Comment ne pas s'étonner de la fuite de nos inventions, de nos entrepreneurs? Entre défiance et instabilité financière

Publié le par AL de Bx

 

Depuis que l'innovation est devenue un enjeu politique, tous les moyens sont bons pour se féliciter de nos dispositifs de soutien et afficher de glorieux résultats !

 

1150329_577700325607128_1890361357_n.jpgQue de brevets qu'ils sont bons "ses" français; mais pourquoi partent-ils?


C'est ainsi que dans le domaine de la propriété industrielle, comme dans beaucoup d'autres, la politique du chiffre l'emporte sur le bon sens et nous nous sommes habitués à nous satisfaire, comme indice pertinent de notre capacité à innover, du nombre de brevets que nos entreprises et nos chercheurs déposent.


Cette méthode d'évaluation de nos performances conduit à des paradoxes assez frappants, mais dont personne ne semble pourtant s'étonner. A titre d'exemple PSA qui demeure, chaque année et de loin, en tête du classement de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI), en nombre de brevets déposés. Persistance d'une inventivité record qui ne semble cependant malheureusement pas avoir d'effet sur la baisse des ventes chronique de notre champion, ni sur son corollaire en termes de suppression d'emplois. Autre exemple, celui de DisaSolar, une microscopique start-up implantée dans le Limousin et qui a mis au point et breveté, avec le soutien du dispositif Carnot et d'OSEO, un panneau solaire de 3e génération, c'est-à-dire un film souple imprimé d'une fine couche d'encre organique et qui produit de l'électricité sur le principe de la photosynthèse.

Génial. Non ?

 

 

Par Prof Kuing: Le système français ne peut plus éviter une crise majeure. Ceci est dû à 40 ans de laxisme politique durant lesquels l'État français a creusé sa tombe : celle des déficits.
Quand on s'endette, on perd son indépendance et le jour où ceux qui prêtent à l'État français en auront assez, les fonctionnaires et les retraités français ne seront plus payés.
Il faut donc urgemment couper dans les dépenses publiques et pour ceci, il faut un chef de gouvernement au dessus des partis politiques.
François de Closets.


LONGUEUR D'AVANCE SUR LES CHINOIS

En tous cas de quoi prendre une bonne longueur d'avance sur les Chinois ! Ce programme de recherche, qui au passage a coûté au contribuable français quelques millions d'euros, ne servira sans doute à rien, en tous cas pas à l'emploi dans le Limousin, l'entreprise ne parvenant pas à trouver les 10 millions d'euros qui lui permettront de construire sa ligne de production à Limoges et d'embaucher 120 salariés.

 

Seule solution pour les fondateurs : partir à l'étranger... Il semble donc qu'il y ait quelque chose qui cloche au pays de l'innovation et que le nombre de dépôts de brevets comme les montants pharamineux investis dans les dispositifs de soutien à la recherche ne sont pas synonymes de réussite. Loin s'en faut. Ici, visiblement, la bienveillante générosité de nos politiques pour soutenir les efforts de recherche de nos entreprises ne suffit pas à faire de la France un grand pays d'innovations. Faire sortir l'invention du laboratoire et du registre des brevets pour la transformer en " utilité " pour le consommateur, créer ou revitaliser une entreprise, générer le développement d'une filière industrielle, sont autant de défis que nous nous révélons trop souvent incapables de relever.

 

 


 

Alors qu'en France la création d'entreprises est en berne, aux États-Unis, c'est le plein-emploi, grâce entre autres aux bénéfices de l'exploitation du gaz de schiste.
De jeunes français partent par milliers pour réussir outre-Atlantique même s'ils doivent y vivre clandestinement.

 

Comme le diplôme que l'étudiant est fier d'avoir obtenu mais qui ne trouve pas de travail, le brevet ne sert en effet à rien si son détenteur n'a pas les moyens, ou se retrouve dans l'incapacité de le valoriser par une démarche entrepreneuriale.

 

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LES CAUSES?


L'entrepreneur français se retrouve ainsi dans la situation d'un voyageur à qui on aurait offert un billet de 1ère classe dans un TGV mais que l'on fera descendre du train au bout de quelques kilomètres pour voyager dans un vieil autocar dans lequel on lui demandera de payer le prix fort.


Alors quelles peuvent bien être les causes de cette situation ?


Certains accusent le manque de lisibilité des dispositifs français, souvent qualifiés de " mille feuilles ", ce qui en limiterait considérablement l'accès aux PME.

C'est un peu prendre les dirigeants de ces dernières pour des benêts, ce qui est rarement le cas dans un pays où être entrepreneur requiert un niveau d'intelligence,de courage et de persévérance parmi les plus élevés du monde !

