Bastiat était-il libéral? Anarchisme et minarchisme par François-René Rideau

Publié le par AL de Bx

Bastiat n'était pas libéral et encore moins minarchiste

D'aucuns libéraux aiment à clamer que Frédéric Bastiat, héros de tous les libéraux, était comme eux un minarchiste. Or, non seulement Bastiat n'était pas minarchiste, il n'était même pas libéral. Quoi, comment ?


Les libéraux sont unis par leur théorie du Droit qui défend la propriété individuelle et par là délégitime les interventions de l'État dans les affaires humaines. Cependant, parmi les questions qui divisent les libéraux depuis longtemps, il reste celle de savoir si l'État est une institution utile voire nécessaire, ou s'il est par nature une institution parasite aussi nocive que superfétatoire. Selon leur réponse à cette question, les libéraux se rangent alors parmi les "minarchistes", qui réclament un état "minimal" réduit à faire régner l'ordre, et les "anarchistes" pour qui le progrès des relations humaines passe par l'abolition de l'État. Bien sûr, avant de répondre à la question, encore faut-il avoir défini ce qu'on entend précisément par "État".

 

 


 

 

Malheureusement, alors qu'il y a là lieu à un examen conceptuel pour élucider le cœur du débat, d'aucuns préfèrent ressortir l'argument aussi bien d'ignorance que d'autorité selon lequel Bastiat aurait tranché, et pour le minarchisme. Or s'il a tranché, c'est bien en sens inverse!


Car enfin, entendons-nous: nous battons-nous sur des mots ou sur des concepts? Pour ce qui est des mots, non seulement Bastiat ne s'est jamais réclamé du "minarchisme", mais si tant est qu'il fait jamais mention de "libéralisme" dans son œuvre, c'est pour se prononcer explicitement contre le libéralisme! En effet, le premier mot n'existait même pas à l'époque, le débat auquel il répond ne faisant pas encore fureur. Le second mot existait, mais n'avait pas de sens bien précis, sinon d'être un mot fédérateur pour de nombreux opposants à l'ancien régime, dont les idées variaient notamment dans chaque pays, et plus encore d'un pays à l'autre. En France, plus spécifiquement, "libéral" pouvait avoir un sens restreint, pour s'appliquer au parti du même nom et aux thèses qu'il avançait; or, les libéraux, à travers notamment leur tête de file, Adolphe Thiers, ne défendaient de libertés que celles qui les arrangeaient; et c'est à cette occasion que la seule mention de "libéralisme" dans l'œuvre de Bastiat en est une ferme dénonciation.

Le sens changeant des mots

Le terme que Bastiat revendiquait haut et fort était celui d'économiste, s'attachant ainsi à une tradition qui depuis son origine avait pour objet l'étude des interactions mutuellement volontaires entre humains et la dénonciation de l'intervention de l'État, c'est-à-dire de la violence irresponsable, dans ces affaires humaines. Ce mot correspond bien à ce que nous entendons aujourd'hui en France par "libéral", et si nous devons arguer non pas sur les mots, mais sur les concepts, alors Bastiat était sans aucun doute un "libéral" au sens actuel, et sans conteste l'un des plus grands et des plus aimés parmi nous. Cependant, notons que ce mot "économiste" a lui-même de nos jours un sens fort différent, depuis qu'à la fin du XIXème siècle les États ont fondé des chaires d'"économie" dans leurs universités pour faire la propagande étatique et fournir des justifications à leurs spoliations. Et notons par là même que le mot "libéral" n'a actuellement de sens bien défini en France que parce qu'un opprobre général en réserve l'usage sérieux à un petit groupe d'intellectuels qui l'a adopté, cependant qu'il a été déserté par tous les politiciens à la Thiers, leurs propagandistes professionels les "journalistes" et autres spécialistes du détournement de langage, qui ne s'en servent que comme invective vide de sens. Dans d'autres pays, où le mot ne fait pas autant repoussoir, son sens à la fois est plus flou et ne couvre pas les mêmes concepts, au point qu'aux États-Unis où il est ouvertement revendiqué par une large fraction de la population, son sens actuel est à l'opposé diamétral, signifiant plus ou moins la même sens que "socialiste" en France: une sensibilité "de gauche", réclamant davantage d'action de l'État, moins de libertés économiques, un relâchement des mœurs encadré par mainmise bureaucratique sur la santé, etc.

