de vocabulaires de la galanterie ("femme fatale") ou de notions issues de mouvements artistiques ("nouvelle vague", pour le cinéma), nombreuses sont les expressions françaises à avoir investi la langue de Shakespeare. 

"Plus qu'un facteur démographique, le rayonnement d'une langue repose sur la puissance culturelle du pays, pointe Xavier North, délégué général à la langue française et aux langues de France. C'est parce que notre gastronomie est reconnue à l'international que les termes français issus du domaine culinaire se sont installés dans la plupart des langues étrangères, de même pour la danse et la haute couture", poursuit-il. Cela dit, le français d'aujourd'hui pioche quasiment exclusivement dans le lexique anglo-américain. 

Le français ne se prête pas à la musique

Ah oui? La programmation de l'édition 2013 de la Semaine de la langue française et de la Francophonie fait office de première réponse, offrant une place de choix au slam. Le temps des tournois, la parole libre des artistes incarne les dix mots emblématiques de la manifestation ("atelier", "bouquet", "cachet", "coup de foudre", "équipe", "protéger", "savoir-faire", "unique", "vis-à-vis", "voilà"). Si le slam a plutôt des allures de poèmes que les tubes de Lady Gaga ou Rihanna, il repose sur le sens du rythme, le claquement du son. La langue devient un instrument de musique à part entière. Et le français s'est toujours parfaitement prêté à cet exercice, sans mentionner les chansons à texte en général. De Serge Gainsbourg à Jacques Brel, en passant par Bénabar, la liste des artistes serait bien trop longue à dérouler, mais l'engouement récent autour de l'excellent groupe hexagonal Fauve prouve que le français a encore de beaux jours musicaux devant lui. 

Le français s'appauvrit

Si la langue française est assez réticente aux néologismes, elle ne cesse de créer des nouveaux sens ou d'emprunter à l'étranger. Elle continue de s'inventer. En témoigne le mot "kiffer", qui provient de l'arabe, il est totalement entré dans la langue. Le français est menacé s'il perd sa fonctionnalité, s'il n'est plus en mesure d'exprimer l'intégralité de notre expérience de la réalité. Or, certains domaines, comme celui de la recherche, utilisent exclusivement l'anglais. Mais il est toujours temps de faire machine arrière. Pendant la Semaine de la langue française et de la Francophonie, les librairies mettent à l'honneur les ouvrages consacrés aux mots pour matérialiser le pouvoir de notre langue. La librairie du Québec, à Paris, invite notamment ses clients à écrire des textes courts autour des dix mots de la manifestation dans le cadre d'un concours. 

Le français est la langue de l'amour

Pourquoi attribue-t-on cette image au français? Si la réputation est flatteuse, il serait bien d'en connaître les origines. "L'amour et la passion amoureuse se sont exprimés avec force dans la littérature française", tente d'expliquer Xavier North, délégué général à la langue française et aux langues de France. De La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette à Belle du Seigneur d'Albert Cohen, en passant par Madame Bovary de Gustave Flaubert, la plupart des grands romans français sont liés à l'amour. L'image du pays entier est une image romantique. "Les amoureux accrochent des cadenas sur le Pont des Arts pour sceller leur lien", poursuit-il. La Cité de l'architecture et du Patrimoine organise d'ailleurs le 21 mars un voyage littéraire dans la cité de l'amour à travers des textes d'auteurs du XIXe et XXe siècles. Quand les murs de la ville dévoilent les grands textes... 


