Les septs clés pour réussir un entretien d'embauche

Publié le par Alain Genestine



L’entretien d’embauche, c’est comme un tango argentin. En se faisant comprendre par des petites pressions, les danseurs sont capables d’enchaîner des figures extrêmement complexes et harmonieuses, de la même façon que, dans un entretien, on fait s’enchaîner de manière équilibrée des questions et des réponses. Au bout d’un moment, cela s’enchaîne tout seul. Recruteur et recruté forment un “couple”, avec un objectif commun. Il faut que le candidat intègre mentalement qu’il a le même but que le recruteur. Malheureusement, le stress le lui fait trop souvent perdre de vue. »

Étienne Daugny, directeur associé du cabinet Transition Carrières, exprime là la vision idéale de l’entretien d’embauche, rythmé, équilibré, de telle sorte qu’aucun partenaire ne prend le dessus. La réalité n’est pas toujours aussi harmonieuse. Mais du premier au dernier contact avec le recruteur, vous entrez dans un rituel dont il faut connaître les principes. Quels sont les moments clés de l’entretien d’embauche, comment négocier au mieux cette épreuve ? Méthodes.


L’APPROCHE

« Bonjour, je suis Valérie D., du cabinet R. Je vous appelle parce que nous avons un client qui est actuellement en phase de recrutement d’un directeur logistique. Les premiers éléments que nous avons réunis concernant votre profil correspondent à ce poste, et nous souhaiterions vous rencontrer. Peut-être à un autre numéro ? » « Bonjour, Nous avons bien reçu votre candidature pour le poste de directeur logistique à pourvoir dans notre société, suite à l’annonce [...]. Nous aurions voulu préciser avec vous certains éléments de votre candidature, car nous avons un poste qui pourrait vous intéresser. Avez-vous un moment pour en parler, ou préférez-vous que je vous contacte ultérieurement ? »

Le premier entretien de recrutement n’est pas loin. Il risque même de commencer tout de suite, dès le premier contact téléphonique avec votre interlocuteur. Ce dernier va vérifier que vous êtes intéressé, ou toujours intéressé par le poste, que vous êtes ou n’êtes pas en activité, mais aussi... que vous avez une bonne élocution, que vous ne bafouillez pas, que vous êtes motivé, ouvert, dynamique... Autant d’éléments qu’il notera sur votre dossier, et qu’il validera lors d’une rencontre de visu.

Le premier entretien téléphonique

« Certains critères objectifs doivent être absolument vérifiés avant la prise de rendez-vous, explique Laurent Hyzy, directeur Île-de-France du cabinet Alain Gavand Consultants. Si le candidat exige une rémunération qui est hors de proportion avec ce que propose l’entreprise, s’il n’est pas mobile alors que le poste le réclame, ce n’est pas la peine de le rencontrer. En dehors de cela, les éléments de personnalité que nous notons au cours de l’entretien téléphonique, si le CV correspond à la demande, seront vérifiés pendant la rencontre. Nous le convoquerons même si nous avons des doutes, mais nous ne nous baserons pas uniquement sur des impressions. »

Prenez au sérieux ces entretiens téléphoniques de quelques minutes. Préparez-vous à cette éventualité avec le même soin. Le mensonge ne passera pas plus au téléphone que lors d’une rencontre. « J’ai organisé un premier rendez-vous téléphonique avec un candidat qui avait eu une expérience professionnelle chez un de nos clients, et l’avait indiqué sur son CV, explique un chef de service. Je voulais vérifier auprès de lui la durée effective de ce passage, parce qu’en discutant avec ce client, nous nous sommes rendu compte que les dates ne correspondaient pas, ce qui signifiait un trou d’un an et demi dans son parcours... il aurait pu le justifier, mais il a persisté. En l’absence d’explications correctes, nous avons été obligés de croire le client. »

Comment réagir ?