Qu'entendons-nous par "État"?

Donc, si nous devons débattre les concepts, il faut examiner le concept de "minarchiste", avant de pouvoir prétendre en affubler Bastiat. Ainsi, un libéral respecté et respectable m'affirme sa thèse minarchiste selon laquelle "L'objet de l'État est de protéger les droits naturels des individus". Mais de quoi parle-t-on? S'agit-il de décrire le phénomène historique connu sous le nom d'État, où une organisation s'arroge un monopole de la violence sur un territoire, établi depuis des lustres par la conquête, l'usurpation, et le meurtre de masse? Depuis quel jour béni cet État, de criminel et archi-nuisible ennemi du peuple, a-t-il changé du tout au tout et s'est-il mué en bénéfique ami de la société? Identifions ce moment historique, et célébrons-le! Était-ce sous H'ldw'gh, chef des Francs, connu pour avoir dépeuplé des villes entières? Était-ce sous la Terreur de Robespierre? Sous la botte de Napoléon? Sous Pétain? Est-ce que de Gaulle fut notre sauveur, ayant magiquement transformé l'État? Non, non, non et non. À aucune de ces "révolutions" l'État n'a changé de nature; il n'a changé que de mains. Certes, il s'est adapté au progrès technique et moral, il a affiné les méthodes de ses rapines, élaboré sa propagande, éliminé certaines mesures oppressantes qui ne rapportaient plus pour en adopter d'autres qui lui rapportent davantage. Il n'en reste pas moins en toutes ses activités et à tout instant, un parasite qui draine les ressources de la société au bénéfice de ses agents.


Si la protection des droits individuels est aux antipodes de l'action historique du phénomène "État", l'affirmation selon laquelle l'État est censé défendre ces droits est-elle un énoncé valide d'un point de vue prescriptif plutôt que descriptif? Fort bien, mais à qui ou quoi cette prescription s'applique-t-elle? Cette prescription prétend-elle s'appliquer au phénomène décrit précédemment? Mais par quelle magie attend-on d'un monopole violent qu'il fasse soudain le contraire de ce qui constitue tout à la fois son principe de base, la condition de sa survie, et l'intérêt de ses agents? Autrement dit: les libéraux, combien de divisions? D'ailleurs, s'il existait une force humaine supérieure capable de renverser un État donné, les détenteurs de ladite force possèderait de facto le monopole précédemment détenu par l'État renversé.

 

Changement de main, pas de nature. Ils auraient beau abdiquer, le sceptre serait ramassé par d'aucun militaire moins hésitant à s'en saisir, quitte à ce que le territoire soit divisé entre belligérants rivaux. Autrement dit, pour reprendre Mencius Moldbug, la souveraineté est une réalité irréductible. La seule façon par laquelle l'intérêt des détenteurs de chaque once de pouvoir politique subséquent soit aligné avec l'intérêt des citoyens sous leur autorité respective est que l'État statique et centralisé ait été atomisé en un magma dynamique de petites entités chacune réduite à un seul individu, auquel cas nul n'aurait le monopole de la violence sur autrui — et cette collection de souverainetés individuelles constituerait ni plus ni moins que la solution "anarchiste". Un réseau décentralisé de citoyens armés peut-il résister à une organisation centralisée d'oppression bureaucratique? Comme le remarquerait aussi Moldbug, la possibilité d'un tel résultat (et son impossibilité actuelle, dirait-il) est une question de technologie militaire plutôt que de philosophie juridique.

