A quand l'export du "Rafale"??

Publié le par AL de Bx

Le crash dimanche dernier d'un Rafale Marine, qui porte à quatre les pertes du nouvel avion de combat français depuis 2007, tombe à un mauvais moment pour Dassault Aviation. L'avionneur français est, en effet, actuellement en train de négocier plusieurs contrats majeurs à l'export, notamment au Brésil.

 

Il y a une semaine, Alain Juppé, ministre de la Défense, indiquait qu'il espérait « de bonnes nouvelles » courant novembre ou début décembre pour la vente du Rafale au Brésil. Au sein de l' « Equipe France », on reconnait que la perte d'un appareil de l'aéronautique navale « intervient à un moment sensible ». Mais on demeure très confiant. « Ces dernières années, nous avons constaté un intérêt croissant pour la Rafale, notamment lié à sa mise en service opérationnelle dans la marine en 2004 puis dans l'armée de l'Air en 2006, ainsi que la mise en service du standard F3 fin 2009. C'est un avion qui va au combat depuis plusieurs années en Afghanistan et ses performances, comme ses capacités, ont été largement démontrées ». En dehors des missions en Afghanistan, où il a été amené à plusieurs reprises et avec succès à procéder à des bombardements pour soutenir les troupes engagées contre les talibans, le Rafale s'est également distingué dans tous les grands exercices internationaux au cours desquels il a été engagé. Les Typhoon britanniques en gardent notamment un cuisant souvenir lors de combats simulés aux Emirats Arabes Unis l'an dernier. La fiabilité de l'appareil se révèle également très bonne, avec un taux de disponibilité en opérations proche de 100%.

 

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L'attrition, un phénomène inévitable
Bien entendu, il faudra attendre les résultats de l'enquête sur l'accident qui a provoqué, le 28 novembre, la perte du Rafale M18, dont le pilote a été récupéré sain et sauf après son éjection. L'appareil, catapulté du porte-avions Charles de Gaulle, était en début de mission de soutien aérien en Afghanistan. Il s'est abîmé en mer au large des côtes pakistanaises. Défaillance technique, problème d'entretien, erreur humaine...

 

 

 

 

L'enquête devra déterminer ce qui a provoqué le crash. Seul un problème directement lié à l'avion pourrait entâcher sa réputation. Pour ce qui est deux précédents accidents, ayant entrainé la perte de trois avions, ils n'avaient, à ce que l'on sait, rien à voir avec l'appareil. Le crash en Corrèze d'un Rafale de l'armée de l'Air, en décembre 2007, est apparemment consécutif à une désorientation spatiale du pilote. Quant à l'accident des M22 et M25, en septembre 2009, elle résulte d'une collision en vol alors que les appareils étaient en formation serrée. Il est important de noter que dans toutes les forces aériennes, les pertes d'avions sont malheureusement régulières. C'est ce qu'on appelle le taux d'attrition. Ainsi, comme nous l'avons écrit lundi, la Marine nationale a perdu, entre 1978 et 2008, un total de 14 Super Etendard, dont 5 dans la version modernisée (SEM), opérationnelle depuis 1996. L'aéronautique navale française évalue d'ailleurs à un avion perdu par an, en moyenne, son taux d'attrition sur les 50 dernières années. Cette statistique est réalisée à partir de périodes très divers, avec par exemple aucun accident entre 2005 et 2007, puis trois SEM perdus pour la seule année 2008. Pour le Rafale, avion encore très jeune, les statistiques ne veulent évidemment pas dire grand-chose. On peut simplement rappeler qu'une soixantaines de Rafale Marine sont prévus pour permettre d'assurer simultanément la constitution d'un groupe aérien embarqué (30 avions), prendre en compte les besoins pour l'entrainement et les indisponibilités pour maintenance (15 à 20 avions), ainsi que l'attrition sur quarante ans, estimée entre 10 et 15 avions. « L'attrition est, malheureusement, un phénomène normal dans toutes armées. Même si, d'une génération d'avion à l'autre, les risques sont réduits, le phénomène est inévitable car, en aéronautique, le risque 0 n'existe pas », souligne un spécialiste. Toutes les armées ayant à déplorer des crashs, quelque soient les appareils mis en oeuvre, les industriels français ne croient donc pas que l'accident de dimanche dernier puisse avoir un impact sur les négociations en cours. Bien sûr, les concurrents de Dassault pourraient tenter d'en profiter pour dénigrer l'avion français. Mais, à ce jeu là, tout le monde peut être attaqué. Par exemple le F/A-18 Super Hornet, dont deux exemplaires se sont crashé en mars dernier suite à une collision en vol ; sans compter le rappel, cette année, de 104 Hornet pour des problèmes de fissures.

