Bayrou, accompagné de Begag,prône la diversité

Publié le par Alain Genestine


Le candidat UDF était à Marseille où il a tenu meeting avec à ses côtés l'ex-ministre de l'Egalité des chances, qui vient de publier un livre au vitriol sur Nicolas Sarkozy.

 

L'ancien ministre à l'Egalité des chances Azouz Begag (d) et le candidat centriste à la présidentielle François Bayrou lors d'un meeting à Marseille, le 12 avril (AFP)

L'ancien ministre à l'Egalité des chances Azouz Begag (d) et le candidat centriste à la présidentielle François Bayrou lors d'un meeting à Marseille, le 12 avril (AFP) (c) AFP

François Bayrou a fait l'éloge de la diversité jeudi 12 avril lors d'un déplacement à Marseille où il était accompagné du ministre démissionnaire de l'Egalité des chances Azouz Begag, qui vient de publier un livre au vitriol sur Nicolas Sarkozy.

François Bayrou a saisi l'occasion pour se démarquer une fois de plus de son rival UMP, notamment sur le sujet de l'ordre et de la sécurité.

"Marseille a réussi une alchimie rare, celle d'une ville entièrement forgée autour de sa diversité", a déclaré le candidat UDF à la présidentielle lors d'une réunion publique qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes au parc Chanot.

Un peu plus tôt, lors d'un point de presse dans un café du Vieux Port, François Bayrou avait décrit Marseille comme "un symbole de la France que nous avons à construire".

"Nicolas Sarkozy fonde son projet sur la confrontation, je fonde le mien sur le rassemblement", a-t-il affirmé, jugeant que "l'unité nationale est l'enjeu principal de cette élection".

 
"Rencontre du troisième type"
 

"L'ordre et la sécurité ne s'accommodent pas d'une montée perpétuelle des tensions et des affrontements", a ajouté le candidat centriste. "Je suis pour qu'on assure l'ordre et la sécurité par l'unité dans le pays".

Azouz Begag, qui a apporté son soutien à François Bayrou, avait rejoint le candidat centriste en fin d'après-midi dans le centre de Marseille, où les deux hommes ont pris ensemble un bain de foule, au milieu de nombreux jeunes.

"Tout le travail que j'ai fait contre les discriminations, pour la diversité, pour l'égalité des chances n'appartient ni à la droite ni à la gauche", a affirmé l'auteur d'"Un mouton dans la baignoire".

"La France attendait une rencontre du troisième type. Le troisième type, c'est François Bayrou!", a-t-il lancé.

"Je veux dire à tous les enfants de l'immigration: il faut s'engager en politique", a ajouté M. Begag, qui avait accusé jeudi matin sur RTL M. Sarkozy de "draguer à fond la caisse l'électorat d'extrême-droite".

"Sinon les autres vont donner en pâture aux électeurs du Front national des moutons égorgés dans les baignoires", a-t-il lancé à l'intention du candidat UMP, qu'il a décrit comme "dangereux pour la France".

 
Président "apaiseur"
 

Lors de la réunion publique, François Bayrou a dénoncé les "surenchères politiques ou électorales" qui selon lui entraînent "une montée extraordinaire des tensions, des craintes, des animosités entre Français".

"Je ne veux pas qu'on abandonne la France à la division. Je veux que nous soyons ceux qui imposions dans cette élection que la France choisisse l'unité", a ajouté celui qui se veut un président "apaiseur", décrivant la France comme un pays "fracturé" qu'il faut "recoudre".

Revenant sur les attentats meurtriers survenus la veille à Alger, M. Bayrou s'est engagé à la "fermeté en face du terrorisme" et à la "coopération avec toutes les nations qui décideront que le terrorisme est une barbarie", s'il accède à l'Elysée.

Il a vu dans ces "démons qu'on croyait endormis et qui se sont réveillés" une "raison de plus pour la vigilance, raison de plus pour l'unité".

"Quand un pays veut relever les défis de son avenir et quand il veut se défendre contre des risques qu'il ne connaît pas encore, la condition pour qu'il soit solide, pour qu'il se défende, pour qu'il soit solidaire, la condition c'est son unité", a-t-il insisté. (AFP)


L'Etat doit accompagner et faciliter l'installation d'un islam en France "si on le peut et si les musulmans le demandent", déclare le leader centriste, qui se dit attaché à la laïcité.

 

François Bayrou à Angers, le 11 avril (AFP)

François Bayrou à Angers, le 11 avril (AFP)

François Bayrou est favorable à ce que l'Etat facilite l'installation d'un islam en France "si les musulmans le demandent" car "c'est comme s'il y avait une nouvelle famille dans le village", dans un entretien à paraître vendredi 13 avril dans La Croix.
"Oui" l'Etat doit accompagner et faciliter l'installation d'un islam en France "si on le peut et si les musulmans le demandent", déclare le candidat UDF à l'élection présidentielle dans le quotidien catholique.
"Là encore, c'est comme s'il y avait une nouvelle famille dans le village. Il est légitime de lui donner sa place et de pas la rejeter", ajoute-t-il.
Selon François Bayrou, l'islam, qui "aspire à trouver sa place en France", "y parviendra notamment par le biais des musulmans eux-mêmes, qui ont une référence constante, très forte, parfois plus que d'autres, à la République".
 
 
Défense de la laïcité
 
Le candidat UDF défend par ailleurs la laïcité "comme citoyen, mais aussi comme croyant".
La loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat "est l'une des clés de voûte de la société (...) Je suis un chrétien, croyant, pratiquant, défenseur de la laïcité et je la défends comme citoyen, mais aussi comme croyant", explique-t-il. Car "la foi est beaucoup plus à l'aise dans sa maison lorsqu'elle est libérée de l'influence de l'Etat et réciproquement".
"Les religions sont tout à fait légitimes à s'exprimer y compris dans la sphère publique" et "les gouvernants, les élus du peuple doivent en tenir compte, mais n'ont pas à obéir à des injonctions des Eglises", ajoute-t-il. "Pour ma part, je ne me sens pas engagé par des prescriptions qui viennent de l'autorité ecclésiale, malgré le respect et l'affection que, comme homme, je peux avoir pour elle".
 
Sur le financement des lieux de culte
 
Pour François Bayrou, "il faut veiller à ce que la République ait toujours la prééminence (...) Elle accueille les religions, elle les regarde avec bienveillance, mais elle ne laisse personne prendre le pas sur elle".
Interrogé sur la possibilité pour les communes de financer des lieux de culte, François Bayrou s'y montre hostile: "ne touchons pas à l'équilibre actuel. Cherchons des mécanismes respectueux de la loi, qui peuvent permettre la construction de lieux de culte dignes pour des religions pauvres et récentes".
Il ne souhaite pas non plus accorder des jours fériés pour des fêtes d'autres religions que chrétienne: "nos fêtes, notre calendrier appartient à notre patrimoine. C'est comme dans une famille: il faut apprendre à vivre ensemble, sans pour autant bouleverser les traditions". (avec AP)
 

Publié dans Politique

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