 

 


 


Une autre façon de prendre cette prescription, c'est comme une définition de ce qu'on entend ou voudrait entendre par "État", un deuxième sens du mot, bien distinct du premier sens de monopole de la violence, comme phénomène historique ou comme concept juridique. L'État en ce sens serait une institution utilisant effectivement la violence pour protéger les droits naturels de l'individu, indépendemment de son organisation, de son histoire, etc. Mais alors, en ce sens, l'État n'existe pas, n'a jamais existé, n'existera jamais, et ne peut pas exister, à moins encore une fois d'être réduit à une collection de souverainetés individuelles; car seuls les individus, en déployant leurs propres resources, peuvent chacun se défendre sans violer le droit d'autrui dans l'opération; tout transfert forcé des resources de l'un pour protégé l'autre serait ipso facto une violation des droits du premier et donc de la prescription définitionnelle. La réalité elle-même est anarchiste, et l'étatisme, minarchiste ou pas, est une chimère: Le concept d'État qui a ce sens prescriptif est à l'opposé du concept d'État qui a le sens descriptif précédent.

Ce que Bastiat n'a pas dit

Ayant visité les concepts, revenons à Bastiat. Mon interlocuteur cite donc à l'appui de sa thèse "minarchiste" le dernier paragraphe de l'État:

 

"Quant à nous, nous pensons que l'État, ce n'est ou ce ne devrait être autre chose que la force commune instituée, non pour être entre tous les citoyens un instrument d'oppression et de spoliation réciproque, mais, au contraire, pour garantir à chacun le sien, et faire régner la justice et la sécurité."

 

Il s'agit clairement d'un énoncé prescriptif, dont le lien avec le phénomène historique est explicitement mis en doute; plus encore, ce paragraphe intervient à la fin d'un long pamphlet où Bastiat dénonce systématiquement l'État, aussi bien le phénomène historique de monopole de la violence que le mythe universellement propagé par ses propagandistes que le bilan nécessairement négatif des actions d'un tel monopole. Bastiat en appelle à l'institution d'un concept qu'il définit prescriptivement dans cette même phrase, à l'opposé radical de la réalité de l'État dont il fait la description fort peu glorieuse dans tout le reste de cet essai.

 

 

Deux concepts opposés dans un même mot, cela porte à faire des confusions et contresens graves plutôt qu'à donner des conseils efficaces. Mais à aucun moment, Bastiat ne confond les deux sens du mot "État", pour attribuer à l'un des deux concepts une des propriétés de l'autre; à aucun moment il n'est amené aux contresens que cette confusion engendre à profusion chez des esprits moins clairs qui se proclament alors "minarchistes". Donc, si Bastiat n'a pas eu la présence d'esprit ni la discipline intellectuelle d'introduire une distinction lexicale entre les deux concepts d'État monopole de la force et d'État institution de défense des droits, il semble avoir fort bien distingué les deux concepts; et il n'a jamais présagé des formes idéales ou même possibles que prendrait une telle institution de défense des droits — et en particulier sur la présence ou non d'un monopole légal.


Ne reprochons pas à Bastiat de n'avoir pas éclairci cette opposition conceptuelle quand la question n'était pas posée à l'époque, n'ayant semblé le sujet le plus pertinent à débattre ni pour ses prédecesseurs ni pour ses successeurs immédiats. Bastiat a été un innovateur en de nombreux points; sa carrière écourtée l'empécha de l'être sur davantages. Il nous donc faudra attendre Albert J. Nock et son livre de 1935 "Notre ennemi, l'État", pour trouver un avoir un auteur qui distingue explicitement par le mot "État" le monopole de la violence et le mot "Gouvernement" l'organisation de défense des droits individuels.

Rendre à Bastiat ce qui est à Bastiat

Mais après avoir éclairci ce que Bastiat n'a pas dit en faveur de l'État, peut-on trouver ce qu'il aurait dit sur le concept d'anarchisme? Nous savons de par son échange avec Proudhon que le mot ne lui faisait pas peur, et qu'il savait à la fois célébrer ce que Proudhon incluait de liberté dans le mot et rejeter ce qu'il y incluait de socialisme. In fine, Bastiat ne s'est pas prononcé explicitement sur le concept, qu'encore une fois il ne jugea jamais comme le plus pressant à éclaircir. Toutefois, nous possédons des signes sûrs que s'il avait une opinion sur ce concept, elle n'était pas celle d'un rejet radical. En effet, Gustave de Molinari, jeune collaborateur et ami proche de Bastiat, dans ses "Soirées de la rue St Lazare" de 1849, distinguait lexicalement d'une part le concept de gouvernement comme organisation fournissant des services de sécurité et d'autre part le concept de monopole sur de tels services de sécurité, et dénonçait ce monopole comme porteur d'injustice autant que d'inefficacité. Or, Bastiat, qui a très certainement lu ces "Soirées" voire en a discuté le contenu avec Molinari, non seulement n'a pas dédit Molinari après coup, mais fin 1850, sur son lit de mort, déclarait clairement Molinari comme étant son successeur intellectuel. Si tant est que Bastiat aurait été "minarchiste" plutôt qu'"anarchiste", il n'a donc pas jugé cette divergence d'opinion comme assez importante pour mériter de déshériter Molinari.


