VOTRE AMI T.BLAIR LIBERE L’ECOLE PUBLIQUE, ET VOUS ME ROYALE QU'EN EST-IL?

Publié le par Alain Genestine



Déjà un an.Le vote n’a pas été obtenu sans mal, compte tenu de l’opposition de 52 élus du labour, dont 8 anciens ministres, qui ont voté contre et de l’abstention de 25 autres. Or la majorité travailliste était de 69 sièges seulement. Mais les Tories sont venus en renfort du Premier Ministre et cette aide des conservateurs a permis au projet de passer avec une confortable majorité de 458 voix contre 115 : les conservateurs pouvaient difficilement voter contre une réforme profondément libérale, même si, pour la forme, ils la jugeaient un peu timide. Du coup l’aile gauche des travaillistes a qualifié le texte de « Tory Bill ». Ce n’est pour l’instant que le vote en première lecture, mais avec cet appui des Tories, la suite devrait n’être qu’une formalité.

Pourtant, en Angleterre l’école publique était déjà assez décentralisée, puisqu’elle dépendait des collectivités locales. Mais le projet visait à aller beaucoup plus loin, pour, comme l’écrit le Figaro, « Libérer l’école des autorités locales pour l’ouvrir aux parents ». Et il est vrai que s’il vaut mieux une collectivité locale que l’Etat, il faut aussi se méfier du socialisme municipal et il vaut mieux confier l’école aux parents et à la société civile qu’aux collectivités publiques.

C’est tout le mode de fonctionnement de l’école, mais aussi son financement qui est remis en cause. Pour élever le niveau scolaire, il faut innover et pour cela « libérer les é

coles dépendantes des autorités locales d’une bureaucratique paralysante ». La loi va donc donner aux parents (qui pourront se regrouper), mais aussi aux entreprises ou aux groupes religieux représentatifs qui le souhaitent, ou encore aux associations, aux universités, aux clubs sportifs, etc. la possibilité de gérer des établissements scolaires en Angleterre, selon leurs propres critères, par l’intermédiaire d’un consortium (Trust) agréé, sous la direction d’un sponsor privé.


Précision du Figaro : « Ces trust schools, propriétaires de leurs propres besoins mobiliers, recruteraient le personnel enseignant, échapperaient au contrôle des autorités locales, établiraient leurs propres programmes et fixeraient leurs propres critères d’admission. Tony BLAIR est formel : cette réforme donnera aux parents un pouvoir qu’ils n’ont pas aujourd’hui dans le choix des écoles et dans leur fonctionnement ». Déjà, selon Le Monde, qui affirme que « les écoles anglaises s’émancipent », des entreprises comme Toshiba, Honda ou Vodafone, des banques comme UBS, les églises anglicane et catholique, un milliardaire musulman et de nombreuses associations ont annoncé vouloir parrainer des écoles.


En réalité, le projet de BLAIR est habile, car c’est une quasi-privatisation sans le dire explicitement. Et c’est surtout l’instauration de la concurrence scolaire : désormais, les meilleurs écoles chercheront à attirer les meilleurs enseignants, à avoir les meilleurs programmes, les meilleurs financements et les meilleurs élèves. Et les autres devront s’adapter sans cesse pour ne pas disparaître, comme dans tout système de concurrence : le but n’est pas la disparition, mais l’adaptation provoquée par la menace de la disparition.


Il faut dire que la situation était grave, de l’aveu même du ministre de l’éducation, Ruth KELLY : 40% des élèves ont un niveau scolaire insuffisant, un enfant sur cinq ne maîtrise pas l’anglais à la fin du primaire et un sur quatre n’est pas à la hauteur en mathématiques. Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

 Chez nous aussi la faillite du système scolaire est consignée. Mais, au contraire des Anglais, les Français, paralysés comme toujours par les syndicats, ont répondu : statu quo. Imagine-t-on, dans le climat français actuel une école parrainée ici par PEUGEOT, là par MICHELIN, ailleurs par un banque privée ! La rue serait déjà, une nouvelle fois, remplie de manifestants.

En Angleterre, en dehors du vote contre des travaillistes de gauche, qui dénoncent la menace de « privatisation » et la « sélection rampante », il ne s’est rien passé. Pas la moindre manifestation. C’est ce qui fait toute la différence. Voilà pourquoi l’Angleterre se porte bien et la France est dans le chaos pédagogique, et civil…

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