 


 

Une demi-douzaine de prospects à l'export Pour le moment, le Rafale est proposé à une demi-douzaine de pays. Au Brésil, il fait face à l'Américain F/A-18 et au Suédois Gripen pour un contrat de 36 avions, qui pourrait déboucher ultérieurement sur un programme d'une centaine d'appareils. L'appel d'offres, lancé il y a trois ans, doit déboucher prochainement sur le choix d'un modèle et l'engagement de négociations exclusives. Il conviendra alors de mener à leur terme les négociations aboutissant à la signature d'un contrat. Cette phase prendra bien un an, d'autant que le programme brésilien est assorti d'un très important transfert de technologie, pour lequel la proposition française avait reçu, l'an dernier, le soutien de l'exprésident Lula. Le Rafale semble donc bien placé mais la pression américaine est importante, de même que l'agressivité commerciale suédoise, le constructeur Saab jouant très certainement avec ce contrat le maintien de sa chaîne de production Gripen. Peut être plus avancé encore, le projet aux Emirats Arabes Unis fait l'objet depuis deux ans de discussions de gré à gré entre Etats. Dans ce cas, les Français sont face aux Américains pour décrocher un énorme contrat de 60 avions destinés à remplacer les Mirage 2000-9 émiriens, une solution pour la reprise de ces derniers étant à l'étude. Pour Dassault, ce projet est très intéressant puisqu'il comporte des perfectionnements significatifs pour le Rafale. Il faudrait notamment équiper l'appareil de moteurs plus puissants que les M88 des modèles français, afin d'obtenir une meilleure poussée, compatible avec un emploi en zone très chaude et dans un petit pays nécessitant une très grande rapidité d'intervention en cas d'interception. La France est, par ailleurs, toujours en discussion avec la Lybie, qui souhaite se doter de 14 nouveaux avions de combat. Comme pour les Emirats, il s'agirait d'un contrat de gré à gré. Le processus de décision libyen étant ....

 

 

Une prise de risque maximale, peut expliquer beaucoup, tellement cet avion est maniable!

 

 

Le Rafale est, aussi, toujours en compétition en Inde, où les constructeurs internationaux se battent pour décrocher un gigantesque contrat portant sur 126 appareils. L'appel d'offres est en cours mais aucune nouvelle majeure n'est attendue prochainement à New Delhi. Il faut dire qu'en Inde, les décisions politiques et administratives sont parfois d'une incroyable longueur. Dassault en a déjà fait l'expérience avec son Alpha Jet, qui avait été proposé pour renouveler la flotte indienne d'avions d'entrainement. Entre le lancement de l'appel d'offres et la signature du contrat, il avait fallu pas moins de 22 ans ! Le Hawk britannique l'avait d'ailleurs emporté au final car Dassault avait arrêté, 7 ans avant la notification du programme indien, la chaine de production de l'Alpha Jet... En dehors de ces prospects, des discussions ont également été engagées avec le Koweït, qui souhaite lui aussi renouveler sa flotte aérienne. Le pays s'est montré intéressé par le Rafale, qui a d'ailleurs réalisé une démonstration sur place cet été. Mais les discussions en sont encore au stade préliminaire. Enfin, on notera que l'avion de combat français a également concouru dans le cadre de l'appel d'offres lancé par la Suisse qui souhaite se doter d'une vingtaine d'appareils. Le Rafale a, dans cette perspective, été opposé au Typhoon et surtout au Gripen.


Mais, faute de crédits suffisants, les autorités suisses ont, pour le moment, gelé l'appel d'offres. Pour l'heure, les usines de Dassault Aviation tournent donc uniquement avec les commandes françaises. En tout, 286 Rafale ont été commandés, soit 228 pour l'armée de l'Air et 58 pour la Marine nationale.

 

Le crash d'un Rafale Marine peut-il avoir des conséquences à l'export?
Source, journal ou site Internet : Mer et Marine
Date : 1er décembre 2010

Publié dans Travail et Economie

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El Db 03/12/2010 15:03



El Db Tout cet argent public gaspillé pour taper les méchants :p



Philippe S. Robert 02/12/2010 19:12



Philippe S. Robert Dernier mois pour la vente présidentielle au Brésil...