Prétendre de Bastiat qu'il était minarchiste est donc un mensonge éhonté. Non seulement Bastiat ne s'est pas explicitement prononcé sur la question, mais il n'a pas jugé la question assez importante ou urgente pour qu'il lui soit utile d'en débattre publiquement. Et tout indique qu'il a des sympathies anarchistes, sinon des convictions bien nettes à ce sujet.

 

Il faut une certaine dose de mauvaise foi pour mettre dans la bouche d'un mort le parti-pris d'un débat qui n'existait pas à son époque, et sur lequel les seuls indices disponibles semblent indiquer qu'il aurait penché en sens inverse.

 

Laissons à Bastiat ce qu'il a dit et ce qu'il n'a pas dit, les concepts qu'il a su distinguer par des explications claires et ceux qu'il n'a pas su séparer par des noms distincts. Et surtout, débatons des concepts plutôt que des mots.

 

François-René Rideau (fare)
Source:

État

De Wikiberal: 

Pour les anarcho-capitalistes l'expression d'état libéral est un oxymore, l'état ne pouvant, par définition, être libéral, qu'il s'agisse de démocratie libérale ou d'état minimal.

Comment l'État viole le Droit (point de vue libertarien)

  • 1 Historique
  • 2 Les différentes fonctions de l'État
  • 3 Les théories sur l'origine de l'État
  • 4 L'État libéral
  • 6 Bibliographie
  • 7 Citations
  • 8 Voir aussi
    • 8.1 Articles connexes
    • 8.2 Liens externes
    • L'Anarchie

       

      L'anarchie que proposent les anarchistes n'est pas l'absence d'ordre, de règles, de structure organisée ; cette réalité-là se définit comme de l'anomie.

      La distinction entre anarchisme et anomie est d'ailleurs une des principales différences entre anarcho-capitalistes et anarcho-collectivistes. Cette distinction est fondamentale pour comprendre ce qui oppose les anarcho-capitalistes à la plupart des anarchistes de gauche, qui souvent confondent les deux. Les anarchistes de gauche refusent en effet généralement tout type de pouvoir (auquel ils assimilent indûment toute une série de droits, et principalement le droit de propriété) et "donc" toute loi, ne reconnaissant pas que la loi (au sens général de "norme juridique", et non pas au sens de production d'une instance législative, refusée également par les anarcho-capitalistes) sert précisément à définir et entraver tout pouvoir arbitraire.

      Si la plupart des anarcho-capitalistes ne s'amusent pas à renvoyer aux anarchistes de gauche les excommunications dont ces derniers les abreuvent, ils sont par contre fermement convaincus que l'anarchisme de gauche déboucherait nécessairement sur l'application de la loi du plus fort et donc, en ultime analyse, à la réinstauration de l'État.

    •  

      Dans une optique panarchiste, anarcho-capitalistes et anarcho-collectivistes pourraient très bien coexister, comme des communautés séparées, sur la base de l'axiome de non-agression, ce qui permettrait à chaque personne de faire son choix et d'assurer ainsi la viabilité de l'une ou l'autre option (en "votant avec ses pieds" si elle n'est pas satisfaite). Cependant, une partie des anarcho-collectivistes sont clairement violents, et il est peu probable qu'une société "anarcho-collectiviste" puisse subsister autrement que par la coercition.


    • 1 Définition
    • 3 Les tendances anarchistes
    • 4 Critique
    • 5 Citations
    • 6 Notes et références
    • 7 Bibliographie
    • 8 Voir aussi
    • 9 Liens externes

    • Frédéric Bastiat (30 juin 1801 - 24 décembre 1850) est un économiste libéral français.