Il ne faut jamais refuser un entretien par téléphone. Il ne s’agit pas d’un engagement définitif : si vous avez d’autres rencontres prévues, cela vous permettra de comparer les propositions. Si vous ne vous sentez pas prêt à répondre immédiatement, prenez l’initiative de proposer un autre rendez-vous dans la journée. Installez-vous dans un endroit calme, préparez la documentation sur l’entreprise ou le poste en question, disposez l’offre d’emploi sous vos yeux, ainsi que votre dossier de candidature. Mais ne répondez pas oui tout de suite à la première proposition de date : même si vous n’avez absolument aucun rendez-vous dans un avenir proche, prenez le temps de prendre votre agenda et feuilletez-en les pages.

Du soir ou du matin ?

Il est fréquent de dire qu’il est préférable de passer un entretien le matin devant un recruteur frais et dispos. Mais avant de fixer une date et une heure, considérez d’abord les moments où vous pensez être au mieux de vos possibilités, et consultez surtout, sur votre agenda, votre emploi du temps de la veille. Mieux vaut disposer, avant le rendez-vous, d’une journée assez paisible. Si vous êtes déjà en poste, vous devrez probablement fixer un rendez-vous en dehors de vos horaires de travail. Étudiez votre agenda professionnel, choisissez autant que faire se peut une journée calme, demandez-vous quelle tenue vous porterez ce jour-là, et surtout dans quelle disposition d’esprit vous risquez d’être.

L’appel du chasseur

Si vous êtes chassé, le recruteur qui vous appelle pour prendre un rendez-vous a rarement sous les yeux votre CV. Prenez le temps d’écouter la présentation du poste si vous êtes disponible. Le détail des missions est parfois plus intéressant que le seul intitulé de la fonction. N’hésitez pas à lui poser des questions précises sur le poste auquel, tout au moins le pense-t-il, vous pourriez prétendre. Quelqu’un lui a conseillé votre nom. Vous pourrez avoir ainsi une idée de la manière dont on vous perçoit à l’extérieur... ce qui est toujours intéressant et utile. De plus, en engageant ainsi la conversation, vous montrez de l’intérêt pour ses activités. Ce qui ne peut pas être dommageable pour la suite. N’insistez pas trop pour savoir qui vous a éventuellement recommandé, ou comment le cabinet a eu votre nom. Il est bien rare que l’on vous réponde. Si vous êtes engagé par la suite, vous saurez de quelle manière on vous a repéré.


Le choix d'une tenue

Choisissez le confort avant tout. Les recruteurs sont d’abord sensibles à ce qui se dégage de vous quand vous arrivez dans leur bureau ; semblez-vous à l’aise ou au contraire engoncé dans un costume ou un tailleur neuf ? Avez-vous choisi de rester vous-même ou vous êtes-vous senti contraint d’adopter l’uniforme de votre fonction ?
Les recruteurs remarquent trop souvent que le candidat, visualisant l’entretien comme un face-à-face assis, a tendance à soigner la partie la plus visible de sa tenue (le haut) et moins le bas. Or, ils vous verront fatalement en pied à un moment ou à un autre. Évitez les chaussettes voyantes, les chaussures de chantier, les cravates démodées.

Ne prenez pas de risque. Attention : si vous vous rendez dans certaines entreprises un vendredi pour un premier rendez-vous, ne vous laissez pas surprendre comme ce candidat.
« J’étais venu retirer un dossier de candidature dans une boîte de consultants très renommée. La standardiste me semblait tout à fait dans la norme, mais j’ai vu passer des jeunes cadres avec dossiers sous le bras, en jean et polo. J’ai heureusement réalisé, avant l’entretien d’embauche auquel j’ai été convoqué plus tard, que ce n’était pas la règle dans cette entreprise, mais qu’il s’agissait du Friday casual day. Jour où les salariés des entreprises nord-américaines ont l’habitude de s’habiller plus décontracté… »

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