L'ensemble de la programmation de la Semaine de la langue française et de la Francophonie sur www.dismoidixmots.culture.fr 

 

 

La langue française en 5 idées reçues

Par Laure Beaudonnet   source: l'Express.fr

Le français est une langue indo-européenne de la famille des langues romanes. Le français s'est formé en France (variété de la « langue d’oïl ») et est aujourd'hui parlé sur tous les continents par environ 220 millions de personnes dont 115 millions de locuteurs natifs, auxquels s'ajoutent 72 millions de locuteurs partiels (évaluation Organisation internationale de la francophonie : 2010). Elle est une des six langues officielles et une des deux langues de travail (avec l’anglais) de l’Organisation des Nations unies, et langue officielle ou de travail de plusieurs organisations internationales ou régionales, dont l’Union européenne. Après avoir été à l’époque de l’Ancien Régime français la langue des cours royales et princières, des tsars de Russie aux rois d’Espagne et d'Angleterre en passant par les princes de l’Allemagne, elle demeure une langue importante de la diplomatie internationale aux côtés de l’anglais, de l'allemand et de l’espagnol.


La langue française est un attribut de souveraineté en France, depuis 1992 « la langue de la République est le français » (article 2 de la Constitution de la Cinquième République française). Elle est également le principal véhicule de la pensée et de la culture française dans le monde. La langue française fait l’objet d’un dispositif public d’enrichissement de la langue, avec le décret du 3 juillet 1996 relatif à l'enrichissement de la langue française.


La langue française a cette particularité que son développement et sa codification ont été en partie l’œuvre de groupes intellectuels, comme la Pléiade, ou d’institutions, comme l’Académie française. C’est une langue dite « académique ». Toutefois, l’usage garde ses droits et nombreux sont ceux qui malaxèrent cette langue vivante, au premier rang desquels Rabelais et Molière : il est d’ailleurs question de la « langue de Molière »

La langue française a une sémantique très riche. Elle se prête à des jeux de mots, des traits d’esprit, des devinettes, des contrepèteries

Cette caractéristique est importante pour le traitement de l’information dans les bases de données (web sémantique).

La définition même de « mot » fait difficulté, ce qui vide de sens la question de la « richesse » relative du vocabulaire des diverses langues : les langues dites « agglutinantes », par exemple, peuvent créer une infinité de « mots » dont chacun équivaudrait pour les francophones à une phrase entière.


S’il est question de la langue française (ou anglaise), il est impossible de fournir un dénombrement de l’ensemble des formes qu’offre une langue : certaines (comme dans le cas de tous les verbes qui peuvent composer avec le préfixe re-) n’ont qu’une existence virtuelle ; chaque jour, d’autres se créent ou disparaissent de l’usage. Le vocabulaire spécialisé des sciences est en constant développement : le Dictionnaire de la chimie de Duval, loin d’être exhaustif puisque plus de 100 000 matières colorantes distinguées, comptait déjà 26 400 entrées en 1935, mais plus de 70 000 en 1977. Tout ce qui peut être dénombré, ce sont les « entrées » constituant les nomenclatures des divers dictionnaires, les formes qu’ils enregistrent, choisies par les éditeurs selon l’idée qu’ils se font des besoins de l’utilisateur et selon des principes qui leur sont propres : une entrée générale pour une même forme ou une par sens, syntagmes composés en plus des formes simples, etc. Fondés sur des enquêtes de fréquence, le « français fondamental » et le « français élémentaire » comptent respectivement un peu plus de 1 000 à 3 000 entrées. Les dictionnaires scolaires destinés aux élèves de 8 à 14 ans en comptent de 2 000 à 20 000, le Trésor de la langue française environ 100 000 (non compris les dérivés intégrés aux articles), les grands dictionnaires encyclopédiques environ 200 000 (y compris les noms propres). Quant aux dictionnaires de la langue courante, qui recensent grosso modo le vocabulaire nécessaire à la conversation, à la lecture de la presse générale d’information et à celle des textes littéraires du XVIe siècle à nos jours, en y ajoutant un pourcentage variable des termes spéciaux, de formes rares, archaïques, régionales ou dialectales, ainsi que d’emprunts aux divers pays francophones ou aux langues étrangères, ils comportent environ 60 000 entrées, en français comme en anglais ou en chinois290.

Le projet Wiktionnaire regroupe 226 264291 mots français au 7 octobre 2012. Mais, si l'on prend en compte les flexions (conjugaisons, pluriels, etc.), ce projet approche les 1 200 000 entrées pour seulement la langue française (noms propres inclus).

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