      Économiste et pamphlétaire, élu député des Landes en 1848, il n'a de cesse de combattre le protectionnisme et le socialisme, et de promouvoir le libre-échange et les droits de l'individu. Il a été la figure centrale de l'école de Paris.

      Écrivain au style direct, ses écrits (articles ou pamphlets) manient les comparaisons pédagogiques et les fables satiriques, et visent à débusquer les principaux mythes ou sophismes entretenus autour de l'État (la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde), du socialisme (la spoliation légale), de la richesse (le profit de l'un est le profit de l'autre), de la solidarité (il m'est tout à fait impossible de concevoir la Fraternité légalement forcée, sans que la Liberté soit légalement détruite, et la Justice légalement foulée aux pieds), de l'impôt, de l'interventionnisme, du machinisme, etc.

      La satire de Bastiat la plus célèbre (qui vise le protectionnisme) est sa pétition au Parlement français de la part des fabricants de chandelles [1], qui demandent à être protégés « de la compétition ruineuse d'un rival étranger » (qui s'avère finalement être le soleil !). Cette pétition s'achève par la demande d'une « loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, (...) par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons ».

      En matière économique, il insiste souvent sur la distinction entre ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas (on parlerait aujourd'hui des coûts cachés). Ce thème, élargi pour critiquer l'activité interventionniste de l'État, est développé à l'origine dans sa parabole de la vitre cassée. L'argent dépensé pour réparer une fenêtre cassée apportera du travail au réparateur ; ce dernier pourra augmenter ses dépenses, ce qui produira plus d'affaires pour d'autres. Ce qu'on ne voit pas ici, c'est comment l'argent aurait été dépensé si la fenêtre n'avait pas été cassée. La fenêtre cassée a seulement détourné de l'argent vers d'autres dépenses. Selon Bastiat, l'État agit continuellement de la sorte en prenant aux plus actifs pour subventionner des groupes d'intérêt, des associations corporatistes ou assister les inactifs.

      L'accent qu'il met sur le rôle économique de l'individu consommateur en fait un précurseur d'économistes du XXe siècle tels que Ludwig von Mises, Friedrich Hayek ou Pascal Salin. Ronald Reagan a dit de lui qu'il était son économiste préféré.

      Il a été redécouvert en France par Gilbert Fournier.

    • 1 Œuvres
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    • FREDERIC BASTIAT et la science économique 

    • Vision partielle de l'anarchie par Alain Genestine:
    • "Il est inconcevable d’écrire sur la panarchie sans mentionner l’anarchie, car les deux théories ont en commun le libre-choix. Précision, parlant d’anarchie, il est opportun d’en connaître les deux axes de la contestation de la domination.


      Il s’agit en premier lieu d’entendre le strict anarchisme politique qui dissocie société et gouvernement, et non le second représentant le socialisme utopique qui conçoit la possibilité d’une vie humaine hors de la cité, de sources stoïciennes cyniques pour faire de l’État de nature un État pleinement social. Le premier axe prône l’individu, la responsabilité, et surtout la propriété.


      En pratique, l’anarchisme comme doctrine débute toujours par se concevoir comme critique d’une société présente dans laquelle s’exerce une domination : il a devant lui ce dont il prône l’abolition. Un impératif pratique interpelle alors en permanence l’élaboration même de la théorie critique. De ce fait il n’est pas aisé d’évoquer de véritables expériences anarchistes, car il est toujours probable assurément de distinguer des éléments de domination qui les invalideront aux yeux d’une critique plus radicale. Les concrétisations politiques de l’anarchisme sont ainsi autant d’occasions de vérifier sa diversité.

      Comme le fond de la doctrine anarchiste consiste à dissocier la société de la hiérarchie, en général, l’anarchie implique logiquement la notion de libre-choix. Et en effet, la panarchie insiste fortement sur cet aspect, ce qui engendre la possibilité de cohabitation, c’est-à-dire la liberté de communautés librement constituées, et ainsi de vivre comme elles l’entendent, du moment où elles n’imposent à quiconque leurs choix."

Publié dans Philosophie

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Daniel Thureau 14/09/2013 18:21


Daniel Thureau C'est son droit....

