Comment réformer l'Etat? sans être Libéral !!!

Publié le par Alain Genestine



D'abord, les faits. Il y a en France 5,1 millions de fonctionnaires, qui travaillent pour l'Etat, les collectivités locales ou les hôpitaux. Si l'on y ajoute tous les salariés des services publics ou des entreprises, comme la SNCF, cela représentait 6,8 millions de personnes à la fin de 2004, soit 27,5% de l'emploi total. Et le nombre de fonctionnaires ne cesse d'augmenter, car la décentralisation s'est traduite par une explosion du personnel des collectivités locales, +42,6% en vingt ans. Les trois principaux candidats l'admettent : impossible de continuer à ce rythme. Il faut diminuer les effectifs en profitant des départs en retraite des fonctionnaires (plus de 70 000 par an). Même chose pour les déficits publics et l'endettement (17 000 euros par Français), dont la maîtrise figure dans les programmes.
Mais à quel rythme conduire ce changement ? Le projet de Nicolas Sarkozy ne cesse d'évoluer. Il promet des baisses d'impôts massives tout en assurant vouloir réduire le déficit de l'Etat. Et il se montre volontaire sur la réduction des effectifs en promettant de ne pas remplacer le départ d'un fonctionnaire sur deux. A l'inverse, pour François Bayrou, la priorité est le retour à l'équilibre des comptes publics, mais il ne prend pas d'engagement précis sur l'avenir des fonctionnaires. Quant à Ségolène Royal, si elle affiche sa volonté de réformer l'Etat pour le rendre plus efficace et plus proche des Français, elle ne donne pas d'objectif chiffré et mise sur la décentralisation des compétences.

Nicolas Sarkozy
En réduisant le poids des taxes et impôts de 4 points de PIB, soit 68 milliards d’euros en dix ans, dont 15 milliards dès cet été, quitte à ralentir la réduction du déficit public.
En proposant un contrat de progrès aux fonctionnaires qui seraient moins nombreux mais mieux payés, et dont la rémunération serait liée au mérite individuel. En instaurant aussi un service minimum discuté avec les partenaires sociaux.
En imposant un régime minceur au gouvernement qui ne comporterait que 15 ministères avec des compétences modifiées et des résultats évalués chaque année.

 avis:
Il sera impossible de réduire aussi massivement les prélèvements obligatoires tout en rétablissant les comptes de l’Etat. Priorité à la baisse des impôts ou des déficits, il faut choisir.

Ségolène Royal
En réformant profondément la gestion de l’Etat pour dégager des économies et des marges d’action, car la dette publique est « insoutenable ».
En limitant le nombre de ministères et en mettant fin à l’inflation réglementaire et à l’empilement de textes législatifs illisibles et inutiles.
En engageant une nouvelle étape de la régionalisation, l’Etat garantissant l’égalité des ressources entre régions.


 avis:
Pas d’objectif chiffré pour la réduction des déficits ou la gestion des effectifs de l’Etat. Le programme parie sur les bienfaits de la décentralisation pour en finir avec le jacobinisme.

François Bayrou
En supprimant en trois ans le déficit de fonctionnement de l’Etat, soit 22 milliards.
En modernisant l’Etat pour réaliser 5 milliards d’euros d’économies notamment par la réduction du nombre de fonctionnaires et en imposant des économies de 3 milliards aux collectivités locales.
En inscrivant dans la Constitution l’interdiction de présenter un budget en déficit de fonctionnement, hors récession, c’est-à-dire l’interdiction de financer les dépenses courantes par la dette.

 avis:
C’est le programme qui insiste le plus nettement sur l’objectif de maîtrise des comptes publics et promet le moins de dépenses nouvelles. Mais il ne précise pas comment il compte tenir ses engagements.

 

Et les autres...

Philippe de Villiers
En inscrivant dans la Constitution le taux maximal des prélèvements obligatoires à 38% et donc en faisant baisser la dépense publique.

Ce projet représente une réduction des ressources de l'Etat et des organismes sociaux considérable de 110 milliards d'euros. Où trouver de telles économies? Le programme ne le dit pas.

Arlette Laguiller
En mettant un terme aux privatisations, en renationalisant totalement EDF, GDF, France Télécom et les compagnies de l’eau et en supprimant la TVA.

Ce projet supprime la principale ressource de l'Etat (la TVA), tout en prévoyant de dépenser des dizaines de milliards d'euros en Bourse pour renationaliser une kyrielle d'entreprises.


Frédéric Nihous
En clarifiant les compétences et les ressources de chaque collectivité locale, en renforçant la solidarité entre les grandes et les petites agglomérations, et en décentralisant les administrations...

La fin de la centralisation étatique est au coeur de ce projet, qui veut rétablir l'équilibre entre villes et campagnes. Des propositions parfois de bon sens.

Publié dans Politique

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