 

DisaSolar est l'une de ces petites entreprises qui ont su accéder à la recherche partenariale avec de grands laboratoires publics, bénéficier du crédit impôt recherche ou de financements garantis par OSEO. Ces dispositifs font, d'ailleurs et de surcroît, que la France reste, et en dépit des nombreux défauts qu'il serait à la fois trop long et hors de propos d'énumérer ici, un territoire attractif pour l'installation de centres de recherche de grandes entreprises internationales.


AUCUNE STABILITÉ JURIDIQUE ET FISCALE

Le mal réside ailleurs. Dans deux causes qui semblent sans rapport mais qui, en y regardant de plus près, se révèlent intimement liées.

 

La première est l'extrême difficulté à financer le développement des entreprises innovantes et la seconde, la défiance entretenue par une grande majorité des Français à l'égard des entrepreneurs en général, et ceux qui réussissent en particulier.

 

En effet, quel investisseur serait assez fou pour mettre son argent dans un pays où l'on surtaxe à la fois le travail et le capital ?

 

Où il n'existe aucune stabilité juridique et fiscale ?

 

Où les grandes entreprises nationales préservent leur position dominante en étouffant l'innovation de leurs petits concurrents ?

 

Ce pays c'est la France et, dans ces conditions, comment s'étonner de la fuite de nos inventions, de nos entrepreneurs et, concomitamment, d'un chômage qui ne cesse de croître ?

 

Tout le monde s'accorde sur le fait que toute notre attention et toutes nos forces doivent se concentrer sur ce qui fait et fera la performance de nos entreprises dans un monde où rien ne sera plus jamais comme avant. Dans ce contexte, innover est devenu une priorité absolue.

 

C'est une affaire entendue. Mais pour y parvenir les politiques de soutien à la recherche et à l'innovation, si pertinentes et ambitieuses soient-elles, ne suffisent plus. Nos élus doivent comprendre d'urgence que l'entreprise innovante a besoin non seulement d'un espace économique pour s'épanouir mais aussi d'un cadre fait de règles lisibles et pérennes, donc rassurantes pour les investisseurs.

 

Sans cette prise de conscience, ni véritable stratégie industrielle, nos efforts ne serviront qu'à nourrir nos concurrents étrangers de nos précieuses découvertes qui sauront devenir, chez eux, de lucratives innovations. Et donc qu'à creuser notre tombe dans le monde qui vient.

 

grivois-hollande-delanoe-samusent-sous-squat-L-Mpf9TG.jpgRhôo ils exagèrent là...nos inventeurs sont fonctionnarisés!


Source: Pourquoi nos brevets ne créent-ils pas d’emplois ?

. Source, journal ou site Internet : Le Monde
Date : 2
septembre 2013
Auteur : Jacquesw Marceau (président d’Aromates et cofondateur du groupement des professions de services)

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Dany Salerne 05/09/2013 08:30


Dany Salerne http://www.lepoint.fr/politique/delphine-batho-de-retour-a-l-assemblee-nationale-04-09-2013-1721104_20.php

Desmet Charles 03/09/2013 14:35


Desmet Charles Deux
constatations confirment une nouvelle fois la nocivité de l'État, en matière de brevets comme dans toutes les autres matières:
Il y a 40 ans, les États constatent que le coût d'un brevet US est 3 fois plus élevé que les brevets nationaux européens. Ils créent un Office Européen. 40 ans plus tard, le brevet européen
coûte 30 (TRENTE!) fois plus que le brevet US ("Le Monde")
Pourquoi? l'OEB devait remplacer les bureaucraties nationales. Or, l'OEB est dirigé par ... les offices nationaux... Au lieu d'éliminer 27 administrations obsolètes, on les a donc
maintenues.
Mais surtout, si l'invention est une chose, l'application en est une autre. Et là, pourquoi prendre des risques si l'État vous prend la totalité si vous réussissez? Le créateur assume la
totalité des pertes, et l'État, qui, c'est bien connu, haït les riches, rafle tous les gains. Même le PMU n'a pas osé!

Alain Benajam 03/09/2013 13:45


Alain Benajam C'est bien
vu et se rapproche de mon expérience de chef d'entreprise innovante, avec en plus le problème du brevet qui coute excessivement cher et qui ne protège absolument pas.

Elisa Naibed 03/09/2013 13:38


Elisa Naibed Tout-à-fait!
Une invention géniale, d'ailleurs, c'est celle du type qui a déclaré, sans sourciller : «En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées»

Ce qui est un mensonge fabuleux: la France est encore plus dépourvue d'idées que de pétrole!

Stefan Metzeler 03/09/2013 13:36


Stefan Metzeler Ils
se portent très bien, les inventeurs Français. Ils inventent de nouveaux impôts tout le temps!