Laurent Crouzet 14/09/2013 18:20


Laurent Crouzet "Daniel Thureau Et comme ça, c'est moins pénible pour tout le monde...?........"
>> Euh, c'est "moins pénible" de supprimer toute la discussion ? Je ne pense pas non, au contraire.
Ca la rend encore bien plus illisible...

"Allez...BYE....!...Comme on dit, on ne fait pas boire un cheval qui n'a pas soif"........."
>> Votre attaque ne vous honore guère : vous auriez simplement pu développer votre idée originelle. Vous préférez juste détruire la discussion. C'est votre droit, vous êtes libre.
Mais, clairement, le "cheval qui n'a pas soif" ne semble guère être du bord que vous sous-entendez.

Et, si je puis me permettre, je pense que François-René Đặng-Vũ Bân Rideau ne pense guère
différemment...

Daniel Thureau 14/09/2013 18:20


Daniel Thureau Et comme ça, c'est moins pénible pour tout le
monde...?........Allez...BYE....!...Comme on dit, on ne fait pas boire un cheval qui n'a pas soif".....

Laurent Crouzet 14/09/2013 18:19


Laurent Crouzet "J'ai essayé, par
l'exemple du boucher, de vous faire comprendre ce que je voulais dire, visiblement, vous n'avez pas compris....."
>> C'est pour cela que je vous ai exhorté à préciser une définition. On a finalement pu se mettre d'accord sur une. Je n'ai fait que vous montrer le
problème de cette définition, pour rendre cohérente votre remarque...

"Parce que refuser de réduire quelqu'un à une simple étiquette, politique, idéologique, c'est l'appauvrir....?....désolé, mais je crois que nous n'avons pas les mêmes
valeurs...."
>> Comme l'a très bien expliqué François-René, c'est "totalement contreproducti(f) quand il s'agit de
distinguer un homme d'autres hommes.

Quant aux "valeurs", de quoi parlez-vous ?
"La, on est entrain de partir dans des généralités alors que je m'exprime dans un cadre bien précis...."
>> Lequel ? J'avoue ne pas saisir, et pourtant, je vous ai relu plusieurs fois...

"Le problème étant de savoir si on privilégie les idées, le débat d'idées ou si on passe son temps à jouer les archivistes...."
>> C'est là où je ne vous suis pas. Je ne cesse de dire qu'il ne faut pas réduire Bastiat à son "état d'humain", et aller plus loin (étudier ses idées...), ce qui amène,
mécaniquement, à lui donner une "série d'étiquettes", mécaniquement. Bien sûr, ces "étiquettes" doivent être justifiées par un raisonnement construit sur des éléments logiques et de
corroborations scientifiquement vérifiables... mais pour le reste, ces étiquettes permettent de souligner sa production d'idées, et pas juste sa nature, si largement partagée "'d'humain" de son
époque...
"ben de celles qui permettent d'apprécier un être humain"
>> A quoi cela répond-il ? A la question des valeurs ?

"d'ailleurs je ne comprends pas trop votre derrnière phrase..."
>> Laquelle ?

Il est assez fou d'avoir une telle difficulté à discuter, je n'ai jamais eu ce genre de difficultés avec quiconque n'étant pas de mauvaise foi (et je pense que ce n'est nullement votre cas)
précédemment. S'il vous plaît, précisez de quoi vous parlez, et en réponse à quoi, car là, on est à un nombre impressionnant de messages sans clairement avancer, ce qui devient pénible pour tout
le monde...

François-René Đặng-Vũ Bân Rideau 14/09/2013 18:17


François-René Đặng-Vũ Bân Rideau
"Bastiat" aussi c'est une étiquette. Y a pas inscrit ça dans ses gênes, non plus.
Bref, les étiquettes, c'est utile, mais il faut savoir regarder ce qu'il y a en dessous.
Daniel, "humain" est une étiquette aussi — très utile quand il s'agit de distinguer un homme d'un autre animal, mais totalement contreproductive quand il s'agit de distinguer un
homme d'autres hommes.
Aux dernières nouvelles, les idées se transmettent avec des mots, i.e. des étiquettes. Encore faut-il savoir s'y retrouver.